Québec solidaire : après les élections du 1er octobre, continuer d’avancer !

, par BEAUDET Pierre

Après le 1er octobre

Continuer d’avancer

Entretien avec Rosa Pires réalisée par Pierre Beaudet

Rosa s’est impliquée dans QS depuis plusieurs années à Verdun, puis dans la circonscription de Crémazie, devenue depuis Maurice-Richard. Elle a été longtemps militante du mouvement communautaire et aujourd’hui, elle est chargée de cours à l’Université Concordia. Elle n’occupe aucune responsabilité dans QS à l’heure actuelle, elle se dit simplement « citoyenne engagée ».

Qu’est-ce qui t’interpelle particulièrement depuis le 1er octobre ?

La victoire du 1er octobre marque certainement une grande étape pour QS. Cinq cent mille votes et dix élu-e-s, ce n’est pas rien ! Et pour sûr, cette victoire résulte d’un travail acharné des militantes et des militants de l’ombre, si on peut dire, sans compter le travail des parlementaires et des personnalités qui y sont rattachés.

Quels sont les grands défis ?

Quand on fait des gains importants, il y a parfois, comme on pourrait dire, le « vertige du succès ». C’est une tendance un peu naturelle à surestimer ses forces et à sous-estimer les adversaires. Il faut bien sûr partir d’un constat réaliste indiquant que le Québec suit une tendance mondiale inquiétante en élisant un gouvernement de droite. Comme on l’a vu à peine deux jours après l’élection, ils affichent déjà beaucoup d’assurance sachant que leur majorité au sein d’un système parlementaire qui reflète très mal toutes les franges politiques leur donne beaucoup de pouvoir pour les quatre prochaines années. Ils ont dit qu’ils allaient travailler avec les autres partis qui ont de « des bonnes idées ». Tu comprendras que j’ai de forts doutes notamment en ce qui concerne l’environnement. Leur logique capitaliste rentre en contradiction avec la révolution colossale qu’on doit faire pour rentrer dans une ère d’économie verte.

Qu’est-ce que signifie la percée de QS ailleurs qu’à Montréal ?

Ces gains de QS permettent de penser que la force d’attraction a maintenant une portée nationale. La petite nuance, c’est que ces gains se sont faits dans les centres urbains et dans les régions où il y a une concentration étudiante et enseignante importante. Ce n’est pas pour dire que ce n’est pas important. Aujourd’hui, la population étudiante et enseignante présente dans les institutions postsecondaires représente un très grand nombre (près de 600 000). Ces profs et ces jeunes scolarisé-e-s sont un secteur dynamique, ouvert aux idées progressistes et souvent le fer de lance des mouvements sociaux. Donc c’est loin d’être négligeable, mais c’est une minorité par rapport à la multitude qui travaille dans l’industrie et les services, et souvent qui vit dans l’océan du 450, ou encore dans les régions dites périphériques.

Que dire des avancées de QS dans la diversité ?

En ce qui concerne la représentation de la diversité, les gains de QS sont le fruit d’un long travail, dont la belle victoire d’Andrés Fontecilla dans Laurier-Dorion. Andrés a travaillé dur, mais il est enfin le représentant à l’Assemblée nationale d’une circonscription à l’image des Montréalaises et des Montréalais. Ailleurs, dans plusieurs comtés montréalais où la proportion de populations immigrantes est considérable, les résultats ont été très encourageants, en comptant les comtés où il y a eu un appui à QS au-dessus de 15 % (et parfois même au-dessus de 20 %), comme Viau, Verdun, Saint-Henri, Maurice-Richard. Même là où le score a été inférieur, il y a une nette progression, comme dans Outremont-Mont-Royal, Bourassa-Sauvé, Notre-Dame-de-Grâce, Westmount-Saint-Louis. Chacune de ces circonscriptions a ses particularités, son histoire, ses réseaux associatifs et ses organisations de partis, et reflète un tissu socioculturel hybride et métissé. Il faut distinguer entre les communautés établies de longue date et celles où il y a de nouveaux arrivés, l’identité linguistique, les conditions sociales, l’éducation et plein d’autres facteurs. Il y a aussi le changement générationnel. Évidemment, les jeunes qui peuvent être de 2e, voire de 3e génération, ne voient pas la situation du même œil que leurs parents. On peut quand même dire qu’à peu près partout, QS est sorti de l’ombre, ce qui est très bien.

