Bangladesh, ou la terreur capitaliste – Des centaines de morts dans l’effondrement d’un bâtiment industriel Aidez à financer la solidarité envers les victimes et leurs familles

Le 24 avril dernier, un bâtiment industriel de huit étages – pompeusement appelé le Rana Plaza – s’est effondré à Dacca, capitale du Bangladesh. Plus de 3000 ouvriers – en majorité des femmes – y travaillaient au moment du drame, notamment dans des ateliers textiles. Un bilan récent fait état de 376 décès confirmés, encore plus de 900 disparus et 2500 rescapé.e.s. Il y a aujourd’hui peu d’espoir de retrouver des survivants.

Le drame est d’autant plus scandaleux que la catastrophe était annoncée : des fissures étaient apparues dans les murs de l’immeuble, les ouvrières avaient donné l’alerte et la police avait demandé l’évacuation des lieux. Les patrons ont refusé, exigeant la poursuite du travail. Ils ont envoyé à la mort des centaines de salarié.e.s.

Il s’agit de l’un des plus grave « accident » industriel de l’histoire. Il n’est pas isolé. Il y a seulement cinq mois, au moins 112 ouvrières et ouvriers ont été tués dans l’incendie de l’entreprise textile Tazreen. La liste de tels drames– dans le secteur de l’habillement en particulier – est longue au Bangladesh. Dans la région de Dacca, le ministère du Travail n’a que 18 inspecteurs (inclut les adjoints) pour quelque 100.000 usines ! Les patrons meurtriers font ce qu’ils veulent et ne sont jamais condamnés. Symptomatiquement, le propriétaire bangladais du Rana Plaza appartient au parti actuellement au pouvoir, la Ligue Awami : les liens incestueux entre possédants, gouvernants et justice leur assurent une solidarité de classe (dominante). La corruption fait le reste.

Pour leur part, ouvrières et ouvriers vivent en sursis permanent sous le règne de la peur, de la terreur, sachant que le matériel anti-incendie est inopérant, que les sorties de secours sont inaccessibles, que des produits inflammables s’entassent partout, que les normes de construction ne sont pas respectées…

Cette violence bourgeoise n’est pas le seul apanage du Bangladesh. On retrouve de telles conditions d’insécurité au travail à la frontière des Etats-Unis et du Mexique, en Haïti, au Sri Lanka, au Pakistan… Très symboliquement aussi, l’un des propriétaires du Rana Plaza, arrêté à la frontière indienne, est Bangladais et l’autre, en fuite, est Espagnol : David Mayor. Le capital mondialisé est un tout. Les firmes occidentales sont les donneurs d’ordre. Elles dissimulent leurs responsabilités derrière une cascade de sous-traitants. Mais ce monde assassin est bien le leur.

Il est vain d’espérer « civiliser » les transnationales en leur faisant signer des codes de bonne conduite. Elles ne feront pas respecter les droits des Bangladais alors même qu’elles exigent la destruction de ces mêmes droits en Europe – et imposent le déchirement social de la Grèce. Les travailleur.e.s asiatiques ne sont pas les concurrents « déloyaux » des travailleur.e.s européens : ils sont victimes de mêmes exploiteurs. A la veille du 1er Mai – fête de l’internationalisme – le drame de Dacca vient nous le rappeler.

Pierre Rousset


Une initiative de solidarité financière

Europe solidaire sans frontières (ESSF) soutien une initiative de solidarité financière initiée par un mouvement paysan, membre de Via Campesina, avec lequel nous collaborons : la Bangladesh Krishok Federation (BKF). Bien des ouvrières et ouvriers victimes de l’effondrement du Rana Plaza sont d’origine rurale et leurs familles se trouvent toujours au village. L’aide multiforme – matérielle, financière, politique, légale – doit être assurée des campagnes aussi, en complément des actions engagées à Dacca.

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Nous vous tiendrons régulièrement informés via notre site de la situation et de l’utilisation du fonds de solidarité.


P.-S.

* Une version un peu plus courte de cet article va paraître en éditorial du prochain numéro de l’hebdomadaire « Tout est à nous ».

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