2012-2013 : une vague de mouvements de protestation en Bulgarie

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, par IVANCHEVA Mariya

Ces cinq dernières années, la Bulgarie post-socialiste a connu une vague persistante de manifestations. Mais ces protestations ne sont pas spontanément antinéolibérales ou anticapitalistes. Les partis néolibéraux et corrompus au pouvoir sont en effet souvent assimilés au « communisme ».

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Au cours des cinq dernières années, la Bulgarie post-socialiste a connu une vague persistante de manifestations, qui ont coïncidé avec la vague mondiale de mobilisations antinéolibérales contre l’austérité, la dette et la précarité - vague qui a débuté avec le Printemps arabe, Occupy Wall Street et les mouvements d’Indignés. Cependant, interpréter les mobilisations bulgares comme faisant partie de cette vague pourrait être dangereusement trompeur. Cet article vise à présenter la dynamique de la contestation et les cadres de la mobilisation en analysant les trois points culminants de la période 2012-2013. Un certain nombre de caractéristiques du paysage politique et social de la Bulgarie actuelle ont rendu de plus en plus difficile l’évolution de ces mouvements vers des positions antinéolibérales ou anticapitalistes. Je l’explique par quelques caractéristiques des manifestations bulgares, qui sont typiques non seulement de la Bulgarie, mais également des autres pays post-socialistes.

• Tout d’abord, la persistance ou le retour répété au pouvoir d’un parti néolibéral fort — qui s’appuie sur l’héritage symbolique du socialisme d’État tout en détruisant les institutions socialistes de protection sociale — perpétue le caractère fortement « anti-communiste » des protestations.

• Deuxièmement, le discours sur la « classe moyenne qui travaille durement » — le principal slogan de la transition vers la démocratie libérale et le capitalisme du marché libre depuis 1989 — a rendu impossibles les alliances de classe entre les travailleurs économiquement vulnérables peu qualifiés et les travailleurs hautement qualifiés.

• Dernier point, mais non le moindre étant donné les décennies créatrices de l’hégémonie néolibérale dans le pays, le « bon fonctionnement du capitalisme » a été considéré comme la solution pour sortir de la paupérisation, de l’endettement et de la précarité et non comme sa cause. Ces trois motifs, qui sont tous présents dans le cas de la Bulgarie, rendent impossible une orientation spontanément antinéolibérale ou anticapitaliste des protestations. Ils tracent également une séparation entre les vagues de protestations sociales, parallèles mais qui ne coïncident pas, dans le monde : cette ligne de démarcation pourrait se révéler être une ligne de front pour les mobilisations qui émergent en faveur d’un changement social mondial.

 La vague de protestations

La Bulgarie a connu depuis 2007 une vague continue de protestations. Déclenchées par la multiplication des constructions sur les espaces protégés (les réserves naturelles), elles ont eu lieu principalement à Sofia, la capitale. En dépit de la protection des réserves naturelles bulgares au titre du programme Natura2000 de la Commission européenne, de très nombreuses constructions semi-légales et non réglementées ont été négociées par la classe politique bulgare avec des spéculateurs fonciers. Des zones naturelles protégées ont été transformées en friches bétonnées, entraînant la destruction des sources d’eau, des sols et des biotopes naturels. Cette vague de protestations a été accompagnée par des campagnes contre les OGM (organismes génétiquement modifiés), contre l’extraction du gaz de schiste et contre le traité ACTA [1] — toutes ces politiques étant présentées comme des atouts pour la consommation des classes moyennes, la santé et l’accès à l’éducation et aux loisirs. Ces mobilisations ont atteint leur sommet en juin 2012, lorsqu’une nouvelle loi forestière a été adoptée par le Parlement. Le principal boulevard du centre de la capitale a été occupé durant des jours par les manifestants. Sous la pression des troubles massifs la classe politique a adopté la loi forestière sans les clauses concernant les réserves naturelles.