On dit parfois que le programme de QS, qui inclut l’indépendance du Québec, est un obstacle ?

C’en est un pour certains immigrants et immigrantes qui viennent de régions avec plein de conflits, et qui voient le Canada comme une sorte de territoire pacifique. Il y a aussi les forts réseaux clientélistes mis en place par le Parti libéral, qui joue sur cette carte, plus l’État fédéral qui prétend être le protecteur des minorités et qui s’est solidement établi parmi certains groupes ; je pense aux gens de ma propre communauté, par exemple, qui avant la loi 101, se sont anglicisés. Mais ça joue de moins en moins. J’ai des cousins et des cousines anglophones qui ont voté libéral toute leur vie et qui ont voté QS aux deux dernières élections ; et ils en sont fiers, car ils viennent me le dire. C’est aussi différent pour les nouvelles générations. Ce n’est pas qu’ils perdent leur identité, mais celle-ci change. Elle devient naturellement métissée, de par la vie, l’éducation, les liaisons affectives. Une grande partie des jeunes issus de l’immigration s’identifie à la société dans laquelle ils vivent, c’est-à-dire le Québec. Ce n’est pas qu’ils deviennent tous indépendantistes (pas plus que les jeunes « de souche »), mais ils n’ont pas le même regard.

Même en changeant et en se métissant, la diversité est quand même confrontée à la réalité du racisme systémique ?

C’est tout à fait vrai et c’est de loin le plus grave enjeu pour les personnes racisées. On peut être nés ici et être totalement francophones. On rencontre ce racisme de bien des façons quand on est, par exemple, d’origine haïtienne ; ce racisme, c’est une gangrène qui a des impacts directs sur nos vies. Les parents d’enfants racisés chérissent toujours l’espoir que le monde va devenir meilleur pour leurs enfants. L’idée, c’est que le racisme ne peut être éradiqué individuellement. Le racisme ne pourra disparaître qu’avec deux conditions. La première, c’est qu’il faut le nommer et le reconnaître, et la deuxième c’est qu’il faut de la volonté politique pour introduire des mesures d’action positive.

Il y a du changement à ce niveau ? Est-ce qu’on peut imaginer confronter le défi ?

Oui, il y a des mouvements, des luttes, des revendications. On en parle plus, y compris dans les mouvements populaires et les milieux progressistes. À Montréal, les milliers de gens qui ont signé la pétition ont finalement obtenu que la municipalité mette en place une commission sur le racisme systémique qui doit commencer ses travaux prochainement. Il reste à voir ce qu’on va en faire, avec le risque de « dérapages », comme on l’avait vu lors de la Commission Bouchard-Taylor, quand les discours haineux se sentent légitimés par les pouvoirs en place.

Revenons à QS : quels sont les défis pour s’enraciner davantage dans la diversité ?

La percée, on l’a dit, peut donner le vertige. Je pense que le risque est là que QS peut, s’il ne prend pas certaines précautions, notamment en instaurant une certaine cohérence entre ses messages et ses actions auprès des minorités ethnoculturelles, devenir une sorte de « néo-PQ », avec l’illusion qui dirait qu’il faut se concentrer seulement sur le vote « francophone » (notons que le vote francophone inclut grand nombre de Québécoises et de Québécois issus de l’immigration). En 2018, le monde a tout de même changé. Le Québec a changé. L’ancien PQ, c’est terminé, d’autant plus que depuis déjà plusieurs années, ce parti s’est confiné au pseudo-consensus néolibéral. Mais revenons à la société. Dit simplement, avec plus de 25 % de la population montréalaise qui vient d’ailleurs, le changement ne peut pas être seulement identifié à la majorité de souche canadienne-française. Depuis longtemps, les progressistes au Québec étaient conscients de la nécessité d’être inclusifs. Des personnalités qui ont marqué mon engagement politique, comme Gérald Godin, le savaient et le disaient, « on doit leur parler ». Aujourd’hui, on n’en est plus là. Ce n’est pas suffisant de dire que « nous » devons « leur » parler, comme si « eux » devraient être convaincus par « nous ». Nous sommes partie prenante, pas un « eux » dont on « prend soin ». Il faut radicalement sortir du « eux », du « elles » et du « nous ».

