Pour les droits des femmes ! Féministes et anticapitalistes comme il le faudra

Des promesses et pas grand-chose au final pour les droits des femmes, voilà ce que l’on pourra retenir du quinquennat Hollande. Le gouvernement a reculé face aux réactionnaires sur la PMA ou les ABC de l’égalité, les objectifs en termes de places pour la petite enfance (pourtant encore très insuffisants) ne seront pas atteints, les attaques contre la santé n’ont pas cessé et les centres IVG ainsi que les maternités ont continué à fermer… Hamon fera sans doute de nouvelles promesses. L’avantage, c’est qu’il est peu probable qu’il soit élu... Comme cela, on ne sera pas déçuEs !

Le problème, c’est que la droite et les réactionnaires sont à l’offensive. Quand on écoute Fillon sur l’IVG ou son programme de destruction massive des services publics, on ne peut qu’être gravement inquiet des conséquences que cela aura forcément sur les femmes, à la fois en tant que salariées et en tant qu’usagères. D’autant plus que l’extrême droite n’est pas en reste, ni sur l’IVG ni sur un salaire maternel pour encourager les femmes à rester à la maison.

À gauche, on n’est malheureusement pas très bien lotiEs non plus. Ainsi Mélenchon qui se prononce en faveur de la loi d’interdiction de la burqa ou pour la pénalisation des clients de prostituées, et qui dans une récente interview à un journal chrétien de droite, ne condamne pas vraiment le mouvement de la Manif pour tous, tenant sur l’avortement et la construction de genre des propos pour le moins discutables.

Pourtant dans un contexte globalement réactionnaire, nous avons besoin d’être fortEs et uniEs pour combattre les attaques contre les droits des femmes. Remise en cause de l’IVG en Espagne, dégradation de la situation en Pologne, violences et féminicides en Amérique latine, déclarations de Trump aux USA, de Fillon ou des Le Pen en France, du Pape... auxquelles s’ajoutent les fermetures de centres IVG et de maternités. Avec dans tous les cas, la mobilisation des femmes pour faire reculer les gouvernements ou gagner de nouveaux droits.

L’élection présidentielle est vraiment à l’opposé de notre façon de faire de la politique, mais nous comptons malgré tout l’utiliser pour défendre les idées et revendications portées par le NPA. C’est en ce sens que nous présentons Philippe Poutou, candidat féministe et anticapitaliste.

Dossier réalisé par la commission nationale intervention féministe du NPA


 Contre le chômage et la pénibilité, une revendication féministe : la réduction du temps de travail

Les femmes gagnent en moyenne 27 % de moins que les hommes, et occupent 80 % des emplois à temps partiel.

Elles ont des emplois plus précaires et avec des horaires éclatés, et sont assignées aux métiers d’aide à la personne… Il y a une spécialisation et une hiérarchisation qui font des femmes des travailleuses encore plus exploitées que leurs collègues masculins, tout cela pour le plus grand bénéfice du patronat qui s’en sert pour disposer d’une main-d’œuvre meilleur marché, tirant ainsi l’ensemble des salaires vers le bas en mettant les hommes et les femmes en concurrence. À cela s’ajoute la dégradation générale des conditions de travail qui pèse encore davantage sur les femmes à cause de la nature des emplois qu’elles occupent : stress, maladies professionnelles, burn-out, etc.

Cette spécialisation dans certains métiers renvoie aux qualités prétendument naturelles des femmes. Mais comment expliquer qu’une sage-femme, qui a fait cinq années d’études et a des responsabilités importantes, ne gagne qu’environ 2 000 euros par mois alors qu’un médecin va gagner beaucoup plus... et sera rarement une femme ? Sur un autre thème, pourquoi la législation a-t-elle tant de retard pour encadrer le port des charges lourdes vivantes dans le cas des soins ou l’usage des produits chimiques utilisés pour faire le ménage ?

