Canada-Québec : le débat sur l’ALÉNA coince la gauche dans l’étau Trump Piège protectionniste ou libre-échange anticapitaliste ?

Le « charme » du premier ministre canadien n’y peut rien. Face à l’ouragan Trump, la bourgeoisie canadienne retient son souffle et marche sur la pointe des pieds. Si la puissance hégémonique ne faisait pas jusqu’ici la comptabilité tatillonne de ses profits et pertes, dorénavant rabaissé au statut de premier parmi ses pairs, c’est America first. D’un libre-échangisme multilatéral, le président étasunien veut passer à libre-échangisme bilatéral, et non au protectionnisme comme souvent on le dit. Bien que le libre-échangisme du chef de file impérialiste a toujours été lesté d’une forte dose protectionniste comme l’illustre la cinquième ronde du conflit du bois d’œuvre depuis 1980. Cette ronde vaut au Canada un tarif punitif de 25 % qui comme toujours sera jugé illégal dans quelques années [1]... à moins que les ÉU obtiennent la juridiction finale par les tribunaux étasuniens en cas de litige et non par ceux paritaires créés par l’ALÉNA (chapitre 19). Ce sont ces tribunaux opaques, sans appel et hors État, complètement biaisés dans l’intérêt des transnationales, que le Canada veut défendre bec et ongles [2].

 Remise en question de l’ALÉNA, clef de voûte de l’économie canadienne

Au vieux litige du bois d’œuvre s’ajoute cette fois la remise en cause de l’ALÉNA tout entier. Contrairement à l’Accord de partenariat trans-Pacifique jeté aux poubelles, l’ALÉNA est de facto un accord bilatéral d’autant plus que les ÉU en sont le pivot. Les ÉU veulent supprimer leur déficit commercial en produits et services avec chacun de leurs deux partenaires [3]. Si le déficit avec le Mexique est relativement important (mais moins qu’avec surtout la Chine mais aussi l’Allemagne et le Japon pris séparément [4]) et s’explique essentiellement par l’imbrication des chaînes de valeur de l’industrie automobile sous contrôle étasunien [5], celui canadien est… inexistant [6]. Il est vrai que cette réalité est nouvelle mais elle démontre un solde relativement équilibré du compte courant depuis quelques années [7]. Quant au faible déficit commercial hors services des ÉU avec le Canada, il est dû à leurs importations pétrolières.

Qu’à cela ne tienne au pays des « faits alternatifs » qui servent à masquer l’exercice brut et brutal du rapport de forces. Certaines des exigences étasuniennes, en plus du bois d’œuvre, sont déjà connues : acier, aluminium [8], quotas laitiers [9]. Champion du commerce internet, non couvert dans l’accord original, qui affecte particulièrement les produits culturels, les ÉU veulent sa libéralisation sans taxation sauf pour des montants importants et sans obligation, le cas échéant, de subventionner la production culturelle canadienne [10], ce à quoi le gouvernement canadien a déjà commencé à s’adapter [11]. Cerise sur le gâteau, les ÉU reviennent à la charge en ce qui concerne leur volonté de pénétrer les secteurs financiers et des télécommunications, colonne vertébrale du capitalisme canadien, protégés par des règles empêchant leur prise de contrôle par l’étranger [12].

 Le juste milieu introuvable de la gauche entre libre-échange et protectionnisme

Une restriction des règles d’origine du matériel de transport affecterait surtout le Mexique [13] au bénéfice des ÉU… et du Canada. La fédération syndicale canadienne UNIFOR, la plus grande du secteur privé, regroupant entre autres les syndicats de l’automobile en exigeant un rééquilibrage aux dépends du Mexique vient à la rescousse de Trump [14]. La FTQ, la plus importante centrale syndicale du Québec essentiellement implanté dans les secteurs privé et municipal, y va à visage découvert contre le Mexique : sus à l’ALÉNA, vive l’Accord de libre-échange canado-américain et l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de l’Organisation mondiale du commerce [15]. Le syndicalisme québécois et consorts semble se résigner au libre-échange du secteur privé tant dans ses dimensions manufacturières et de la plupart des services, en particulier financiers, qu’au contrôle de la propriété intellectuelle scientifique par les transnationales [16].

On y perçoit un mélange de libre-échange résigné combiné à un protectionnisme défensif du secteur public, des acquis sociaux et du patrimoine. Québec solidaire se reconnaît dans cette orientation tout en restant vague à souhait [17]. La gauche anticapitaliste canadienne dite indépendante – celle québécoise ne s’est pas encore manifestée – se contente de radicaliser cette orientation en prônant « [p]remièrement, [de] changer l’économie canadienne dans une direction plus orientée vers l’intérieur. » dans une perspective de « planification démocratique » [18]. Mais en dehors des grandes coalitions d’appareils bureaucratiques et de l’électoralisme même radical, on ne voit aucunement une stratégie de construction d’un rapport de forces dans la rue. Au contraire, c’est le gouvernement fédéral qui construit son propre front Libéral-Conservateur-NPD-patronat-syndicats-autochtones pour défendre l’ALÉNA [19].

À la fin des années 1980, de fer de lance de la résistance à l’implantation de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-unis qui allait devenir la matrice de tous les accords subséquents dont l’ALÉNA et l’OMC, le mouvement syndical canadien et québécois se trouve aujourd’hui pris à revers par la droite nationaliste étasunienne et cherche à se réfugier dans un juste milieu introuvable et purement incantatoire sans compter son manque d’internationalisme. Heureusement, se pointe un début d’opposition syndicale principalement étasunienne mais aussi canadienne qui réclame non seulement l’abolition de l’ALÉNA mais aussi celle de la répression contre l’immigration mexicaine et pose la nécessité d’une mobilisation solidaire syndicale nord-américaine [20].

