Le 23 mars, tous en grève, tous dans la rue

Pas de moratoire sur les retraites, a annoncé le gouvernement. Pour s’opposer à la destruction du système par répartition, les syndicats appellent à une journée de mobilisation le 23 mars.
Faisons en sorte qu’elle soit massive.

Sarkozy et Fillon l’ont dit et redit : le résultat des élections régionales n’influencera pas les décisions gouvernementales prévues. C’est en premier lieu le dossier des retraites qui va être mis sur la table avec un projet de loi présenté au gouvernement cet été, et un vote au Parlement, en septembre.Notre système de retraite est fondé sur la répartition, c’est-à-dire la solidarité entre générations, la prolongation du salaire, hors de toute capitalisation. En 1983, la gauche applique certaines de ses promesses : retraite à 60 ans, taux de pension passant de 40 à 50 % du salaire et calculée sur les dix meilleures années.
C’est le Livre Blanc de Rocard en 1985, mettant en avant le péril démographique et le déficit croissant, qui va fonder les contre-réformes réalisées jusqu’à aujourd’hui. Dès lors, l’entreprise de démolition s’accélère : passage à 40 annuités pour le privé, prise en compte des 25 meilleures années, indexation des pensions sur les prix (Balladur 1993), création de la CRDS puis CSG, alignement du public sur le privé. Seule la grande mobilisation de 1995 retarde la liquidation des régimes spéciaux.

Ce sont les mêmes arguments qui reviennent aujourd’hui : catastrophisme démographique et déficit insupportable. Mais l’insupportable, c’est le million de retraités sous le seuil de pauvreté et la moitié qui survit avec une pension inférieure à 1 000 euros. L’insupportable ce sont les trois quarts des femmes qui ne touchent que le minimum vieillesse (678 euros), avec des pensions inférieures de 40 % à celles des hommes.

Les mesures envisagées par le gouvernement ne s’attaqueront pas à ces scandales. Au contraire ! Reporter l’âge de départ légal en retraite, augmenter le nombre d’années de cotisation nécessaires alors que les deux tiers des salariés ne sont plus au travail à 60 ans et avec 5 millions de chômeurs, sont des escroqueries.

Mais l’objectif n’est pas là. Ils veulent faire payer aux retraités « leur crise » en diminuant encore les pensions tout en s’attaquant aux fondements du système, la répartition. Par l’introduction dans le régime obligatoire d’un mécanisme par « points » ou « notionnel » dans lesquels la pension dépend de la situation économique et de l’espérance de vie. Et en favorisant la capitalisation : les salariés qui en ont les moyens pourront prendre des assurances pour éviter la misère des retraites de base.

La déferlante de publicité pour les assurances vieillesse privées montre l’intérêt des assureurs pour l’affaiblissement de notre système de retraite.

Pourtant, les moyens pour financer les retraites existent, mais il s’agit d’un choix de société. Inutile de convoquer des dizaines d’experts en démographie, sociologie ou économie. Face au déficit de la branche vieillesse de la Sécu (8 milliards d’euros),
délibérément organisé par les gouvernements de droite et de gauche depuis trente ans, il y a des solutions car dans le même temps, la part des salaires dans la répartition des richesses a diminué de 10 %.

Voilà ce qu’il faut changer. Une augmentation de 300 euros pour tous les salariés représente 31 milliards d’euros pour les retraites, 100 000 chômeurs de moins c’est 1, 3 milliard de cotisations et 1 % de cotisation patronale sur l’ensemble du salaire rapporterait 4, 9 milliards. Avec l’augmentation des salaires directs et socialisés et la création d’emplois, nos revendications concernant les retraites peuvent être satisfaites.

Face à de tels enjeux, la mobilisation de tous est indispensable. Pourtant, tout en étant incomplète (CGT-CFDT-UNSA-FSU-CGC-Solidaires), l’alliance des organisations syndicales est des plus discrète sur les revendications et peu offensive sur les modalités d’actions.

La première mobilisation du 23 mars doit être l’occasion pour toutes et tous de montrer notre volonté de faire reculer le gouvernement. Il faut s’en saisir. Mais cette première journée ne doit pas rester sans lendemain. Partout dans les quartiers, dans les entreprises, il faut susciter des initiatives regroupant organisations syndicales, politiques, associations, toutes celles et tous ceux qui, sur cette question, ne veulent rien lâcher.

Robert Pelletier

* Paru dans Hebdo TEAN # 47 (18/03/10).


