Pékin limoge son représentant à Hongkong

, par AFP

Luo Huining remplace Wang Zhimin à la tête du bureau de liaison de la Chine à Hongkong, au moment où le conflit s’enlise avec les manifestants prodémocratie dans le territoire autonome.

La Chine a annoncé, samedi 4 janvier, le remplacement de son principal représentant à Hongkong, un changement qui intervient au moment où le conflit s’enlise avec les manifestants prodémocratie dans le territoire autonome.

Wang Zhimin, 62 ans, « a été démis de ses fonctions de directeur du bureau de liaison » pour les affaires de Hongkong, et a été remplacé par Luo Huining, a annoncé, sans plus de précisions, la télévision publique CCTV. Le responsable avait été nommé en 2017 à la tête de cet organisme basé à Hongkong qui représente le pouvoir de Pékin dans l’ancienne colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Le nouveau responsable du bureau, Luo Huining, est l’ancien responsable de la province du Shanxi (centre). A 65 ans, il a été nommé à la fin de décembre vice-président de la commission des affaires financières et économiques du Parlement chinois, selon les médias locaux.

La chef de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a affirmé dans un communiqué qu’elle n’avait « aucun doute » sur le fait que le nouveau représentant du pouvoir chinois favoriserait « l’intégration de Hongkong dans le développement général de la Nation et une relation positive entre le continent et Hongkong ». Elle a aussi remercié Wang Zhimin pour le « soutien sans faille » qu’il avait apporté à son gouvernement durant la crise.

Cette nomination survient alors que le territoire autonome est en proie depuis juin à un conflit inédit par sa durée et sa violence, que les autorités locales ne parviennent pas à apaiser au grand dam de Pékin.

Ingérence de Pékin

Selon Lau Yui-siu, un commentateur politique, la Chine cherche une réponse économique à la crise. La nomination de M. Luo « montre que Pékin va mettre l’accent sur les politiques de développement économique, l’amélioration des conditions de vie des gens et l’intégration » de Hongkong, croit-il savoir. Luo Huining « a dirigé certaines provinces défavorisées (…) et cela lui a permis d’acquérir une expérience différente de celle de fonctionnaires ayant une formation en droit et en politique, comme Wang Zhimin », son prédécesseur, a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse (AFP).

En vertu du principe « Un pays, deux systèmes », Hongkong jouit en théorie jusqu’en 2047 d’une semi-autonomie et de libertés très étendues n’existant pas en Chine continentale, comme une justice indépendante et la liberté d’expression.
Mais le territoire de plus de sept millions d’habitants est secoué depuis juin par des manifestations, souvent violentes, de militants qui dénoncent l’ingérence jugée grandissante de Pékin dans ses affaires et exigent des réformes démocratiques.
Le bureau de liaison, symbole de la présence de Pékin à Hongkong, a été visé à plusieurs reprises par les manifestants. En juillet, il avait été notamment été la cible de jets d’œufs et de graffitis. Pékin avait alors dénoncé des actes « absolument intolérables » et appelé à « punir les coupables ».

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