Premières ripostes en Catalogne à l’offensive politico-judiciaire de Madrid

, par RABADAN Antoine

Appel de l’ANC et dOmnium

Liberté pour les prisonniers politiques !

Nous sommes une république !

Manifestation le 11 novembre à Barcelone !

Ce 11-N [11 novembre] est conçu sur le modèle des « 11-S », les Diadas [manifestations le jour de la fête nationale catalane, le 11 septembre], qui a réuni dans le passé un million de participant-es dans les rues de Barcelone. Ce samedi de mobilisation sera le point culminant d’une Semaine de la Liberté qui verra diverses manifestations et rassemblements locaux se tenir dans tout le pays, ponctués tous les soirs par des casserolades, avec une « aturada » (arrêt du pays) le mercredi 8 novembre, le même jour que la Vaga General [grève générale] lancée par l’Intersindical-CSC sur les revendications ouvrières et les libertés (à partir d’une note de Pierre G de Toulouse).

La mobilisation en soutien aux prisonniers politiques

Hier, jeudi 2 novembre, dès l’annonce de l’incarcération des membres du Govern, des milliers de personnes avaient répondu à l’appel à mobilisation lancées par l’Omnium et l’ANC en se rassemblant devant le Parlament de Barcelone. Les slogans demandaient la libération des prisonniers politiques, assuraient ceux-ci qu’ils « n’étaient pas seuls » ou lançaient, en guise de défi, « Puigdemont est notre président ».

Le leader de Podem, Albano-Dante Fachín, le premier adjoint, membre de Catalunya en Comú, de la mairie de Barcelone, Jaume Asens et le dirigeant de l’UGT de Catalunya, Camil Ros avaient rejoint les manifestant-es. A partir de 22 heures, des casserolades avaient retenti, en signe de protestation, dans de nombreux quartiers de Barcelone mais aussi de nombreuses communes catalanes.

Ce vendredi 3 novembre, les Comités de Défense du référendum, entre autres organisations mobilisées, et des étudiant-es ont bloqué des routes et des voies ferrées (à la gare de Sant Cugat de los Ferrocarrils de la Generalitat de Catalunya, la circulation a été arrêtée pendant 10 minutes, ce qui a occasionné des retards. Actions identiques dans les gares de Reus, Valls et Girona).

A Tarragone, des centaines de personnes ont tenu à se retrouver devant l’une des principales mairies dirigées par le PSC (photo ci-dessus) qui, il faut le rappeler, soutient l’application de l’article 155 mais, à la différence du PSOE qui n’a rien à dire sur le sujet, trouve disproportionnées les mesures d’incarcération prononcées à l’encontre des « consellers » du Govern.

A Barcelone, des habitant-es du quartier de Poblenou ont coupé la Gran Via, qui est une des voies d’accès à la capitale. Des coupures de circulation ont également eu lieu sur la A-2 à Castellolí (Anoia) en direction de Barcelone en provoquant 4 km de bouchons.

Sur les 10 heures, des manifestations bloquaient la B-23 au niveau de Molins de Rei en direction de Barcelone, la N-230 à Bausen (Val d’Aran), la C-26 à Foradada (Lleida), la C-14 à Bassella (Lleida), et il y avait une opération escargot sur la C-25 à Manresa.

Des rassemblements de milliers de personnes devant les mairies, comme à Vic ont, en fin de journée, maintenu la pression.

Encore modestes, ces actions menées à chaud pour protester contre les décisions d’emprisonnement édictées par la juge de l’Audiencia Nacional, préfigurent le lancement de mobilisations de plus grande envergure dont le premier rendez-vous important aura lieu le 11 novembre, voir note ci-dessus et en-tête de la section 3 novembre de cette page.

A Madrid, la Coordination 25S* appelle à rassemblement dimanche à la Puerta del Sol contre « le régime répressif, antidémocratique et mafieux » sous le slogan « Adieu mafia, bonjour république » !

Antoine Rabadan, 3 novembre

* Cette coordination est née suite au mouvement « Encerclons le Congrès », le 25 septembre 2012 , d’où 25S, qui subit des charges policières d’une très grande violence. Elle rassemble de nombreux activistes sociaux, des membres de collectifs de quartiers et des militant-es de divers partis de gauche ; elle avait organisé, en octobre 2015, un rassemblement contre l’investiture de Mariano Rajoy comme Président du gouvernement. Comme le montre l’affiche que nous reproduisons il s’agissait de protester contre le « coup d’Etat de la mafia » et « l’investiture illégitime » au nom de la démocratie. Le tout en rappelant que « seule une république nous sortira de tout ça » !