Cas d’eau au Sedif

L’UFC-Que choisir lance, pour la troisième fois en deux ans, un pavé contre le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) et le contrat de délégation de l’eau passé entre 144 communes d’Île-de-France et Veolia eau. Après avoir dénoncé les marges colossales que Veolia se fait sur le dos des usagers (59 %), l’UFC dénonce cette fois les profits exorbitants réalisés sur ce bien vital.

L’enquête révélerait que 30 % des charges (91 millions d’euros) sont parfaitement contestables. Le procédé est toujours le même : surfacturer les différentes interventions et prestations ! Le coût d’entretien du réseau en est le premier exemple. L’enquête a pris pour référence des documents émanant du ministère de l’Écologie. Elle estime ainsi le coût de l’entretien à 12 millions d’euros. La facture atteint 75 millions d’euros. Même en révisant les chiffres en faveur de Veolia, le bénéfice réalisé est de 40 millions ! Comment expliquer qu’un branchement neuf vaut 1 140 euros à Paris et 2 776 euros de l’autre côté du périphérique ?

Pour nous faire boire cette eau-là, le Sedif dépense 2,9 millions d’euros de communication en plus des 1,9 million de Veolia. Le taux de rentabilité de ce contrat est trois à quatre fois supérieur à Veolia. Pas étonnant que des experts du Crédit agricole notent, à propos du président du Sedif, M. André Santini, secrétaire d’État à la Fonction publique, qu’il « est un homme politique favorable aux groupes privés ». Étonnant non ?

P.-S.

* Paru dans Rouge n° 2259, 03/07/2008. (Au jour le jour)