 Le repli stratégique sur l’axe pétrole-armement-finance

Le pétrole est l’envers de la médaille du libre-échange à la Trump : le gouvernement Libéral s’est réjoui du retour en grâce de l’oléoduc Keystone pour acheminer le pétrole bitumineux vers les ÉU… ce qui ne l’empêche pas de favoriser plein d’autres oléoducs et gazoducs vers le Pacifique et l’Atlantique [21]. Inquiète d’un inattendu gouvernement NPD en Alberta, même pro-pétrole bitumineux, la droite refait son unité partidaire en vue des élections albertaines de 2019 [22]. Mais voilà que le NPD, allié au petit parti Vert, vient de s’emparer à l’arrachée de la gouvernance de la Colombie britannique ce qui, peut-être, remet en cause l’important oléoduc Kinder Morgan [23].

Pour montrer patte blanche, Ottawa ajoute la vente d’armement pour l’Arabie saoudite [24], allié stratégique des ÉU, au bénéfice d’une manufacture ontarienne sous contrôle étasunien [25]. Et au diable le blogueur emprisonné et fouetté Raif Badawi dont la famille s’est réfugiée au Québec [26]. Pour bien souligner que le message a été reçu dix sur dix en ce qui concerne sa contribution à l’OTAN, le Canada fait grimper son budget militaire [27]. Est-ce que toutes ces concessions à-plat-ventristes suffiront pour amadouer le puissant voisin ? Face au matamore, la faiblesse appelle à frapper plus fort.

Le noyau dur et dodu du capitalisme canadien, les cinq grandes banques basées à Toronto, se prépare à augmenter substantiellement ses investissements aux ÉU [28]. Et il sera le premier à bénéficier du laxisme anti-réglementaire trumpien envers la Finance [29] tant aux ÉU que par mimétisme compétitif au Canada imposé par la logique de l’ALÉNA. Idem pour l’éventuelle contre-réforme fiscale combinée à de drastiques coupes, dont l’Obamacare [30], si Trump et le congrès finissent par aligner leurs flûtes car le populisme du premier fait mauvais ménage avec le conservatisme fiscal républicain.

Mais le statut mondial du dollar étasunien, permettant d’encaisser déficits publics et commerciaux ad vitam æternam, pourrait régler cette contradiction. Comme la bourgeoisie canadienne n’a pas le luxe d’une monnaie mondiale, la Banque du Canada vient d’augmenter son taux directeur, malgré l’absence d’une inflation justificatrice [31] et malgré un endettement record des ménages [32], tout simplement pour se redonner une marge de manœuvre en cas de coup dur émanant du sud de la frontière [33]… et pour la plus grande joie des banques qui ont emboîté le pas dans la même journée.

Il faut dire que l’augmentation du taux directeur étasunien depuis décembre 2015 et surtout depuis décembre 2016, non aussi justifiable pour raison d’inflation [34] et alors que la situation de l’emploi est stable depuis un an [35], ne laissait guère le choix au Canada dans le cadre de l’ALÉNA. Sous prétexte d’anticiper une augmentation substantielle du déficit budgétaire trumpien [36] alors qu’en réalité il est prévu de drastiques coupures sociales et, en comparaison, de faibles hausses en dépenses militaires [37] afin de réduire la fiscalité des entreprises et des riches [38], la Banque centrale des ÉU (Federal Reserve) appelle de facto au rapatriement des dollars pour en réalité nuire aux pays concurrents, ennemis ou alliés, et pour favoriser la Finance sans se soucier de sa base populaire.

 Crise de l’insertion du Canada dans le marché global

Apprécier l’impact trumpien sur les rapports ÉU-Canada-Québec commande une vue générale sur leurs rapports commerciaux et financiers qui les encadrent. La globalisation de l’économie canadienne signifie le tiers du PIB en exportations en 2015 (la moitié pour le Québec y compris pour le commerce interprovincial) [39], ce qui signifie une économie ouverte mais en forte baisse depuis 2000 où ce pourcentage était plus près de la moitié [40] que du tiers (près des deux tiers pour le Québec [41]). La compétition mexicaine et est-asiatique est passée par là tout comme la crise de 2007-08. Rappelons que pour le Canada comme pour le Québec, les trois quarts des exportations se font vers les ÉU [42].

L’interpénétration des capitaux entre le Canada et les ÉU se situe à un niveau très élevé et équilibré, soit près de 2.5 billions (2 500 milliards) $CDN de stock de chaque côté [43]. Si pour les ÉU, il ne s’agit que de l’équivalent du dixième de son PIB, ce même ratio est de deux fois et demie pour le Canada, ce qui signifie une forte pénétration de son économie par les capitaux étasuniens. On note toutefois ces dernières années un taux de croissance nettement plus élevé des investissements canadiens aux ÉU au point où dorénavant le stock des investissements directs canadiens y est sensiblement plus élevé que dans la direction opposée [44]. Ce qui signifie pour les ÉU un apport net de capitaux sans menace de contrôle sectoriel et encore moins global.