Qu’est-ce que cela voudrait dire concrètement ?

QS doit être au premier plan de la lutte contre les discriminations, le racisme, l’exclusion. Par en arrière et par en avant. Je ne vais pas répéter la longue liste des fronts de lutte, sur l’emploi (le scandale de la non-reconnaissance des diplômes), le logement et plus largement la pauvreté, dans des quartiers où se conjuguent la forte présence de la diversité et des indices désastreux au niveau du revenu et des conditions de vie. Montréal-Nord, par exemple, c’est 40 % de pauvreté et 40 % de ménages qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Ce n’est pas une coïncidence !

Et maintenant, on revient à la bataille sur les signes religieux…

Le nationalisme identitaire, auquel s’identifie le parti qui constitue aujourd’hui le gouvernement, va, naturellement, jouer cette carte. Quoi de mieux que de s’en prendre aux femmes voilées plutôt qu’à l’évasion fiscale, à la détérioration de l’environnement et de tant d’autres choses !!! C’est malheureusement le PQ qui a ouvert cette porte. Et il faudra combattre, y compris les préjugés d’une société qui est alimentée par des médias qui jouent la carte de « eux » et de « nous ».

Comment QS peut éviter les pièges ?

Nous sommes pour la laïcité, mais la laïcité, cela n’a rien à voir avec la manière de s’habiller. Le profilage des femmes voilées qui s’identifient à la religion musulmane vise une minorité certes, mais il demeure inacceptable. Je crois qu’en réalité il est commode pour la droite de se trouver un bouc émissaire visible. La laïcité, la fausse laïcité devrais-je dire, devient un prétexte alors que les femmes voilées, pour ne mentionner qu’elles, sont parfaitement aptes à partager les principes de la séparation entre l’État et la religion, à adopter une certaine neutralité et à se comporter sans aucune discrimination avec leurs concitoyennes et concitoyens (elles sont d’ailleurs les mieux positionnées pour faire cela), tout comme les femmes « dévoilées » et en fin de compte, comme tout le monde.

Dans le passé, QS s’est aligné sur les recommandations de la Commission Bouchard-Taylor, ce qui incluait les accommodements dits raisonnables et l’interdiction de porter des signes religieux pour les personnes exerçant des fonctions d’autorité (on pensait notamment aux policiers et aux juges). Est-ce une position qui tient encore la route ?

Comme je l’ai dit plus tôt, la discrimination vise des femmes venant d’une communauté particulière. On ne viendra pas me dire qu’on va profiler les femmes qui ont une petite croix dans le cou ou qui vont parler du petit Jésus à l’occasion de Noël, ce n’est pas vrai ! J’ai de la difficulté avec le concept des « personnes » exerçant une « autorité ». Où est la frontière ? Des médecins et des infirmières et plus généralement les gens des professions de la santé sont certainement une « autorité », en tout cas pour moi et pour mes enfants. Je ne veux pas ridiculiser la question, mais des pompiers ont aussi de l’autorité. Dans les entreprises, il y a des contremaîtres, des gens qui prennent la décision. Pourquoi le gouvernement s’arrêterait-il aux enseignantes ? Moi, je suis contre une discrimination qui prend prétexte à ce qu’on appelle les « signes ostentatoires ». Il faut se battre avec les enseignantes musulmanes en tout cas et ne pas les lâcher.

Est-ce qu’il n’y a pas un autre piège, qui serait celui de s’identifier aux politiques dites multiculturelles dont on connaît la finalité du point de vue de l’État canadien ? Et de manière corollaire, est-ce qu’il n’y a pas des droits collectifs qui doivent être défendus à côté des droits individuels ?

Ce n’est pas simple (soupir) ! Il y a dans le projet d’émancipation de vraies aspirations. Je pense que la « vraie » laïcité en fait partie, où ce qu’on pourrait appeler plus simplement, la séparation de l’État et de la religion (ce qui n’a rien à voir, je me répète, avec la manière de s’habiller). Les droits individuels, y compris les convictions religieuses, restent très importants, c’est un acquis arraché par les peuples tout au long de leurs luttes. La société québécoise dont nous rêvons doit être construire sur un contrat social, quelque chose qui délimite ce que nous voulons faire tous et toutes ensemble, pour nous sortir du capitalisme destructeur de l’environnement, pour nous sortir des discriminations et des oppressions (millénaires), notamment celles contre les femmes et les minorités culturelles et raciales.

