André Fichaut (1928-2009) – Hommages, souvenirs, articles d’hier...

Nous publions ci-dessous une première série de réactions à l’annonce du décès de notre ami et camarade Max – André Fichaut, à qui nous devons beaucoup – ainsi que quelques articles de presse parus à son sujet ces dernières années.

ESSF en publiera bientôt d’autres. En mémoire vivante de ses combats et de ses proches.

Pierre Rousset


André Fichaut (1928-2009)

Une figure du mouvement ouvrier Brestois, l’un des plus anciens militants de la Quatrième Internationale à laquelle il avait adhéré en 1947- une période où il n’était pas facile d’être anti-stalinien - notre ami et camarade André Fichaut vient de nous quitter ce lundi 29 juin 2009.

Jusqu’au bout il est resté fidèle à ses convictions qu’un autre monde était possible et que cela passait nécessairement par la révolution socialiste mondiale.

Il avait retracé son parcours militant dans un livre « Sur le pont, souvenir d’un ouvrier trotskyste breton » préfacé par Alain Krivine (Edition Syllepse) en 2003.

Militant de tous les combats sociaux, internationalistes, syndicaliste CGT, militant contre le racisme, contre le nucléaire (bien que travaillant à EDF) en soutien à Solidarnosc, fondateur d’AC sur Brest, ... partisan du regroupement qui donna « Tous ensemble à gauche », c’est tout naturellement qu’il rejoignit le NPA lors de l’auto-dissolution de la LCR.

A 81 ans, Dédé Fichaut continuait à suivre les débats politiques sur internet et par mels.

Gravement malade du cœur, il avait eu une leucémie dont il s’était guéri, mais été resté affaibli.

Il reste pour les générations à venir un exemple de d’opiniâtreté et de détermination que rien n’entamait, ferme sur les principes, toujours ouvert à la discussion.

Nos pensées vont pour sa femme Annie, ses enfants Michèle et Bernard, ses petits enfants qu’il adorait.

Nous rendrons hommage à notre camarade Jeudi 2 juillet à 16h30 au Funérarium de Brest, 345 Zone du Vern à Brest.

Un pot sera organisé après cette hommage.

Pour envoyer un mot à la famille de Dédé :

Annie Fichaut 24 Boulevard Mouchotte 29200 Brest

Pour le NPA Brest, André Garçon 06 76 60 48 38


Les Alternatifs saluent la mémoire d’André Fichaut, militant brestois du NPA

C’est avec une grande émotion que les Alternatifs de Bretagne ont appris le décès du camarade André Fichault. Depuis de longes années, les plus âgés d’entre nous ont partagé nombre de combats militants avec André Fichaut, sur tous les terrains de l’émancipation humaine et de la transformation sociale.

Homme de conviction, militant communiste internationaliste depuis la fin de la seconde guerre mondiale, André Fichaut aura su rester fidèle à sa classe et marquer durablement plusieurs générations militantes, à Brest et bien au-delà. Syndicaliste à EDF, il aura aussi grandement contribué à redonner toute leur actualité et dimension politique aux notions de contrôle ouvrier et d’autogestion.

Vacciné à jamais contre le stalinisme, André Fichaut aura, toute sa vie militante, fait preuve d’une grande ouverture d’esprit et d’une volonté de rassembler les forces disponibles pour changer la société.

Les Alternatifs s’associent à la tristesse de la famille d’André Fichaut et de ses amis et camarades du NPA et ils les assurent de toute leur amitié.


Les éditions Syllepse

C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons le décès d’André Fichaut qui avait publié aux éditions Syllepse, Sur le pont, Souvenirs d’un ouvrier trotskiste breton.

A l’occasion de la publication de son livre, nous avions travaillé avec lui avec plaisir et enthousiasme tant il est vrai que les combats d’André nous étaient proches. Son livre contient pour les jeunes générations de militants révolutionnaires de précieuses leçons de vie.

Son nom et son livre toujours présent dans notre catalogue fait partie du patrimoine de notre maison d’édition.

Avec nos attristées et cordiales salutations.

Les éditions Syllepse

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www.syllepse.net


Décès d’André Fichaut, militant ouvrier

Décédé hier à l’âge de 81 ans, c’était une figure du mouvement trotskiste et de la CGT.

Une figure brestoise du mouvement ouvrier vient de disparaître. André Fichaut est décédé hier à l’âge de 81 ans. Il s’était engagé très tôt dans le militantisme politique et syndical.