Le poids relatif du commerce international canadien est à la baisse sur fond de stagnation de la globalisation de l’échange des marchandises [45]. La cause profonde en est une baisse relative de la productivité de l’économie canadienne [46], soit une défaillance majeure au niveau de l’épine dorsale de la compétitivité capitaliste, en particulier de sa version néolibérale. L’analyse d’une telle baisse est complexe mais on se doute que la relative mainmise du capital étasunien, la spécialisation pétrolière encouragée par l’ALÉNA et dorénavant la relative fuite des capitaux canadiens non seulement vers les ÉU mais aussi ailleurs dans le monde y sont pour beaucoup. La relative bonne performance conjoncturelle canadienne par rapport aux autres pays du G-7 est dû surtout à sa richesse pétrolière comme le montre la comparaison historique du ratio investissement versus PIB du Canada et des ÉU [47] en regard du prix du pétrole brut [48].

 Menace de liquidation de la spécificité québécoise

Le tableau d’ensemble fait ressortir la singularité du Québec où le système de gestion de l’offre (lait, volaille, œufs) structure son agriculture [49], cas unique au Canada, où la récolte et la transformation du bois dominent les régions rurales et semi-rurales ayant un faible potentiel agricole (la mine et la première transformation dominent l’urbain régional), où le St-Laurent est devenu la vallée de l’aluminium du Canada (90 % de la production canadienne et second secteur d’exportation québécois aux ÉU) [50]. Étant donné que le secteur avionnerie y est le premier secteur d’exportation [51], la contestation par Boeing [52] du nouvel avion de Bombardier pour raisons de subventions indues devient un risque macro-économique à l’échelle québécoise et même canadienne.

Last but not least, « [s]ans l’exception culturelle, on peut dire adieu à culture québécoise, alerte Sylvie Lussier [ancienne présidente de la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma]. ‘‘On existe au Québec parce qu’il y a un cadre réglementaire qui nous fait vivre. Par la force du marché, on n’est pas assez nombreux. Dès que le cadre réglementaire s’affaiblit, c’est toute la culture qui en souffre directement’’, affirme-t-elle gravement [53]. » Les ÉU vont cependant éviter l’attaque frontale, afin de contourner « l’exception culturelle » de l’UNESCO, pour attaquer la culture via le commerce électronique et la « propriété intellectuelle » [54].

Cette menace existentielle se conjugue au refus net du Canada, à commencer par l’humiliante fin de non recevoir de son Premier ministre, de prendre en considération la timide tentative du Premier ministre québécois d’ouvrir le dialogue constitutionnel [55]. Ce refus a malheureusement de profondes racines populaires au Canada anglais [56]. Pourtant le 150iè anniversaire de la Confédération – une manœuvre politicienne d’unification anti-étasunienne des colonies britanniques d’Amérique du Nord sous la protection de la Grande-Bretagne – en aurait été l’occasion.

 Une insertion énergivore et génératrice de GES dans le marché global

L’insertion canadienne et québécoise dans le marché global se fait principalement sur la base de produits énergivores producteurs de gaz à effet de serre (GES) soit le pétrole et l’automobile pour le Canada et, pour le Québec, l’avionnerie civile, non couvert par l’Accord de Paris sur le climat [57] (encore moins celle militaire [58]) et de l’électricité surtout sous forme d’aluminium brut, « le plus important émetteur de gaz à effet de serre (GES) au Québec [59] » malgré l’avantage hydroélectrique [60]. Comme le transport de nourriture, de par son volume et par sa fréquence, et l’agro-industrie sont particulièrement énergivores en pétrole, notons que le Canada est un important exportateur net à cet égard [61]. Pour le Québec, soulignons une importante importation interprovinciale de produits agricoles de base [62], dont de céréales, laquelle complète celle internationale de produits tropicaux et maraîchers hors saison [63].

Si on calcule sur la base de la seule production agricole, le taux d’auto-suffisance du Québec est du tiers, d’un peu plus de la moitié si on prend en compte la valeur ajoutée de l’industrie quelque soit la source de leurs approvisionnements [64]. La domination (et la concentration) du commerce alimentaire québécois par deux grandes entreprises non québécoises sur trois, sans compter la percée de Wall-Mart qui s’annonce dans ce domaine, explique en grande partie le recul de l’auto-suffisance, 80 % dans les années 80. S’y ajoute le politique québécoise (et canadienne) d’exportation qui a permis la percée de la production du porc au Québec dominée par des intégrateurs qui ont fait des agriculteurs des quasi salariés [65].

Or l’agro-industrie, un des piliers de la globalisation, est responsable de plus ou moins 50 % des GES quand on les comptabilise par fonctions vitales [66] (se nourrir, se vêtir, se loger…) et non par secteurs économiques (transport, industrie, agriculture…) comme le font généralement les gouvernements et agences. À la production des GES à la ferme, il faut ajouter une bonne partie du secteur des transports y compris pour faire l’épicerie, une partie de la transformation industrielle son secteur alimentaire étant celui le plus important. Au gaz carbonique, il faut ajouter le méthane de l’élevage, une spécialité québécoise. Aux GES de la production nationale de nourriture, il faut ajouter ceux extérieurs pour la nourriture consommée au Québec, une part plus importante que celle exportée était donné notre faible auto-suffisance alimentaire.

 Les bases technologiques et géostratégiques du nationalisme réactionnaire trumpien

Le trumpisme, aux ÉU, se déploie avant tout à l’encontre du prolétariat afro-américain et réputé musulman avant de frapper celui blanc qui ne perd rien pour attendre quand la super-austérité le frappera lui aussi. Le petit cousin canadien, moins drastique envers les gens de couleur, y ajoute le peuple québécois. Quant aux peuples amérindiens, ils ont compris depuis belle lurette qu’ils sont les peuples du sous-sol comme les appelait le zapatiste sous-commandant Marcos. Ils en ont tiré leurs conclusions en étant sur la ligne de front anti-pétrole, en particulier bitumineux. Le pétrole est le produit clef de l’ALÉNA au point d’obliger le Canada à maintenir son niveau relatif historique d’exportation, clause que le Mexique a refusé de signer [67] et que le Canada se garde bien de vouloir renégocier.

