En hommage à André Fichaut...

Plusieurs centaines de personnes rendent un hommage militant à André Fichaut,syndicaliste CGT depuis ses 17 ans, militant trotskyste puis adhérent du NPA...

Une foule importante, près de 400 personnes, a participé ce 2 juillet 2009 à l’hommage émouvant rendu à notre ami et camarade André Fichaut. Et combien de messages d’ami-e-s au loin ou empêchés de venir, qui ont demandé à être excusés, comme Olivier Besancenot, Daniel Bensaïd ... André avait 81 ans, et beaucoup de sa génération l’ayant apprécié, sont malheureusement déjà partis, ils manquaient pour le saluer une dernière fois, pour le remercier pour ses combats menés, pour ses encouragements à celles et ceux qui luttaient.

Figure reconnue et appréciée du mouvement ouvrier Brestois, André Fichaut a mobilisé une dernière fois toutes les sensibilités politiques et syndicales de sa classe : des syndicalistes de la CGT Energie, de Sud Energie, de la métallurgie, de la CGT Jabil, de l’UL CGT de Brest mais aussi d’autres syndicats, de Solidaires notamment, des militant-e- du monde associatif : AFPS, AC ! , Planning Familial, France Algérie… Des militant-e-s du NPA de toute la Bretagne étaient là, des anciens de la LCR, de Brest, Rennes, Fougères, Lannion, Quimper, Carhaix, Morlaix, Dinan … Une délégation représentait le NPA national avec Alain Krivine, François Sabado et Olivier Martin, tous les trois « vieux » complices de Max, le pseudo de Dédé dans la section française de la Quatrième Internationale. D’autres personnalités politiques d’extrême gauche étaient aussi venues comme Jeannette Habel, Catherine Samary, Hubert Krivine. Des anciens de la Quatrième avaient tenu à être là comme Jeannine Léostic ou Jean Gourmelen.

Les Verts de Brest avaient appelé par communiqué de presse à participer à la cérémonie, souhaitant : « rendre hommage à Dédé Fichaut qui a sans ambiguïté, dénoncé la politique du « tout-nucléaire » d’EDF où il travaillait, qui s’est publiquement engagé comme syndicaliste contre le nucléaire , rompant avec la pensée unique de son syndicat. Il fut ainsi un de ceux, parmi les militants engagés qui furent avec la population, déterminants dans l’issue positive de notre lutte à Plogoff ! ».

Plusieurs militants de Lutte Ouvrière, de l’Autre Gauche Brest-Nouvelle-Citoyenneté, quelques membres du PCF, pas mal d’ex du PCF étaient aussi présents, des libertaires … des militant-e-s de la liste « La Gauche Debout ! » aux dernières municipales sur laquelle André Fichaut figurait, et sans doute beaucoup d’autres que nous oublions.

Les « Alternatifs » ont fait parvenir un communiqué, saluant la mémoire d’André Fichaut : « Homme de conviction, militant communiste internationaliste depuis la fin de la seconde guerre mondiale, André Fichaut aura su rester fidèle à sa classe et marquer durablement plusieurs générations militantes, à Brest et bien au-delà. Syndicaliste à EDF, il aura aussi grandement contribué à redonner toute leur actualité et dimension politique aux notions de contrôle ouvrier et d’autogestion. Vacciné à jamais contre le stalinisme, André Fichaut aura toute sa vie militante fait preuve d’une grande ouverture d’esprit et d’une volonté de rassembler les forces disponibles pour changer la société. »

Cette cérémonie a été l’occasion de faire revivre et partager la vie dans ses joies et ses combats de notre camarade. Plusieurs personnes ont ainsi pris la parole. Ce fut tout d’abord les enfants d’André et Annie : Michèle puis Bernard, qui avec beaucoup d’émotion et de chaleur, d’humour aussi, ont dit la chance qu’ils avaient d’avoir des parents comme Dédé et Annie, parlant d’un père qui savait être très présent quand il le fallait malgré un agenda de réunions très rempli, d’un père curieux de tout, aimant la vie et « qui n’aurait pas voulu que nous soyons tristes aujourd’hui. »

C’est le secrétaire général de l’Union Locale CGT qui pris ensuite la parole rappelant le rôle de Dédé dans la grande grève reconductible et victorieuse d’EDF de 1972, ses capacités pédagogiques dans la formation de très nombreux militants. (Cf intervention jointe).