Des batailles spécifiques à mener

La répartition tellement disproportionnée des temps partiels entre hommes et femmes arrange d’une certaine façon tout le monde : les hommes qui se déchargent des tâches ménagères sur les femmes (80 % sont effectuées par les femmes) mais surtout l’État et le patronat qui renvoient au cadre privé familial la prise en charge des jeunes enfants et des personnes dépendantes, toutes les tâches de manière générale qui concernent l’entretien des personnes, ex, futurs ou ­actuellement travailleurEs...

Il y a véritablement des batailles spécifiques à mener pour améliorer les conditions de travail de touTEs, en particulier celles des femmes. Il faut sanctionner fortement les entreprises qui ne réduisent pas rapidement les inégalités salariales, interdire les temps partiels imposés et les contrats précaires pour faire du CDI à temps plein la norme, et renforcer les CHSCT, la médecine du travail, la législation sur la pénibilité… Et surtout il faut réduire massivement le temps de travail sans baisse de salaire et avec des embauches compensatoires, pour que touTEs puissent travailler, partager les tâches ménagères, gagner sa vie convenablement, ne s’épuisent pas au travail, et prennent le temps de profiter et de s’impliquer dans la vie sociale et politique.


 Des services publics de qualité pour touTEs !

Quand les services publics sont défaillants, les femmes en paient quatre fois le prix...

Tout d’abord pour leurs propres besoins. Ensuite parce qu’alors ce sont les « solidarités familiales » qui sont activées, donc le travail gratuit des femmes. Elles en paient également économiquement le prix, que ce soit en devant payer pour un service qui n’est plus socialement pris en charge ou en tant que salariéEs du secteur public, où les femmes sont nombreuses et d’autant plus dans les emplois à bas salaires.

Et force est de constater que la prise en charge socialisée des besoins est en recul... Ainsi, la santé est particulièrement attaquée : celle-ci doit devenir rentable, il faut maximiser les investissements en concentrant les centres hospitaliers, en augmentant le nombre de prises en charge par lit et par an, en augmentant le temps de travail des personnels, etc. Dans cette logique, et peu importent les besoins, le nombre de maternités en France a été divisé quasiment par trois ces quarante dernières années, passant de 1 369 en 1975 à 518 aujourd’hui… Cela avec des durées moyennes de séjour qui ont aussi diminué (de cinq jours en moyenne actuellement alors qu’elles étaient de huit jours en 1975). Les restructurations hospitalières touchent également les centres IVG, et en une dizaine d’années ce sont 130 établissements de santé pratiquant l’interruption volontaire de grossesse qui ont fermé. Pour les femmes, il en résulte de réelles difficultés à accéder à l’IVG dans les délais, avec aussi de grandes disparités géographiques.

Pour le développement et la gratuité de la socialisation des tâches

La prise en charge des enfants relève encore très majoritairement des femmes. Ce sont elles qui jonglent entre horaires de travail salarié et horaires d’école. Et l’on sait que le fait d’avoir des enfants joue pour beaucoup dans les carrières des femmes. Dans un couple hétérosexuel, ce sont les mères qui réduisent, voire arrêtent, leur activité professionnelle pour prendre en charge l’éducation des enfants. Et c’est d’ailleurs dans un objectif d’égalité femmes-hommes que François Hollande avait engagé un plan de création de 275 000 nouvelles places d’accueil des jeunes enfants, dont 100 000 en crèche. C’était déjà presque deux fois moins que la promesse électorale qu’il avait faite lors de la primaire socialiste de 2012 (500 000 nouvelles places). Las, aujourd’hui, ce chiffre n’est pas atteint, et il reste toujours aussi difficile (et coûteux) de trouver une solution de garde pour les enfants de moins de trois ans.

Ce sont aussi très majoritairement les femmes qui pallient les manques de services publics pour les personnes âgées et/ou dépendantes. Ainsi, ceux que l’on appelle les « aidants familiaux » sont à 75 % des femmes, et elles y consacrent en moyenne cinq heures par jour...

