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Europe Solidaire Sans Frontières

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            • Miguel Abensour
            • Mireille Delmas-Marty
            • Olivier Besancenot
            • Paul Blanquart
            • Philippe Corcuff
            • Pierre Bourdieu
            • Pierre Brocheux
            • Pierre Goldman
            • Pierre Granet
            • Pierre Rousset
            • Pierre Salama
            • Pierre Vandevoorde
            • Régine Cazin
            • René Cottrez
            • Roger Mathieu
            • Roland Lew
            • Roland Vacher
            • Sophie Ozanne
            • Suzanne Citron
          • Santé (Gauche radicale, France)
            • Epidémies, pandémies (Gauche radicale, France)
          • Histoire du PCF (France)
        • Capitalisme français, patronat
        • Fascisme, extrême droite, droite extrême (France)
          • Extrême droite (écologie, France)
          • Extrême droite juive (France)
          • Femmes, genres, sexualités (extrême droite)
          • Histoire (extrême droite, France)
          • Jean-Marie Le Pen
        • Agriculture, pêche, rural (France)
        • Andorre
        • Culture (France)
          • Edition, livre (culture, France)
          • France : Culture et conditions de travail
        • Démographie (France)
        • Droits humains, libertés (France)
          • Répression (France)
          • Attentats (France)
          • Droit(s) des enfants (France)
          • Epidémies, pandémies (droits humains, France)
          • Handicap, handicapé (droits humains et libertés, France)
          • Justice, droit (France)
            • Syndicat de la magistrature
          • Liberté d’association (France)
          • Liberté de presse, d’expression, de manifester (France)
          • Politiques sécuritaires (France)
            • Police, armes (France)
            • Services secrets (France)
          • Prisons (France)
        • Écologie (France)
          • Ecologie : Parc des Beaumonts (France)
            • Informations, guide (Parc des Beaumonts)
            • Interlocuteurs territoriaux (Parc des Beaumonts)
            • Chroniques beaumontoises
            • Nature : chroniques d’ailleurs
            • Objectifs et conceptions (Parc des Beaumonts)
            • Vagabondages (Parc des Beaumonts)
            • Amphibiens
            • Botanique
              • Botanique : chroniques
              • Botanique : rapports
            • Champignons
              • Champignons : Chroniques
              • Champignons : Rapports
            • Crustacés : chroniques
            • Entomologie
              • Rapports (Entomologie)
                • Rapports d’ailleurs (entomologie)
              • Chroniques (Entomologie)
            • Géographie environnementale (Parc des Beaumonts)
            • Mammifères
            • Mollusques
              • Mollusques : chroniques
              • Mollusques : rapports
            • Ornithologie
              • Ornithologie : chroniques
              • Ornithologie : chroniques d’ailleurs
              • Ornithologie : rapports
            • Reptiles
          • Mouvements (écologie)
          • Orientation gouvernementale (Ecologie, France)
          • Biodiversité (France)
          • Catastrophe naturelle (France)
          • Catastrophes industrielles (France)
          • Chasse, braconnage (France)
          • Climat (France)
            • Climat & taxe carbone (France)
          • Condition animale (France)
          • Eau, cours d’eau (France)
          • Energie (France)
          • Energie nucléaire (France)
          • Grands Projets (France)
          • Lettre de la CNE (LCR, France)
          • Ressources minières (écologie, France)
          • Transports (Ecologie, France)
        • Economie, social, inégalités (France)
          • Inégalités sociales (France)
          • Budget (France)
          • Dette (France)
          • Finance (France)
          • Fiscalité (France)
          • Géographie sociale (France)
          • Industrie (France)
          • Migrants (France, économie)
          • Pauvreté (France)
          • Précarité, crise socio-économique (France)
          • Transports (France)
            • Transports - Automobile
            • Transports - Publics, en commun (France)
            • Transports - SNCF, rail (France)
            • Transports - Vélo (France)
            • Transports aérien (France)
        • Education & jeunesse (France)
          • Analyse, histoire de la jeunesse (France)
          • Epidémies, pandémies (éducation, France)
          • Histoire des luttes de la jeunesse scolarisée (France)
        • Enfance (France)
          • Epidémies, pandémies (enfant, santé, France)
        • Handicap, handicapé (France)
        • Histoire (France)
          • Histoire & mémoire
            • De Gaulle, Ve République (histoire, France)
            • Front Populaire (1936)
            • Guerres mondiales (Histoire, France)
            • La France de Vichy
            • La France en Algérie (1945-1962)
            • La France et la question coloniale
            • La Révolution française
          • Histoire (Corse)
          • Histoire des luttes populaires (France)
        • Impérialisme français, relations internationales (France)
          • Armement, nucléaire (France)
          • Françafrique / Océan Indien occidental (France)
            • La France et le Rwanda (France)
          • France, MOAN, Méditerranée (France)
            • Palestine, Israël (France, relations internationales)
          • Relations France-AL/Caraïbes (France)
          • Relations France-Asie & Pacifique (France)
          • Transnationales (France)
        • Laïcité et religions (France)
          • Christianisme (France)
          • Enfants victimes (religions, France)
          • Femmes (laïcité, France)
          • Islam / Musulmans (France)
        • LGBT+ (France)
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          • LGBT+ (Histoire, France)
        • Logement (France)
        • Luttes & solidarités (France)
          • Coopération & convergence des résistances sociales (France)
          • Vagues d’indignation
          • Associatif (France)
        • Media (France)
        • Migrant.es, réfugié.es, diaspora (France)
          • Citoyenneté, droits (Migrant.esn France)
            • Droit et lois (Migrant.es, France)
            • La Cimade
          • Enfant, jeune (Migrant.es, France)
          • Histoire (Migrations, France)
          • LGBT+ (Migrant.es, France)
          • Afghan.es (migrations, France)
          • Africain.es (Migration, France)
          • Chinois.es (Migration, France)
          • Maghrébin.es (Migration, France)
          • Palestien.nes (migrants ; France)
          • Santé (migrants, France)
            • Epidémies, pandémies (santé, Migrant.es, France)
          • Syriens / Syriennes (réfugié.es, France)
          • Tamoul.es (Migration, France)
          • Tchétchènes (migrants, France)
          • Ukraine (migrants, France)
        • Militaire (France)
          • Armes, Armées (France)
        • Outre-Mer (possessions françaises, France)
          • Epidémies, pandémies (santé, Outre-Mer, France)
        • Protection sociale, droits sociaux (France)
          • Chômage, emploi (France)
          • Couverture maladie, sécu (France)
            • Caisse nationale des allocations familiales (CNAF)
          • Droit du travail (France)
          • Retraites (France)
          • Salaire (France)
          • Temps de travail (France)
        • Quartiers populaires (France)
        • Racisme (France)
          • Gauches en France (Racisme, antiracisme)
          • Racisme et police (France)
          • Racisme et syndicalisme (France)
          • Asiatiques (racisme, France)
          • Chrétiens (racisme, France)
          • Juif (racisme, France)
          • Kurdes (racisme, France)
          • Musulmans, Arabes (racisme, France)
          • Noirs (racisme, France)
          • Roms (racisme, France)
          • Tchétchènes (racisme, France)
        • Régimes, partis politiques, idéologies (France)
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          • Mutation du travail (France)
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  • Résolution sur la question nationale en Belgique

Résolution sur la question nationale en Belgique

dimanche 12 décembre 2010, par LCR-SAP (Belgique)

  
  • Pouvoir/Etat
  • Programme (politique)
  • Belgique
  • LCR-SAP (Belgique)
  • Institutions (Fr)
  • Bruxelles

Cette résolution sur la question nationale en Belgique, a été adoptée par la Direction nationale de la
Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR)
le 12 décembre 2010.

Ce texte sert de base de discussion pour notre prochain congrès national en juin 2011 et
sera soumis au vote à cette occasion. Entretemps il est la position provisoire de la LCR sur
cette question.

Nous soumettons également ce texte à une discussion publique et critique afin de l’enrichir
et de le préciser.