Et donc on continue !

Je reste modérément optimiste, convaincue que la grande majorité des gens, qu’ils soient nés ici ou ailleurs, aspire à un vivre-ensemble respectueux et juste. Mais il va falloir que la gauche inclusive investisse l’espace public encore davantage. Je le vois ici chez nous dans l’est de Rosemont, à l’école, au travail, partout. En bref, l’émancipation nationale et sociale du Québec, c’est un beau projet autour duquel on peut rallier la grande majorité des gens, à condition que tout le monde soit une partie prenante (c’est un nouveau mot à la mode, mais qui veut dire qu’il s’agit d’acteurs qui vont signer le contrat), sans compter, évidemment, et ce au premier plan, les Premières Nations. Pour terminer son discours de victoire, Manon Massé a rappelé ce fait incontournable que nous habitons sur un territoire où il y a plusieurs nations, pas seulement une, et qu’il faudra sortir du paradigme colonial.

 

Le deuxième âge de QS

Pierre Beaudet

Le 1er octobre, QS a fait un grand bond. Ce n’est pas rien dans le système politique pourri et l’univers médiatique toxique qui est le nôtre, où le dispositif du pouvoir s’efforce de diaboliser les mouvements comme QS, et au mieux, d’en faire des personnages folkloriques, des pelleteux de nuages. C’est ce qui nourrit le cynisme et que le peuple se dit souvent, « on ne peut rien ». Cette idéologie de perdants, malheureusement, est souvent reprise par l’intellectualité réactionnaire qui domine l’éducation et les médias, à part quelques exceptions. On enseigne aux gens, particulièrement aux jeunes, à cœur de journée, que l’histoire est terminée et que le monde est divisé entre des entrepreneurs agressifs et des incompétents génétiquement programmés. Alors oui, le dispositif du pouvoir est fort.

Mais attention, regardez le monde où l’on vit. Dans l’océan des dominants s’esquisse une grande vague de changement. Ici, la percée du 1er octobre peut être retracée avec la Marche des femmes Du pain et des roses (1995), le Sommet des peuples des Amériques (2001), les grèves anti-Charest (2003), l’essor d’un environnementalisme militant (2010), et bien sûr, le grand épisode de la grève étudiante et des Carrés rouges en 2012. Visiblement, le message continue de s’infiltrer, mais d’une manière subtile que nos amis zapatistes ont mieux compris que bien des « experts et compétents » : « la lutte est un marathon, pas un sprint ». L’histoire du changement ne se réalise pas par quelques évènements spectaculaires ni par quelques sauveurs. Une fois dit cela, cela prend beaucoup d’intelligence, de patience, de détermination.

Que Québec solidaire ait pu créer des fissures dans le mur de l’anti-démocratie qui nous gouverne est en soi tout un accomplissement. Énormément de gens se sont investis dans ce processus amorcé il y a à peine 10 ans par une poignée de visionnaires, dont Françoise David, François Cyr, Alexa Conradi, François Saillant et plusieurs autres. À cela s’est ajouté ces derniers temps le talent de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois, sans compter le travail acharné de 125 candidates et candidats et d’une petite armée de travailleurs de l’ombre, animée entre autres par Simon Tremblay-Pepin.

Alors maintenant, il est possible de penser à un début de rupture qui devra, c’est certain, affronter 1000 défis. Parmi ceux-ci, il y en a quelques-uns qu’il faut commencer à discuter. La nécessaire transition qu’esquisse QS sera non seulement difficile, mais elle ne pourra pas se faire sans une formidable mobilisation par en bas. Avoir 10 solidaires à l’Assemblée nationale sera une bonne chose, mais le rapport de force ne changea pas sans cette mobilisation. Dans ce sens, l’initiative doit passer aux mains des mouvements populaires qui ne doivent surtout pas se contenter d’attendre des miracles sur la scène parlementaire. Les « vrais » dominants, eux, le savent très bien, protégés qu’ils sont dans les officines de l’État et des grandes corporations, et pas seulement sur le plan local. Ils vont continuer dans une impitoyable « guerre de positions » à organiser et à imposer leurs politiques réactionnaires.