Reste que sous couvert réactionnaire, l’offensive Trump a un côté futuriste : le recentrage national de la production stratégique pénétrée par la combinaison robotisation-intelligence artificielle. Pourquoi laisser à la compétition la possibilité de grimper l’échelle technologique et du savoir-faire [68] si l’avantage initiale du bon marché de la main d’œuvre et des coûts environnementaux et sociaux, suite à l’austérité et la déréglementation tous azimuts et au succès relatif des luttes syndicales en Chine [69], tend à disparaître [70] ? La cavalcade Trump, par ses anticipations trop rapides et ne tenant pas compte des coûts irrécupérables (sunk costs) des transnationales globalisées pourrait certes rencontrer sa Némésis avant son terme. Mais la tendance de fond, tel un Phénix, renaîtrait de ses cendres [71]. Il en va aussi ainsi de sa politique résolument anti-chinoise voulant embarquer la Russie dans son alliance aux dépens de l’Union européenne, particulièrement de l’Allemagne [72].

C’est tout le système mondial qu’une poignée de transnationales a restructuré. Celles-ci n’opèrent plus comme des « multinationales » répliquant à l’étranger la structure de la compagnie-mère mais se structurent en « chaînes de valorisation » globales accentuant la contradiction espace économique-espace politique au point de rendre non viable l’économie nationale sauf de deux grands pays, les ÉU et la Chine, et potentiellement d’unions économiques tissés serrés au point de soumettre l’état national aux institutions de l’union, ce que l’UE n’a pas réussi jusqu’ici d’où sa crise. On ne peut pas faire comme si la globalisation n’avait pas restructuré l’économie mondiale pour revenir à un protectionnisme à géométrie variable [73].

Cette restructuration a aussi une dimension géostratégique. Classées par chiffre d’affaires, les transnationales chinoises, depuis la sortie de la crise de 2007-08, rejoignent celles étasuniennes qui cependant maintiennent leur rang [74]… tout en intensifiant leur domination boursière [75] ce qui signale à la fois une prééminence technologique et financière devenue à risque et une tension vers la rupture entre direction stratégique du capitalisme et fondement économique en termes de capacité de création de plus-value. C’est ce que veut contrer l’administration Trump par sa politique nationaliste de ré-industrialisation peu importe sa position sur les Accords de Paris sur le climat, dont l’ineptie est avérée [76], un cadeau purement idéologique à sa base réactionnaire. Le rejet de cet accord par Trump permet aux autres puissances, à commencer par le Canada, de se donner un air vertueux tout en semant la confusion dans le mouvement écologiste.

Reste que les deux larrons ensemble progressent aux dépens du Japon et de l’Union européenne et quelque peu des autres pays du BRICS et encore plus d’ailleurs dans le monde. La concentration du capital tant au niveau des entreprises que des pays s’intensifie : le chiffre d’affaires des 500 plus grandes transnationales, dont les ÉU et de plus en plus la Chine comptent ensemble pour près de la moitié contre un peu plus de 40 % cinq ans plutôt, représente plus du tiers du PIB mondial en 2016 [77]. Cette tendance lourde est grosse d’une évidente lutte pour l’hégémonie mondiale qui exige des ÉU de ne plus faire de passe-droits à ses alliés-compétiteurs et, comme on l’a dit, ne requiert plus à terme le recours à l’atelier chinois et consorts pour la maximisation des profits.

 L’alternative au libre-échange, le plein emploi écologique mondial

La gauche a comme défi de lutter pour une alternative prenant à bras le corps la globalisation et l’automatisation. Il ne s’agit pas de répondre à la globalisation par le réactionnaire protectionnisme nationaliste mais par une autre globalisation, celle de la libre circulation des idées et des personnes. Sus à la propriété intellectuelle, vache sacrée des transnationales et de leurs traités de libre-échange, un incroyable oxymoron laissant penser qu’on peut emprisonner les idées. Il ne s’agit pas de répondre à l’automatisation par la défense du statu quo ou même des acquis mais par l’automatisation parallèle de la baisse du temps de travail sans baisse de salaire [78] et par la bonification tout aussi automatique des services publics, jusqu’au plein emploi. Sus aux murs de la honte, physiques et législatifs, anti-immigration et anti-réfugié [79], l’envers de la médaille du libre-échange du capital.

L’envers de la médaille du libre-échange anti-capitaliste réside dans le contrôle du capital que ce soit sous forme de capital-argent, fer de lance du néolibéralisme, ou de capital-marchandise soit productif de travail mort, dit « biens » d’investissement, soit reproductif de travail vivant, dit « biens » de consommation. La fonction stratégique du premier requiert son contrôle social intégral, de l’arracher à la classe d’affaire en faisant de la banque et consorts un service public régi démocratiquement et non sous la houlette de la bureaucratie. Ainsi il sera possible d’encadrer, tout en en expropriant les noyaux vitaux convertis en service public, le capital-marchandise productif vers une révolution des systèmes d’énergie et de transport de même que celui reproductif vers une révolution de l’agriculture concomitante à celle du système alimentaire et vers une révolution urbaine maillant ville et ruralité, de sorte à restaurer le cycle de la reproduction naturelle tout en minimisant les transports, de même que logements énergiquement autonomes, systèmes d’éducation, de santé et sociaux bonifiés [80] et lieux de travail, de sorte à restaurer l’exercice naturel du corps et la solidarité du voisinage.