Il faut que cesse la destruction des services publics. La seule solution juste et égalitaire est au contraire le développement et la gratuité de la socialisation des tâches. Cela passe notamment par un véritable service de la petite enfance, le développement de structures et services publics pour les personnes âgées et/ou dépendantes, et un service public de la santé de qualité et accessible à touTEs.


 Pour un droit au séjour autonome pour les femmes étrangères

Les femmes étrangères vivant en France affrontent une double difficulté, en tant que femmes subissant l’oppression patriarcale de leur pays d’origine et de leur pays d’accueil, et en tant qu’étrangères, en butte aux discriminations et au racisme.

La montée toujours plus insupportable de la xénophobie en France et dans les pays occidentaux, ainsi que les durcissements successifs des lois et règles autorisant le séjour, rendent ce problème plus aigu que jamais.

Depuis la fermeture des frontières aux migrations de travail en 1974, les liens familiaux et conjugaux sont devenus déterminants pour obtenir le droit au séjour en France soit par le mariage avec un ou une Française, soit par le regroupement familial, soit par la reconnaissance de la vie privée et familiale en France. La grande majorité des autorisations de séjour sont délivrées au titre du regroupement familial ou en raison du mariage avec une personne française. Les régularisations au titre du regroupement familial concernaient il y a quelques années 80 % de femmes, avec tout ce que cela impliquait pour elles de dépendance vis-à-vis de la famille, du père ou du mari...

À partir des lois Pasqua, le durcissement des conditions du regroupement familial en termes de conditions de ressources et de logement, a augmenté la précarité de la situation des femmes. Celles-ci sont venues plus souvent hors regroupement familial, et sont vouées à rester des années et des années sans papiers et sans aucun droits, par exemple le droit de travailler. Elles sont condamnées à accepter les conditions de vie dictées par leur mari ou père ou frères, et subissent aussi la surexploitation du travail clandestin.

Femmes et migrantes, la double peine

Aujourd’hui les caractéristiques de la migration des femmes a changé sous deux aspects. En premier lieu, c’est qu’elles fuient massivement les guerres et les violences spécifiques contre les femmes liées aux situations de conflits. De plus, avec la mondialisation, un nombre croissant de femmes migrent avec une aspiration à une vie plus indépendante et plus libre, l’espoir d’un avenir meilleur pour elles et leurs enfants.

Elles sont d’autant plus frappées par les mesures de fermeture des frontières, par les conditions inhumaines d’accueil quand elles arrivent malgré tout à passer les frontières, par l’imbroglio, la multiplication des procédures administratives dissuasives et par toutes les restrictions à l’obtention d’un droit au séjour.

Les femmes qui arrivent seules, ou seules avec des enfants, sont ainsi réduites à la galère d’une vie sans papier et sans droits. Elles ont le choix entre subir la surexploitation du travail clandestin, chercher un « protecteur », ou avoir recours à la prostitution. C’est donc à l’opposé de ce qui les a motivées au départ.

Quant aux femmes migrantes fuyant les violences sexuelles liées aux guerres ou aux mutilations sexuelles et mariages forcés, leur sort ne s’est pas véritablement amélioré. La loi du 29 juillet 2015 portant la réforme du droit d’asile, qui doit reconnaître l’asile aux femmes ayant subi des violences ainsi qu’une série de garanties tout au long de la procédure, peine à être appliquée faute de moyens et de volonté politique. Elle est impactée par toutes les autres mesures restrictives concernant l’obtention du titre de séjour dont la dernière en date est la difficulté à obtenir le formulaire à remplir pour faire sa demande. En effet, celui-ci est maintenant octroyé au compte-goutte dans les préfectures avec un pré-enregistrement. Une étape de plus.