Les militants écologistes ont salué ces manifestations comme un succès. Pourtant leur combat pour la nature ne s’est pas fondé sur les débats sur les alternatives au capitalisme néolibéral, débats suscités par la crise. Les slogans contre l’oligarchie et la corruption ont éclipsé les discussions sur les pratiques similaires dans d’autres secteurs depuis 1989. Dans le processus de privatisation rapide et massive, et d’austérité draconienne, les gouvernements de la fin des années 1990 et début 2000 ont démantelé les infrastructures et les institutions de protection sociale du socialisme étatique et ont imposé à des millions de Bulgares le chômage, la précarité et l’émigration pour fuir la misère. Mais les manifestants contre la loi sur les forêts, contre la fracturation hydraulique pour l’exploitation du gaz de schiste, contre ACTA, contre les OGM ont montré peu de solidarité avec les enseignants, les universitaires, les étudiants, les mineurs, les ouvriers de l’industrie et les chauffeurs, qui se mobilisaient en parallèle contre la privatisation de l’industrie et les coupes dans le secteur public en matière d’emplois, de salaires, de sécurité et de services. En dépit de leur utilisation de slogans inspirés par Occupy Wall Street et d’autres mobilisations contre l’austérité, les environnementalistes bulgares ne voient pas le capitalisme en tant que problème. Non seulement ils se déclaraient « anti-communistes » et donc opposés au passé socialiste de l’État et à ses métastases dans la pouvoir étatique, mais ils déclaraient souvent que le capitalisme est leur idéal et que le problème n’est pas dans sa réalité mondialisée (par exemple la crise depuis 2008 pour ne citer que son échec le plus récent), mais dans sa version locale « orientale », qui entrave la consommation et les loisirs de ces classes moyennes qui travaillent durement.

Du fait du même raisonnement, en été 2012, les militants environnementalistes ont tourné le dos à deux possibilités de s’allier avec ceux qui ne se sentaient pas concernés par les loisirs, la consommation ou la survie écologique de la planète à long terme, mais l’étaient, par contre, sur comment joindre les deux bouts. D’abord, ils ont ignoré avec mépris la contre-manifestation des paysans des zones de réserves naturelles, pour lesquels le développement de ces régions signifiait seulement des emplois et la survie économique. Ensuite, alors que les manifestations concernant les réserves naturelles se développaient, les protestataires environnementalistes n’ont pas contesté l’augmentation de 13 % du prix de l’électricité, qui a eu lieu au moment où ils marchaient encore dans les rues de Sofia. À ce moment pourtant, des militants avaient souligné qu’une telle augmentation signifierait que la moitié de la pension ou du salaire mensuel de millions de Bulgares irait sur les comptes des entreprises énergétiques privatisés… Et comme personne n’a pris au sérieux cette question à l’été 2012, et qu’il n’y a pas eu de réponse à la hausse du prix de l’électricité, les Bulgares ont commencé à payer un prix élevé à partir de l’hiver 2013.

 Civique ou social ?

À la fin janvier 2013, les Bulgares se sont réveillés avec d’énormes factures d’électricité que beaucoup ne pouvaient pas payer. La réponse fut incendiaire : le taux de suicides a brutalement augmenté ainsi que les décès de personnes âgées et cela a culminé avec sept immolations de chômeurs et d’ouvriers. Cela n’a pas cessé avec l’hiver : deux immolations ont eu lieu également au cours de l’été dernier. Les factures et les suicides ont catalysé la mobilisation sociale dans tout le pays à partir de l’hiver 2013. Les manifestants étaient pour la plupart des Bulgares ordinaires : des hommes et des femmes d’âge moyen, des jeunes couples avec enfants et des étudiants, ainsi qu’un certain nombre de voyous d’extrême droite, supporteurs de football. Employant divers slogans protestataires ils remettaient en cause le coût élevé de l’énergie, le médiocre niveau de vie et la corruption flagrante. Ces mobilisations n’ont pas été rejointes par la masse des manifestants écologistes de l’été 2012, bien que ces derniers aient protesté encore durant l’hiver contre la centrale nucléaire de Belene ainsi que contre la nouvelle loi déjouant la loi sur les forêts. Tentant de plaire au gouvernement, qui leur avait fait des concessions en été 2012, les écologistes affirmaient que seul le ministre de l’Environnement — et non l’ensemble du gouvernement — devrait démissionner. Dans leurs discours, ils expliquaient qu’ils ne voulaient pas rejoindre la contestation de la hausse des prix, soulignant qu’ils se battaient pour des causes « civiques » et non pour des causes « sociales ». Le salut de la forêt bulgare était une cause de la « société civile », alors que l’aide sociale, le droit du travail et l’accès aux services étaient selon eux une cause « sociale », donc hors de propos.