  Sommaire  
  • I. Le développement historique
  • II. La crise des réformes (…)
  • III. L’autonomisation relative
  • IV. Pour un fédéralisme (…)
  • V. La question de Bruxelles
  • VI. BHV et la Périphérie (…)
  • VII. Mobiliser le mouvement

L’actuelle Belgique fédérale « est une construction institutionnelle complexe, hybride, illisible... ...que les politiciens eux-mêmes n’arrivent plus à gérer »
(Kris Peeters, ministre-président de la région flamande, et Rudy Demotte, ministre-président
de la Région wallonne et de la Communauté française)

1. Pour les marxistes, ce que l’on appelle communément la « querelle
communautaire » constitue en réalité la « question nationale » belge.
Cette question nationale n’a pas un caractère immuable ; de la nais-
sance et du développement du capitalisme jusqu’à l’époque de l’impérialisme et du capitalisme tardif ensuite, son contenu et ses formes
ont constamment évolué au fil du temps, ce qui implique nécessairement d’adapter notre analyse et nos solutions afin de la résoudre. Ces
solutions passent par un ensemble de revendications transitoires qui,
par définition, dépendent étroitement du contexte historique, du rapport de forces global entre les classes et du niveau de conscience de
classe à un moment déterminé.

2. Pour la LCR, la question nationale doit être exclusivement abordée du point de vue de la défense des intérêts des travailleurs-euses
et, dans ce cadre, d’une prise en compte des oppressions spécifiques
des jeunes, des femmes, des immigré-e-s. En tant que marxistes révolutionnaires, nous reconnaissons le droit des peuples à l’autodéter-
mination, mais ce droit n’est pas un principe abstrait dont découlerait
automatiquement son application. En fonction de l’analyse concrète
de chaque situation concrète, nous nous réservons le droit d’être pour
ou contre telle ou telle réforme institutionnelle selon qu’elle met ou
non les exploité-e-s et les opprimé-e-s dans une situation plus favorable à la promotion de leurs droits démocratiques et sociaux par leur
unité d’action.

3. Aborder la question nationale à partir des intérêts des travailleurs-
euses et du point de vue de la lutte des classes ne revient donc pas à
nier les questions démocratiques et la lutte contre toute forme de discrimination ou d’oppression linguistique ou culturelle. Mais cela signifie intégrer ces questions sur ces bases et les articuler dans une
perspective et une orientation anticapitalistes qui, dans tous les cas,
assure l’indispensable sauvegarde d’une politique indépendante pour
les travailleurs-euses et leur solidarité de classe au-delà de toutes les
frontières, comme condition essentielle pour combattre toute forme
de chauvinisme ou de nationalisme réactionnaire.

 I. Le développement historique de la question nationale en Belgique

4. Depuis la naissance de l’Etat belge en 1830, les intellectuels de la
bourgeoisie ont créé et diffusé une Histoire officielle mettant en scène
une Belgique qui, même privée d’Etat, vivait de toute éternité « dans
les cœurs et les esprits » - d’Ambiorix à Charles Rogier, en passant
par Notger, Godefroid de Bouillon, les Comtes d’Egmont et de Hornes, Rubens et tant d’autres. Cette Histoire est purement mythique.
Contrairement à d’autres pays, la Belgique n’est pas le fruit d’un
long processus d’unification historique d’un « Etat-nation » [1]. Elle s’est
créée de manière tardive et artificielle, regroupant plusieurs populations au passé différent au sein d’un nouvel Etat unitaire. Quoique
celles-ci aient un certain nombre de traits communs, fruit de l’histoire
longue des « Pays Bas du Sud » et de la Principauté de Liège, le regroupement de ces populations dans le cadre de l’Etat belge résultait
plus des calculs stratégiques des grandes puissances européennes que
d’un élan populaire ou de l’existence préalable d’une conscience nationale belge.

En réaction, les mouvements nationaux flamands puis wallons ont
créé leur propre version de l’Histoire, sur les mêmes bases que l’Histoire officielle belge mais dans le cadre de leur région. Ces Histoires
sont tout aussi mythiques. Même si, elles aussi, peuvent prétendre
plonger certaines racines dans le passé et, en plus, dans la proximité
linguistique entre les populations, Flandres et Wallonie sont des créations récentes, qui n’émergent comme entités nouvelles que dans le
cadre de la Belgique, et en réactions successives au fonctionnement
d’un Etat unitaire francophone.

5. Cet Etat est profondément réactionnaire et illégitime dès sa nais-
sance, puisqu’il instaure une monarchie, qu’il n’y a pas de séparation
entre l’Eglise et l’Etat et qu’il est géré comme une entreprise capitaliste par une minorité masculine de 40.000 aristocrates et bourgeois disposant, seuls, du droit de vote. Dans ces conditions, l’exploitation de
la classe ouvrière naissante, privée de tout droit syndical ou politique,
est extrêmement brutale, c’est pourquoi Marx avait raison de présenter la Belgique comme le « paradis des capitalistes ».

Un développement inégal et combiné caractérise d’emblée cet Etat,
avec une Wallonie davantage industrialisée et une Flandre plus profondément rurale, qui deviendra rapidement pourvoyeuse de main
d’œuvre pour les grandes entreprises industrielles en Wallonie. Alors
que les populations parlent divers dialectes wallons et flamands, mais
aussi picard et lorrain, la bourgeoisie adopte une langue étrangère, le
français comme langue véhiculaire.

6. Le caractère politiquement peureux de la bourgeoisie industrielle
belge va être démontré par son traitement de la question nationale.
Pour unifier un marché national cohérent, elle doit construire un
Etat-nation unifié linguistiquement. C’est pourquoi le parti libéral,
expression politique de cette bourgeoisie industrielle, parvient entre
1848 et 1884 à imposer la francisation progressive de la future Wallonie. Par contre, en Flandre, où les propriétaires terriens et l’Eglise ne
veulent pas perdre le contrôle des populations qu’elles contrôlent via
l’enseignement religieux en flamand, la bourgeoisie refuse d’aller à
l’affrontement avec ces forces réactionnaires qui bloquent son projet
d’unité nationale mais peuvent être des alliées essentielles en cas
d’affrontement avec les classes populaires.

La bourgeoisie industrielle francophone renonce donc à franciser
le peuple flamand tout en imposant un Etat central fonctionnant de
manière strictement unilingue francophone. Elle provoque ainsi une
situation d’oppression nationale du peuple flamand dans le cadre de
l’Etat belge unitaire.

7. Le combat contre l’oppression du peuple flamand était un combat
à la fois social et démocratique et à ce titre il s’agissait d’un juste
combat qui se devait d’être soutenu par toutes les forces progressistes. Le fait que la social-démocratie naissante (le POB, ancêtre du PS
et du SP.a) s’est refusé à s’engager à fond dans la lutte contre cette
oppression nationale a empêché le développement potentiellement
anticapitaliste de ce combat et laissé le champ libre pour sa récupération par des forces petites-bourgeoises et bourgeoises, cléricales et
réactionnaires [2].

Cette erreur stratégique majeure était déjà le produit de la politique de collaboration de classe de la social-démocratie avec la bourgeoisie francophone. Elle explique dans une large mesure les différences entre les formations sociales au Nord et au Sud du pays (en
particulier poids de l’Eglise, de la social-démocratie, des syndicalismes chrétien et socialiste). On en paie encore le prix aujourd’hui.

8. Même si les dialectes wallons ont été, eux aussi, marginalisés,
pendant plus d’un siècle, la question nationale belge s’est essentiellement concentrée autour de cette oppression du peuple flamand. Né à
partir des années 1840, le mouvement flamand a eu une base populaire à partir de la fin du 19e siècle mais arrachera ses premières
conquêtes pour le respect de sa langue et de sa culture dès 1873, avec
la possibilité d’utiliser le néerlandais dans la justice, puis dans l’admi-
nistration en 1878 et enfin dans l’enseignement en 1883. En 1898 une
loi consacre l’égalité juridique du français et du flamand dans les textes législatifs et en 1921 des lois renforcent le bilinguisme dans les
administrations centrales.

9. Mais il faudra attendre 1932, soit un siècle après la création de
l’Etat belge, pour que l’essentiel des revendications linguistiques du
mouvement flamand soient satisfaites, avec la reconnaissance définitive du néerlandais comme langue officielle du pays et l’unilinguisme
territorial (seul le flamand pourra être utilisé dans les services de l’Etat en Flandre - sauf à Bruxelles et dans l’administration centrale
où l’on instaure le bilinguisme de services). Ces conquêtes seront
définitivement consacrées lors de la révision constitutionnelle de
1971, créant les Communautés et leur pleine autonomie dans la gestion des affaires culturelles et linguistiques.

