Ile-de-France : Opération migration du dimanche 13 octobre 2019 – Records battus !

, par WALBECQUE Catherine

Exceptionnelle journée pour la neuvième édition de cette opération, en raison de flux très soutenus de la part des oiseaux et d’une météo ensoleillée qui, bien que chauffant agréablement le dos des observateurs, en a fait pester plus d’un quand de fort contrejours perturbaient l’identification.

Nous avons battu le record du nombre d’oiseaux comptés détenu par l’année 2017, avec certes 1 spot en plus, sans pourtant dépasser le nombre d’espèces : 63 918 ind. et 59 espèces contre 46 569 ind et 61 espèces. Nul doute que l’expérience des spotteurs s’améliore d’année en année. Qu’ils soient remerciés, en tout cas, d’avoir partagé leur savoir-faire au cours de cette journée !

Météo

Le samedi, un temps passant de beau à variable au cours de la matinée avec même quelques brumes, vent faible de 10-15 km/h du sud, sud-est, température de 14 à 18 °C.

Une météo d’une grande douceur le dimanche : 14 °C en début de matinée, soleil sans nuage, vent du sud, sud-est de 10-15 km/h au début, forcissant à 35-40 km/h vers la fin de la matinée. Ces conditions météorologiques ont donc incité les oiseaux à voler au plus près du sol, optimisant leur observation et leur comptage.

Sites

Les spots sont au nombre de 9. Certains sont suivis très régulièrement dès le mois d’août, jusqu’en novembre, et fournissent ainsi d’importantes données sur les sites de migration en ligne :

Brassoir à Morienval – 60 :
https://www.migraction.net/index.php?m_id=1510&frmSite=93,
suivi par H. de Lestanville, F. Bouchinet et P. Malignat ;

Buttes-Chaumont à Paris – 75, suivi par F. Malher, V. Le Calvez, N. Langlois ;

Montreuil – 93, deux sites :

- parc des Beaumonts :
http://www.trektellen.nl/site/info/708,
suivi le 12 par D. Thorns, I. Giraud et S. Cox et le 13 par M. Lanc et I. Giraud ;

- un balcon rue Molière :
https://www.trektellen.org/site/info/1178
suivi par P. Rousset ;

Doue – 77, suivi par J. Bottinelli et A. Kita ;

Élancourt – 78, suivi le 12 par M. Duarte, C. Jouve, C. Letourneau, C. Stassinet et A. Zuccarelli, et le 13 par C. Gloria ;

Rolleboise – 78 :
http://www.trektellen.nl/site/info/1887,
suivi par R. Jugieux ;

Gometz‐le‐Châtel – 91, suivi par D. Laloi, B. Dallet et O. Legros ;

Mareil‐en‐France – 95 :
http://www.trektellen.nl/site/info/1905,
suivi par A. Baudelet, J.-C. Beaucour, L. But, C. Fouqueray, E. Grosso, C. Lenclud, A. Noncque, J.-M. Remaud, G. Savornin et C. Walbecque.

Localisation

Nous avons localisé les différents spots sur une carte réalisée par M. Sitterlin, et y avons indiqué à titre d’exemple le cumul des observations, le total de 2 espèces (Pinson des arbres et Linotte mélodieuse), ainsi que quelques observations locales. Les autres observations se trouvent dans le tableau joint en fin d’article [1].

Le comptage se fait habituellement le dimanche. Nous nous servirons des résultats de certains spots qui ont été suivis aussi la veille, pour confirmer les tendances. Par contre, la carte de localisation ne tient compte que de la journée du dimanche.

Le Milan royal de Morienval – 60 a été vu dans la tranche horaire de 9 h 30 à 10 h ; on peut se demander s’il ne faisait pas partie des 3 aperçus vers 11 h à Mareil-en-France – 95, traçant une voie migratoire le long de l’Oise (la veille, on a pu noter un passage régulier à Doue – 77, avec un total de 6 ind.).

Les 2 Faucons émerillons ont été aperçus quasi simultanément, à partir de 8 h pour Gometz-le- Châtel – 91 et de 8 h 30 pour Rolleboise – 78.

À la mi-octobre, le flux migratoire du Pinson des arbres est intense. Les observations du samedi au parc des Beaumonts ont montré que le flux s’est même poursuivi avec constance tout l’après-midi.