Après la CGT, Josette Brenterch a évoqué la riche vie militante de Dédé dans toute ses dimensions, au nom des camarades qui l’ont cotoyé dans les luttes à Brest. (cf intervention jointe)

Enfin vint le tour d’Alain Krivine qui commença en disant qu’il n’était pas sûr que Dédé apprécierait cette cérémonie, tant il n’aimait pas les éloges. « Tout juste acceptait-il d’être fier de se dire le plus ancien adhérent de la Quatrième, ce qui n’était pas sûr ». Alain rappela les périodes difficiles de l’après guerre, le Parti Communiste internationaliste avait une petite implantation ouvrière, André Fichaut y joua rapidement un rôle central, dans les années 60, la jonction avec l’arrivée d’étudiants n’était pas évidente, mais déjà c’était une ouverture indispensable pour se développer. Dédé savait être toujours ferme sur ses convictions et en même temps ouvert à la discussion, toujours prêt à l’élargissement, ce fut le cas avec TEAG comme avec le projet NPA qu’il a soutenu à fond. Pédagogue il a joué un rôle important dans la transmission du flambeau révolutionnaire aux générations nouvelles. Alain Krivine a ensuite raconté avec humour le savoir faire de Dédé pour passer clandestinement à l’Est encore stalinien, du matériel de reproduction ou de la propagande, sans jamais s’être fait arrêter. Il a conclut par un souhait : «  que l’exemple de Dédé Fichaut serve, afin que demain des dizaines, des centaines de nouveaux « Dédé » suivent sa voie. Le meilleur hommage à lui rendre, c’est de continuer son combat », a t-il conclu.

Olivier, Josette comme Alain ont assuré la famille de toute leur soutien, et transmis notre affection, saluant particulièrement Annie, dont Dédé disait : « sans elle , je n’aurais pas été celui que vous connaissez. »

Un chant de Jacques Brel, un texte du poète Gaston Couté, le « Gorille » de Brassens, de la musique irlandaise qu’affectionnait beaucoup Dédé ont alterné avec les interventions. Puis c’est avec la musique de « Motivés » que toutes et tous sont allés saluer une dernière fois notre cher André Fichaut.

Sur un grand écran figurait cette belle photo de Dédé Fichaut rigolant, photo prise le 22 novembre 2008 aux Halles de Carhaix où le NPA du Finistère tenait sa première fête départementale. Un CHE au dessus de son épaule, Dédé tenait la table de presse.

A Brest le 3 juillet 2009, André Garçon


 Pour André

Olivier Le Pichon, Secrétaire général de l’Union Locale CGT de Brest

Pour André,

André a pris sa première carte à la CGT en 1944, le jour de ses 17 ans. Il ne l’a jamais quitté. Et ce ne fut certainement pas toujours facile. Il a souvent connu la répression patronale.

Tenter de tracer le parcours de militant syndical d’André c’est forcément prendre le risque d’égrener une série de dates et de fonctions…et peut-être de ne pas parler de ce qui compte.

L’apport d’André au mouvement syndical brestois, au mouvement ouvrier, est considérable. Il a tout au long de son existence militante joué son rôle de passeur de pratiques, d’idées et d’expériences de luttes. Il a été un militant acteur de nombreux mouvements sociaux.

André a marqué durablement le syndicat CGT d’EDF. Il en fut le secrétaire pendant longtemps. Comme il avait été un des secrétaires de l’Union Locale CGT de Brest, de l’Union Départementale CGT du Finistère.

Mais ce qui fut très important et ce qui reste d’actualité, c’est son rôle dans la grève de 1972, d’EDF Nord Finistère. C’est en faisant tout pour que la direction des luttes appartienne aux grévistes eux-mêmes, en faisant élire un comité de grève qui avait la responsabilité totale du mouvement, en assurant des interventions gratuites auprès des usagers, en rendant publiques les négociations, en pratiquant une unité à la base, que la lutte fut victorieuse. Cette expérience, cette forme d’organisation résonne, dans notre temps d’aujourd’hui de plus en plus dur, comme une expérience à renouveler.