C’est pourquoi nous demandons une individuation des droits – non dépendant du mari ou du père – pour l’obtention des titres de séjour pour les femmes, des démarches simplifiées pour toutes et tous, et des moyens pour garantir l’accès au statut de réfugiée pour toutes les femmes ayant subi des violences spécifiques.


 Des mesures pour en finir avec les violences faites aux femmes

En France, environ 84 000 femmes entre 18 et 75 ans déclarent être victimes d’un viol ou d’une tentative de viol chaque année.

Parmi elles, seule 1 sur 10 dépose plainte… et seulement 10 % des plaintes donnent lieu à une condamnation ! Dans les trois quarts des cas, les agresseurs sont connus de la victime, ce qui va complètement à l’encontre de la peur de la rue que l’on inculque aux filles dès le plus jeune âge : il est beaucoup plus probable d’être agressée chez soi par son conjoint ou son ex que par un inconnu dans la rue.

Ce qui n’empêche pas que la violence est également largement répandue dans l’espace public, dans la rue ou au travail : 100 % des femmes disent avoir été victime de harcèlement ou de violences dans les transports en commun ; 80 % subissent des comportements sexistes au travail, 60 % ont été victimes d’avances répétées malgré leur refus, 25 % des agressions sexuelles et 10 viols par jour se déroulent sur les lieux de travail...

Ces chiffres dramatiques s’expliquent par le caractère foncièrement sexiste et patriarcal de la société. Les violences faites aux femmes sont largement tolérées voire encouragées. Il n’y a qu’à regarder les panneaux publicitaires sur lesquels des femmes soumises à des hommes sont des arguments de vente de voiture, de parfum, etc. L’affaire Jacqueline Sauvage est également révélatrice du sexisme profondément ancré dans les ­institutions, notamment la justice.

Agir concrètement

Dans le sillage de la Manif pour tous, on a également vu une recrudescence des violences lesbophobes, biphobes, transphobes ou homophobes. Celles-ci font partie d’un système global d’injonction à se conformer à la norme hétérosexuelle.

Par ailleurs, on commence à parler de plus en plus des violences médicales que subissent les femmes, en particulier lors des accouchements. Ce sujet, complètement tabou jusqu’ici, émerge via les réseaux sociaux et les témoignages de victimes.

Pour combattre réellement les violences, il faut des moyens pour des actions concrètes :

• Des logements pour accueillir les femmes victimes de violences, y compris avec leurs enfants.

• Des subventions pour les associations qui aident les femmes.

• Des formations pour l’ensemble des professionnelEs qui accueillent les victimes (services sociaux, santé, justice, police...).

• Des moyens pour que la justice traite les actes de violences sexuelles dans des conditions et des délais satisfaisants.

• Une formation non sexiste et à l’écoute des patientEs pour tous les personnels de santé.

• Des formations pour toutes celles et ceux qui jouent un rôle direct dans la construction de genre (journalistes, enseignantEs, responsables de programmation dans les médias, etc.).

• Des obligations renforcées à combattre le sexisme au sein des entreprises et des sanctions pour celles qui ne le ferait pas.

• Une éducation non sexiste et respectueuse du corps de chacunE, qui encourage l’épanouissement de chacunE à travers une sexualité non normée.


 Mon corps, mon choix !

Cet été, les arrêtés sur les burkinis ont fait l’actualité. S’ils étaient évidemment islamophobes, ils s’attaquaient aussi au droit des femmes à disposer de leur corps… cela sous le prétexte de défendre le droit des femmes !

Ainsi, nous avons pu voir des policiers obliger des femmes à se dévêtir… Trop habillée ou pas assez, toutes les injonctions concernant les façons de se vêtir des femmes, nous montrent avec force que, depuis plusieurs années maintenant, notre droit à disposer de nous-mêmes et a fortiori de nos corps, est de plus en plus remis en cause. Ce contrôle du corps des femmes reste un enjeu majeur dans le cadre de cette société, capitaliste et patriarcale, car derrière ce contrôle, c’est tout un ordre social qui est en jeu.

