Tracto-Vélo, nouvelle étape dans la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Samedi 12 novembre, c’est à Paris que les opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ont apporté la contestation. Cette manifestation était le point final de la tracto-vélo, organisée par la coordination des opposants [1]. Partis de NDL le 6 novembre, 6 tracteurs, 50 cyclistes et leurs accompagnateurEs ont effectué le trajet jusqu’à Paris. Les étapes ont été l’occasion de discussions animées autour du diaporama de l’Acipa, association comptant plusieurs milliers d’adhérentEs [2].

Bravant l’interdiction de la préfecture, les tracteurs sont entrés à 5 heures du matin dans Paris. Ils ont été rejoints par seize cars venus de l’ouest de l’Hexagone. 4 000 manifestantEs se sont retrouvéEs Porte d’Orléans pour défiler jusqu’au Sénat où ils et elles ont été bloquéEs par un cordon de CRS. Là, sur une tribune improvisée, la plateforme d’un camion, plusieurs leaders politiques ont pris la parole. Françoise Verchère, conseillère régionale du Parti de Gauche, opposante historique du projet, a fait une intervention très applaudie au nom du CéDpa [3]. Ensuite se sont enchaînés les discours de José Bové (EÉLV), Corinne Lepage (CAP21), Corine Morel-Darleux (PG), Clémentine Autain (Fase), Philippe Poutou (NPA)…

Le deuxième enjeu de cette manifestation était d’amorcer la convergence de toutes les luttes non seulement dans l’Hexagone mais aussi en Europe. Après le pique-nique devant le jardin du Luxembourg, on a pu entendre les représentantEs d’autres luttes contre « des projets inutiles, ruineux et non démocratiquement décidés ».

Cette nouvelle démonstration de force des opposants à NDL montre qu’après le succès du rassemblement de juillet, leur détermination ne faiblit pas. Peu à peu, la toile se tisse et s’étend autour du petit village de Loire-Atlantique. Des comités de soutien se créent en dehors de la région directement concernée. Des contacts se nouent avec d’autres luttes. C’est sûrement là qu’il nous faut chercher les perspectives pour les mois à venir. Juillet 2011 a marqué le caractère national de l’enjeu. 2012 doit être l’année de l‘illustration du mot d’ordre de la coordination des 40 organisations opposantes : « Pour un autre choix de société ». C’est d’ailleurs ce slogan qui ouvrait la manifestation de Paris. Une grande initiative permettant la rencontre de tous les projets inutiles à l’échelle européenne serait la bienvenue. On ne peut évidemment pas être suspendu aux résultats des négociations PS–EÉLV. Seules l’unité et la détermination des opposantEs seront à même de faire échouer le projet.

Notes

1. La logistique du périple a été assurée par Attac et la Confédération paysanne.

2. http://www.acipa.fr

3 Collectif d’élus doutant de la pertinence du projet d’aéroport.

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 124 (17/11/11).


LE PROJET D’AÉROPORT DE NOTRE-DAME-DES-LANDES, UN COÛT IMPORTANT POUR LA SOCIÉTÉ QUAND LA RIGUEUR TOUCHE LES PLUS FAIBLES !

Face au projet de nouvel aéroport, le grand rassemblement du juillet à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, avait rassemblé 14 000 personnes, autour de débats sur les énergies, le climat, les terres agricoles et les services publics, donnant une dimension nationale à cette opposition.

La tracto-vélo [1], lancée le 6 novembre à NDL et arrivée à Paris le 12 novembre, a atteint son objectif : contester une nouvelle fois massivement le projet d’aéroport.

Né dans les années 1960 pour le Concorde, ce projet serait destiné à remplacer l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique avec un démarrage des travaux en 2014 et une ouverture en 2017. Mais rien n’est joué !

Le 26 octobre 2011, les résultats d’une étude économique évaluant celle de 2006 qui a servi de support à l’enquête d’utilité publique, ont fait exploser l’image d’ « utilité publique » du projet.

Les opposants au projet affirment depuis longtemps son caractère nuisible. La contre-étude le démontre clairement. Les hypothèses de l’étude de 2006 sont erronées : le prix du pétrole est sous-estimé, des chiffres sont faux, des coûts pour la société ont été « oubliés ». Les élus locaux du PS soutenaient qu’un nouvel aéroport serait bénéfique pour la région. L’étude récente prouve au contraire qu’il coûterait jusqu’à 614 millions d’euros à la société, et encore, en ne chiffrant pas certains coûts, comme le risque d’inondations dû au bétonnage des terres.

Ces coûts seraient supportés intégralement par la population française, alors que les bénéfices potentiels de la gestion de l’aéroport enrichiraient Vinci, désigné gestionnaire pour 55 ans. Les actionnaires de Vinci comptent aussi s’engraisser sur les prêts finançant une partie de la construction, contre un taux d’intérêt de… 12 % !

Hors jeu face aux véritables enjeux du xxie siècle, le candidat PS à la présidentielle ne parle que de « rigueur », tandis qu’UMP et PS organisent le gaspillage de fonds publics au bénéfice des plus riches et des entreprises qui délocalisent.

Les arguments de création d’emplois ne tiennent pas : des entreprises quittent la zone de l’actuel aéroport pour d’autres villes, les emplois créés pour la construction seraient certes réels mais de courte durée. Ces 614 millions représenteraient un bénéfice réel pour la population de Loire-Atlantique s’ils étaient investis dans l’isolation des bâtiments, le développement d’énergies renouvelables, la dynamisation de l’emploi agricole…

1. http://tractovelo-ndl-2011.blogspot.com/

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 124 (17/11/11).