La disparité des résultats indiqués peut s’expliquer certainement par la configuration géographique propre à chaque lieu, et par le nombre de compteurs ; il n’empêche que, même à Paris et sur un balcon de Montreuil, le passage est nettement perçu. Cette année, les pinsons pulvérisent le record détenu en 2017, soit 26 797 ind. comptés le dimanche sur 9 sites (contre 14 764 ind. sur 8 sites en 2017, avec des conditions météorologiques identiques). Le chiffre moyen des autres années est plutôt de l’ordre de 5 000 ind.

Quant aux Linottes, le total a quasi doublé (1 727 ind.) par rapport aux années précédentes (989 en 2018, 824 en 2017).

Migration des non-passereaux et pic migratoire

En ce qui concerne les autres espèces, notamment les non-passereaux, le passage des Grandes Aigrettes n’est plus aussi anecdotique : 2 ind. en 2014 et 2016 ; 7 en 2017 ; 14 le week-end de 2018 et 30 cette année : 5 à Élancourt – 78 et 14 à Doue – 77 le samedi, 6 à Gometz-le-Châtel – 91 et 5 à Morienval – 60 le dimanche.

Les Vanneaux huppés sont en légère hausse, mais ont été notés surtout à Morienval – 60 (942 ind.) et Rolleboise – 78 (710 ind.) ; les Pluviers dorés ont été peu observés (12 ind.).

Les Pigeons ramiers, par contre, sont passés en masse à Doue – 77 (total du week-end pour le seul site : 31 554 ind.), confirmant l’énorme flux ce jour-là, dans l’Est du pays (440 000 ind. le 12 sur le site du Crêt-des-Roches – 25). Ce sont donc les ramiers de Doue qui imposeront leur rythme à la matinée de comptage et donneront un pic migratoire très tôt à 8 h, suivi d’un autre à
10 h 30.

À noter le passage inhabituel de Geais des chênes, surtout mis en évidence le samedi (69 ind. et 27 le dimanche).

Stabilité pour certaines espèces, légère hausse pour d’autres

Pour les passereaux, la plupart des espèces migratrices sont bien passées avec des effectifs plutôt stables pour la Bergeronnette grise (1 406 ind. et 1 363 en 2017) et l’Étourneau sansonnet (1 434 ind. en 2019, 1 068 en 2018, 1 115 en 2017).

Légère hausse des effectifs du Pipit farlouse (2 123 ind. en 2019, 1 361 en 2018, 1 879 en 2017), des Alouettes lulus (345 ind. en 2019, 261 en 2018, 87 en 2017), ainsi que des Alouettes des champs (4 937 ind. en 2019, 3 288 en 2018), mais sans atteindre, pour cette dernière, le record de 2016 (10 331 ind.).

L’Hirondelle rustique, quasi absente des précédents comptages, retrouve un niveau équivalent à celui de 2014, avec le passage de 136 ind. L’Hirondelle de fenêtre est passée plutôt le samedi (56 ind.). Les turdinés sont passés un peu mieux qu’en 2018, mais n’ont pas atteint le niveau de 2017. La Grive musicienne totalise 258 ind. contre 1 426 en 2017. Aucune observation de Merle à plastron, 1 seule de Grive litorne (le samedi à Montreuil– 93, balcon).

Passage évident de la Mésange bleue, qui, avec un total de 164 ind. le dimanche, bat le record de 2017 (118 ind.).

Moitié moins de Verdiers d’Europe qu’en 2018 (49 ind.) mais le double des effectifs pour le Chardonneret élégant (188), le Tarin des aulnes (193) et la Linotte mélodieuse (1 727). Passage correct pour le Grobec casse-noyaux (25 ind.), sans atteindre le record de 2017 (138). Un seul Bec- croisé des sapins a été noté à Morienval – 60.

L’étonnant flux de Bruants des roseaux constaté en 2018 (215 ind. notés sur deux jours) ne s’est pas reproduit et le total du week-end a plafonné à 62 ind.

En conclusion, les très bonnes conditions météorologiques nous ont permis de profiter pleinement du spectacle des migrateurs, sans toutefois nous apporter ici ou là de petites raretés, qui font évidemment tout le piquant de ces journées.

À l’année prochaine !

Catherine Walbecque

Pour le tableau récapitulatif des observation, se reporter à l’article original.