En tant que responsable syndical il a formé des dizaines de militants. De cela, nous lui sommes redevables.

C’est le cas en 1968, où André assurait comme il le dit « de la formation de masse au Nouveau Théâtre à Brest » devant 300 personnes. De cette expérience, où les gens deviennent collectivement intelligents, il faut aussi en garder la mémoire pour aujourd’hui.

Sa passion pour la pédagogie lui vient sans doute du fait qu’il était autodidacte mais aussi un homme curieux et toujours prêt à apprendre, avec des camarades comme André Calvès, militant de la CGT et du PCI, et avec d’autres comme Pierre Franck et Ernest Mandel. Et aussi Marc Piolot de la CGT. C’est avec ces militants que lui sont venus une rigueur et un rapport avec l’écrit qui lui ont davantage ouvert le monde. Il a assuré cette tâche de formation fondamentale dans le syndicalisme, toutefois en y mettant toujours son grain de sel, toujours avec la possibilité de critiquer, de donner entièrement son point de vue.

Dans le mouvement syndical, dans l’époque où André était actif, j’entends comme militant, les questions de démocratie étaient très vives. La conséquence de ces débats pouvait d’ailleurs se traduire par des exclusions, des engueulades, voire des coups.

André fait partie de ces militants qui ont à la fois développé le mouvement syndical, pour lui la CGT, et en même temps tenu bon pour défendre des idées, des pratiques qui ne rentraient pas dans l’orientation des directions syndicales de l’époque.

En ce sens, avec d’autres, parce qu’il a toujours usé de sa parole, il a permis d’ouvrir des brèches. Dans ses fonctions de responsable, il a toujours fait en sorte que la démocratie ne soit pas uniquement un mot mais une réalité vivante quant bien même, il disait que ce n’était pas toujours facile ni simple. Il reste à faire que ces brèches s’élargissent et que le syndicalisme soit réellement l’outil démocratique qui permette de gagner.

Il a aussi mené des combats loin d’être évidents à son époque, avec une solidarité active avec le FLN algérien, et aussi, en comprenant et en soutenant ce qui se passait à l’Est avec Solidarnosc, ce qui a fait de sa maison, une maison toujours ouverte aux militants du monde entier.

En parlant de sa maison, André, pas facile à surprendre, a eu la surprise de voir passer devant elle une manifestation en 2006. Il faut dire qu’en 2006, à force de manifester quasi quotidiennement, nous n’avions plus trop d’idées concernant les parcours. Trouver chaque jour une initiative qui concilie mobilisation mais aussi imprévu n’est pas une affaire simple. Toujours est-il qu’il n’est pas arrivé souvent qu’une manif passe sur le boulevard de la famille Fichaut. Le plaisir d’André de voir défiler ce cortège, de pouvoir y saluer de nombreuses connaissances, d’encourager la lutte était très réjouissant. Nul doute qu’il aurait accepté, si la proposition avait été faite, d’accueillir tout le monde pour boire un coup, en plus il faisait chaud.

De chaleur, il était bien question avec André. Discuter quelques minutes avec lui, avant une manif, dans le coin de la Place de la Liberté, côté Bar de l’Hôtel de Ville, était un bon moment, mais pas toujours facile, entre le journal à vendre, les uns et les autres qui venaient prendre des nouvelles.

Et puis, il y avait André soucieux des moyens de son organisation politique, qui vous envoyait vers le 1° janvier un mot vous appelant à souscrire… le mot était toujours sur un papier pile poil au format du message. Comme le message n’était pas bien long, le papier était toujours découpé, sans doute pour économiser.

A la suite d’une manif à Carhaix pour la défense des services publics, qui n’avait pas rencontré un grand succès, il y avait André, dans les Halles pour la fête, qui vous accueillait dès l’entrée avec toujours cette chaleur, cet enthousiasme malgré les difficultés du moment.

