Pierre Le Goïc (1953-2011), militant, historien, Breton...

Pierre Le Goïc est décédé à l’âge de 58 ans. Il avait joué un rôle très important dans la Ligue communisye, puis la Ligue communiste révolutionnaire brestoise et bretonne dans les années 1970-1999.


Communiqué :

Nous venons d’apprendre la mort brutale jeudi 3 novembre 2011, de notre ami et camarade Pierre Le Goïc.

C’est une figure intellectuelle de la gauche militante Brestoise qui nous quitte.

Très jeune il milite à la Ligue communiste, puis à la Ligue communiste révolutionnaire jusqu’à la fin des années 90.

Aux côtés d’André Fichaut, il sera un des initiateurs de BAGA (Brest A Gauche Autrement).

Enseignant, agrégé, universitaire, il a été actif dans le syndicalisme enseignant notamment à l’Ecole Emancipée, comme dans de nombreux combats contre l’exploitation ou pour la paix (Collectif pour l’Abri Sadi Carnot).

Historien brillant, depuis quelques années il consacrait une partie de son énergie militante à une association culturelle « Brest à l’œuvre » qui allie art contemporain et mémoire vive ayant pour objet d’assumer positivement aujourd’hui l’histoire de Brest y compris sur le plan architectural.

Docteur en histoire contemporaine, directeur associé au Centre de recherche Bretonne et Celtique du CNRS, il est l’auteur aux Presses Universitaires de Rennes de « Brest en reconstruction, antimémoires d’une ville » en 2001.

En 2006, c’est lui qui réalise le Dossier historique de la Bande dessinée « Un homme est mort » de Kris et Etienne Davodeau.

En mars dernier, il participait à l’hommage rendu à Nathalie Le Mel, une brestoise communarde féministe déportée avec Louise Michel (voir photo ci-dessous).

Notre pensée va à ses enfants et à ses proches.

Hubert Casel, Josette Brenterch, André Garçon
ancien-ne-s camarades de Pierre


Un hommage sera rendu à Pierre Le Goïc : Mardi 8 novembre à 16h30,
au Centre funéraire du Vern, (345 Zone du Vern) à Brest


Pierre Le Goïc avait élaboré une réflexion originale sur « la question bretonne », un article était paru dans un Critique Communiste [numéro 10] dans les années 70.

Jean Paul Salles dans son livre : « La Ligue communiste révolutionnaire » aux Presses Universitaires de Rennes écrit pages 177 à 179 :

"Débat sur le droit à l’autodétermination

Certes ces débats, cette problématique, laissent de marbre certains militants (...).

Cette position [d’une France socialiste où les minorités ne seraient plus écrasée...] semble bien insuffisante aux militants bretons de la Ligue, ceux de brest notamment. Ils sont amenés à se déterminer par rapport à cette véritable renaissance régionaliste qui caractérise les années soixante dix. La commission Bretagne de la LCR de Brest pense que la réflexion traditionnelle des marxistes sur le problème national est insuffisante, de même que le mot d’ordre d’autodétermination. Certes, elle réaffirme dans sa contribution au débat, que la situation des minorités nationales dans les pays capitalistes avancés n’est pas comparable à celle des colonnies, mais elle conclut en demandant que l’organisation prenne conscience du fait nationalitaire. Les régions comme celles de la Bretagne ne souffrent pas seulement d’un développement économique insuffisant mais aussi d’oppression nationale. Les révolutionnaires ne doivent pas se contenter de réclamer les libertés formelles pour les minorités, mais « s’engager activement dans le mouvement fécond de leur renaissance » [Critique communiste N°10 p 35]. Outre la lutte pour l’autonomie politique, les révolutionnaires doivent engager la lutte pour l’autonomie culturelle, c’est à dire encourager la langue et la culture bretonne, « lien entre exploités et citadins » [ibid p 61].

(...)

Solidarité avec les nationalistes/autonomistes victimes de la répression

Cette attention portée par la Ligue aux langues régionales amène ses militants à rencontrer les militants des organisations ou mouvements régionalistes. Quand ils sont réprimés par le Gouvernement, Rouge se solidarise immédiatement, que les organisations soient basques ou bretonnes [Rouge n° 319]. La proximité entre certains de ces militants et ceux de la LCR semble très forte. En 1977 un militant de la LCR de Brest, Le Goïc est interpellé plusieurs fois dans le cadre des « dernières rafles » contre les militants de la mouvance autonomiste et indépendantiste, écrit Rouge [n° 308]. Les frontières semblent poreuses entre ces deux milieux militants, même si la Ligue rappelle « qu’elle se bat (certes) pour l’unité de la Bretagne, mais surtout pour l’unité des travailleurs bretons et pour une Bretagne libre et socialiste dans le cadre des Etats-Unis socialistes d’Europe ».

