Monsanto, la semence à scandales
11 mars 2008
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Marie-Monique Robin : journaliste, réalisatrice free lance et « fille de paysan », prix Albert Londres 1995 pour le documentaire Voleurs d’yeux, Marie-Monique Robin est aussi, entre autres, l’auteure d’Escadrons de la mort : l’école française et des Pirates du vivant.

« Franchement, on aurait dû faire plus de tests, mais les entreprises agro-industrielles ne voulaient pas, parce qu’elles avaient fait de gros investissements pour développer ces produits. J’ai subi beaucoup de pressions pour ne pas être trop exigeant. La seule fois où j’ai osé en parler pendant le mandat de Clinton, je me suis fait taper sur les doigts, par l’industrie, mais aussi par les gens du gouvernement. »

« Pratiques ». L’homme qui parle à la journaliste Marie-Monique Robin n’est pas un militant anti-OGM. Il s’appelle Dan Glickman et fut le secrétaire à l’Agriculture de Bill Clinton. C’est un des témoins de l’enquête le Monde selon Monsanto , diffusée ce soir sur Arte et qui fait aussi l’objet d’un livre [1].
« L’idée était de raconter l’histoire de la multinationale et de chercher à comprendre dans quelle mesure son passé éclaire ses pratiques actuelles , écrit Marie-Monique Robin. Il n’est pas simple d’opposer la vérité des faits à celle de Monsanto. » Monsanto, objet de tous les fantasmes. Le leader mondial des OGM n’a cessé d’être agité comme un épouvantail en France ces derniers temps, à l’occasion du Grenelle puis du débat au Sénat sur la loi OGM. La société de Saint Louis (Missouri) vend ses semences et ses herbicides dans le monde entier. Souvent, les mêmes accusations reviennent. Marie-Monique Robin a voulu « en avoir le cœur net », en confrontant le discours de la firme à la réalité.

Sa première démarche a été de fouiller… sur Internet. « Tout est là, raconte-t-elle. Il suffit d’aller chercher les documents et de les relier entre eux. » C’est un des premiers points forts de ce travail : restituer l’histoire et les méthodes de la firme agrochimique à travers des documents déclassifiés, des rapports, des jugements…

Deuxième étape, l’enquête sur place. Marie-Monique Robin s’est rendue aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Inde, en Norvège, en France… A fait parler des témoins critiques vis-à-vis de Monsanto - scientifiques, avocats, défenseurs des consommateurs, paysans - soulignant que, même aux Etats-Unis, les voix dissonantes sont plus nombreuses qu’on ne le dit. Mais elle a aussi rencontré des « pro-Monsanto » - agriculteurs, ministres, membres des administrations américaines (dont la Food and Drug Administration, l’agence de sécurité sanitaire américaine). Le résultat est un documentaire passionnant, très riche, et qui fait parfois froid dans le dos. Les dirigeants de Monsanto n’ont pas souhaité s’exprimer face à la caméra de Marie-Monique Robin.

« Omelette ». « Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot, écrit Nicolas Hulot dans la préface du livre. Je ne crois pas que l’action des entreprises soit systématiquement machiavélique. On me dira que les risques inhérents au progrès scientifique impliquent qu’il faille casser des œufs pour réussir l’omelette. Mais [...] où est l’omelette ? Derrière la posture de bienfaiteur de l’humanité que revendique l’entreprise[...], le bilan est accablant. »

 Toxicité sous silence

Monsanto, au départ, est une entreprise de chimie. Créée en 1901, la firme rachète en 1935 une société qui, à Anniston (Alabama), fabrique des PCB. Ces dérivés chimiques chlorés serviront pendant cinquante ans de liquide réfrigérant dans les transformateurs électriques avant d’être interdits du fait de leur haute toxicité, notamment en cas d’exposition chronique.