D’autre part, ces dominants sont internationalisés, pour ne pas dire « internationalistes », à leur manière. C’est bien trop évident ici, à quelques kilomètres d’un empire certes dominant, mais qui garde beaucoup de puissances pour empêcher les peuples de s’émanciper. Ce fut une des erreurs les plus dramatiques du PQ, pour ne pas le nommer, de penser une seconde qu’on pouvait « amadouer » les États-Unis. Pour éviter cette illusion, il faudra travailler avec le reste du monde, y compris d’ailleurs avec les États-uniens eux-mêmes, qui résistent contre les délires de Trump. Également, il se passe des choses intéressantes dans le reste du Canada, du côté des luttes écologistes notamment. Ce sont nos frères et nos sœurs, il faut travailler avec eux. Cet internationalisme dans nos mouvements et nos luttes n’est pas un luxe ni un discours pour terminer un congrès. Le monde est réellement globalisé, ce qui ne nie pas l’importance des dynamiques locales, pourvu qu’on puisse établir les passerelles, comprendre et agir. On le fait déjà, il faut en faire plus et mieux.

Certains extraits viennent de « Le moment de QS », Presse-toi à gauche, 25 septembre 2018, http://www.pressegauche.org/Le-moment-de-QS

 

Le test des valeurs à l’épreuve

Crédit : André-Philippe Côté, Le Soleil, 17 septembre 2018

 

Des nouvelles des NCS

Plus de diffusion pour les
Nouveaux Cahiers du socialisme<

BIBLIMAGS

Les NCS viennent d’adhérer, par l’entremise de la SODEP (Société de développement des périodiques culturels québécois), au projet BIBLIMAGS, un service de magazines numériques qui permet aux bibliothèques d’offrir à leurs usagers et usagères un vaste catalogue de périodiques. BIBLIMAGS est géré et opéré par BIBLIOPRESTO.CA, un organisme sans but lucratif créé à l’initiative de plus de 1000 bibliothèques publiques afin de développer des services numériques en bibliothèque.

Ce nouveau mode de diffusion s’ajoute à notre participation à la plateforme ÉRUDIT, une référence pour les professeur-e-s, les chercheurs-e-s et les étudiantes et étudiants.

Ainsi, depuis le n° 14, les NCS sont disponibles dans les bibliothèques des cégeps et des universités abonnées à ÉRUDIT, l’un des véhicules importants pour la diffusion électronique des revues savantes et culturelles dans les milieux collégial et universitaire.

Distribution dans les librairies indépendantes

Les NCS sont distribués depuis deux ans par la firme Disticor (seul distributeur de revues au Québec) qui dessert environ 80 points de service, mais ce sont principalement des tabagies et les grosses librairies comme Renaud-Bray. Nous sommes actuellement en discussion avec la SODEP afin d’adhérer à son réseau de distribution mis sur pied depuis un peu plus d’un an dans une vingtaine de librairies indépendantes partout dans la province.

Capsule vidéo promotionnelle sur la Fabrique culturelle

Les NCS ont adhéré à un autre projet de la SODEP qui est la création de capsules vidéo promotionnelles mettant en valeur les revues culturelles pour diffusion sur le site Web et les réseaux sociaux de la Fabrique culturelle. Celle-ci est une plateforme numérique produite par Télé-Québec qui a pour mandat de valoriser les arts et la culture québécoise. La SODEP a obtenu une contribution financière du ministère du Patrimoine canadien pour ce projet. La capsule des NCS sera produite prochainement par M. Alain Chevarier.

L’action communautaire prend la place

Le coup d’envoi de la Semaine nationale de l’action communautaire autonome sera donné cette année à l’hôtel de ville de Montréal, lundi le 22 octobre (8h30-11h30) pour souligner le travail des actrices et des acteurs infatigables des mouvements communautaires ainsi que les grandes victoires collectives accomplies en tant que société grâce à leur travail.

Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) en partenariat avec la Ville de Montréal présente à cette occasion une exposition inédite, intitulée NOS LUTTES, NOS VICTOIRES, basée sur les photographies de notre ami André Querry (membre du CAP) et les illustrations de Chloé Biocca (http://snvaca.rq-aca.org/).