Né à Commana en 1927, André Fichaut était issu du monde rural. D’abord garçon de ferme, puis mécanicien automobile au sortir de la guerre, ajusteur diéséliste aux ateliers de réparation Dubigeon, sous-traitant de l’arsenal de Brest, il avait été embauché en 1958 à EDF.

Il avait découvert le trotskisme en fréquentant les auberges de jeunesse. Surnommé « Max », il avait adhéré en 1947 au Parti communiste internationaliste. Par la suite, il avait rejoint la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il avait siégé pendant 25 ans à son comité central.

Quand la LCR a laissé la place au Nouveau Parti Anticapitaliste, il avait naturellement adhéré à la nouvelle formation. « Il était l’un des plus vieux militants de la IVe Internationale », rappelle André Garçon, responsable brestois du Nouveau Parti Anticapitaliste.

André Fichaut avait aussi été responsable départemental de la CGT dans les années 1950. Ensuite, pendant de nombreuses années, il avait animé le syndicat CGT d’EDF. « Il fait partie d’une génération qui a permis de vraies évolutions démocratiques à la CGT », souligne Olivier Le Pichon, secrétaire de l’Union locale CGT.

Dans l’Europe du rideau de fer, ce militant infatigable, adepte du camping-car dans lequel il aménageait des « planques », avait distribué des boîtes de petits pois remplies d’exemplaires de « Ma Vie » de Léon Trotski en Pologne, ou des ordinateurs camouflés dans des télévisions en Tchécoslovaquie pour les militants de la Charte 77. Il avait participé au premier congrès du syndicat polonais Solidarité.

Malgré la maladie, il participait toujours aux débats politiques grâce à Internet depuis son pavillon du quartier de Recouvrance. Olivier Besancenot et Alain Krivine y faisaient toujours étape quand ils étaient de passage dans la région.

Les obsèques d’André Fichaut auront lieu jeudi à 14 h 30 au Vern.

Ouest-France / brest.maville.com


Andre fichaut nous a quittés

Militant syndical CGT à brest sur les chantiers navals puis à EDF Brest Militant oppositionnel soutien au FLN pendant la guerre d Algérie, il rejoint la Quatrieme Internationale.

Il quitte definitivement le PCF en 68 et rejoint la Ligue communiste. Un des responsables de la CGT à brest il anime une grève à EDF où est mis en place un comité de grève et un contrôle ouvrier sur la production de courant. Il est aussi de tous les combats internationalistes : Vietnam, Espagne Portugal, Nicaragua, Pologne. Il est aussi des combats contre la centrale nucleaire de Plogoff.

Fideèe a la LCR dans toutes ces luttes, il participe malgré ses problemes de santé à la construction du jeune NPA .

Merci Andr2

Condoléances à tes proches.

DELORME


Hommage des anti-nucléaire à « Dédé Fichaut »

Un communiqué des Vert-e-s du Pays de Brest

mercredi 1er juillet 2009

Par ma voix, plusieurs anti-nucléaires ayant lutté contre la centrale nucléaire de Plogoff, ont souhaité rendre hommage à Dédé Fichaut qui nous a quitté en cette fin-juin 2009.

Il a, sans ambiguïté, dénoncé la politique du « tout-nucléaire » d’E.D.F où il travaillait ; il s’est publiquement engagé comme syndicaliste contre le nucléaire, rompant ainsi avec la pensée unique de son syndicat !

Il fut ainsi, un de ceux, parmi les militants engagés qui furent, avec la population, déterminant dans l’issu positive de notre lutte à Plogoff !

Dédé, ton engagement restera un exemple.

Marif Loussouarn, Porte-parole des Vert-es du pays de Brest


Articles d’avant...

André Fichaut, un trotskiste heureux - Lorient

Lundi 12 janvier 2004, Ouest France

Livre : souvenirs de la Ligue communiste révolutionnaire

André Fichaut est un vieux militant trotskiste brestois. A 76 ans, il publie ses mémoires : Sur le pont. Vendredi soir, ses camarades de la LCR du Morbihan l’accueillaient à la cité Allende.