La position est plus malaisée sur le pays basque français, du fait d’une implantation modeste de la Ligue et de l’importance du problème basque espagnol. P. Alliès dans son article « Question régionale ou question nationale » remet à plus tard une prise de décision sur la question du pays basque français. [Critique communiste n°10 1976 page 5, note 3]"

A partir des années 2000, Pierre Le Goïc se consacrera à un travail de recherche universitaire comme en témoigne, ci-dessous, les publications auxquelles il a contribué.


Principales publications

Dernière mise à jour : 29 août 2008

Brest en reconstruction, antimémoires d’une ville, Rennes, PUR, 2001

« Analyse historienne d’un trauma d’après-guerre », dans Les traumas psychiques, textes réunis par Michèle Bompard-Porte, Paris, L’Harmattan, 2003

« D’Ys en abysses, les royaumes engloutis d’Edouard Blau, Maurice Marchand et Louis-Ferdinand Céline », dans Regards étonnés, de l’expression de l’altérité à la construction de l’identité, Mélanges offerts au Professeur Gaël Milin, Brest, 2003

« Feu Brest », dans Feux et foyers en Bretagne, Jean-François Simon (dir.), Brest, CRBC-UBO, 2004

« S’approprier les villes reconstruites », colloque international de Saint-Lô (Université de Caen), 2004

« La pauvreté à Brest : cadre bâti, traces de vie », dans La pauvreté en Bretagne, Jean-Yves Carluer (dir.), Brest, CRBC-UBO, 2005

« Un jour dans la survie du soldat Erich Kuby », dans Langues de l’histoire, langues de la vie. Mélanges offerts au Professeur Fañch Roudaut, Brest, 2005

« Catholiques de gauche et socialismes dans le Finistère », colloque international de Brest, 2005, dans Un siècle de socialismes en Bretagne, Christian Bougeard (dir.), Brest, CRBC-UBO ; Rennes, PUR, 2008

« Brest unter Bomben », colloque international Institut historique allemand, Paris/Militärgeschichtlichen Forschungsamtes, Potsdam, 2006 ; dans Der zweite Weltkrieg in Europa, Erfahrung und Erinnerung, Paderborn, München, Wien, Zürich, 2007

« Donner un avenir au passé : politiques urbaines locales de la trace », colloque international Pérennités urbaines, la ville par-delà ses métamorphoses, Université Paris X, 2007 (à paraître)

« Rire en ville, les revues théâtrales urbaines en France (1850-1930) : s’identifier en riant », 9e conférence d’histoire urbaine, Association européenne d’histoire urbaine / Institut des sciences de l’homme, Lyon (ENS), 2008


Pierre Le Goïc (deuxième à partir de la gauche) lors de l’hommage rendu à Nathalie Le Mel.


Décès de l’historien et militant Pierre Le Goïc - Brest

Article paru dans Ouest-France le samedi 05 novembre 2011

Une figure intellectuelle de la gauche militante de Brest vient de disparaître en la personne de Pierre Le Goïc. Cet enseignant, agrégé et universitaire, a été un des initiateurs de Brest à gauche autrement, aux côtés d’André Fichaut. Très jeune, il avait auparavant milité à la Ligue communiste, puis à la Ligue communiste révolutionnaire jusqu’à la fin des années 90.

Il a été aussi très engagé dans le syndicalisme enseignant, notamment à l’École émancipée, comme dans de nombreux combats contre l’exploitation ou pour la paix, avec le collectif pour l’abri Sadi-Carnot.

« Historien brillant, depuis quelques années il consacrait une partie de son énergie militante à l’association culturelle Brest à l’œuvre, qui allie art contemporain et mémoire vive et a pour objet d’assumer positivement aujourd’hui l’histoire de Brest, y compris sur le plan architectural », rappellent ses anciens camarades Hubert Casel, Josette Brenterch et André Garçon.

Docteur en histoire contemporaine, directeur associé au Centre de recherche bretonne et celtique du CNRS, il est l’auteur aux Presses Universitaires de Rennes de Brest en reconstruction, antimémoires d’une ville en 2001. En 2006, il a écrit le dossier historique de la bande dessinée Un homme est mort, de Kris et Etienne Davodeau.

Un hommage lui sera rendu mardi 8, à 16 h 30, au centre funéraire du Vern.