Cette division contreproductive entre les revendications civiques et sociales a été reproduite lors du deuxième pic de la vague de mobilisations, en été 2013. Après les affrontements entre les manifestants et la police en février 2013, le gouvernement du centre-droit du GERB [2] démissionne et est remplacé par un gouvernement néolibéral similaire, formé par le Parti socialiste bulgare [3] et le Mouvement des droits et des libertés [4], qui représente la minorité turque, avec le soutien tacite du parti d’extrême droite Ataka [5]. Cette coalition entre les sociaux-démocrates, des libéraux à base ethnique et un parti d’extrême droite pourrait être considérée comme une véritable contradiction dans les termes, mais elle s’aligne parfaitement sur la tradition des coalitions politiques bulgares au cours des 23 dernières années de la transition : les partis de segments politiques soi-disant différents convergent autour des intérêts des blocs de puissances mondiales et des élites capitalistes locales. Le BSP, qui est une structure oligarchique avec des racines dans la nomenklatura socialiste, et ses alliés nationaux et transnationaux post-socialistes ont élu Plamen Orecharski — un ancien ministre des Finances de deux anciens gouvernements, un déclaré de gauche et l’autre de droite — à la tête d’un gouvernement de coalition.

La promesse de réformes dont bénéficieraient les Bulgares économiquement vulnérables faite par Orecharski n’a pas calmé les anti-communistes. Ils craignaient le retour au pouvoir du BSP, ce qui rendrait la Bulgarie inféodée aux intérêts russes. Curieusement la peur des puissances autres que la Russie a été oubliée pour l’essentiel. En même temps la méfiance envers le nouveau gouvernement a été alimentée par une crise croissante de la représentation politique et l’apparente absence de tout programme politique et économique qui pourrait remplir les caisses de l’État, vides. Les nominations successives d’oligarques ont rapidement dissipé le crédit de confiance dont le gouvernement pouvait bénéficier. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase fut l’élection de Delyan Peevski à la tête de l’Agence d’État de la sécurité nationale (DANS). Orecharski a présenté Peevski comme un combattant de la transparence, mais aux yeux de la plupart des Bulgares ce monopoliste des médias et bénéficiaire de privatisations louches était l’incarnation même de la corruption. Même après que Peevski eut démissionné, le peuple continuait à occuper les rues quotidiennement. Au moment de la rédaction de cet article, des milliers de Bulgares, principalement des travailleurs hautement qualifiés et des étudiants, se réunissent chaque jour dans les rues, surtout à Sofia, réclamant la démission d’Orecharski. Ils assimilent le BSP, néolibéral et capitaliste, ainsi que les partis oligarchiques au pouvoir ou dans l’opposition au « communisme ». Comme en été 2012, ces manifestants négligent les contre-manifestations quotidiennes des Bulgares moins privilégiés symboliquement et matériellement, de ceux pour qui un changement de gouvernement ne signifierait pas grand chose alors que les réformes, fussent-elles cosmétiques, signifieraient quelques miettes de plus pour survivre en hiver.

 Hiver ou été ?

Les mobilisations des étés 2012 et 2013, en plus de celles de l’hiver entre les deux, semblent faire partie de la même vague de protestations en Bulgarie. Comme elles ont coïncidé avec les manifestations en Grèce, en Roumanie, en Slovénie et en Turquie, elle ont parfois été interprétées comme faisant partie de la même grande vague de luttes contre l’austérité et contre les privatisations. Mais la réalité du terrain est plus complexe. Alors que les mobilisations hivernales furent une explosion populaire de ceux qui souffrent de la pauvreté et des privations du fait de la crise économique, celles de l’été 2012 et de l’été 2013 ont été provoquées par une « panique morale » des forces oligarchiques et intolérantes au pouvoir. Et si toutes ces mobilisations protestaient contre le contrôle de l’État par des réseaux oligarchiques, les manifestations de février ont articulé quelques revendications anticapitalistes, réclamant plus de sécurité sociale et l’égalité, alors qu’en juin ces revendications ont été édulcorées ou même éclipsées par les demandes de libertés démocratiques. De cette façon « l’oligarchie » n’est perçue que comme un synonyme de l’élite politique du moment. Pourtant, au lieu d’être vue pour ce qu’elle est — une élite du pouvoir typique défendant les intérêts du grand capital — l’oligarchie néolibérale bulgare est considérée comme « communiste » et donc toute mobilisation contre elle doit être anti-communiste ou bien elle est considérée comme non valide et futile.

