Les nôtres : Esther Exposito-Johsua

Vendredi 17 janvier, Esther Exposito-Johsua nous quittait. Pour les militants marseillais, la perte est lourde. Lors de ses funérailles, nous étions très nombreux à lui rendre hommage : militants syndicalistes, associatifs, militants de Solidaire, d’AC !, militants antifascistes et camarades de la LCR, famille, amis, voisins et voisines, jeunes et vieux.

Esther a commencé à militer au Parti communiste. Mai 1968 marquera un moment de prise de conscience que quelque chose de radicalement différent était possible et nécessaire, et que le monde dans lequel elle vivait était, lui, définitivement impossible. Elle rejoindra les rangs de Révolution, qu’elle accompagnera jusqu’au bout. Hôtesse de terre à Air Afrique, elle sera licenciée au cours d’une « restructuration », comme ils disent.

Sa retraite sera alors l’occasion pour elle de militer tout le temps, partout, et contre toutes les injustices, mais en particulier contre celle du chômage. Esther fera les deux marches européennes contre le chômage, se battra pour la prime de Noël au sein de la CGT-Chômeurs, puis d’AC ! et, enfin, au sein du syndicat SUD-Solidaires. Son combat : rappeler à tous que le chômage est l’arme essentielle des capitalistes pour briser la solidarité entre les travailleurs, installer la précarité et des salaires indécents. Les camarades de SUD se rappellent de « l’amendement Esther » et les autres se rappelleront longtemps de cette dame à l’allure si respectable, avec son cahier à spirales, levant le doigt en premier pour interpeller sur ce qui devrait être des évidences, rappeler les reculs, dénoncer les trahisons, proposer des solutions.

Elle faisait toutes les manifestations et toutes les fêtes militantes. Après avoir été longtemps un compagnon de route de la LCR, elle a décidé, cet été, de la rejoindre pour construire ensemble le nouveau parti anticapitaliste.

Son agenda militant était rempli du matin au soir, sauf le mercredi – pour son petit-fils. Seule la maladie l’a obligée à s’arrêter, à 71 ans. Le jour de son enterrement, la Bourse chutait, Sarkozy dégringolait dans les sondages et il faisait beau. Un jour qu’elle aurait adoré ! Allez Esther, on tient bon, et « tous ensemble, tous ensemble »…

Ses camarades

P.-S.

* Paru dans Rouge n° 2238, 07/02/2008.