Les nôtres : Fernando Batista

, par Collectif

Notre camarade Fernando Batista nous a quittés, samedi 29 novembre. Jusqu’au bout, il aura continué à se battre.

Une chose est sûre : toute sa vie, Fernando a regardé l’adversaire en face, aussi bien les patrons, les flics que la maladie. Fernando était né au Portugal. Comment ne pas le savoir ? Dans les discussions, il arrivait toujours à nous rappeler qu’à 2 000 kilomètres, au Portugal, des gens comme nous, vivaient, souffraient, mais aussi luttaient et parfois gagnaient. Travailleur immigré arrivé en France à 25 ans, sans papiers, Fernando a connu les travaux les plus variés, à défaut d’être les plus agréables. En même temps que les Vosges et l’Alsace, il découvrait la restauration française, mais côté cuisine et plonge… puis le bâtiment, mais côté construction électrique, pas côté architecture. À Remiremont, il touche au textile. Toutes ces activités lui font rencontrer des gens nouveaux. Il adhère à la CGT et au PCF.

En 1971, il s’installe en Île-de-France. Il ajoute la laverie industrielle à ses nombreuses non-qualifications professionnelles et il commence à militer au sein du milieu portugais. Il adhère alors au groupe trotskyste portugais Combate operaio et à la Ligue communiste. C’est précisément à cette époque que celle-ci devient révolutionnaire. Parallèlement à son combat politique au sein de la LCR, il adhère à la CFDT et entre comme manœuvre à la SFIM, où il deviendra d’ailleurs délégué syndical CFDT. Après des cours de formation professionnelle, il devient ouvrier professionnel monteur/câbleur en électronique. Il quitte la CFDT pour la CGT, dont il sera l’un des responsables.

Fernando a toujours gardé un fort attachement à la lutte des travailleurs les plus exploités. Dans les années 1980, il a participé aux multiples luttes des travailleurs des foyers Sonacotra, particulièrement à Massy (Essonne). Fernando était sur tous les fronts. Syndical : secrétaire du syndicat CGT, délégué syndical, du personnel, élu au comité d’entreprise, au CHSCT et au comité de groupe. Politique : il sera à plusieurs reprises candidat de la LCR aux législatives, municipales ou régionales, sans oublier son appartenance au Bloc de gauche du Portugal. Dans la lutte quotidienne pour les droits de tous les « sans », il a soutenu les occupations de l’église Saint-Paul de Massy par les sans-papiers ; il a participé aux parrainages et aux multiples manifestations du Réseau éducation sans frontières (RESF) ; il a été, avec d’autres, à l’origine du Collectif de soutien aux familles roumaines du bidonville de Palaiseau-Massy, entre 2002 et 2007.

La lutte contre toute oppression et pour un monde plus juste était son principal moteur. Fernando n’arrêtait jamais. Bien que très affaibli, cet été encore et à la rentrée, il participait aux réunions du comité de soutien aux travailleurs sans papiers de Millenium à Igny et Samsic à Massy, et aussi à la création du NPA dans l’Essonne. Fernando n’aura pas eu le temps de voir la création du NPA, mais il avait déjà sa carte… Tes camarades de la LCR te saluent, Fernando, et ils apportent tout leur soutien à ta famille, ta femme, Dominique, tes enfants et petits-enfants.

• Vendredi 5 décembre, 10h, funérarium de Longjumeau, pour la mise en bière, puis 11 h 30, Bourse du travail de Massy (14, chemin des Femmes, derrière l’hôtel Mercure, avenue Carnot, près de la gare Massy-Palaiseau, RER B).

Ses camarades

P.-S.

* Paru dans Rouge n° 2277, 04/12/2008.