Qui plus est, alors que de nombreux Bulgares qui étaient dans la rue en hiver 2013 ont également participé aux mobilisations de l’été, les médias libéraux ont opposé les deux vagues, les présentant comme incompatibles en utilisant la métaphore de la « classe moyenne » employée déjà en été 2012. C’est une manière de dénier la réalité de ceux qui ont de la peine à joindre les deux bouts en touchant un salaire moyen dans l’État le plus pauvre de l’Union européenne. Pourtant, la rhétorique de la « classe moyenne » est restée présente dans les narrations locales en faveur des protestations. Elle a été utilisée par les manifestants en été 2013, comme un an plus tôt, afin de défendre leur cause « civique » des « valeurs » en l’opposant à la cause « sociale » de la « famine ». Les intellectuels qui s’étaient rangés du côté des protestations ont proclamé que la division entre les mobilisations de l’hiver et celles de l’été était entre ceux qui lisent et ceux qui ne lisent pas, entre ceux qui comprennent la civilisation des valeurs européennes et ceux qui ne la comprennent pas, entre les « pauvres » et les « indignés moralement », entre ceux qui payent leurs factures et impôts et ceux qui ne peuvent se permettre de le faire et qui vivent donc en dehors du bien-être. Cette division a choqué beaucoup de gens socialement responsables et fit qu’ils ont cessé de manifester.

En même temps, les revendications économiques des protestataires, en hiver comme en été, sont restées peu claires et intrinsèquement contradictoires. Au cours des étés 2012 et 2013 les discussions sur la façon de gérer les terres des réserves naturelles et les ressources publiques d’une manière plus transparente n’ont rien donné. La privatisation a été considérée comme mauvaise seulement en ce qui concerne les terres des réserves naturelles ou lorsqu’elle était réalisée de manière non transparente. Le capitalisme vert, l’énergie verte, des impôts plus faibles pour les riches ou encore la privatisation sans à-coups et rapide au profit des capitalistes sérieux et moraux — telles étaient certaines des demandes formulées par les manifestations estivales. Et tandis qu’elles partageaient la préoccupation de la lutte contre la corruption et de la nécessité de la transparence, leurs analyses n’allaient pas jusqu’à saisir que le système économique actuel est injuste ou du moins problématique. Le marché libre occidental et les démocraties représentatives, pourtant secouées par des crises profondes, étaient toujours idéalisés : les slogans demandaient à « l’Europe » d’aider les Bulgares pour en finir avec la corruption.

Les mobilisations hivernales avaient repris un discours contre les privatisations, mais seulement à leurs débuts. Une fois formulée la demande centrale de « la fin de tous les monopoles », il est apparu que la majorité des manifestants blâmaient les entreprises de distribution d’énergie perçues comme insuffisamment privatisées et de ce fait pratiquant des prix de l’électricité trop élevés. Ils passaient sous silence le fait que les prix ont été maintenus si élevés du fait d’un accord de cartel et que cela était possible car ces prix ne sont pas réglementés par le gouvernement.

En ce qui concerne les droits politiques, les manifestants hivernaux et estivaux n’ont pas non plus divergé de manière significative : ils ont avancé beaucoup de demandes incompatibles et les slogans exigeant « un gouvernement d’experts », « la majorité représentative » ou la « démocratie directe » étaient tous perçus comme étant formulés par la rue.