Une librairie éphémère sera tenue à l’hôtel de ville grâce à un partenariat avec la Librairie Le Port de tête. On y trouvera de nombreux ouvrages et magazines qui racontent les mémoires de ces luttes et leurs contributions au Québec d’aujourd’hui. Des exemplaires du no 20 des NCS, « Les groupes populaires face à l’État », seront disponibles. La mairesse Valérie Plante, accompagnée de la coordinatrice du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), Caroline Toupin, inaugureront cette exposition pour ensuite céder la parole à plusieurs intervenantes et intervenants qui raconteront cette mémoire. Parmi les invité-e-s de ce vernissage brunch, il y aura Françoise David, Melissa Mollen-Dupuis, Virginie Larivière, François Saillant, Will Prosper, Marie-Pierre Boisvert.

Pour connaître le programme de la semaine : https://www.facebook.com/rqaca/ et http://snvaca.rq-aca.org/.

Soulignons notamment le 25 octobre le lancement du livre de François Saillant, Lutter pour un toît : https://www.facebook.com/events/1835794893208410/?active_tab=about

La Grande Transition dans le no 21 des NCS

Le numéro 21 des NCS sortira en février 2019 sur le thème de la Grande Transition. Plus de 25 contributions font partie du numéro provenant des intervenantes et des intervenants à la spectaculaire conférence de mai dernier à laquelle ont participé 1600 personnes. Les multiples dimensions d’un monde postcapitaliste en gestation y sont explorées, dont notamment l’écosocialisme, de même que les stratégies des luttes populaires et l’évolution actuelle du capitalisme et de l’impérialisme. Il ne faudra pas manquer cela.

Un jour à Valleyfield

Le numéro subséquent (parution en septembre 2019) fera un grand détour par une petite ville où il s’est passé et où il se passe toujours des choses extraordinaires du point de vue des luttes populaires. Un collectif d’une dizaine de camarades de cette région qu’on identifie au syndicalisme de combat des années 1970, héritier des combats épiques de Madeleine Parent, est à l’œuvre, pour regarder ce qui se passe maintenant dans une région fragilisée, mais combative. Ce projet s’inscrit dans un effort pour « démontréaliser » les NCS…

 

À surveiller

Après les élections : se mettre en mouvement

Alternatives organise une demi-journée d’étude le 27 octobre à 13h30, au Pavillon Gérin-Lajoie de l’UQAM (N-M510). Informations : https://www.alternatives.ca/agenda/l-apres-elections-se-mettre-en-mouvement et https://www.facebook.com/events/977852979066358/

Rendez-vous à Mexico, 2-4 novembre 2018

Le Forum social mondial sur les migrations (FSMM) aura lieu dans la capitale mexicaine, au moment où se met en place le nouveau gouvernement progressiste d’Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO). C’est un véritable tremblement de terre politique dans un pays ravagé par la violence et la corruption, aux prises avec des gouvernements réactionnaires soutenus par les États-Unis et les cartels de la drogue. Également, le Mexique est au premier rang d’une interminable crise des migrations coincée derrière la forteresse états-unienne au nord (où travaillent des millions de Mexicains et Mexicaines dans des conditions misérables) et les flux de Centre-Américains et Centre-Américaines devant des pays déstabilisés d’Amérique centrale. Pour comprendre et participer, des délégations s’organisent dans plusieurs pays du monde pour être présentes au FSMM, dont un groupe du Québec qui comprend des syndicats, des groupes oeuvrant pour les droits des migrants et migrantes et d’autres réseaux. Des rencontres ont lieu pour expliquer la dynamique et offrir à ceux et celles qui s’y intéressent des moyens pour y participer. Pour davantage d’infos sur le Comité québécois de soutien à la participation au FSMM-2018, écrire à comite.quebecois.fsmm2018 gmail.com ou consulter https://www.facebook.com/comiteFSMM2018/

 

Espace de réflexion

Les mouvements populaires face aux enjeux de migrations

Presque un tiers des 300 millions de migrants et migrantes fuient pour sauver leur vie, notamment des « guerres sans fin », où on veut éradiquer les civils comme en Syrie, en Palestine, en Colombie, au Honduras, au Soudan et ailleurs. L’ensemble du dispositif multinational est conçu pour « gérer » ces flux, et non pour les résoudre. Pire encore, la logique du système est faite pour discriminer (entre les « bons » et les « mauvais » réfugié-e-s). Le drame des réfugiés ne doit pas nous faire oublier la situation désastreuse qui s’impose pour les migrants et migrantes « ordinaires ». Les gens quittent foyer et famille, parce qu’ils y sont plus ou moins forcés. Dans les pays qui reçoivent des migrants, l’« accueil » se traduit par de la discrimination systémique, formelle et informelle, réduisant les droits et confine les migrants dans les emplois « trois D » (dangerous, dirty, demeaning), comme on le voit avec les travailleurs agricoles au Québec.