A Anniston, plus de 300 000 tonnes de PCB ont été fabriquées entre 1929 et 1971. Sur ce total, 810 tonnes ont été déversées dans des canalisations et 32 000 tonnes de déchets contaminés ont été déposées dans une décharge à ciel ouvert, au cœur de la ville, d’après un rapport de l’agence américaine de l’environnement cité dans le livre. « Ce qui est vertigineux, écrit MarieMonique Robin, c’est que Monsanto savait que les PCB représentaient un risque grave pour la santé dès 1937. Mais la société a fait comme si de rien n’était jusqu’à l’interdiction définitive des produits en 1977. »

En effet, au milieu des années 90, alors que se monte une action collective en justice, un avocat obtient l’accès à 500 000 pages de documents secrets. Qui montrent que, dès 1937, « les effets toxiques » liés à l’exposition aux vapeurs sont connus des dirigeants.

Les 3 516 plaignants, victimes de cancers ou de retards de développement, obtiendront 700 millions de dollars de dommages et intérêts. La partie occidentale de la ville, peuplée majoritairement de Noirs, est devenue une ville fantôme.

 Publicité mensongère

Le 26 janvier 2007, Monsanto est condamné par un tribunal de Lyon pour publicité mensongère. En cause, son produit phare, le Roundup, herbicide le plus vendu au monde. Dans les spots télés diffusés en France en 2000, il était qualifié de « biodégradable ».

« Plus gênant encore pour Monsanto, qui a fait appel, écrit Marie-Monique Robin, la justice française a considéré que l’industriel savait « préalablement à la diffusion des messages publicitaires litigieux que les produits visés présentaient un caractère écotoxique ». » Aux Etats-Unis, dès la fin des années 90, le ministère de la Justice avait interdit à Monsanto de proclamer que son herbicide est « biodégradable, bon pour l’environnement, non toxique, inoffensif ».

A l’automne 2006, Marie-Monique Robin a rencontré le professeur Bellé, qui a mené en France une étude sur l’impact des herbicides sur la division cellulaire au début des années 2000. « L’ironie de l’histoire, raconte-t-il, c’est que nous avions décidé de prendre le Roundup comme contrôle dans les expériences, car nous étions persuadés que ce produit était inoffensif. […] La très grosse surprise a été que cet herbicide nous donnait des effets bien plus importants que les produits que l’on testait. […] Nous nous sommes rendus compte que le Roundup affectait un point clé de la division des cellules. […] C’est pour ça que nous disons qu’il induit les premières étapes qui conduisent au cancer. » Ni Monsanto ni les autorités scientifiques françaises n’ont pris ces résultats en considération.

 Réglementation sur mesure

C’est ce que Marie-Monique Robin appelle « l’incroyable tour de passe-passe du principe d’équivalence en substance ». C’est ce principe qui justifie la façon dont les OGM sont évalués aujourd’hui. James Maryanski, coordinateur pour la biotechnologie de la Food and Drug Administration de 1985 à 2006, qui a supervisé la réglementation américaine, l’explique ainsi : « Les gènes qui sont introduits dans les plantes par la biotechnologie produisent des protéines très semblables à celles que nous avons consommées pendant des siècles. […] La mutation est très minime. Donc, en terme de sécurité, il n’y a pas de différence importante. »

Or, cet « à peu près » ne faisait pas du tout consensus au sein de la FDA. A propos du projet de réglementation, une scientifique de l’agence écrivait : « Le document essaie de forcer une conclusion selon laquelle il n’y a pas de différence. […] Les processus de manipulation génétique et de croisement traditionnel sont différents et, selon les experts de l’agence, ils conduisent à des risques différents. »

L’ouvrage pointe alors le système des « portes tournantes » (« revolving doors »), listant le nombre de cadres passés de la Maison Blanche, du Congrès ou des agences environnementales vers Monsanto, et vice-versa, depuis vingt ans.

 Critiques au placard

Au fil du documentaire se dessine une liste de scientifiques qui ont vu leur carrière compromise pour avoir émis des doutes sur les produits de la firme de Saint Louis. Ainsi le Dr Burroughs, qui avait alerté sur l’hormone de croissance bovine : « C’est encore aujourd’hui très difficile pour moi d’admettre que j’ai été licencié de la célèbre FDA parce que je m’opposais à la mise sur le marché d’un produit que j’estimais dangereux ! C’était pourtant cela, ma mission », confie-t-il à la journaliste.