Et puis, tout le temps, parce que c’était son monde, cette compréhension immédiate des luttes ouvrières. Compréhension, qu’il avait encore mise en œuvre lors d’une rencontre avec des travailleurs en lutte de chez Jabil l’an dernier.

André a été un militant toute sa vie, au fond, il n’a jamais pris de retraite, c’est d’ailleurs ce qu’il disait à la fin de son livre : « l’avenir m’attend ». C’est vrai, l’avenir nous attend.

Salut à toi Dédé, toute notre amitié à toi Annie, à toute sa famille et à vous.

Olivier Le Pichon
Secrétaire général de l’Union Locale CGT de Brest
2 juillet 2009


 Dédé …Notre pote, notre camarade

Josette Brenterc’h

Difficile à admettre, mais tu as mis les voiles, tu nous as largués. Tu vas manquer profondément à Annie, à tes enfants et petit-enfants, et c’est à eux que nous pensons d’abord. Tu nous manqueras aussi beaucoup, à nous tous qui t’avons côtoyé.

Nous avons souhaité à quelques-uns évoquer la figure militante et chaleureuse qui nous a tant marquée.

Eh ! C’est qu’on en a fait des choses ensemble, et toi le « tous ensemble », tu t’y retrouvais bien ! Ton drapeau, ton appartenance politique, tu ne les mettais jamais dans ta poche, et on en connaissait bien la couleur. Mais tu étais suffisamment sûr de tes convictions pour être capable de mener des combats communs avec des gens qui ne les partageaient pas totalement. Tu savais incarner avec une présence exceptionnelle, une boussole essentielle, celle de la lutte des classes. Ta vision du socialisme intégrait depuis longtemps la préoccupation écologique. Tu mesurais avec une grande acuité les dégâts du capitalisme sur la planète.

Beaucoup se souviennent de ta fête de retraite à Logona Daoulas ; cette fête, toi le secrétaire de la CGT de ta boîte, tu l’as organisée en commun avec le secrétaire de la CFDT qui partait lui aussi en retraite. Une fête unitaire quoi !

La notion de « ligne juste » sacralisée une fois pour toutes, tu laissais cela aux sectes. Tu savais que nous commettons tous des erreurs, toi y compris, et tu pensais que le bon moyen d’avancer est de reconnaître ses erreurs, de les analyser et d’en tirer les leçons.

Tes convictions n’étaient pas à géométrie variable. En témoigne une anecdote que tu aimais racontée. Un jour que tu étais à la poste principale de Brest, un gars te lance un grand « Bonjour monsieur Fichaut ». Ne voyant pas à qui tu avais à faire tu lui as rétorqué : « je ne vous connais pas monsieur ». L’autre lui répond, « eh bien moi je vous connais très bien, je vous suis depuis 30 ans et je peux vous reconnaître une grande continuité dans vos activités. J’ai un dossier énorme sur vous ». Le gars en question n’était autre que le chef des renseignements généraux !

Ton « tous ensemble », il était évidemment internationaliste, en témoigne, entre autres, ton soutien très concret à Solidarnosc en Pologne, ou aux tchécoslovaques de la charte 77. En témoigne aussi ton adhésion de longue date à l’Association France Palestine Solidarité. Faut dire que tu étais un dégourdi : cacher des trucs interdits dans des machins autorisés pour les acheminer vers ceux qui en avaient besoin pour se faire entendre, ça tu savais faire. C’est sans doute parce que tu étais ingénieux comme ça qu’un jour lointain tu as gagné un concours organisé par la revue de la CGT sur une énigme genre « roman policier » à résoudre.

Ton ingéniosité et ta ténacité, elles nous ont bien été utiles ici aussi. Je pense en particulier à l’organisation des marches contre le chômage en 1994. Fondateur d’AC ! avec beaucoup d’autres, tu étais « à la manœuvre » côté intendance, et ce fut une réussite. Quelques années plus tard, nous avons « remis ça » à un moment où ta santé t’empêchait d’être partie prenante. Pourtant, au fil de la marche, c’est un peu comme si tu étais là, tant furent nombreuses les évocations de la qualité de l’organisation des marches précédentes. Et, nous on ne s’était pas mal débrouillés non plus, mais tu avais marqué les esprits !