La révolution, ça conserve. A 76 ans, André Fichaut garde une sacrée pêche. Il a toujours été Brestois. Mécanicien de garage, il entre en 1947 à la CGT des métallos. En même temps, il rencontre des trotskistes. Il adhère au Parti communiste internationaliste. « Brest a toujours été à part. Depuis 1935, il y a toujours eu un noyau trotskiste. Moi, j’ai fait de l’entrisme à la CGT d’abord, puis au PCF de 1955 à 1968. A la CGT, je suis devenu secrétaire de mon syndicat quand j’étais à EDF, après 1958.

« On était vraiment les moutons noirs. En 1981, on a été le seul syndicat CGT invité en Pologne au congrès de Solidarnosc ! Nos copains maoïstes leur avaient expédié une ronéo électrique pour les chantiers de Gdansk. Brest, ça disait quelque chose aux métallos polonais. »

André Fichaut a cessé toute activité syndicale à 70 ans. Avec son camping-car, il parcourt l’Europe. « Je vais souvent en Roumanie, j’y ai des amis. » Il ne décroche pas en politique : « Je suis le plus vieux militant de la LCR ! Krivine, c’est un de mes élèves... » Et il a décidé de raconter son expérience hors norme de militant révolutionnaire. C’est devenu un livre, Sur le pont, souvenirs d’un ouvrier trotskiste breton (Syllepse éditions, 246 pages, 20 €).

André Fichaut était l’invité de ses copains morbihannais vendredi soir à la cité Allende. On a parlé un peu de politique, tiens donc, et de la liste commune avec Lutte ouvrière. Certains renâclent à la Ligue, devant cette alliance de la carpe et du lapin. André ne dit rien. Entre LO (le lapin ouvrier) et LCR (la carpe révolutionnaire), si le mariage était heureux, ce serait vraiment une révolution !

Yann LUKAS


André FICHAUT - « Sur le Pont » - Editions Syllepse

Souvenirs d’un ouvrier troskyste

« Jeune apprenti mécanicien brestois, André Fichaut rencontre le troskisme au sein du mouvement des Auberges de la jeunesse au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce mouvement troskiste dont il devient un militant convaincu attaché à défendre les intérêts des exploités et à la construction d’une alternative socialiste au capitaliste. Militant CGT, il déploie une activité syndicale incessante sur les chantiers navals. Mais la plus grande partie de sa vie professionnelle et syndicale, ce sera à l’EDF qu’il la passera. A travers cette autobiographie c’est une histoire du mouvement ouvrier brestois et de ses luttes qui nous est proposée. Une narration sur un ton truculent émaillée d’anecdotes surprenantes qui amusera tout lecteur curieux de l’histoire ouvrière bretonne. Une aventure personnelle qui se confond acvec celle du plus grand nombre. A 75 ans, l’avenir m’attend conclut celui qui jusqu’à ce jour n’a pas renoncé à changer le vieux monde. »

La Lettre de Dialogues - Décembre 2003


André FICHAUT, Sur le pont - Souvenirs d’un ouvrier trotskiste breton , collection « Utopie Critique », Syllepse, Paris, 2003, 248 pages, 20 Euros.

André Fichaut poursuit la série de témoignages émanant de militants trotskystes qui paraissent relativement régulièrement depuis environ cinq ans. Mais alors que la génération de 68 avait jusqu’ici tendance à être la plus bavarde, Fichaut représente celle des inscrits de la difficile et ingrate période de 45 aux années 60, puisqu’il est rentré au PCI à la fin des années 40, en passant d’abord par ses éphémères organisations de jeunesse, la JCI et le MRJ. Le récit qu’il nous fait de son itinéraire militant, du rappel de sa jeunesse entre études dans des écoles bourgeoises et vie ancrée dans le terroir breton, avec l’importance de la socialisation due aux auberges de la jeunesse, s’avère tout à fait passionnant, tout comme ses divers emplois avant son entrée à la centrale thermique EDF de Brest, mécanicien auto, chauffeur de médecin ou ajusteur mécanicien sur les chantiers navals de l’Atlantique.

Cette dernière place est d’ailleurs l’occasion pour nous de découvrir l’investissement syndical conséquent d’André Fichaut dans le cadre de la CGT. Cette activité ininterrompue occupe en effet une place importante de l’ouvrage, avec comme point d’orgue le récit de la grande grève de 1972 à la centrale afin d’imposer des embauches supplémentaires, une grève victorieuse et qui constitue un exemple des efforts d’André Fichaut pour introduire davantage de démocratie au sein de la CGT, au risque de se marginaliser, comme lorsqu’il s’oppose à la reprise du travail en juin 1968 ou au programme commun dans les années 70, perçu comme un carcan pour les luttes ouvrières. Parallèlement à cet engagement syndical André Fichaut fut également de ces militants qui pratiquèrent l’entrisme prôné par la direction de la IVe Internationale au début des années 50.