Aujourd’hui, le nationalisme flamand n’est plus que l’enveloppe
du néolibéralisme ultra par lequel la classe dominante en Flandre
veut renforcer son pouvoir sur les travailleurs-euses du Nord, en les
dressant face aux travailleurs-euses du Sud, en brisant leurs conquêtes sociales communes et les mécanismes de solidarité interprofessionnelle qui les unissent.

10. La conscience nationale wallonne, quant à elle, ne s’est dévelop-
pée que plus tardivement par rapport au mouvement flamand. Naissant à la fin du 19e siècle, le mouvement wallon est d’abord l’expression de l’inquiétude des couches de fonctionnaires et de petits-bourgeois inquiets de la reconnaissance grandissante accordée au
néerlandais qui se combine souvent à une idéologie belgicaine réactionnaire et anti-flamande.s. Une conscience nationale wallonne n’acquiert une assise populaire
(et essentiellement ouvrière) qu’au lendemain de la Seconde guerre
mondiale, avec le début du déclin économique et industriel de la
Wallonie dans le cadre d’un Etat unitaire belge dominé par une droite
tirant sa force de son hégémonie en Flandre. Pour répondre à cette
situation, l’aile wallonne de la FGTB met en avant, après la grève de
1960-1961, la revendication du fédéralisme, combiné à des réformes
de structure auxquelles la gauche syndicale voulait donner un conte-
nu clairement anticapitaliste [3].

Mais, vidé de tout contenu anticapitaliste par le réformisme du
PSB et de la bureaucratie syndicale, le fédéralisme sera ensuite bradé
au rythme des compromis accompagnant les différentes réformes de
l’Etat et prendra au contraire un contenu nettement néolibéral à partir
des années 1980.

Une conscience nationale wallonne limitée s’est progressivement
diffusée en lien avec le renforcement progressif de la Région wallonne. Mais, sur le terrain social et revendicatif, elle n’a plus suscité au-
cune dynamique de masse parmi les travailleurs-euses. Le couplage
« conscience wallonne et lutte de classes » n’est plus porté – de plus,
dans une perspective très réformiste – que par certains secteurs syndicaux historiquement influencés par le « renardisme ».

11. En définitive, il n’est donc pas tout à fait exact d’affirmer que les
questions nationales et démocratiques ne peuvent être entièrement
résolues dans le cadre du capitalisme, mais elles ne le sont que de
manière partielle et limitée. Fondamentalement, depuis l’époque de
l’impérialisme, la bourgeoisie est incapable de les résoudre intégralement et de manière satisfaisante d’un point de vue social et démocratique. La base de la question nationale en Belgique ne réside plus
aujourd’hui essentiellement dans les différences et les inégalités socio-culturelles, mais bien dans la persistance de l’inégalité du développement économique et dans une superstructure institutionnelle
bâtarde, complexe et non démocratique (dont les contradictions sont
particulièrement explosives à Bruxelles et dans sa périphérie), le tout
étant surdéterminé par des politiques néolibérales qui aggravent et
accentuent ces contradictions.

 II. La crise des réformes néolibérales de l’Etat belge

12. La chute du gouvernement Leterme II et l’échec persistant des
négociations sur la réforme de l’Etat devant permettre la formation
d’un nouveau gouvernement, montrent que la réforme capitaliste de
l’Etat belge unitaire a créé un inextricable imbroglio, exacerbé dans
le contexte de la mondialisation néolibérale et de l’intégration antidémocratique de l’Europe capitaliste.

13. Au cours des trois dernières décennies, en même temps qu’elle
confiait une partie de ses prérogatives à l’Europe du Capital, la classe
dominante de Belgique a cru pouvoir répondre au défi du développement inégal de la Flandre et de la Wallonie par la décentralisation
d’une série croissante de compétences. Les réformes de l’Etat de
1971, 1980, 1988, 1993 et 2001 ont, officiellement, fait de la Belgique un « Etat fédéral ». Mais « fédérer » (du latin « federare ») signifie « rassembler, mettre ensemble », or aujourd’hui, bien que l’oppression de la Flandre ne soit plus qu’un souvenir, il est évident que
la réforme de l’Etat unitaire, loin de rassembler les peuples, n’a fait
que les séparer davantage.

14. Loin d’être « fédérale », la réforme de l’Etat unitaire a tout
d’abord débouché sur une construction institutionnelle hybride entre
le fédéralisme et le confédéralisme, au travers de la création d’entités
politiques (dotés de pouvoirs législatifs) à la fois culturelles et linguistiques d’une part (les 3 Communautés flamande, française et germanophone, mais dont les deux premières sont « hégémoniques » au
niveau fédéral) et territoriales d’autre part (les 3 Régions : flamande,
wallonne et bruxelloise, mais cette dernière n’ayant pas une pleine
autonomie constitutive), dont les découpages ne correspondent pas [4].

15. Outre sa complexité, avec l’asymétrie politique de plus en pous-
sée entre le Nord et le Sud et les clivages communautaires divisant y
compris les mêmes « familles politiques », cette construction impli-
que une tension conflictuelle permanente entre un fonctionnement
basé sur un compromis permanent et difficile entre les partis tradi-
tionnels des « deux grandes communautés » du pays, qui négocient
pratiquement aujourd’hui dans une logique « confédérale », et un
fédéralisme reposant sur les trois Régions. D’un strict point de vue
institutionnel, la réforme de l’Etat a débouché sur un mélange explo-
sif – car instable – entre régionalisme, confédéralisme communautai-
re et fédéralisme territorial [5].

16. Décidée « d’en haut » sans consultation populaire, débouchant
sur une structure complexe, peu lisible - donc peu transparente et
contrôlable - et surtout hypertrophiée (la Belgique compte 6 gouver-
nements, 55 ministres, 7 parlements et 631 parlementaires), c’est peu
dire que le régime institutionnel belge actuel jouit d’une faible légitimité et d’une piètre adhésion populaire. Cette construction s’est faite,
qui plus est, dans un contexte où une politique néolibérale dirigée
contre la majorité de la population était - et est plus que jamais - me-
née à tous les niveaux de pouvoir, dans le carcan européen des critè-
res de Maastricht et du Pacte de stabilité.

17. L’inégalité de développement Nord-Sud ne tombe pas du ciel :
elle découle des mouvements du capital, des « lois du marché libre »
et de la recherche du profit. Il en résulte que les écarts de développement entre Flandre et Wallonie ne pourront être comblés qu’à l’aide de mesures anticapitalistes, impliquant un rôle accru du secteur pu-
blic et de la planification sous contrôle démocratique. Sans incursions dans la propriété privée et la liberté de mouvement du capital,
la régionalisation de l’Etat unitaire ne pouvait qu’entraîner plus de
division. C’est pourquoi la gauche de la FGTB liait indissolublement
fédéralisme et réformes de structure anticapitalistes.

18. On paie aujourd’hui le prix du fait que cette alternative n’a pas
été imposée et a même été abandonnée par la gauche syndicale, qui a
déserté ce combat sur le terrain politique. En effet, la décentralisation
pseudo-fédérale capitaliste est allée de pair avec l’offensive brutale
de dérégulation et de privatisation des services publics, menée à l’échelle internationale depuis le début des années 80, où les politiques
néolibérales sont devenues hégémoniques. Le capitalisme néolibéral
organise et exacerbe la lutte de « tous contre tous » et la mise en
concurrence généralisée des travailleurs-euses, des peuples et des
territoires [6]. En parallèle, la mondialisation et la construction du marché unique européen ont entraîné le démantèlement des holdings (la
Société Générale...) autour desquels s’articulaient depuis un siècle et
demi la classe dominante et son Etat.

19. Cette évolution a profondément attisé les divisions et les différenciations au sein de la classe dominante, entre ses diverses fractions. Face à une bourgeoisie flamande qui s’est sans cesse affirmée
au cours du dernier demi-siècle, la bourgeoisie nationale belge s’est
au contraire considérablement affaiblie depuis trente ans, tandis
qu’on ne peut pas parler d’une bourgeoisie wallonne pleinement
constituée, car cette dernière est faible et a jusqu’ici davantage pensé
son action dans le cadre belge plutôt que strictement wallon, à la dif-
férence de la bourgeoisie flamande.

