L’extrême droite anglo-saxonne tente de récupérer les “gilets jaunes”

Si en France le mouvement de contestation se veut apolitique, en dehors des frontières ce sont avant tout des groupes d’extrême droite qui brandissent le gilet jaune, souligne le site d’information américain The Daily Beast.

Le mouvement des “gilets jaunes”, qui secoue la société française depuis bientôt deux mois, dépasse les frontières, raconte The Daily Beast dans un article publié le 8 janvier. “La haine multidirectionnelle contre la politique du président centriste Emmanuel Macron a conquis l’opinion en France, et suscité l’admiration à l’étranger”, relate le site d’information américain.

Mais surtout, le mouvement “a trouvé une nouvelle vie au sein des groupes d’extrême droite à l’étranger”, pointe la publication. The Daily Beast appuie son analyse sur trois pays en particulier où ont eu lieu des manifestations de “gilets jaunes” étrangers ces derniers jours : le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis.

Un signe de ralliement pro-Brexit et islamophobe

“Au Royaume-Uni, des factions pro-Brexit ont revêtu le gilet jaune pour harceler leurs opposants politiques”, rapporte la publication américaine. À Londres et Manchester le week-end dernier, des groupes d’extrême droite, notamment le groupe islamophobe English Defense League, manifestaient en gilets jaunes pour réclamer un Brexit sans accord avec l’Union européenne, rapporte The Independent. Depuis plusieurs semaines, ces groupes se rassemblent pour insulter les hommes et femmes politiques britanniques de “traîtres”.

Au Canada, les manifestations de “gilets jaunes” sont régulièrement envahies de protestataires portant des signes d’appartenance au mouvement islamophobe Wolves of Odin, signalait The Star Edmonton dès le mois de décembre. “Ici, le mouvement a dépassé le cadre de la contestation économique pour devenir antimondialisation, nationaliste, antigouvernemental et xénophobe”,expliquait alors le quotidien canadien.

Si les “gilets jaunes” français possèdent eux aussi des éléments venus de l’extrême droite, expliqueThe Daily Beast, “le mouvement a des revendications bien plus larges”. Ce qui rassemble des manifestants “de droite comme de gauche, des anarchistes comme des partisans d’un État autoritaire”,résume le site d’information.

Une dernière catégorie d’activistes “gilets jaunes” étrangers est listée par The Daily Beast : les conspirationnistes américains. La publication écrit que les images des manifestations en France sont devenues particulièrement virales sur les pages Facebook des groupes américains conspirationnistes et d’extrême droite. “Des Américains mettent en avant les revendications anti-immigrés de certains manifestants français et ont diffusé un canular qui affirmait que des Parisiens chantaient ‘we want Trump’ [‘nous voulons Trump’]”, relate le site d’information. Cette infox a d’ailleurs été reprise par le président américain lui-même.

QAnon, un groupe conspirationniste en plein essor

Un mouvement commun semble rallier ces groupes de “gilets jaunes” britanniques et canadiens, analyse The Daily Beast : le groupe conspirationniste américain QAnon, “qui diffuse de manière erronée que les rivaux de Trump sont impliqués dans des crimes étranges, notamment le trafic sexuel d’enfants et le cannibalisme”, explique la publication.

“Malgré les mensonges évidents et les prévisions manquées de ce groupe, QAnon a des fans partout dans le monde qui croient ses propos concernant une organisation criminelle internationale et des arrestations en masse imminentes”, poursuit The Daily Beast. Ses sympathisants arborent un “Q” sur leurs vêtements, une lettre qui apparaît de plus en plus régulièrement dans les manifestations de “gilets jaunes” au Canada et au Royaume-Uni, d’après le site d’information américain.


Corentin Pennarguear

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