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Bruxelles
Une nouvelle Conférence de la Gauche anticapitaliste européenne
A l’approche des élections européennes
30 avril 2004
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Les partis et mouvements de la gauche anticapitaliste se sont réunis, le 29 avril, à Bruxelles. Cette réunion d’un jour avait un caractère spécial, car au lieu de faire face à un Sommet de l’Union européenne (UE), ce sont les élections européennes de juin 2004 qui ont imposé leur priorité, preuve que l’on assiste à un impact « européen » nettement plus pesant sur le cadre politique, si on se souvient encore des élections de 1999.

Les partis nationaux sont poussés à tenir compte de ce cadre politique européen renforcé. D’en haut, l’UE a mis la gomme : à défaut d’une légitimité forte, elle va subventionner massivement des « partis européens » qui répondent à certains critères (dont au moins un parlementaire dans 7 pays-membres). Et l’on ne se rend peut-être pas assez compte, mais, par en bas, nous avons fait un pas en avant gigantesque par les énormes mobilisations anti-guerre, la remontée des luttes des travailleurs avec des grèves de masse, la naissance du Forum Social Européen. Il n’y a pas que la bataille contre cette UE. Il y a, en positif, le « mouvement » qui oblige à redéfinir et reformuler le programme politique de la gauche radicale.

Certains partis de la mouvance communiste essayent de créer un parti européen correspondant au cadre de l’UE, appelé Parti Européen de la Gauche (on utilise le sigle « ELP », European Left Party). Impulsé par un quatuor (Parti de refondation communiste d’Italie, Parti communiste français, Gauche unie d’Espagne, Parti de la démocratie socialiste allemand ; ainsi que Synaspismos de Grèce), l’ELP organise son assemblée constitutive à Rome, les 8-9 mai. Tout cela ne se passe pas sans difficultés étant donné l’hétérogénénité croissante dans cette mouvance qui subit un processus centrifuge de fragmentation. Le « groupe de tête » de l’ELP n’a brillé ni par sa transparence, ni par la clarté de sa plate-forme politique ou de ses méthodes de travail.

Devant ce climat passablement erratique, la gauche anticapitaliste avait toutes les raisons d’affirmer d’abord et avant tout son existence comme courant anticapitaliste indépendant, ainsi que sa cohésion politique-programmatique. Cela se verra dans les élections européennes. Car les organisations de la Conférence de la Gauche AntiCapitaliste Européenne ont réussi, au fil des années et malgré les réformes électorales de plus en plus antidémocratiques, à gagner une représentation parlementaire. Cela n’exclut pas le dialogue et la collaboration, notamment avec des organisations de l’ELP. Mais cela implique d’éviter toute confusion politique.

Le manifeste que nous venons d’adopter, a été élaboré par le Bloc de gauche (Portugal), l’Alliance Rouge-verte (Danemark), la Ligue communiste révolutionnaire (France), le Parti socialiste écossais (Écosse), RESPECT-La Coalition d’unité et le Parti socialiste des travailleurs (Angleterre, Pays de Galles), La Gauche (Luxembourg), Espace Alternatif (Espagne), la Gauche unie et alternative (Catalogne), la Coalition de la gauche radicale (Grèce). Par ailleurs Synaspismos (Grèce) et la Gauche unie (Espagne) assistaient en tant qu’invités à la réunion.

Mis en ligne le 10 août 2005
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