Ayant choisi de rester fidèle à cette dernière (et donc à la minorité de la section française) par peur de s’enfoncer dans un isolement sectaire, il fut en effet membre du PCF de 1956 à 1969. Son expérience est d’autant plus précieuse que le bilan historique de ce travail reste à faire ; ainsi, sur son groupe de trois militants entristes, lui seul réintégra durablement le mouvement trotskyste… On a également droit au passage à des anecdotes croustillantes, comme lorsque André Fichaut faillit devenir le candidat de la LC aux présidentielles de 1969, le récit des congrès de la CGT ou les relations étroites tissées avec Solidarnosc. Une autobiographie sans complaisance, sincère et pleine d’humour, qui se lit avec beaucoup d’intérêt. Signalons enfin qu’Alain Krivine est l’auteur de la préface, dans laquelle il insiste sur le travers de la secte qu’aurait donc évité le PCI minoritaire et la Ligue communiste, et rend un hommage appuyé aux anciens…

Jean-Guillaume Lanuque


Le vétéran de la LCR prêt à rejoindre le nouveau parti anti-capitaliste

AFP

Par Frédéric GAULIER

BREST, 21 août 2008 (AFP) - Après plus de 60 années d’un militantisme trotskiste sans faille, le vétéran de la Ligue communiste révolutionnaire André Fichaut, 80 ans, est prêt à rejoindre le nouveau parti anti-capitaliste (NPA) qui doit succéder à la LCR d’Olivier Besancenot.

« Notre objectif n’est pas de rester à 3.000 militants. C’est le moment ou jamais de construire une organisation suffisamment puissante pour mobiliser les gens, après on verra », confie à l’AFP le plus ancien adhérent à la LCR, qui a siégé pendant 25 ans à son comité central.

Surnommé « Max », M. Fichaut a adhéré en 1947 au Parti communiste internationaliste (PCI devenu LCR). Fort de son expérience, il participe aujourd’hui aux débats de l’organisation par internet depuis son pavillon du quartier de Recouvrance à Brest, où Olivier Besancenot et Alain Krivine font toujours étape quand ils sont de passage dans la région. Pour des raisons de santé, il ne participera pas à la dernière université d’été de la LCR à Port Leucate (Aude) à partir de ce week-end, un rendez-vous qu’il n’avait jamais manqué auparavant.

« On sera les plus politisés du NPA. Avec notre expérience, on doit arriver à composer un programme sur des bases solides sans être sectaires », affirme-t-il, prêt à voter la dissolution de la LCR pour aller vers une autre « organisation efficace amenant à un réel changement de société ». Evoquant le futur parti, André Fichaut préconise la reconnaissance du droit de tendance, l’impossibilité pour les éventuels élus d’être membres de la direction, et l’exclusion de toute alliance avec le parti socialiste et « sa politique de droite sans avenir ». Mais les militants révolutionnaires devront apprendre à composer avec ceux venus d’autres horizons, souvent moins disponibles et parfois moins formés politiquement, prévoit-il en espérant que que le NPA bénéficiera de la popularité d’Olivier Besancenot « aujourd’hui plus connu que la LCR ».

D’abord garçon de ferme, puis mécanicien automobile au sortir de la guerre, ajusteur diéséliste aux ateliers de réparation Dubigeon (sous-traitant de l’arsenal de Brest), M. Fichaut est embauché en 1958 à la centrale EDF du Porzic (Finistère). Dans l’Europe du rideau de fer, il a été un militant infatigable, adepte du camping-car dans lequel il aménageait des « planques ». Il a ainsi distribué des boîtes de petits-pois remplies d’exemplaires de « Ma Vie » de Léon Trotski en Pologne, ou des ordinateurs camouflés dans des télévisions en Tchécoslovaquie pour les militants de la Charte 77. Et il est encore ému d’avoir participé au premier congrès du syndicat polonais « Solidarnosc ». Evoquant l’avenir, le vieux militant, qui « conservera toujours dans la tête l’idéal révolutionnaire », affirme sa « fierté d’avoir été trotskiste. On l’était par rapport au stalinisme. Historiquement, le stalinisme est passé, ça ne sert donc à rien de conserver le trotskisme », explique-t-il.