20. Aujourd’hui, l’intégration au capital transnational est telle qu’on
ne peut tout simplement plus parler d’un capitalisme national belge :
celui-ci a été remplacé par des multinationales, d’une part, et par une
nébuleuse de PME, d’autre part. C’est peu dire que l’Etat belge et ses
entités fédérées sont sans prise sur la stratégie internationale des premières... Quant aux secondes, leur développement dépend étroitement de la politique économique et d’innovation déployée par les
Régions, à partir de leurs réalités spécifiques. Le résultat est là : au
niveau de l’infrastructure économique de la société, le pseudo-fédéralisme capitaliste a creusé les écarts entre les deux parties du
pays, au lieu de les réduire [7].

21. En même temps, le fossé s’est approfondi également au niveau
de la superstructure - politique, idéologique et culturelle - de la société. La raison réside en dernière instance dans l’évolution de la base économique : dans le contexte global - sans précédent - de redressement des profits sans relance de l’accumulation, avec crise sociale
à la clé, que l’on connaît depuis le début des années ’80, le fait que
les deux régions plus riche et plus pauvre du pays correspondent en
gros aux territoires occupés par des peuples parlant des langues dif-
férentes (et comprenant de moins en moins celle du voisin) a contribué à créer un terrain propice aux tensions communautaires.

 III. L’autonomisation relative de la sphère politique

22. Cependant, ces tensions ne se sont pas développées toutes seules : des facteurs purement politiques, en partie autonomes, sont intervenus. Pour des raisons électorales et de défense des appareils bureaucratiques, les tensions ont été exacerbées voire suscitées par le
personnel politique de tous les partis traditionnels, sans exception.
Rien de plus simple en effet que de pointer le bouc émissaire de l’autre communauté pour dissimuler sa propre absence totale de solutions aux crises sociale, économique et écologique. Cette dynamique
de « communautarisation » est donc elle aussi le produit de la régionalisation pseudo-fédérale.

En effet, tout en accentuant les forces centrifuges économiques,
celle-ci a créé au fil du temps une situation où deux sociétés qui développent des vies sociales, politiques et culturelles de plus en plus
indépendantes, coexistent au sein d’un Etat dont elles n’ont jamais
été appelées à déterminer les formes. Il a suffi d’un quart de siècle de ce régime pour que le personnel politique « national » capable d’appréhender et d’articuler l’ensemble « fédéral » disparaisse quasi
complètement, ce qui complique en retour la gestion de l’Etat bourgeois.

23. Le transfert massif de compétences vers l’Union Européenne
(UE) a encore accéléré cette tendance : en effet, dans une situation
où quelque 80% de la législation « belge » découle de décisions prises anti-démocratiquement au niveau supranational, la tentation est
encore plus forte pour les politicien-ne-s de tout poil de se focaliser
sur les questions communautaires. Quant à l’intelligentsia, en particulier l’intelligentsia de gauche, elle fuit ses responsabilités et préfè-
re se tourner vers Paris, Londres ou Amsterdam plutôt que de contribuer à décrypter une situation dont la compréhension est pourtant
décisive à l’émancipation des travailleurs-euses.

24. Toutes les organisations patronales, y compris l’UNIZO, ont
plaidé pour la stabilité et contre la chute du gouvernement Leterme
II ; or celle-ci a été provoquée par l’Open VLD, qui est un parti pro-patronal. C’est dire que la situation est totalement incompréhensible
pour les marxistes mécanistes, qui imaginent que le cours politique
de la société est déterminé directement par son infrastructure économique. La crise constitue au contraire un exemple d’autonomie relative de la sphère politique par rapport à la sphère économique.

25. Son moteur principal est la lutte pour le leadership au sein d’une
droite flamande hégémonique mais de plus en plus morcelée. Certes,
cette compétition plonge ses racines dans la contradiction entre les
besoins spécifiques du capitalisme en Flandre et un certain nombre
de blocages institutionnels (certaines caractéristiques de l’Etat
pseudo-fédéral) ou politiques (le heurt avec les besoins différents de
gestion de la crise capitaliste au Sud du pays).

En dernière instance, le fond de l’affaire est donc bien que la situation économique, sociale et politique au Nord du pays dégage
l’espace pour une politique néolibérale non seulement plus brutale et
agressive mais aussi sensiblement différente de celle qui peut être
déployée au Sud. C’est ce qui explique que la bourgeoisie flamande
soit demandeuse, non pas de l’éclatement de la Belgique au profit
d’un Etat flamand indépendant, mais bien d’un transfert accru de
compétences et d’une autonomie accrue de la Flandre et d’une scission de certains secteurs de la Sécurité sociale.

26. Mais ce projet se heurte à la résistance de la monarchie, qui lutte
pour sa survie. Il se heurte aussi aux partis francophones, qui craignent une déstabilisation de leur propre pouvoir et de leurs propres
appareils.

La question de la social-démocratie wallonne est ici décisive. De-
puis 20 ans, en effet, la social-démocratie se maintient électorale-
ment alors qu’elle est convertie au néolibéralisme et collabore activement au détricotage de la sécurité sociale. Cette anomalie, sans équivalent en Europe, s’explique essentiellement par le fait que le PS
mobilise la FGTB et l’électorat populaire en se présentant comme le
rempart francophone contre le recul social dû au « méchant loup nationaliste flamand ». En cas de scission (totale ou partielle) de la sécurité sociale, les cotisations des seuls travailleurs actifs de Wallonie
ne pourraient pas assurer l’équilibre du système. Il en résulterait une
nouvelle montée de la misère sociale. Le PS en paierait le prix fort
sur le plan électoral.

27. Dès lors, l’autonomie relative du facteur politique fait que les
blocages dans le cadre pseudo-fédéral se présentent pour ainsi dire
sous une forme « sublimée ». Au Sud du pays, ils favorisent le vote
utile pour une social-démocratie qui, sous couvert de défense des
acquis, s’aligne fondamentalement derrière la monarchie et l’ordre
établi pseudo-fédéral. Au Nord, ils alimentent la recomposition à
droite d’un paysage politique de plus en plus balkanisé. Outre le
Vlaams Belang raciste et fasciste, on a vu l’émergence de nouveaux
partis de droite qui contestent la domination historique du camp
bourgeois par la famille social-chrétienne (et sa politique de collaboration de classe par le biais de l’ACW au sein du CD&V) et mettent
sous pression l’Open-VLD.

28. Dans ce cadre, le succès de la N-VA ne s’explique pas seulement
par les erreurs de stratégie des autres partis. La crise capitaliste a
frappé la Flandre de plein fouet. Les destructions d’emplois et les
fermetures d’entreprises y ont été beaucoup plus nombreuses qu’à
Bruxelles et en Wallonie. Le mythe d’une Flandre opulente et prospère vantée par tous les politiciens flamands s’est effondré [8]. Un
spectre s’est mis à hanter le plat pays, celui de la « wallonisation » :
la peur de connaître le même sort que la Wallonie depuis les années
60, c’est-à-dire la désindustrialisation massive. La fermeture d’Opel
à Anvers en est le symbole dans une région où nombre d’emplois
directs ou indirects dépendent de l’industrie automobile.

La peur panique d’une certaine Flandre d’être prise en tenaille
entre une mondialisation où elle pèse si peu et une Wallonie sinistrée
dont elle refuse de partager le sort a enclenché une fuite en avant
vers plus d’autonomie pour rétablir la compétitivité de la Flandre.
D’où la volonté de la N-VA de scinder la Sécurité sociale et la
concertation salariale pour enclencher une spirale à la baisse des sa-
laires. Si ce sentiment est encore peu répandu dans la classe des travailleurs, il s’est largement emparé des classes moyennes et d’une
partie de la bourgeoisie du nord du pays.

