Des Honkongais.es déclarent leur sympathie envers les manifestant.es ayant dévasté le Conseil législatif (video)

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, par South China Morning Post

Traduction en français des sous-titres en anglais figurant sur une video mise en ligne sur le site du South China Morning Post (Hong Kong)
https://www.scmp.com/video/scmp-originals/3017316/hongkongers-sympathise-protesters-who-vandalised-legislature

Des personnes s’opposant à la politique du gouvernement ont saccagé le Conseil législatif en pénétrant de force dans les locaux (le lundi 1er juillet), ce qui constitue un évènement sans précédent.
Cette action intervient après des semaines de protestations contre un projet d’amendement de loi d’extradition controversé.

1. Je pense que ce qui s’est passé lundi 1er juillet était prévisible.
Nous avons essayé à plusieurs reprises de recourir à des moyens pacifiques, dont quelques manifestations. Mais le gouvernement n’a toujours pas donné de réponse positive.

2. Personnellement, je ne suis pas d’accord avec cette action, mais je comprends pourquoi ils/elles agissent ainsi.
Je pense que dans leur posture ou leur point de vue, c’est la seule façon possible d’agir.

3. Je pense que c’est assurément un évènement qui attire l’attention sur ce à quoi ils/elles croient, et ce à quoi nous croyons aussi.
Mais, je pense également qu’il est dommage que cela puisse donner une image plus violente, et que cela fait perdre de vue le réel objectif de cette lutte qui est l’opposition à l’amendement de la loi sur l’extradition.

4. Bien qu’il y ait eu un ou deux millions de manifestant.es, ils/elles n’ont pas été entendu. En conséquence, ils/elles ont eu recours à des actions plus agressives.
Même si ces jeunes sont entré.es dans le Conseil législatif par des moyens violents, ils/elles n’ont pas franchi certaines limites. Ils/elles n’ont pas effectué des destructions imprudentes.Ils/elles exprimaient leurs opinions politiques en ayant choisi des cibles. Ils/elles ont été traités.e d’émeutier.es et considérés.es comme tel.les, mais je n’ai jamais vu d’émeutier.es ayant autant de retenue.

5. Je pense que pénétrer de force dans le Conseil législatif est plutôt de la folie. Mais, en même temps, je comprends pourquoi ils/elles sont en colère, et pourquoi ils/elles agissent ainsi. Je comprends, mais je ne suis pas d’accord.

6. Honnêtement, je suis opposé à la violence. Ils/elles ont utilisé des moyens violents, mais avant cela, ils/elles ont fait preuve de beaucoup de patience. Ils/elles attendaient une déclaration de Carrie Lam et qu’elle parle avec eux.
Que Carrie Lam et le camp de l’establishment pensent que leurs revendications soient raisonnables ou pas, ils doivent enfin venir parler à la population pour montrer leur sincérité. Mais elle continue à nous éviter. Elle ne parle qu’aux personnes de son entourage, mais pas aux jeunes. Les jeunes n’utilisent la violence que lorsqu’il/elles n’ont pas d’autres moyens à leur disposition. Peux-t’on les blâmer ? Je pense que non.

7. D’après moi, il n’y a plus pour l’instant de mobilisations, et encore moins de soit-disantes « émeutes ». But I don’t really think there’s much of a worse case scenario right now. I think this is at its worst

8. Nous devons regarder la situation. J’espère que le gouvernement va répondre aux quatre principales revendications des citoyen.nes. Et cela bien qu’il ait fait beaucoup de choses mauvaises.

(...)

10. Un million, deux millions de personnes descendant dans la rue constituait un message clair adressé à Carrie Lam. Mais elle a continué à nous ignorer. Elle a refusé de répondre et de parler avec nous.
Les seules excuses qu’elle a faites étaient à contre-cœur, et dénuées de sincérité. Lorsque Donald Tsang (chef de l’exécutif hongkongais du 24 mai 2005 au 30 juin 2012) avait présenté ses excuses, il avait au moins fait un pas en arrière. Elle n’a reculé sur rien. En quoi ce qu’elle a dit constituait des excuses ? Je n’accepte pas cela.

11. Il y aura assurément des représailles.
Bien sûr, j’espère que le pire des scénario, celui d’une intervention de l’APL (l’armée du régime de Pékin), ne se produira pas. Mais pour l’instant, il semble que le gouvernement refuse de faire des concessions. Et aucune alternative n’est proposée aux jeunes.