Le contrôle populaire du capital-argent et des noyaux vitaux du capital-marchandise ne signifie en rien autarcie. Il faut en finir avec cette caricature. Il appelle à un gouvernement mondial ce que la gauche doit mettre impérativement à l’ordre du jour. Quid de la transition ? Le tragique enlisement bolivarien d’aujourd’hui, faute d’anticapitalisme conséquent, en particulier de contrôle populaire des institutions financières, ce qui a pavé la voie à l’ingérence impérialiste, ne doit pas faire oublier que les projets de l’ALBA [81] et de la Banque du Sud [82] mettant justice sociale et solidarité internationale au poste de commande des échanges commerciaux et des transferts de fonds internationaux. La construction d’une Union européenne sociale s’impose même si la stratégie pour y arriver exige d’abord le démantèlement de celle néolibérale [83].

Manque une Internationale, peu importe sa forme et ses composantes, qui propose et lutte pour ce monde de libre circulation des personnes et des idées afin de construire une société de plein emploi écologique. Cet objectif appelle à un développement des luttes nationales et régionales qui vont dans ce sens puis à leurs convergences.

 La lutte climatique canadienne et québécoise sonnée par le trumpisme

Au Canada, la gauche radicale a laissé échapper le ballon en ne s’engouffrant pas dans la brèche ouverte par le congédiement inattendu, au printemps 2016, de son chef droitiste tout en s’ouvrant à la possibilité de s’opposer à toute construction d’oléoduc charriant du pétrole bitumineux, ce qui avait provoqué l’ire de la grande presse pro-affaire [84]. Le plus populaire candidat à la course à la chefferie du NPD se concluant cet automne, peut être qualifier de communautariste de gauche tellement il affiche ouvertement son appartenance sikh, tant par son habillement que par sa réserve au nom de sa communauté sur le nouveau curriculum progressiste d’éducation sexuelle du gouvernement de l’Ontario [85], dont il est député à son parlement. Il s’oppose aux oléoducs albertains tant celui vers la côte ouest, approuvé par Ottawa, que celui vers la côte est en processus d’approbation. Ce faisant, il tente malgré tout de se concilier le gouvernement NPD albertain qui les approuve et celui britannico-colombien qui tergiverse [86]. On se dit que l’approbation trumpienne de l’oléoduc Keystone de l’Alberta aux ÉU, dont ce candidat ni les autres ne disent mot, résout la contradiction.

Au Québec, le mouvement anti-pétrole et anti-gaz se cherche depuis que le gouvernement a voté sa loi de décembre 2016 ré-ouvrant les vannes de l’exploitation gazière et pétrolière [87] malgré son recul sur l’île d’Anticosti, plus économique que politique [88],… et sans perte pour les pétrolières impliquées [89]. C’est dans ce contexte que Québec solidaire prépare son congrès d’automne afin de se doter d’une plate-forme électorale pour l’élection prévue à l’automne 2018. Il est cependant à craindre que le sujet vedette en soit de nouveau les rapports avec la mouvance nationaliste, cette fois-ci non pas l’alliance avec le PQ, rejeté par le congrès du printemps dernier, mais la fusion avec le petit parti Option nationale [90].

Il y a là un beau prétexte pour les directions de s’entendre sur un programme électoral conjoint [91] afin de lessiver la radicalité écologique du programme Solidaire confirmé par le congrès du printemps 2016. Pour y arriver, les deux directions distrairont la galerie en réanimant le débat insoluble, étant donné l’actuel rapport de forces, du mandat de l’assemblée constituante : indépendantiste mais anti-démocratique ou démocratique mais fédéraliste [92]. Voilà le prochain défi des anticapitalistes québécois : une plate-forme d’un Québec indépendant pour le plein emploi écologique [93], un projet de société en mesure de revivifier le mouvement social jusqu’à susciter un Printemps érable au carré susceptible de bouleverser le rapport de forces.

Marc Bonhomme, 5 août 2017,
www.marcbonhomme.com  ; bonmarc videotron.ca

1. Julien Arsenault, La Presse canadienne, Bois d’œuvre : portrait du litige entre le Canada et les États-Unis, La Presse, 25/04/17

2. Marie Vastel, ALENA : Ottawa ne renoncera pas au règlement de différends, Le Devoir, 27/07/17

3. Alan Rappeport, U.S. Calls for ‘Much Better Deal’ in Nafta Overhaul Plan, New York Times, 17/07/17 : « Le document de 17 pages que l’administration envoyé au Congrès en écho aux durs propos de M. Trump sur le commerce fait de la réduction du déficit commercial de l’Amérique avec ses voisins sa priorité absolue. » (ma traduction)

4. Kimberly Amadeo, U.S. Trade Deficit by Country : Current Statistics and Issues, The Balance, 11/04/17

5 Jeffry Bartash, Trump calls U.S.-Mexico trade one-sided — and here’s the reality , Market Watch, 27/01/17 (voir le graphique)

6. Office of the United States Trade Representative, Canada, 2017 ? : « L’excédent commercial des biens et services américains avec le Canada s’est établi à 12,5 milliards de dollars en 2016. […] Le déficit du commerce de biens américains avec le Canada était de 12,1 milliards de dollars en 2016. »