29. Voilà pourquoi le blocage de la réforme de l’État est apparu comme insupportable aux yeux de l’opinion publique flamande. La NVA a été perçue comme le seul parti capable d’imposer une percée
dans ce domaine après les revers successifs du CD&V qui a préféré
sacrifier le cartel et ses promesses à la stabilité gouvernementale. Le
vote pour plus d’autonomie se double ainsi d’un vote anti-establishment qui a jadis profité au Vlaams Belang et à la Lijst Dedecker. Contrairement à l’image véhiculée par certains médias francophones, le succès de formations comme le N-VA et la Liste De Decker (LDD) provient en partie d’une certaine forme de modernité
et de radicalité anti-establishment. Celle-ci s’exprime notamment
dans le fait qu’ils promettent, à l’inverse de l’ex-Volksunie, de ne
pas reculer face à la monarchie (archaïque par définition) et à la menace d’un chaos institutionnel. Au contraire, ces partis misent sur ce
chaos pour concrétiser leur projet et remodeler profondément la carte, non seulement sur le plan institutionnel (face aux francophones),
mais aussi sur les plans social et politique (face au mouvement ouvrier en Flandre).

30. Tant au Nord qu’au Sud, la surenchère communautaire et inter-
classiste constitue donc une diversion commode face aux vrais enjeux. Mais cette diversion, loin d’être un simple « cirque politique »,
constitue au contraire une menace sérieuse car elle favorise l’individualisme, le nationalisme et le rejet primaire de l’action politique,
qui font le jeu de la droite extrême et de l’extrême-droite, comme en
atteste par exemple l’essor en Wallonie et à Bruxelles d’un parti populiste comme le mal nommé Parti Populaire de Modrikamen.

31. La virulence de la polémique communautaire, en particulier sur
BHV, est à la mesure des enjeux socio-économiques qui la soustendent, de part et d’autre de la frontière linguistique. Or, ces enjeux,
en premier lieu la défense de la Sécurité sociale, concernent des millions de travailleurs-euses menacé-e-s par la crise capitaliste.

Par quelle alchimie des questions aussi fondamentales peuvent-elles se transformer en polémique sur la scission d’un arrondissement
et le sort des francophones habitant la périphérie flamande de
Bruxelles ? Alors que les problèmes sociaux, économiques et écologiques sont si brûlants, comment se fait-il que des partis bourgeois
traditionnels puissent faire tomber un gouvernement sur BHV, même
quand une solution raisonnable semble à portée de la main ?

On ne peut pas répondre à ces questions simplement en invoquant
la manipulation, la diversion ou le conditionnement de l’opinion pu-
blique par les médias et par la classe politique, ou l’autonomie relative de celle-ci. Qu’on le veuille ou non, il faut prendre en compte les
cicatrices laissées par la question nationale.

32. Il n’y a plus d’oppression nationale du peuple flamand, on l’a dit.
Mais les ressentiments nationaux et les préjugés ont la vie dure, de
part et d’autre de la frontière linguistique. L’Etat belge n’a jamais
reconnu les injustices commises contre le peuple flamand et n’a jamais présenté d’excuses. Au Nord, BHV constitue un fétiche parce
que la non-scission apparaît comme le symbole du refus historique
des francophones d’accepter le fait national flamand et sa conséquence : l’autonomie territoriale. Au Sud, l’arrogance chauvine et méprisante des bourgeois et des petit-bourgeois francophones à l’encontre
des Flamand-e-s est loin d’avoir disparu, et elle contamine aussi une
partie de la classe ouvrière wallonne, même parmi les syndicalistes
conscient-e-s. Par ailleurs, du côté francophone, la détermination
flamande a scinder BHV ravive des souvenirs douloureux liés aux
circonstances de la fixation de la frontière linguistique et du régime
linguistique imposés en 1963 par la majorité flamande à la minorité
francophone.

33. Tous les partis bourgeois portent ici une responsabilité, mais celle de la social-démocratie est déterminante. Dès la première guerre
mondiale, la social-démocratie a en effet sacrifié les droits nationaux
démocratiques du peuple flamand en général, et ceux des prolétaires
flamand-e-s en particulier, sur l’autel de sa collaboration de classe
avec la bourgeoisie francophone.

Cette erreur stratégique fondamentale a permis la récupération de
la question nationale flamande par le petit clergé, ce qui a jeté les
bases pour une hégémonisation ultérieure du mouvement national
par des forces de droite nationalistes.

Par la suite, les droits nationaux démocratiques n’ont été consentis au peuple flamand qu’à reculons, sans s’accompagner de réformes
sociales, et seulement sous la pression du fait que les rapports de force économiques étaient de plus en plus favorables au Nord du pays.
Pour tenter de s’y opposer, la social-démocratie wallonne a été jusqu’à surfer sur le populisme nationaliste d’un José Happart.

34. Il ne faut pas s’étonner, dès lors, si, au fur et à mesure de la montée en puissance économique de la Flandre, une sorte de nationalisme
de région impérialiste riche a pour ainsi dire fusionné avec l’idéologie néolibérale arrogante et « recyclé » les souvenirs de l’oppression
nationale passée pour donner ce cocktail aux relents égoïstes, bornés
et xénophobes, qui se concrétise par exemple dans le « Wooncode ».
Ce Code flamand du logement conditionne l’octroi de logements so-
ciaux à l’apprentissage du néerlandais, une mesure discriminatoire
prétendument dirigée pour contrer « l’Olievlek » (la « tâche d’huile »
de l’extension continue des francophones en périphérie bruxelloise)
mais qui est aussi (et surtout) appliqué contre les immigré-e-s dans
toutes les grandes villes de Flandre.

35. Ce cocktail entre un nationalisme égoïste de région riche et
l’idéologie néolibérale n’est nullement l’apanage de la Flandre.
Dans les années 1970, en Europe, on a pu assister à une montée
de mouvements nationalistes et régionalistes qui se développaient
dans des régions pauvres, étaient orientés à gauche – voire même se
présentaient comme anti-impérialistes et socialistes – et luttaient
contre la domination et l’oppression de la part de leur bourgeoisie
centralisatrice.

Mais, après 30 ans de rouleau compresseur néolibéral ces mouve-
ments sont aujourd’hui en recul. Ce sont au contraire des mouvements nationalistes-populistes qui ont le vent en poupe aujourd’hui,
soit dans des pays riches qui ne veulent plus payer pour les pays plus
pauvres en Europe et pour les immigrés (Hollande, Scandinavie, Autriche...), soit dans des régions riches qui ne veulent plus payer pour
les régions pauvres de leur Etat (Italie du Nord et dans une moindre
mesure Catalogne). De plus, l’Union européenne pousse au développement d’une « Europe des Régions », non pas pour des raisons dé-
mocratiques, mais pour faciliter la démantèlement d’acquis sociaux
conquis à l’échelle des Etats-nations et favoriser la concurrence
« libre et non faussée » entre les travailleurs-euses de ces dizaines de
« Régions » au sein du marché commun.

 IV. Pour un fédéralisme solidaire et démocratique

36. La réforme pseudo-fédérale de l’Etat confirme que les revendications nationales, comme les aspirations démocratiques en général, ne
peuvent être satisfaites que partiellement et insuffisamment dans le
cadre capitaliste.

En tant que marxistes-révolutionnaires, notre objectif stratégique
n’est pas de réaménager l’appareil d’Etat capitaliste, mais bien de le
détruire, quel qu’il soit. Pour y parvenir, toute notre action est destinée à élever la conscience de classe, l’unité du mouvement ouvrier, à
unifier et centraliser ses luttes, à renforcer sa confiance en ses propres forces, sa capacité d’action et d’organisation, à mettre en avant la
nécessité, pour les travailleurs-euses, de se doter de leur propre ins-
trument politique qui soit rigoureusement indépendant de la bour-
geoisie.

Mais ces objectifs fondamentaux ne peuvent être invoqués comme un prétexte pour esquiver toutes les questions institutionnelles et
en renvoyer les réponses concrètes « après la victoire du socialis-
me ». La question est donc : que répondre aujourd’hui ?

37. Comme on l’a vu, le principe de base des marxistes sur la question nationale est celui du libre droit des nations à disposer d’elles-mêmes, de leur droit à l’autodétermination. Mais ce droit n’implique
pas mécaniquement le soutien à la séparation. Aujourd’hui, la Wallonie n’est pas une nation exploitée économiquement par la Flandre et
le peuple flamand n’est pas opprimé (et il ne l’a jamais été de cette
manière là) en tant que nation par « les Wallons » ou « les francophones ».

38. La crise politique du « fédéralisme néolibéral » surdétermine
dans notre pays la manière dont l’austérité sera appliquée dans notre
pays. Dans le contexte actuel, la nouvelle réforme de l’Etat et les mesures de régionalisation accrues constituent en elles-mêmes des mesures d’austérité et de régression sociale pour tou-te-s les travailleurs-euses du pays [9].

