PCF : Vers un congrès de crise début juin

Le 37e Congrès du PCF se tiendra du 2 au 5 juin à Aubervilliers. Selon les modalités établies depuis plusieurs années, les militantEs ont eu à choisir ces derniers jours parmi les 5 textes soumis à la discussion celui qu’ils auront à discuter et à amender au congrès.

Le dernier comité national du PCF avait adopté à 80 % le texte préparatoire au prochain congéès, intitulé « Base commune » présenté entre autre par Pierre Laurent, mais il n’en n’a pas été de même dans l’ensemble du parti...

D’après les résultats du vote des militantEs, il ressort d’abord une baisse continue des effectifs. En 2013, 64 000 inscritEs et 34 000 votantEs. Aujourd’hui, 51 000 inscritEs et 29 000 votantEs. Et depuis 2011, 40 % de votantEs en moins. Ainsi, comme toutes les organisations, le PCF perd de nombreux militantEs.

Ensuite, il apparaît comme un parti profondément divisé, puisque le texte défendu par Pierre Laurent n’obtient que 51,2 % à l’échelle nationale, avec une majorité absolue dans 58 départements mais minoritaire dans 34, dont le Nord-Pas-de-Calais, la Seine-Maritime, le Rhône et même Paris. Le texte issu de la direction est en particulier minoritaire dans 5 des 11 fédérations de plus de 1 000 adhérentEs.

En fait, le débat porte essentiellement sur la proposition de « primaires à gauche ». Sur ce point, les positions de Laurent et de la direction ne sont pas claire : avec ou sans Hollande ? En effet, le PCF est bien opposé à la politique du gouvernement... mais il a besoin des voix du PS aux législatives pour ne pas disparaître du champ institutionnel. Du coup, il a plusieurs fois changé de positions pour finalement accepter une primaire, mais sans Hollande...

Le PS, toujours le PS ?

Sur cette question, les 4 textes alternatifs sont clairement contre tout accord avec le PS : celui de Greg Oxley du groupe « Riposte » qui a recueilli 5,4 %, celui du stalinien Dang Tran et ses 6,86 %, comme celui de l’ancien maire-adjoint d’Aubervilliers Jean-Jacques Karman, « Unir les communistes », avec 12,87 % des suffrages, et surtout un texte signé par beaucoup d’anciens élus : « Ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen » qui a regroupé 23,68 % des voix, avec des signatures comme celle de Roland Leroy, ancien directeur de l’Humanité, Claude Mazuric, Nicole Borvo ou Patrice Cohen-Seat. Ce dernier texte appelle à la construction d’un nouveau Front de gauche « décartellisé » et prône un nouveau rassemblement... mais sans le PS.

Le PCF est en pleine crise : la majorité de ses militantEs rejette le PS et ne se reconnaît pas ou plus dans Mélenchon, mais dans le même temps, ils ont électoralement besoin du PS et savent que face à celle de Mélenchon, une candidature issue du PCF ferait un très mauvais score. Le dernier geste de la direction a donc été de signer un dernier appel des PS « frondeurs », d’EÉLV, d’Ensemble, de syndicalistes, et d’associatifs demandant un débat sur le fond du projet avant de désigner un candidat « anti-austérité » ou d’accepter un candidat « autodésigné » (voir article ci-contre). Bref, choisir entre un candidat PCF, Jean-Luc Mélenchon... ou un autre issu de la « gauche de gauche » ?

Des choix possibles avec lesquels nous avons des combats partagés mais aussi de larges désaccords qui expliquent que nous défendons une candidature anti-institutionnelle, celle de notre camarade Philippe Poutou.

Alain Krivine