Ou encore le biochimiste Arpad Pusztai, qui a vu sa carrière ruinée pour avoir déclaré à la BBC : « En tant que scientifique qui travaille activement dans ce domaine, je considère qu’il n’est pas juste de prendre les citoyens britanniques pour des cobayes. » Pusztai avait mené au Rowett Institute d’Aberdeen (Ecosse) une étude officielle sur l’impact des OGM sur la santé. « Personne ne s’imaginait - moi le premier, qui était un ardent supporter de la biotechnologie - que nous allions trouver des problèmes. »

Et enfin le biologiste de Berkeley, Ignacio Chapela, victime d’une violente campagne de dénigrement pour avoir publié dans Nature une étude qui révélait que des échantillons de maïs traditionnel mexicain contenaient de l’ADN transgénique, alors que le Mexique avait déclaré un moratoire sur ces cultures.

 La loi des brevets

C’est un drôle de bras de fer qui oppose l’Etat argentin à Monsanto. On ne peut pas dire que le pays a fermé la porte aux OGM, bien au contraire. Mais c’est sur la question du brevet que l’affaire se crispe. « Monsanto n’a jamais pu faire breveter son gène en Argentine, parce que nos lois ne le permettent pas, raconte le secrétaire à l’Agriculture à Marie-Monique Robin en 2005. La compagnie avait donc accepté de renoncer à des royalties sur les semences […]. Aujourd’hui, Monsanto revient sur ses promesses en réclamant trois dollars par tonne de grain ou de farine de soja au départ des ports argentins. »

Aux Etats-Unis aussi, le brevetage a changé les règles. « Notre intérêt est de protéger notre propriété intellectuelle et nous n’avons pas à nous en excuser, a déclaré dans une interview le PDG de Monsanto. Il y a un gène qui appartient à Monsanto et il est illégal qu’un agriculteur prenne ce gène pour le recréer dans une deuxième récolte. »

La firme poursuit donc les « fraudeurs » et a créé un numéro vert pour dénoncer les contrevenants. « Les brevets ont bouleversé la vie dans les communautés rurales, témoignent deux fermiers de l’Indiana. Ils ont détruit la confiance qui régnait entre voisins. […] C’est impossible de se défendre contre cette firme. »

[Il manque une partie...]

* Paru dans le quotidien Libration du mardi 11 mars 2008.


 CHAT : « La mise sur le marché des OGM ne repose sur aucune donnée scientifique préalable »

La journaliste et documentariste Marie-Monique Robin a réalisé une enquête accablante sur la firme Monsanto, le leader mondial des OGM. A l’occasion de la sortie de son livre et d’un documentaire qui sera diffusé sur Arte, elle répond aux questions des internautes de Libération.

LIBERATION.FR : vendredi 29 février 2008

- Turambar1 : Que pouvez-vous nous dire des liens entre Monsanto et le marché de l’aspartame ?

Marie-Monique Robin : Je n’ai pas étudié à fond le dossier. Ce qui est sûr, selon de nombreuses études, c’est que cet édulcorant de synthèse, mis sur le marché en 1980, au moment de l’arrivée à la Maison Blanche de Ronald Reagan, alors que la FDA (Food and Drug Administration) en avait suspendu la mise sur le marché, est une molécule potentiellement cancérigène, qui donnerait notamment des tumeurs au cerveau. Elle a été autorisé au moment où Donald Rumsfeld, est arrivé lui-même à la Maison blanche. Or Rumsfeld était l’ancien PDG de Searle, la filiale pharmaceutique de Monsanto.

Cécile : Pourquoi, malgré tout ce qui a été prouvé sur Monsanto, est-il si difficile de contrer le monopole de cette firme sans scrupules qui menace la planète ? Les pressions subies justifient-elles que les Etats ne fassent rien et condamnent à terme la biodiversité de la planète ?