Elles sont justement menées dans le but d’appliquer une politique
néolibérale plus brutale, en divisant le mouvement ouvrier et en se
débarrassant de conquêtes sociales historiquement arrachées dans le
cadre fédéral par l’ensemble du mouvement ouvrier. Une lutte déterminée doit être menée contre la surenchère communautaire, contre
toutes les formes de nationalismes, y compris belgicain, et pour l’unité de tou-t-es les travailleurs-euses.

39. Bien que peu probable à court terme du fait de l’existence d’une
dette publique gigantesque et de la question de Bruxelles, la LCR
rejette malgré tout toute issue « séparatiste » qui déboucherait sur la
constitution d’Etats indépendants. Dans le contexte néolibéral et capitaliste actuel, cette perspective signifierait une profonde régression
sociale pour les travailleurs-euses et les allocataires sociaux du Nord
et du Sud.

40. Pour les mêmes raisons, la LCR s’oppose également aujourd’hui à
toute perspective de « confédéralisme » [10]. Comme on l’a vu, le système « fédéral » actuel comporte déjà des éléments de confédéralisme
qui, dans le contexte néolibéral dominant, accentuent l’imbroglio ins-
titutionnel, la concurrence et les conflits entre les deux
« communautés ». L’objectif d’un confédéralisme « intégral » est aujourd’hui porté par la N-VA comme étape pour une scission future du pays avec un contenu néolibéral agressif qui signifierait une profon-
de régression sociale pour la classe ouvrière.

41. Face à l’agenda porté par la N-VA (régionalisation plus poussée
de l’ISOC et de l’IPP, scission des allocations familiales et des politiques de l’emploi, des soins de santé ou de la formation des salares...), il s’agit au contraire d’unir le mouvement ouvrier autour de
revendications contre la crise et pour le maintien (et le renforcement)
de la solidarité interprofessionnelle, de ses conquêtes sociales acquises au niveau fédéral. Autrement dit : pour une Sécurité sociale forte
et intégrale et pour le maintien du caractère fédéral des conventions
collectives du travail et du droit du travail.

42. Pour la LCR, la défense de cette unité du mouvement ouvrier et
de ses conquêtes historiques ne se confond nullement avec la défense
du statu quo et du cadre institutionnel actuel, elle doit au contraire en
être nettement distinguée. Elle ne se confond nullement, non plus,
avec un illusoire retour en arrière à l’Etat belge unitaire « de papa ».
En termes de conquêtes sociales, il ne s’agit pas seulement de préser-
ver ce qui existe, mais justement de l’améliorer afin de garantir son
maintien.

C’est notamment le sens de notre défense d’une Sécurité sociale
forte, intégrale et fédérale. Cette conquête n’est pas le fruit de la Bel-
gique unitaire, elle a été arrachée par le mouvement ouvrier, indépendamment du contexte institutionnel, et doit être préservée indépendamment de l’évolution de celui-ci. La seule manière efficace d’empêcher toute remise en cause de son caractère fédéral est de revendi-
quer une gestion purement ouvrière de la Sécu, par les seules organisations syndicales, en excluant de ses organes de gestion les représentants patronaux et en interdisant toute forme de marchandage par
les partis traditionnels.

43. Sur les questions démocratiques et institutionnelles, nos réponses
partent de la nécessité d’instaurer un véritable fédéralisme solidaire et
démocratique. Comme le soulignait Ernest Mandel, « Du point de
vue marxiste, le fédéralisme est la forme d’organisation étatique
idéale lorsqu’il s’agit d’un Etat multinational »
, ce qui est bien le cas
de la Belgique.

Mais le fédéralisme, en soi, n’a rien d’anticapitaliste et ses formes
institutionnelles peuvent être extrêmement variées. La LCR plaide
aujourd’hui pour un fédéralisme solidaire et démocratique en Belgique, basé sur l’existence de trois Régions (Flandre, Wallonie et
Bruxelles) pleinement égales, aux compétences homogènes sur leur
propre territoire et garantissant l’égalité des droits entre tous et toutes
et le respect des droits des minorités.

44. Un fédéralisme solidaire et démocratique suppose que l’on mette
fin à la « dualité » de l’architecture institutionnelle actuelle par la disparition des Communautés flamande et française et le transfert de
leurs compétences aux trois Régions. La reconnaissance constitution-
nelle de la nation flamande au sein de l’Etat belge, à travers la créa-
tion d’une Communauté flamande en 1971, a été une étape nécessaire
pour en finir avec les derniers vestiges de l’oppression historique du
peuple flamand. Aujourd’hui, ce dernier dispose d’une pleine autono-
mie en matière linguistique et culturelle au sein de sa Région et des
garanties pour la minorité flamande de Bruxelles consacrée par le
caractère institutionnel bilingue de cette Région [11].

45. Un fédéralisme démocratique implique une simplification des
structures institutionnelles afin que la population puisse se saisir des
enjeux politiques et exercer un droit de regard, de contrôle et de
sanction à leur égard. Outre la disparition des Communautés, cela
entraîne la nécessité de supprimer les Provinces, devenues super-
flues, et leurs députations permanentes, en transférant leurs compétences aux Régions, et, tout comme pour les Communautés, sans per-
te d’emploi et avec maintien des acquis pour les travaillleurs-euses
des administrations concernées.

46. Un fédéralisme démocratique implique l’instauration d’un scrutin
à la proportionnelle intégrale, et donc la suppression du seuil électoral antidémocratique - fixé aujourd’hui à 5% - pour obtenir un premier élu-e. Il suppose également la fin des « parlements de législature » pour les Régions. Contrairement au niveau fédéral, où le gouver-
nement peut dissoudre le parlement et où ce dernier peut faire tomber
le premier par un vote de défiance provoquant ainsi dans les deux cas
des élections anticipées, il faut au contraire une majorité de rechange
pour faire tomber un exécutif régional, ce qui permet à l’exécutif en
question d’échapper à la pression et à la sanction populaire.

47. Toute solution démocratique passe nécessairement en outre par
l’abolition de tous les vestiges de l’Ancien Régime et des privilèges
accordés à l’Eglise (dont les financements publics de cultes), par la
séparation complète entre l’Eglise et l’Etat, par l’abolition de l’institution archaïque de la Monarchie et l’instauration d’une République
fédérale. Le caractère démocratique d’un fédéralisme solidaire serait
en outre renforcé par des mesures telles que le contrôle et la révocabilité de tou-s les élu-e-s par leurs mandant-e-s au travers d’un référendum révocatoire ; la limitation du cumul de leurs mandats et la
limitation de leurs rémunérations au salaire moyen d’un-e travailleur-euse qualifié-e [12]. La citoyenneté et les droits politiques égaux doivent
en outre être radicalement déconnectés et distingués de la nationalité
ou de toute appartenance linguistique ou culturelle. Toute personne,
européenne ou non-européenne, résidant sur le territoire belge depuis
une durée minimale doit jouir des mêmes droits sociaux et politiques,
dont le droit de vote et d’éligibilité à tous les niveaux électoraux :
communal, régional, législatif et européen.

48. Concernant la minorité germanophone, la LCR plaide pour une
consultation populaire de cette dernière lui permettant de choisir : soit
pour le retour à l’Allemagne de ces cantons annexés par la Belgique
au lendemain de la Première guerre mondiale (ce qui ne semble pas
être l’option voulue aujourd’hui, mais qui devrait être respectée au
cas où elle s’exprimerait) ; soit pour se constituer en Région à part
entière ; soit pour maintenir une Communauté germanophone spécifique intégrée à la Région wallonne, cette dernière devant alors garantir ses droits linguistiques, culturels et politiques (intégration au col-
lège électoral wallon avec représentation garantie au sein de son Parlement et de son gouvernement).

 V. La question de Bruxelles

49. Comme dans la plupart des grandes métropoles, les inégalités, les
injustices sociales et les discriminations sont particulièrement criantes à Bruxelles.

La capitale génère près de 20% des richesses en Belgique alors
qu’elle ne compte que 10% de ses habitant-e-s, constituant ainsi la
troisième région la plus « riche » en Europe. Mais les revenus de ses
habitant-e-s sont inférieurs de 10% à la moyenne du pays, son taux
de chômage avoisine les 20% (33% chez les jeunes) et un-e habitante sur quatre est pauvre [13].