Pour une grande campagne dans les Amériques

Aux États-Unis et au Canada, au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, en Amérique du Sud, des liens ont été établis au fil des années entre des mouvements populaires. Des victoires ont été enregistrées. Des mobilisations contre les projets prédateurs extractivistes surgissent. Depuis quelques années cependant, les forces de destruction ont contaminé les esprits pour relancer le racisme et la discrimination sous toutes ses formes. L’heure est grave et il faut se doter de nouveaux objectifs et de nouveaux moyens.

  • Il faut construire, à partir de fragments de systèmes déjà en place, une grande chaîne multinationale, multiculturelle et multilinguistique par laquelle des mouvements pourront rapidement se mobiliser et s’entraider. Pourquoi ne pas organiser une « caravane de caravanes » de Tegucigalpa (Honduras) en passant par Mexico jusqu’à Los Angeles, Chicago, New York, Toronto et Montréal ?
  • Il faut relancer la lutte contre les traités de libre-échange multilatéraux et bilatéraux qui visent à solidifier le dispositif du pouvoir. Une urgence pourrait être d’organiser une semaine d’actions par et pour les paysans et les fermiers à l’échelle des Amériques, un intéressant défi à relever.
  • Il faut organiser des actions et des mouvements de résistance civile, en identifiant des cibles privilégiées (des entreprises extractitvistes par exemple).
  • Se concerter pour attirer l’attention sur des situations, des thèmes et des régions spécifiques, où il y a une densité de confrontations et de résistances. On peut penser, par exemple, aux migrants haïtiens, « légaux » ou « illégaux », qui sont plusieurs millions aux États-Unis, au Canada, au Chili, au Brésil, etc.

Plateforme altermondialiste (alter.quebec)

 

NUMÉRO ACTUEL

Les groupes populaires face à l’État

Dixième anniversaire des NCS

Avec ce numéro 20, les NCS célèbrent leurs 10 ans d’existence. Ce numéro traite de la situation complexe et difficile des groupes s’inscrivant dans les mouvements populaires au Québec – groupes de l’action communautaire autonome, du mouvement populaire, du mouvement féministe et de nombreux autres. Assaillis par les politiques restrictives et instrumentalisantes de l’État, épuisés par le manque de ressources, ils sont amenés à se questionner sur leur mission fondamentale, au moment où la restructuration néolibérale privatise, individualise et fragmente la société. Ce dossier explore les aspects systémiques et conjoncturels de cette situation critique des groupes populaires. Face aux défis, de nouvelles pistes sont identifiées pour à la fois défendre ces groupes et relancer les luttes.

Acheter ou s’abonner

 

Les NCS en format numérique

Il est possible de s’abonner à la revue les Nouveaux Cahiers du socialisme (NCS) sous format numérique (25 $/an) ou d’acheter au numéro au format numérique (13,99 $) sur le site de la SODEP :

À compter du numéro 15, chaque numéro est également disponible à l’unité en format numérique (13,99 $/numéro) auprès d’une douzaine de diffuseurs de livres numériques. Pour plus de détails, consulter la fiche des Nouveaux Cahiers du socialisme sur la plateforme de l’Entrepôt du livre numérique.

 

Les NCS sur Érudit

Depuis le n° 14, les NCS sont disponibles dans les bibliothèques des cégeps et des universités abonnés à la plate-forme ÉRUDIT. Celle-ci est devenue l’un des véhicules importants pour la diffusion électronique des revues savantes et culturelles dans les milieux collégial et universitaire. La revue deviendra donc encore plus qu’avant une référence pour les professeur-es, les étudiants-es et les chercheurs-es.


Pierre Beaudet

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