7. Statistique Canada, Centre de statistiques du Canada et le monde — États-Unis, commerce, 17/07/17

8. The Economist, How Chinese overcapacity hits American workers, 15/06/17 : « Le président pourrait imposer des tarifs ou un quota sur l’aluminium. Mais près de la moitié des importations d’aluminium de l’Amérique proviennent du Canada et seulement 6% de la Chine (voir le graphique). » (ma traduction)

9. Radio-Canada avec la Presse canadienne, Cinq questions pour comprendre la montée de lait de Trump, Radio-Canada, 20/04/17

10. Marco Bélair-Cirino et Marie-Lise Rousseau, Plaidoyer pour préserver l’exception culturelle dans l’ALENA, Le Devoir, 19/07/17

11. La Presse canadienne, Le CRTC se défend de nuire à la production de contenu original francophone, Radio-Canada, 30/05/17

12. Michael Lewis, Trump targets telecom rules in NAFTA summary, Toronto Star, 18/07/17

13. Caroline Freund, Streamlining rules of origin in NAFTA, Peterson Institute fot International Economics, June 2017 : voir figure 6 et table 1

14. UNIFOR, Le point sur le secteur de l’automobile et l’ALÉNA, février 2017

15. Karl Rettino-Parazelli, La FTQ demande à Ottawa d’envisager un retrait de l’ALENA, Le Devoir, 20/07/17

16. Ronald Cameron, coordinateur du Réseau québécois sur l’intégration continentale, Remplacer l’ALENA par une nouvelle entente, Le Devoir, 20/07/17 : « Un nouvel accord devrait assurer une plus grande protection des droits syndicaux et des droits de la personne. Le chapitre xi et son mode de règlement des différends entre investisseurs et État doivent être abrogés. On doit exclure des négociations les services publics (santé, éducation, sécurité sociale, énergie, eau, marchés publics), les entreprises publiques, la culture et l’agriculture. »

17. Québec solidaire, Renégociation de l’ALÉNA : Québec solidaire participe à la constitution d’un front social nord-américain, 29/05/17

18. Socialist Project, Trumping NAFTA : Free Trade versus Democratic Planning, 20/07/17

19. Joan Bryden – Canadian Press, Rona Ambrose added to council advising Liberals on NAFTA, Toronto Star, 2/08/17

20. Autoworkers Caravan, Against NAFTA : Resolution to Support Workers in Canada, Mexico and the USA, Socialist Project, 28/07/17

21. Gilbert Paquette, Quand le Canada pétrolier tue !, Le Devoir, 6/07/17 : « Le gouvernement Trudeau a autorisé les projets d’oléoduc de Keystone (vers le sud) et de TransMoutain (vers le Pacifique), en attendant le projet Énergie Est (vers l’Atlantique) qui traverserait le cœur du Québec, passant sous le Saint-Laurent et 860 cours d’eau de notre territoire. Un autre projet insensé, par train celui-là, vise à transporter le pétrole albertain jusqu’au Nouveau-Brunswick en utilisant les voies du CN à travers certaines des principales villes du Québec, pour y faire circuler deux convois de 110 trains par jour, soit trois fois le nombre de wagons que comptait le convoi qui a frappé Lac-Mégantic. »

22. Radio-Canada avec La Presse canadienne, La droite unit ses forces en Alberta, Radio-Canada, 22/07/17

23. Athia Raj, Andrew Weaver, B.C. Green Leader, Bemoans NDP ’Change In Language’ On Kinder Morgan, Huffington Post – Canada, 26/07/17

24. Sophie Langlois, Le Canada au 2e rang des pays exportateurs d’armes au Moyen-Orient, Radio-Canada, 16/06/16

25. Raphaël Bouvier-Auclair, Le gouvernement Trudeau approuve l’exportation des blindés vers l’Arabie saoudite, Radio-Canada, 12/04/16

26. Presse canadienne avec Radio-Canada, « Là, ça suffit ! » disent les enfants de Raif Badawi à Justin Trudeau, 2/06/17

27. Raphaël Bouvier-Auclair, Le budget de la Défense passera de 19 à 32,7 milliards par année, Radio-Canada, 7/06/17

28. Schumpeter, Canadian banks don’t face a crisis. They do face a strategic trilemma, The Economist, 15/06/17 : « Le rendement des capitaux propres (ROE) des banques au Canada est de 15 à 20%. Les bénéfices intérieurs des banques ont doublé, passant de 0,6% du PIB à 1,3%, plus élevé qu’en Amérique (0,7%) et en Grande-Bretagne (0,3%) à 24 milliards de dollars canadiens au cours de la dernière décennie. » (Ma traduction)

29. The Editorial Board, Playing Tricks With Dodd-Frank, New York Times, 16/06/17

30. La « santé » devenant le nouveau lieu de prédilection d’accumulation du capital, on peut penser que du démantèlement de l’Obamacare découlerait une pression pour le démantèlement du « Canadacare » au profit des industries médicale et pharmaceutique étasuniennes soutenues par les entreprises d’assurance canadiennes.