Les besoins sociaux insatisfaits en termes d’emplois de qualité, de
mobilité, de crèches, d’accès au logement social (et au logement tout
court), d’accès à un enseignement de qualité, sont gigantesques et ne
feront que s’aggraver à l’avenir du fait de la structure démographique
de la population bruxelloise, plus jeune et en plus forte croissance
que dans les autres régions du pays [14].

50. Cette situation est à la fois le résultat d’une Région pas tout à fait
« à part entière » par rapport aux deux autres Régions, et la conséquence des réformes de l’Etat et des politiques de gestion néolibérale des
grandes villes. C’est la combinaison de ces éléments qui explique le
bilan social désastreux à Bruxelles.

Mais le manque de moyens publics pour répondre aux besoins
sociaux d’une grande ville à forte population d’origine immigrée ren-
voie en dernière instance bien plus à l’absence de volonté de prendre
« l’argent là où il est » qu’à un simple problème de découpage de ses
frontières institutionnelles.

51. Le mécanisme d’allocation des moyens financiers aux Régions,
calculé sur base du domicile pour l’IPP, pénalise fortement Bruxelles [15]. Un refinancement convenable de la Région est donc nécessaire
afin qu’elle puisse mener une politique urbaine au service des travailleurs-euses, des jeunes [16], des femmes [17], en particulier dans les quartiers défavorisés [18].

Une politique qui doit prioritairement s’axer sur le développement
des services publics par la gratuité et l’extension de transports en
commun fréquents et de qualité desservant tous les quartiers [19] ; la
construction massive de logements publics [20], leur rénovation systématique par une entreprise publique d’isolation [21] ; le contrôle démocratique des loyers ; un système public de santé accessible et performant ;
le développement massif de services publics de proximité pour l’aide
aux personnes âgées, l’aide aux personnes dépendantes et l’accueil de
l’enfance [22] ; avec accueil de jour, de soir, des centres nocturnes, des
gardes à domicile pour les enfants malades, etc. Sans oublier une
lutte énergique contre toute forme de discrimination et de racisme,
notamment à l’embauche et au travail, en renforcant l’inspection du
travail et les sanctions à l’égard du patronat [23] La crise du logement particulièrement aigue à
Bruxelles est un facteur important de paupérisation car les ménages s’endettent et limitent leurs
dépenses en chauffage, soins de santé, scolarité, loisirs ou mobilité..

Seule une telle politique volontariste permettra de résorber le chômage massif en créant les milliers d’emplois, publics et de qualité,
nécessaires pour satisfaire les besoins sociaux criants d’une métropole telle que Bruxelles [24].

52. Les besoins sont énormes et l’argent pour mener une telle politi-
que ne manque pas à Bruxelles, il coule au contraire à flot au milieu
d’un océan de misère, car aucun parti politique traditionnel n’a la volonté d’y toucher pour répondre aux besoins sociaux, et cette absence
de volonté n’est pas liée à un type particulier de montage institutionnel.

La Région de Bruxelles-Capitale (RBC) pourrait voir ses moyens
financiers augmenter de manière considérable « intra muros ». Par
exemple, par un mécanisme de rétrocession de l’Etat fédéral qui accorderait une partie des recettes fiscales des navetteurs-euses (tant
flamand-e-s que wallon-ne-s), qui sont taxé-e-s sur leur lieu de résidence et non de travail. D’un point de vue de la justice et de l’égalité
fiscale, il serait surtout nécessaire de mettre à contribution les
100.000 fonctionnaires d’institutions internationales (UE, OTAN...)
travaillant et résidant pour une bonne part à Bruxelles et qui ne
payent pas un centime d’impôt alors qu’ils-elles utilisent les infrastructures collectives.

Mais, surtout, il s’agit de refinancer la Région au travers d’un relèvement du taux d’impôt des sociétés, d’impôts sur les grosses fortu-
nes, sur la spéculation immobilière pratiquée par ces mêmes grosses
fortunes et les grandes entreprises de la construction, sur les bénéfices des multinationales et leur nombreux centres de coordination qui
se trouvent dans la capitale [25].

53. D’un point de vue institutionnel, en cohérence avec le principe
d’un fédéralisme solidaire et démocratique basé sur les Régions, la
LCR rejette toute forme de tutelle ou de co-gestion de la Région
bruxelloise, que ce soit par les deux « Communautés » ; par les Régions flamande et wallonne ; par l’Etat fédéral ; ou encore par une sorte de « Communauté Wallonie-Bruxelles ». Malgré ses caractéristi-
ques urbaines marquées et son statut de multiple capitale, Bruxelles
doit être une Région à part entière garantissant le bilinguisme de ses
services [26].

S’il n’existe évidement pas de « nation » bruxelloise, il existe par
contre une conscience, un sentiment d’appartenance et un attachement à une réalité bruxelloise multiforme et interculturelle. Si le
français est effectivement la langue dominante et véhiculaire, l’identité des Bruxellois-es ne se résume plus à l’appartenance à l’une ou
l’autre des deux grandes communautés linguistiques du pays. Plutôt
que de parler de « Flamand-e-s de Bruxelles » ou de « Francophones
de Bruxelles », il serait plus exact de parler de Bruxellois-es néerlandophones et francophones (sans oublier la partie de la population
parfaitement bilingue) [27].

56. La fusion des réseaux d’enseignement à Bruxelles (réseau francophone et réseau néerlandophone) et l’organisation d’un réseau unique
public, gratuit et laïc, sans discriminations et bilingue (voir multilingue) avec des moyens et un investissement renforcés serait la conclu-
sion logique d’une suppression des Communautés. Elle permettrait surtout d’en finir avec le phénomène des écoles
« ghettos » et « poubelles » qui gangrène l’enseignement à Bruxelles [28]. Un enseignement bilingue et multilingue serait une garantie
supplémentaire pour assurer la viabilité d’une Région bruxelloise
bilingue.

57. Tout en préservant des mécanismes garantissant la représentation
politique et les droits culturels de la minorité de Bruxellois néerlandophones [29], la suppression des Communautés et des Commissions
communautaires doit s’accompagner d’une série de réformes démo-
cratiques telles que : la suppression de l’obligation pour l’électeur-trice ou les candidat-e-s bruxellois-es de déterminer leur appartenance linguistique ; la possibilité de constituer des listes électorales bilingues et la réorganisation des compétences entre les 19 communes et
la Région ou encore l’interdiction du cumul des mandats communaux
et régionaux (plus de 60% des députés régionaux sont aujourd’hui
également des élu-e-s communaux-ales, dont plusieurs bourgmestres). Le poste de gouverneur de Bruxelles doit être supprimé.

58. Avec près d’un-e habitant-e sur trois qui n’a pas voix au chapitre
concernant la gestion politique de sa Ville-Région, l’exigence du
droit de vote et d’éligibilité pour tous à tou-te-s les niveaux acquiert
une importance encore plus décisive à Bruxelles. Tout comme l’exigence d’une régularisation massive des sans-papiers sur base de critères clairs et permanents, et l’arrêt des politiques d’enfermement et
d’expulsion.

59. La LCR n’est pas favorable a un élargissement de la Région de
Bruxelles. De manière abstraite, un élargissement de la RBC (au mi-
nimum aux communes dites « à facilités », au maximum à son
« hinterland économique ») pourrait sembler logique et souhaitable.
Mais les raisons économiques ou fiscales justifiant un tel élargisse-
ment de la RBC doivent d’abord être relativisées [30].

L’existence et le développement d’un « hinterland » économique plus vaste est le propre de toutes les grandes métropoles et ces questions « économiques » concernent essentiellement les politiques de
l’emploi, les infrastructures, l’aménagement du territoire et la mobilité. Pour être menée à bien, une politique coordonnée sur ces matières
ne nécessite pas forcément une extension des frontières territoriales
de la ville elle-même, comme le démontrent les exemples des communautés urbaines créées autour d’autres métropoles en Europe [31].

L’argument d’un élargissement de l’assiette fiscale, et donc de
moyens supplémentaire pour la RBC à travers son élargissement aux
communes où les revenus sont en moyenne plus élevés, n’est pas non
plus un critère décisif, les coûts liés à un tel élargissement seraient
même plus élevés que ses bénéfices [32].