Ce quinquennat a été marqué par la sortie dans la rue des réactionnaires. Le cycle des Manifs pour tous a touché en premier lieu les personnes LGBTI, mais aussi l’ensemble des femmes, qu’elles soient lesbiennes bi ou hétéros. Car en agitant partout la « théorie du genre », c’est une idéologie réactionnaire qui a gagné en hégémonie, en ravivant le modèle de la femme soumise à l’homme, de la femme mère au foyer, s’occupant des enfants... En cédant aux réactionnaires, d’abord en reculant sur la PMA, puis sur les ABC de l’égalité, le gouvernement Hollande aura encouragé le retour à l’ordre moral que prônent la droite et l’extrême droite. En termes d’émancipation sexuelle, pendant ce quinquennat nous avons stagné, voire plutôt régressé…

Le mariage pour tous était censé aller dans le sens de l’égalité entre touTEs, permettre à chacunE de vivre sa sexualité comme il ou elle l’entend… En refusant la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, le gouvernement montre bien une inégalité de fait. Il participe à faire croire que pour être une bonne mère, il faut être en couple avec un homme. Exit les femmes seules, et exit les lesbiennes…

Défendre nos droits, et en conquérir de nouveaux

Les fermetures de nombreux centres d’interruption volontaire de grossesse, mais aussi le manque de subventions des plannings familiaux, remettent sans cesse en cause la possibilité de choisir un moyen de contraception, ou de pouvoir avorter. Si la suppression du délai de réflexion est clairement une avancée, le délai pour pouvoir avorter est bien trop court, surtout quand on voit le nombre de semaines nécessaires pour obtenir un rendez-vous pour une consultation.

Ce sont les combats féministes qui ont permis d’arracher notre droit à disposer de notre corps en termes de contraception, d’avortement, de sexualité. Nous devrons continuer de nous battre pour pouvoir conserver ces droits, mais surtout en gagner de nouveaux, car ces derniers sont loin d’être suffisants. C’est pourquoi nous voulons faire entendre une voix féministe et anticapitaliste dans cette campagne autour de revendications qui réaffirment le droit des femmes de disposer de leur corps :

• L’avortement et la contraception libres, gratuits et accessibles, des centres IVG partout sur le territoire. Nous voulons que ces centres soient séparés des maternités afin d’arrêter de culpabiliser les femmes, ainsi que l’allongement du délai légal de l’IVG à 24 semaines.

• L’accès à la procréation médicalement assisté pour toutes les femmes, incluant les lesbiennes, bisexuelles et les femmes célibataires.

• Une éducation non sexiste, incluant un accès à une éducation à la sexualité qui soit non sexiste et non hétéronormée.

• Des subventions à hauteur des besoins pour les plannings familiaux.


 Un 8 mars de grève, de lutte !

Inspirée par les grèves de femmes de l’automne dernier, d’abord en Islande contre l’inégalité salariale puis en Pologne en réponse aux tentatives de criminaliser l’avortement, et fortes de leurs propres mobilisations massives contre les violences, les femmes argentines de Ni Una Menos ont lancé un appel à l’automne 2016 pour une grève internationale le 8 mars pour protester contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes, y compris la violence économique...

Cet appel a été rapidement repris en Italie par le mouvement Non Una Di Meno après la grande manifestation de Rome en novembre dernier. Le 7 novembre, en France, l’appel à cesser le travail à 16 h 34 pour dénoncer les 27 % de salaire en moins touchés par les femmes, a reçu un écho inattendu sur les réseaux sociaux. Cela a incité les syndicats à préparer la grève le 8 mars dans le cadre de l’appel unitaire des associations féministes et organisations syndicales, soutenu par des partis politiques de gauche.