31. La Presse canadienne, L’inflation a ralenti à 1% en juin au Canada, Le Devoir, 21/07/17

32. Desjardins – Études économiques, Canada - La dette élevée des ménages fragilise le pays, Nouvelles économiques, 8/11/16

33. Gérard Fillion, La fin de l’argent « pas cher » ?, Radio-Canada, 30/06/17

34. Tim MacMahon, Annual Inflation, InflationData.com, 14/07/17

35. Tradingeconomics.com, United States Unemployment Rate, one year, July 2017

36. The Guardian Business Leader, Trump is set to win the battle on interest rates, but US economy will pay the price, The Guardian, 12/03/17

37. New York Times, The Key Spending Cuts and Increases in Trump’s Budget, 22/05/17

38. Dominic Rushe et Ben Jacobs, Trump under fire over ’huge tax cut for the rich’, The Guardian, 27/04/17

39. CIRANO, Le Québec économique, Commerce international et interprovincial, 2015, mise à jour 5/01/17

40. Université de Sherbrooke, Perspective monde, Exportations de biens et services (%PIB), Canada, visité le 20/07/17

41. Gouvernement du Québec, Dynamique des exportations de biens et de services du Québec sur les marchés extérieurs, graphique 2, juillet 2011

42. CIRANO, Le Québec économique, Principaux pays d’exportation et d’importation du Québec et du Canada, 2015, mise à jour 5/01/17

43. Statistique Canada, Centre de statistiques du Canada et le monde — États-Unis, investissement, 20/07/17

44. Statistique Canada, Positions d’investissement direct étranger en fin d’année, 2012-2016

45. OMC, Le commerce mondial en 2015‑2016, graphique 3.1

46. Maclean’s Magazine, 75 charts every Canadian should watch in 2017, décembre 2016. Voir en particulier les graphiques « Canada needs business investment to rebound », « Capital-intensive industries are underperforming », « Going the wrong way on investment in machinery and equipment »

47. Banque mondiale, Gross capital formation (%GDP), Canada and USA, 1965-2016

48. Macrotrends, Crude Oil Prices - 70 Year Historical Chart

49. La production de lait de l’Ontario est presque aussi importante que celle du Québec mais la gestion de l’offre est loin d’en structurer l’agriculture étant donné sa plus grande diversité.

50. La Colombie britannique partage cette caractéristique et même davantage mais son industrie du bois d’œuvre a plus facilement accès aux marchés asiatiques, dont la Chine.

51. CIRANO, Le Québec économique, Principaux produits d’exportation et d’importation internationales du Québec et du Canada, 2015, mise à jour 29/09/16

52. Julien Arsenault – Presse canadienne, Boeing demande de retarder une décision sur Bombardier, La Presse, 28/06/17

53. Marco Bélair-Cirino et Marie-Lise Rousseau, Plaidoyer pour préserver l’exception culturelle dans l’ALENA, Le Devoir, 19/07/17

54. La Presse canadienne, ALENA : le milieu culturel québécois fait front commun, Le Devoir, 2/08/17

55. Robert Dutrisac, Ce n’est pas demain la veille, Le Devoir (éditorial), 20/07/17

56. Richard Fidler, Introduction de Catalonia and the national question : ‘If I were Catalan, I would have no choice but to vote yes to independence’, ESSF, 13/07/17

57. Radio-Canada avec Reuters, Agence France-Presse et La Presse canadienne, L’aviation civile s’entend pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, Radio-Canada, 6/10/17 : « ...le transport aérien n’est pas couvert par l’accord de Paris sur le climat […] l’adhésion à ce mécanisme se fera sur une base volontaire, de 2021 à 2026, avant de devenir obligatoire en 2027 […] L’aviation civile est responsable d’environ 2 % des émissions globales de GES. Celles-ci risquent d’augmenter... »

58. Nick Burton, The elephant in Paris – the military and greenhouse gas emissions, Transnational Institute (TNI), 25/11/15

59. Hélène Baril, Réduction des GES : les alumineries veulent être exemptées, La Presse, 20/10/15

60. Gouvernement du Québec, L’avantage carbone québécois : le cas de l’aluminium primaire, 2/02/16

61. Université de Sherbrooke, Perspective Monde, Canada, exportations et importations 2015

62. Gouvernement du Canada (Agriculture), Industrie agricole au Québec, 2013 : « En 2009, 53 % de tous les produits agricoles et agroalimentaires vendus au Québec ont été achetés à des producteurs ou à des transformateurs québécois, 26 % venaient d’autres régions du pays, et 22 % étaient importés (pays étrangers). » Ces données sous-estiment les importations car une partie des produits transformés achetés au Québec comprennent des produits primaires hors Québec.

63. Gouvernement du Québec (MAPAQ), Importations internationales 2015, 26/02/16

64. Michel Morisset, Le taux d’autosuffisance alimentaire de 33% est une erreur de calcul, Le Soleil, 20/02/13

65. Pierre Dubuc, Souveraineté ou autosuffisance alimentaire ?, L’Aut’Journal, 2013 (?)

66. GRAIN, How much of world’s greenhouse gas emissions come from agriculture ?, 30/10/14

67. Louis-Gilles Francœur, Le Québec pourrait manquer de pétrole, Le Devoir, 8/02/08

68. The Economist (leader), Why China’s AI push is worrying, 27/07/17

69. Express Business, Les ouvriers chinois gagnent désormais presque autant que leurs collègues portugais, 28/02/17

70. World Bank, Trade (%GDP), World : La stagnation relative du commerce mondial depuis la crise de 2008 corrobore cette hypothèse.

71. L’analyste anticapitaliste Jakob Schafer (Débat – Mondialisation : Le protectionnisme contre la logique du capital, ESSF, 15/04/17) n’envisage pas ce retournement s’en tenant à l’explication du modèle des chaînes de valeur des transnationales pour récuser le protectionnisme.

