Législatives : le PCF retrouve quelques sièges historiques

, par BEUVE-MERY Alain

Le Parti communiste progresse en nombre d’élus, mais pourrait perdre son groupe.

« Manifestement, on n’est pas encore mort », se félicitait un élu du Parti communiste français (PCF), dimanche 18 juin, à l’issue du second des élections législatives. Mais le paradoxe est le suivant : alors que dans la précédente législature, le PCF avait réussi à former un groupe à partir de dix députés Front de gauche, grâce au renfort de cinq élus ultramarins, il pourrait avoir plus de difficulté à constituer un groupe dans la nouvelle Assemblée. Pourtant, le PCF se targue de compter onze députés et d’« être le seul groupe parlementaire qui progresse ».

Ce résultat est l’exact reflet du délicat mano a mano de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, et du leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, un « je t’aime, moi non plus » qui n’en finit pas de s’éterniser.

De fait, les deux députés communistes réélus représentent les deux tendances qui cohabitent place du Colonel-Fabien. L’ancienne ministre Marie-George Buffet, qui conserve la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis, constitue la tête de pont des élus communistes « mélenchoncompatibles », alors qu’André Chassaigne, qui l’emporte avec 63,5 % dans le Puy-de-Dôme se situe à l’autre bout du spectre.

Mais pour l’instant, le PCF est essentiellement dans la satisfaction d’avoir une fois de plus sauvé les meubles dans plusieurs bastions communistes, et mieux, d’avoir repris quelques circonscriptions historiques. C’est notamment le cas dans le Nord, où il conserve deux circonscriptions, celle d’Alain Bocquet (Saint-Amand-les-Eaux), où lui succède Fabien Roussel, et celle de Jean-Jacques Candelier (Marchiennes), où Alain Bruneel prend le relais. En Seine-Maritime, le maire de Dieppe Sébastien Jumel est élu, Hubert Wulfranc, maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, est aussi élu dans l’ancienne circonscription de Roland Leroy, ainsi que Jean-Paul Lecoq, qui retrouve son siège de député perdu en 2012.

En région parisienne, le Parti communiste retrouve aussi des couleurs avec Elsa Faucillon, 35 ans, qui remporte la 1re circonscription des Hauts-de-Seine, un bastion communiste historique que le PS avait arraché en 2012, mais que le sortant Alexis Bachelay a perdu dès le premier tour. De même Stéphane Peu, 55 ans, s’est imposé dimanche dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, bastion historique du Parti communiste, ravi en 2012 par Mathieu Hanotin (PS), lui aussi éliminé au premier tour.

Pierre Dharréville, 41 ans, patron du quotidien La Marseillaise, est l’unique député communiste de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il succède à Gaby Charroux, qui ne se représentait pas, dans la circonscription qui comprend les zones industrielles de l’étang de Berre. Enfin Jean-Paul Dufrègne, président du conseil général de l’Allier de 1998 à 2015, est élu de la 1re circonscription de l’Allier avec 51,85 % des voix.

Fort de ses onze élus, le PCF a appelé aussitôt à « une riposte immédiate » avant « l’été des mauvais coups » sur la législation du travail. La « majorité écrasante » dont va disposer Emmanuel Macron « ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés ni chez les jeunes et les privés d’emplois », juge-t-il.

Alain Beuve-Méry