PROJET D’AÉROPORT DE NOTRE-DAME-DES-LANDES, LA LUTTE CONTINUE !

Les opposants à la construction d’un nouvel aéroport à côté de Nantes restent mobilisés. Après le rassemblement du mois de juillet, une tracto-vélo est prévue à travers plusieurs départements le 12 novembre.

Pour maintenir la pression sur les décideurs nationaux et démontrer une fois encore l’ineptie du projet de construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la coordination des opposants organise une tracto-vélo [1] de Notre-Dame-des-Landes à Paris du 6 au 12 novembre 2011. Elle traversera le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Sarthe, l’Orne, l’Eure-et-Loir, les Yvelines et l’Essonne.

L’arrivée à Paris, le 12 novembre, donnera lieu à un grand rassemblement place du Sénat.

Une opposition d’ampleur nationale

Les 8, 9 et 10 juillet derniers, le rassemblement des opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes attirait près de 15000 personnes, plaçant sous les projecteurs des médias nationaux les enjeux du projet de nouvel aéroport au nord de Nantes [2]. Ce rassemblement a ainsi confirmé l’opposition grandissante à ce projet dont l’abandon devient un enjeu national.

Ce projet est emblématique d’un modèle de société que nous combattons.
Alors qu’il est urgent de développer des ceintures vivrières avec une agriculture de proximité et de qualité, il menace de destruction 2 000 hectares de terres agricoles bocagères, le bassin laitier le plus important de Loire-Atlantique et les centaines d’emplois qui y sont liés.

Au moment où PS et UMP rabâchent que les peuples doivent se serrer la ceinture face à la crise, ce nouvel aéroport engloutirait au minimum 260 millions d’euros publics au détriment d’autres projets socialement nécessaires. L’argument du développement économique brandi par ses promoteurs ne tient pas : les emplois dans les autres aéroports de l’Ouest pourraient être menacés, des entreprises ferment déjà dans la zone industrielle de l’actuel aéroport.

Dans un contexte de raréfaction des ressources énergétiques, ce projet valide la logique irresponsable du développement du transport aérien, à l’opposé des mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique dont les dégâts sont déjà présents.

Un débat démocratique muselé

Ce projet est représentatif de l’absence de débat démocratique. Les institutions locales qui le portent (conseils général et régional et Nantes Métropole) sont toutes aux mains du Parti socialiste qui pratique un double discours au niveau national et local. Des éluEs, opposantEs, F. Verchère (vice-présidente du conseil général) et J.J. Kogan (vice-président de la CCEG et ex-membre du Comité mixte d’études du projet d’aéroport de NDL), ont été littéralement évincéEs de leurs instances respectives sous la pression du PS. Le sujet de Notre-Dame-des-Landes est tabou à l’intérieur même du PS, où le débat est muselé.

À Nantes comme ailleurs, UMP et PS travaillent « main dans la main » dans la même logique ultra-libérale, dans la fuite en avant vers un « développement » destructeur.

Violences policières

Après le succès des trois jours de résistance, pendant l’été, la pression policière est montée d’un cran. Le 27 juillet, lors d’une manifestation pacifique et bon enfant dans l’aéroport de Nantes Atlantique, une manifestante, occupante de la ZAD [3], a été grièvement blessée par des CRS qui l’ont piétinée. Début septembre au square Mercœur, à Nantes, lors d’une action d’occupation d’arbres, des militantEs ont été blesséEs, y compris à terre, au milieu d’un déploiement policier totalement disproportionné. Des tirs de Taser ont visé des manifestantEs encore dans les arbres. Cette répression n’entame pas la volonté de poursuivre la lutte contre les expulsions et les destructions. La destruction d’un champ par des sondages archéologiques a été empêchée le 11 octobre par des paysans qui en avaient bloqué l’accès avec leurs tracteurs.

Un projet qui n’a rien d’inéluctable

Le projet d’aéroport n’est pas prêt d’aboutir. La publication prochaine du résultat d’une étude économique indépendante risque de secouer bien des certitudes. De nombreuses études prévues dans le dossier de l’enquête publique restent à mener sur le barreau routier et dans la zone d’emprise de l’aéroport (fouilles archéologiques, études environnementales, études concernant l’eau et les milieux aquatiques…). Aucun des travaux liés à la construction du projet ne peut être entrepris avant la réalisation de ces études. Refusant de vendre à l’amiable leurs biens et leur terre à Aéroport du Grand-Ouest (AGO, dont Vinci est l’acteur principal), la plupart des propriétaires et des exploitantEs mènent une résistance exemplaire, et cela malgré la pression quotidienne qu’ils subissent (appels téléphoniques quotidiens…).

Convergence des luttes !

Nous pouvons gagner à Notre-Dame-des-Landes. Soyons nombreux à accompagner l’entrée dans Paris de la tracto-vélo, le 12 novembre dès 10h30 porte d’Orléans ! Le même jour, d’autres luttes s’exprimeront en soutien à l’opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce qui se joue en Loire-Atantique se joue également dans d’autres endroits avec d’autres projets tout aussi inutiles et nuisibles. C’est la convergence de ces luttes qui nous permettra de gagner à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs, pour un autre choix de société.

Commission écologie NPA 44

Notes

1. Plus d’infos : http://tractovelo-ndl-2011.blogspot.com/

2. http://ete-2011-resistance-ndl.blogspot.com/

3. La ZAD ou Zone à défendre est la zone d’emprise de l’aéroport où de nombreuses personnes se sont installées dans les maisons ou sur des terrains appartenant au conseil général et laissés à l’abandon.

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 120 (20/10/11).