72. Barry Sheppard, Geopolitics : Washington, Berlin and Moscow, ESSF, 12/07/17

73. Paul Krugman, Oh ! What a Lovely Trade War, New York Times, 3/07/17 : « ...la mondialisation est déjà intervenue, et les industries américaines sont désormais intégrées dans un réseau de transactions internationales. Ainsi, une guerre commerciale perturberait les communautés de la même manière que le commerce en hausse dans le passé. […] En outre, les tarifs actuellement proposés stimuleront les industries à forte intensité de capital qui utilisent relativement peu de travailleurs par dollar de ventes ; Ces tarifs réduiraient davantage la répartition des revenus contre le travail. »

74. Wikipédia français, Fortune Global 500 (2011-2015) et Wikipédia anglais, Fortune Global 500 (2016), visités le 30/07/17

75. Wikipédia français, Liste des entreprises par capitalisation boursière, visité le 3/08/17 : Depuis la crise de 2007-2008, les 10 plus importantes entreprises en termes de capitalisation boursière sont toutes devenues étasuniennes. Ajoutons-y les records des indices boursiers étatsuniens depuis l’arrivée de Trump.

76. Daniel Tanuro, Climat, COP21 : état des lieux – La « quadrature du cercle » capitaliste, ESSF, 22/04/17. L’auteur concède cependant qu’il n’est pas tout à fait faux de dire que cet accord est « historique ». S’il le devient, ce sera comme le traité de Versailles de 1919 ou encore les Accords d’Oslo de 1993 vis-à-vis la Palestine.

77. Fortune, Global 500, édition 2017 et Banque mondiale, PIB mondial, 2016. Le ratio chiffre d’affaires versus PIB est un indicateur qui cependant exagère l’importance de ces 500 transnationales. Un indicateur rigoureux serait le ratio valeur ajoutée versus PIB qui éliminerait les doubles comptes au sein des chaînes de valorisation.

78. Un trop bref temps libre pour décanter d’un travail de plus en plus intense et abrutissant combinant travail à la chaîne et lean production créent les conditions de la conquête du temps libre populaire par le capital du divertissement boosté médiatiquement. Le temps créatif, artistique et scientifique, comme celui militant, de même que la disponibilité mentale, en sont réduits d’autant ou même anéantis pour la majorité. En résulte un terrain labouré pour la pensée unique et pour le consumérisme.

79. Radio-Canada, Ottawa n’encourage pas « les passages clandestins » à la frontière, 4/08/17 : « ‘‘Nous voulons que les demandes d’asile soient faites dans le premier pays sécuritaire dans lequel les migrants sont arrivés. Dans ce cas-ci, il s’agit des États-Unis’’ a rappelé le ministre fédéral » Que voilà un virage à 180 degrés par rapport au discours compassionnel du Premier ministre Trudeau au début de l’ère Trump. Mais il s’agissait alors d’attirer l’immigration instruite ou riche et non des prolétaires noirs ou soi-disant musulmans menacés d’expulsion vers leur pays d’origine.

80. On oublie trop souvent que les services publics d’éducation, de santé et sociaux sont intrinsèquement écologiques de par leur très faible besoin d’énergie sauf celle humaine et par leur inhérent anti-consumérisme du simple fait de l’établissement du lien travailleuse-bénéficiaire et de sa durée tant à court que souvent à long terme. Ils sont aussi une jonction forte entre écologisme et féminisme.

81. Assemblée des mouvements sociaux, Pour construire l’intégration à partir des peuples. Pour promouvoir et impulser l’ALBA et la solidarité des peuples, face au projet impérialiste, CADTM, 2/04/09

82. Éric Toussaint et Benito Pérez, Éric Toussaint « La Banque du Sud est une alternative, pas celle des BRICS », CADTM, 19/08/14

83. Éric Toussaint, L’Union européenne n’est pas réformable, il faut désobéir, CADTM, 25/07/17

84. Socialist Project, A Leap Toward Radical Politics ? 7/06/16.

85. Nahila Bendali, Course à la direction du NPD : un débat sous le signe du consensus, Radio-Canada, 3/08/17

86. Site de Jagmeet Singh, Changement climatique, visité le 3/08/17

87. Ross Marowits – La Presse canadienne, Pétrole et gaz naturel : les écologistes appréhendent les nouvelles règles québécoises, Le Devoir, 1/08/17

88. Alexandre Shields, Un « contrat malheureux », mais qui doit être respecté, dit Couillard, Le Devoir, 6/07/16. La pression populaire, à mobilisation modeste, y compris celle autochtone (innu) dont la portée judiciaire pouvait à terme être embêtante a finalement servi aux Libéraux qui voulaient à la fois se sortir d’une mauvaise affaire mais sans pénaliser les pétrolières et casser du sucre sur le dos du PQ en grande partie responsable d’avoir plongé le Québec dans ce guêpier.

89. Marie-Michèle Sioui, 115 millions déboursés, pas une goutte de pétrole d’Anticosti, Le Devoir, 29/07/17

90. Marc Bonhomme, Québec : le congrès Solidaire et ses suites après la demi-rupture avec le PQ, ESSF, 3/06/17

91. Vicky Fragasso-Marquis – La Presse canadienne, Québec solidaire et Option nationale ont entamé leurs pourparlers de fusion, Le Devoir, 25/06/17 : « Ce premier face à face, qui sera suivi de plusieurs autres rencontres en août et septembre, servira à aborder ‘‘le plus important’’, selon Gabriel Nadeau-Dubois, soit la question des programmes des deux partis. »

92. Voir mon blogue : « Une brèche cruciale anti-GES devenue l’éléphant dans la pièce »

93. Voir à cet égard ma proposition sur mon blogue dont des versions plus anciennes ont été publiés par ESSF et par Presse-toi-à-gauche : « Un Québec indépendant de plein emploi écologique pour sortir du pétrole »