Nouvelle impulsion internationale

Les manifestations massives de femmes contre Trump le 21 janvier ont donné une nouvelle impulsion au mouvement. La déclaration d’Angela Davis illustre bien cette volonté : « Cette marche des femmes représente la promesse d’un féminisme qui se bat contre les pouvoirs pernicieux de la violence étatique. Un féminisme inclusif et intersectionnel qui nous invite toutes et tous à rejoindre la résistance face au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à la misogynie et à l’exploitation capitaliste. (…) Lutter pour le droit des femmes, c’est lutter pour les droits humains partout sur la planète ».

L’appel argentin a été repris aux États-Unis et dans plus de 40 pays à travers le monde. De l’Australie au Brésil, du Paraguay à la Pologne, des femmes s’organisent et préparent des actions.

Si les plus grosses manifestations de ces dernières années en Amérique latine ont eu lieu contre les violences faites aux femmes, en Argentine mais également au Brésil, contre les féminicides au Mexique, en Bolivie, en Colombie, nous avons également vu des protestations contre des prises de positions barbares de l’Église catholique interdisant à des fillettes d’avorter après avoir subi des incestes...

En Europe, après l’Espagne en 2015 où une tentative de limiter le droit à l’avortement a provoqué une forte mobilisation et un soutien international, il y a eu une nouvelle mobilisation en Pologne contre la tentative d’interdire l’avortement en toutes circonstances : le lundi 3 octobre, les femmes ont refusé de participer à la marche normale de la société, démontrant ainsi leur force. Par ailleurs, en Irlande, le mouvement pour la légalisation de l’avortement est un mouvement de longue durée, et les Irlandaises appellent aussi à la grève le 8 mars.

Aux États-Unis, face à la présidence Trump, dénoncé pour sa misogynie, on s’attend aussi à des attaques sur les droits fondamentaux des femmes, des attaques qui ont déjà commencé au niveau des États.

Contre toutes les violences

L’appel d’Argentine dénonce la violence dans toutes ses formes. C’est la violence domestique, mais aussi la violence du marché, de la dette, des relations de propriété capitaliste et de l’État ; la violence des politiques discriminatoires contre les femmes lesbiennes, trans et queer ; la violence de la criminalisation étatique des mouvements migratoires ; la violence de l’incarcération de masse ; et la violence institutionnelle contre le corps des femmes par l’interdiction de l’avortement et le manque d’accès à des soins de santé gratuits et à l’avortement gratuit.

Cet appel doit renforcer notre détermination à nous opposer aux attaques institutionnelles, politiques, culturelles et économiques contre les femmes musulmanes et migrantes, les femmes de couleur, les femmes qui travaillent et les femmes sans emploi, les femmes lesbiennes, les femmes queer et les femmes trans.

En mouvement, en grève

Les grèves du 8 mars renouent avec une longue tradition. Dans les années 1908 et 1909, les travailleuses du textile à New York faisaient grève pour demander des meilleures conditions de travail, contre la répression et pour le droit de vote. En 1910, inspirée par la lutte des travailleuses, sur proposition de la socialiste allemande Clara Zetkin, la Conférence internationale des femmes a décidé d’organiser une Journée internationale des femmes travailleuses.

Quelques années plus tard, en 1917, des milliers de femmes, d’ouvrières et d’épouses de soldats russes se sont rendues dans les rues le 8 mars pour réclamer la paix et le pain, et déclencher l’insurrection qui renverserait le régime tsariste. Et ce 8 mars 2017 sera le 100e anniversaire du début de la Révolution de février en Russie.

Dans le contexte actuel de remise en cause des droits des femmes partout sur la planète, cet appel à une grève internationale des femmes, par les actions impulsées quelles que soient leurs formes, en tissant et renforçant les liens entre les femmes des différents pays, sera un élément central de résistance. Nous reprenons l’appel des Argentines : « Tissons un nouvel internationalisme. (…) Nous voyons que face au nouvel essor du néo-conservatisme, ici et dans le monde entier, le mouvement des femmes émerge comme une puissance alternative. »

Commission nationale intervention féministe du NPA