COMMUNIQUÉ DU NPA. LE 23 MARS EN GRÈVE ET DANS LA RUE

Malgré la claque électorale des régionales, les responsables de l’UMP, F. Fillon, premier ministre persistent dans leur politique de réformes libérales, à commencer par celles des retraites, pour faire payer la crise aux salariés.

Ces dernières semaines, nombre de conflits sociaux ont montré combien les salariés rejettent la politique de destruction des services publics, de dégradation des conditions de travail, une politique qui lamine l’emploi et les salaires aussi bien dans le public que dans le privé.

Le 23 mars, cinq organisations syndicales ont lancé un mot d’ordre de grève et de très nombreuses manifestations sont prévues sur l’emploi, les salaires les retraites, les conditions de travail.

S’agissant des retraites, le gouvernement et le MEDEF veulent liquider la retraite à 60 ans, augmenter encore la durée de cotisations ainsi que la période de référence pour le calcul des pensions, avec comme conséquence la destruction du système de retraite par répartition.

Qu’il s’agisse de la défense de la retraite 60 ans, à 37, 5 annuités pour tous avec 75% du meilleur salaire, de la lutte pour l’interdiction des licenciements, de l’augmentation des salaires de 300 euros net, il faut amplifier, faire converger les luttes, les coordonner pour contraindre le gouvernement à retirer ses projets.

Le 23 mars, le NPA sera dans la grève et dans la rue et, à Paris, tiendra un point fixe, à partir de 14h, à la hauteur de Saint-Sébastien Froissart.

Le 22 mars 2010.


BONNE NOUVELLE !

La bonne nouvelle de ces dernières semaines c’est que les résistances, les luttes reviennent haut et fort sur le devant de la scène, s’invitant même dans le débat électoral. L’exaspération est grande contre les politiques du gouvernement et du Medef dont l’unique objectif est de nous faire payer leur crise pour maintenir leurs richesses et un taux de profit acceptable par les actionnaires.

Au cours de la seule semaine dernière, plusieurs grèves ont eu lieu, dans les hôpitaux, les crèches publiques, l’Éducation nationale, la justice, contre les suppressions d’emplois, le manque d’effectifs et les réorganisations en tout genre qui mettent à mal les derniers services publics.

La colère gronde également dans de nombreuses entreprises privées où les travailleurs se mettent en grève pour leur salaire comme chez Ikea ou Danone, contre les licenciements ou fermetures de boîtes comme chez Total où les salariés refusent la liquidation de la raffinerie de Dunkerque alors que ce groupe pollueur vient d’annoncer plus de 8 milliards de profits. Toutes ces luttes montrent que les salariés du privé comme du public ne sont pas résignés et qu’ils refusent de payer la facture d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.
Alors il est vrai que ces luttes sont souvent isolées mêmes si elles recueillent la plupart du temps un large soutien de l’opinion. Il y a donc urgence à aider, soutenir, développer de la façon la plus unitaire possible ces résistances et à les faire converger.

Il y a urgence à organiser une riposte généralisée, seule capable de faire reculer ce gouvernement et le patronat.

Le 23 mars prochain, journée de grève et de manifestations contre les licenciements, la réforme des retraites et pour les salaires, doit être la première étape pour un mouvement d’ensemble !

Sandra Demarcq

* Paru en édito dans Hebdo TEAN # 47 (18/03/10).


AVEC LES RETRAITÉS LE 24 FÉVRIER

COMMUNIQUÉ DU NPA

Le 24 février, sept syndicats de retraités appellent à une journée d’action, avec comme exigence la retraite minimum au niveau du Smic.

Un rassemblement aura lieu à Paris, devant l’assemblée nationale, à partir de 14h.

Le NPA soutient totalement cette journée d’action et de manifestations.

Au moment où le gouvernement s’apprête à repousser l’âge légal de départ en retraite au-delà de 60 ans, à allonger la durée de cotisations, les pensions des retraités subissent une perte de pouvoir d’achat consécutive à la hausse du forfait hospitalier, du déremboursement d’un certain nombre de médicaments, du renchérisseement des tarifs de l’énergie, par exemple.

Plus de la moitié des 14 millions de retraités ne dépassent pas 1000 à 1100 euros de retraite, et parmi eux les femmes retraitées sont particulièrement pénalisées avec quelques centaines d’euros par mois seulement.

La politique du gouvernement en matière de retraite ne peut aboutir qu’à un appauvrissement général des retraités.

Pour la NPA, c’est 1500 euros net qu’il faut revendiquer pour le minimum retraite.

Le 23 février 2010.