Monsanto est le champion national de ce qu’on appelle aux Etats- Unis, les « revolving doors », chaises musicales en français matinées de pantouflage. Dans mon livre, je donne une liste, non exhaustive, de tous les salariés et cadres de Monsanto qui sont passés ensuite dans des agences réglementaires américaines, comme la FDA, ou l’agence de protection de l’environnement (EPA), ou différents ministères, comme le secrétariat à l’Agriculture. Ainsi que l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Certains tournent dans les deux sens. C’est-à-dire qu’après avoir accompli leur mission au sein des agences réglementaire ou des ministères, ils retournent travailler chez Monsanto, à des postes clés. Un exemple : Michael Kantor, ancien secrétaire au Commerce de Bill Clinton, qui a terminé sa carrière au conseil d’administration de Monsanto. Cet entregent concerne aussi les revues scientifiques, les universités, et les gouvernements. Récemment, Monsanto a été condamné pour corruption en Indonésie : l’un de ses représentant sur place avait acheté une centaine d’officiels indonésiens pour mettre sur leur marché le coton BT, un coton transgénique.

Crème : Quels contacts avez-vous eu avec Monsanto durant votre enquête ? Avez-vous rencontré des obstacles ?

Quand j’ai commencé mon enquête, j’ai tout de suite contacté Monsanto. La firme m’a demandé de me mettre en rapport avec sa filiale française, à Lyon. J’ai eu un rendez vous avec Yann Fichet, dans un hôtel, derrière le palais du Luxembourg (siège du Sénat)... Après une conversation de deux heures, il m’a dit que ma demande allait être adressée au siège de la firme, à Saint Louis. Au bout de trois mois, les représentants de Monsanto m’ont dit qu’ils m’avaient « google-isée », et qu’ils avaient décidé de ne pas participer à mon documentaire. Il n’empêche que Monsanto est très présent dans ce film et dans le livre, grâce aux archives audiovisuelles, mais aussi à tous les documents internes de la compagnie, qui sont déclassifiés, à la suite des procès à laquelle elle a dû faire face, et dans lesquels elle a été condamnée.

Jean Bouilhou : Pourquoi dit-on que les paysans perdent leur indépendance à cause de Monsanto ?

Il faut savoir que les semences transgéniques sont brevetées, ce qui constitue une dérive du système général des brevets, qui interdit le brevetage du vivant. Or des semences brevetées n’ont pas le droit d’être réutilisées, après la récolte. Ce qui signifie que les paysans qui cultivent des OGM sont obligés de signer un contrat qui leur interdit de garder une partie de leur récolte pour la resemer comme c’est pourtant l’usage depuis l’avènement de l’agriculture, il y a 10 000 ans. En Amérique du Nord, Monsanto loue les services d’agences de détectives, qu’on appelle la « police des gènes ». Ils inspectent les champs des paysans soupçonnés d’avoir enfreint le brevet. Depuis 1997, des centaines de paysans ont ainsi été traînés devant des tribunaux, et certains ont fait faillitte à la suite de ces procès.

Zgong : Votre réponse fait état d’un lobbying très poussé de Monsanto aux Etats-Unis, Qu’en est-il en France, au moment du fameux Grenelle de l’environnement ?

Le lobbying de Monsanto est aussi très actif à Bruxelles, et dans tous les pays de la communauté européenne. Récemment, lors de la présentation de mon documentaire à la presse, Nicolas Hulot, qui a préfacé mon livre, a raconté qu’il a été témoin de ce lobbyng auprès des sénateurs et du gouvernement français. Par ailleurs, Monsanto s’est adjoint les services de scientifiques européens, chargés de propager la bonne nouvelle transgénique dans les journaux d’influence.

Véro : Bonjour ! Croyez-vous à l’engagement du Grenelle de l’environnement de suspendre les essais en plein champ d’OGM ?

Pour l’instant, la seule chose concrète que l’on a vue, c’est la suspension en France des cultures du maïs Mon810, le maïs de Monsanto. Mais les essais en plein champ continuent. Ce qui pose le problème de la contamination des cultures non transgéniques.

Jojo : Que voulez-vous dire quand vous écrivez que les OGM ont été mis sur le marché sans étude suffisante sur leur innocuité ?