Rien ne te faisait peur ! Tu bossais à EDF, tu militais dans une fédération syndicale majoritairement pronucléaire. Ca ne t’as pas empêcher de défendre tes convictions et d’être aux avant postes du combat antinucléaire de Plogoff.

Le « tous ensemble », tu l’as fait vivre aussi à BAGA et TEAG, dont tu fus l’une des chevilles ouvrières… Pas toujours simple de faire vivre des cultures politiques aussi variées. Ta détermination à réussir ces paris, contre tout « patriotisme d’organisation » comme tu aimais le dire, tes exigences démocratiques, agrémentées de coups de gueule d’une diplomatie très … personnel et ton enthousiasme à la construction d’alternatives locales radicales comme la gratuité des transports… Tu as même fait partie d’une délégation à Hasselt en Belgique pour voir sur place l’expérience très concluante de bus entièrement gratuits. Tu rêvais que la municipalité ait le courage de l’expérimenter à Brest.

Tout ça a joué un rôle déterminant dans ces expériences tellement riches.

Tu aurais pu faire plein de métiers, et d’ailleurs tu en as fait pas mal, viré par des patrons qui voyaient en toi le dangereux syndicaliste. Patrons qui ne t’ont fait aucun cadeau, si ce n’est celui du poison de l’amiante, et il faut encore aujourd’hui se battre pour que cette maladie soit reconnue. Mais il y a deux métiers à coup sûr que tu n’aurais pas pu faire : curé et diplomate ! Tu ne tournais pas autour du pot quand tu étais en désaccord, tu ne racontais pas de salade, tu étais d’une franchise totale.

Tout ça ne t’empêchait pas de profiter de cette vie que tu aimais. Tous les ans, tu laissais Brest pendant quelques temps, et tu partais, avec Annie, en vadrouille sur les routes de France et de Navarre. En fait de Navarre, c’est plutôt vers l’Irlande ou la Roumanie que se dirigeait votre vieux camping-car, sans jamais oublier le « cubi » de pinard, prétexte de rencontres et de nouveaux amis. Tu décrivais avec gourmandise les pêches miraculeuses de crevettes irlandaises dont vous faisiez des festins.

Eh oui, Dédé, la vie, tu l’aimais. Dans toutes tes activités, y compris militantes, le « bonnet de nuit » c’était pas ton genre, et ce n’était pas non plus le genre du monde que tu voulais construire. Tu disais parfois, de façon imagée, que « tu ne ferais pas la révolution avec des buveurs d’eau ». C’est sans doute parce que tu aimais la vie que tu étais révolutionnaire et que tu voulais détruire ce système qui la respecte si peu, la vie, qui détruit tant de gens et tant de choses et qui prône le « chacun pour soi ». Tout le contraire de toi, quoi !

Tu es parti avant que nous l’ayons faite, cette révolution, mais rassure-toi : dans les petites et grandes victoires à venir, tu seras là dans un coin de nos têtes, rigolard, te disant : « je le savais bien, qu’on y arriverait ! ».

Un camarade de Lannion, nous disait :
— Quand Dédé est venu à Lannion en 2004, présenter son livre, ses derniers mots étaient en hommage à Nathalia, la femme de Trotsky, qu’il avait rencontrée en 1954 et à sa femme Annie, sans qui disait-il, il n’aurait jamais été celui que nous avons connu.

Un grand merci à toi, Annie. Nous sommes à tes cotés, toi qui a toujours su nous accueillir chaleureusement et à bras ouverts.

Nous terminerons avec les mots que Gérard et Janine nous envoient d’Espagne, désolés de ne pouvoir être là :
« Max, avec ton intransigeance politique juste et ta chaleur militante, tu as su rester debout et nous te remercions de nous avoir aidés sur ce chemin de la révolution internationale et de la vie.

Tu resteras comme tu l’as toujours été, sur le pont, et tu nous aideras à y demeurer sans faillir.

Salam, Adios, Kenavo, notre cher camarade ! »

* Intervention lue par Josette Brenterc’h lors de l’hommage rendu à André Fichaut le 2 juillet 2009.