 Apparition et disparition des opportunités

Ces revendications contradictoires, ces analyses et ces projets désaccordés, ne pouvaient permettre d’orienter les mobilisations contre l’actuel système politique et économique. Cela a mis en lumière, plus que tout, que l’amnésie de 23 années de transition vers une démocratie libérale et l’économie de marché ont vidé l’imagination politique, le dictionnaire et le répertoire des manifestants. Malgré la vague mondiale de protestations contre le capitalisme néolibéral, ce dernier était encore célébré de manière consensuelle par tous les partis de la transition bulgare et perçu par les gens dans les rues comme la seule voie à suivre. La domination idéologique de « l’anticommunisme » dans les manifestations rendait impossible toute apparition d’une aile gauche, socialiste ou anti-anticommuniste. Les discours mensongers sur « les classes moyennes » empêchaient la construction de coalitions avec ceux qui souffrent de privations non seulement morales, mais aussi matérielles.

Néanmoins, un petit nombre de voix critiques a émergé dans les rangs des manifestants de l’été. Ils déclaraient qu’ils avaient beaucoup de choses en commun avec ceux qui s’étaient mobilisés en hiver et même avec les contre-manifestants de l’été : le peuple dans son ensemble souffre à cause de la situation politique et économique actuelle, la précarité est un problème pour l’ensemble du pays. Ils ont appelé à organiser les mobilisations d’une manière plus inclusive afin que les protestations bulgares résonnent avec la vague mondiale des mobilisations contre l’austérité. Si cela ne se réalise pas, les manifestants bulgares resteront du mauvais côté de la barricade. Ils représenteront de plus en plus l’indignation d’une prétendue élite périphérique, qui souhaite maintenir en place les autorités apparues dans une autre constellation et qui combattent jusqu’à la dernière goutte de leur sang pour l’utopie de la prospérité capitaliste mondiale — une cause qui s’est déjà fanée dans les pays dominants du système capitaliste mondial. ■

Mariya Ivancheva


P.-S.

* Paru en français dans Inprecor n° 599-600 novembre-décembre 2013. http://www.inprecor.fr/

* Traduit de l’anglais et annoté par JM.

* Mariya Ivancheva, doctorante en sociologie et anthropologie sociale, est membre du Collectif du centre social Xaspel de Sofia et de l’organisation transnationale European Alternatives. Elle est rédactrice en chef du portail est-européen de gauche « Lefteast ». Cet article a d’abord été publié par le Council for European Studies : http://councilforeuropeanstudies.org

Notes

[1L’accord commercial anti-contrefaçon (Anti-Counterfeiting Trade Agreement — ACTA) est un traité international sur le renforcement des droits de la « propriété intellectuelle », négocié entre 2006 et 2010 par une quarantaine de pays et signé par les États-Unis, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande et Singapour, puis par 22 États membres de l’Union européenne. Il vise en particulier le contrôle de l’internet et menace directement les logiciels libres ainsi que les médicaments génériques et fait partie de nombreuses protections juridiques de l’appropriation des avancées technologiques et scientifiques par le grand capital.

[2Le GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie), un parti politique de centre-droit, néolibéral, a été fondé en 2006 par Boïko Borissov, ancien garde du corps de Todor Jivkov (stalinien, principal dirigeant du pays de 1954 à 1989), alors maire de Sofia. En 2009 il remporte les élections européennes, puis les législatives, et forme un gouvernement minoritaire (27 juillet 2009 - 13 mars 2013). Son candidat remporte la présidentielle en 2011 alors que le parti s’impose aux municipales. Bien qu’ayant perdu le gouvernement, le GERD arrive en tête des élections législatives en mai 2013, avec 97 députés (sur 240).

[3Parti socialiste bulgare (BSP) est le nouveau nom adopté en 1990 du Parti communiste bulgare qui a dominé la Bulgarie depuis 1945. C’est un parti néolibéral, nomenklaturiste, qui fait partie de l’Internationale socialiste et du Parti socialiste européen.

[4Mouvement des droits et des libertés (DPS) est le parti de la minorité turque et musulmane en Bulgarie. Il fait partie de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe aux côtés, entre autres, des Libéraux démocrates du Royaume-Uni et du FDP allemand.

[5Union nationale Attaque (Ataka) est un parti d’extrême droite, raciste et xénophobe, qui attaque les minorités nationales (Roms, Turcs), fondé et dirigé par Volen Siderov. Une délégation de ce parti a participé à la fête du Front national français en 2006.

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