La règlementation internationale des OGM repose sur ce qu’on appelle « le principe d’équivalence en substance ». En d’autres termes on a décidé, à priori, que par exemple, un soja transgénique est équivalent à un soja conventionnel, et donc puisqu’ils sont équivalents, il n’y a donc aucune raison de conduire des tests toxicologiques ou des tests sur leur impact environnemental.

Dans mon enquête, j’ai pu interviewer devant la caméra, James Maryanski, qui dirigeait le département des biotechnologiques à la FDA, l’agence réglementaire américaine qui s’occupe des aliments et des médicaments, au moment où a été établi ce principe d’équivalence en substance, en 1992.
James Maryanski a reconnu que ce principe d’équivalence en susbtance ne reposait sur aucune donnée scientifique préalable, mais sur une décision politique de la Maison Blanche. A cette époque, le Président s’appelait Ronald Reagan et son vice-Président George Bush père, qui devint lui même président des Etats-Unis. Le mot d’ordre de l’administration républicaine était : dérèglementation, il s’agissait de promouvoir l’industrie américaine, notamment sur les marchés internationaux, en réduisant au minimum ce qu’ils appelaient les « entraves bureaucratiques », à savoir les tests toxicologiques ou environnementaux sur les nouveaux produits. Le principe d’équivalence en susbtance a été établi en étroite collaboration avec Monsanto. Par un hasard des plus curieux, la FDA a recruté un ancien avocat de Monsanto, Michael Taylor, que j’ai longuement interviewé, et qui s’est chargé de rédiger la fameuse réglementation... avant devenir vice-président de Monsanto.

La règlementation proposée est loin d’avoir fait l’unanimité chez les scientifiques de la FDA qui l’ont même vivement critiquée, comme le prouvent la lecture des documents aujourd’hui déclassifiés de l’agence. Ces scientifiques ont dénoncé le principe d’équivalence en susbtance, disant qu’on ne pouvait pas décider sans l’avoir vérifié avec des études scientifiques. que le processus de manipulation génétique n’allait pas entraîner des effets toxiques pour les consommateurs.

Tous les OGM qui sont aujourd’hui cultivés n’ont jamais été testés de manière rigoureuse. Tous les scientifiques indépendants qui ont essayé de le faire, ont finalement perdu leur travail, ou ont été salis.

Cécile : La France s’est elle appuyé sur le même raisonnement pour autoriser un maïs OGM sur son territoire ?

Le principe d’équivalence en substance, tel que je viens de le décrire, a été repris partout dans le monde. Quand des tests sont réalisés par des fabricants d’OGM, comme Monsanto, il est très difficile de se procurer les données brutes des études, comme on l’a vu par exemple, avec le maïs Mon863, de Monsanto, un cousin du maïs Mon810.

Pour obtenir les données brutes de l’étude, dans laquelle des rats avaient été nourris avec le maïs OGM, il a fallu que le gouvernement allemand aille en justice, car Monsanto ne voulait pas fournir les documents, au motif qu’ils relevaient du secret commercial.

Quand la justice a ordonné à Monsanto de les fournir, on s’est rendu compte que les rats présentaient des anomalies inquiètantes, mais au lieu de s’interroger sur l’origine de ces anomalies, et d’exiger des tests complémentaires, la Communauté européenne a tout simplement décidé de suspendre la culture du Mon863...

Philippe : Pensez-vous que l’agriculture biologique puisse survivre en France une fois que la culture des OGM sera autorisée puisqu’il semble que nous n’y échapperons pas face au pouvoir des lobbies ?

Les cultures transgéniques sont complètement incompatibles avec l’agriculture biologique, à cause du problème de la contamination par pollennisation. C’est tellement vrai qu’un document secret de la Communauté européenne, révélé par l’ONG Greenpeace, et dont je parle dans mon livre, souligne que les cultures de maïs transgéniques entraîneront la disparition du maïs biologique.

* Le monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin, aux éditions La Découverte

Notes

[1] Le Monde selon Monsanto, de Marie-Monique Robin, ce soir, 21 heures, Arte. Le livre, préfacé par Nicolas Hulot, est paru le 6 mars (la Découverte-Arte éditions), 20 euros.

Mis en ligne le 12 mars 2008
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