60. En outre, en cas d’élargissement de la RBC, les populations d’ori-
gine immigrée de Bruxelles risqueraient d’en être les victimes colla-
térales, en étant encore plus politiquement minorisées et marginali-
sées par des partis traditionnels qui, par électoralisme, favoriseraient
avant tout les populations aux revenus plus élevés des communes
périphériques.

61. En définitive, le problème de l’élargissement de la RBC n’est pas
économique, il est avant tout politique. Sans compter le fait qu’une
modification des frontières nécessite une majorité parlementaire spéciale (les deux tiers des votes dans chacun des deux groupes linguistiques), la frontière dessinée autour de Bruxelles en 1963 n’est plus
seulement « linguistique ». Depuis 30 ans, c’est également une frontière politique séparant deux Régions, autrement dit, deux entités
territoriales fédérées.

La question ne peut donc pas se résoudre en avançant qu’un élargissement de la RBC représente une extension d’une région bilingue
où les droits de la minorité flamande sont pleinement reconnus et
développés - et seraient mêmes renforcés par l’intégration d’un nombre plus important de néerlandophones. Car aucun peuple n’accepte
de gaieté de cœur une perte territoriale qui implique pour lui de se
retrouver minorisé dans une autre Région, aussi parfaite soit-elle.

C’est d’autant plus le cas lorsqu’il s’agit d’un peuple ayant une
conscience nationale aiguë et une sensibilité importante sur les questions linguistiques et institutionnelles, du fait qu’il a été pendant plus
d’un siècle opprimé dans le cadre d’un Etat unitaire unilingue. De
plus, pour être cohérent, un élargissement de la RBC sur base de critères économiques devrait nécessairement inclure des communes
wallonnes et il est là aussi évident que les populations concernées
n’accepteraient pas de gaieté de cœur cette annexion à une autre Région, bilingue [33].

 VI. BHV et la Périphérie bruxelloise

62. La scission de l’arrondissement électoral et judiciaire de BHV est
logique et cohérente, à la fois avec l’aspiration manifeste du peuple
flamand à se constituer en nation disposant d’institutions compétentes et homogènes sur tout le territoire de la Flandre, et avec la réforme – inachevée - des institutions. Le fait que l’oppression nationale
ait disparu ne permet pas de justifier que cette étape de la réforme de
l’Etat ne soit pas franchie. Le passif de la polémique est si lourd, et la
scission est devenue à ce point un fétiche, que proposer d’autres for-
mules apparaît comme l’expression de manœuvres dilatoires, et fait
par conséquent le jeu du nationalisme et de la droitisation du champ
politique flamand, donc de la menace sur la sécurité sociale.

63. Cependant, pour logique qu’elle soit, la scission de l’arrondissement de BHV ne peut intervenir que dans le cadre d’un accord global
intégrant d’autres questions, à commencer par la suppression de toutes les discriminations linguistiques (qui ne sont souvent que du racisme déguisé) telles que le « Wooncode » ou les mécanismes liés à
l’assurance-dépendance flamande. Cela passe également par la suppression de la circulaire Peeters visant à « éteindre » progressivement les « facilités » et par la ratification de la Convention-cadre de
1995 du Conseil de l’Europe sur les droits des minorités (qui implique la reconnaissance de minorités nationales francophones en Flandre et néerlandophones en Wallonie). Quant à la scission de l’arrondissement judiciaire de BHV, elle doit s’accompagner de garanties
sur l’assistance gratuite d’interprètes compétents ou sur la possibilité,
dans les procès civils, du transfert à la juridiction francophone la plus
proche.

64. Il est en outre anormal, du point de vue des droits égaux et de la
cohabitation harmonieuse entre les différentes communautés, de pé-renniser une situation où la minorité de Bruxellois-es néerlandophones jouit de droits politiques et culturels extrêmement étendus - et
disproportionnés par rapport à son poids numérique, ce qui, en soi
n’est pas forcément négatif - tandis que la majorité des habitant-e-s
francophones des 6 communes « à facilités » de la périphérie subis-sent des discriminations et des tracasseries administratives visant à
limiter (et à supprimer, à terme) leurs droits. Ces 6 communes comptaient déjà une forte minorité – si pas plus – de francophones au moment du découpage constitutionnel des frontières entre les régions
bruxelloise et flamande.

65. Une mesure ayant l’avantage de préserver l’intégrité territoriale et
la souveraineté de la Région flamande - en évitant l’élargissement de
la RBC - tout en bétonnant les droits culturels et linguistiques des
populations francophones lorsqu’elles sont majoritaires ou lorsqu’elles représentent une très forte minorité, consiste à appliquer le principe du « bilinguisme communal externe » (ou « de services ») à partir
d’une consultation démocratique des populations concernées [34].

66. Concrètement, à partir du moment où une majorité de plus de
50% des habitant-e-s d’une commune en exprime le souhait, cette
dernière instaure un bilinguisme de ses services (mais non un bilinguisme interne, c’est à dire imposé à tout le personnel communal) et
de l’enseignement communal. A partir du moment où ce taux est
compris entre 30 et 50% de la population, des « facilités » linguistiques sont accordées dans les relations avec l’administration, sur base
d’une déclaration. Ces mesures pourraient contribuer à en finir avec
les regroupements politiques interclassistes de type « Union des
Francophones » aux élections communales. De plus, l’application du
principe du « bilinguisme communal externe » et de l’octroi des
« facilités » ne doit pas se limiter, selon ce mécanisme de consultation démocratique, aux seules communes de la périphérie bruxelloise, il doit être étendu à toutes les communes, flamandes et wallonnes,
comprenant des minorités francophones ou néerlandophones.

67. Le développement économique des grandes métropoles urbaines
doit évidement être planifié avec celui de leur périphérie, avant tout
en termes d’infrastructures et de mobilité. La gestion de la zone
« économique » autour de la capitale doit donc se faire par la création d’une Communauté urbaine co-gérée par les représentant-e-s des
communes concernées, en collaboration avec les 3 Régions [35]. Cette
perspective doit surtout être couplée à des revendications sociales et
démocratiques concernant l’accès au logement ; la lutte contre la spéculation foncière ; le développement et la gratuité des transports en
commun ; l’extension et l’amélioration des services publics ; l’aménagement du territoire et des travaux d’infrastructures en concertation
étroite et sous contrôle démocratique des populations concernées ; le
développement d’emplois de qualité et bien rémunérés pour tous-tes
et une harmonisation qui empêche toute forme de dumping fiscal et
social. De la sorte, la gestion d’une telle Communauté urbaine échappera au contrôle du patronat et son enjeu se déplacera du terrain
« communautaire » vers le terrain de la lutte contre l’inégalité de développement et l’inégalité sociale, pour la satisfaction des besoins
sociaux et écologiques.

 VII. Mobiliser le mouvement ouvrier autour d’un programme qui articule le démocratique et le social, dans une perspective anticapitaliste

68. D’un point de vue démocratique et social, aucune solution purement institutionnelle ne sera satisfaisante tant que le poison du nationalisme réactionnaire et du chauvinisme ne sera pas combattu efficacement et tant que l’orientation politique néolibérale aujourd’hui hégémonique n’aura pas été brisée. Seule l’intervention indépendante
du mouvement ouvrier, à partir de la défense des intérêts de tou-te-s
les travailleurs-euses, permettra d’offrir des conditions satisfaisantes
pour ce faire. Car le mouvement ouvrier ne se mobilisera pas simplement pour de « bonnes institutions » moins complexes, qui « fonctionnent mieux » ou de manière plus démocratique ; il ne se mobilisera de manière massive et combative que pour s’opposer à la gestion
de la crise capitaliste contraire à ses intérêts et imposer ses propres
solutions.

69. Le « fédéralisme » néolibéral a rendu toutes les solutions impraticables, ou avec un coût social extrêmement élevé. Seule l’unité des
travailleurs-euses dans la diversité peut créer les conditions de respect mutuel et de fraternité nécessaires à la résolution des problèmes
qui apparaissent aujourd’hui comme inextricables. Dans la mesure
où les masses se mobiliseront en profondeur et commenceront à
prendre activement et démocratiquement en main leur propre sort, la
lutte commune de tous et toutes contre l’austérité est la meilleure
manière possible de contribuer à des solutions respectueuses à la fois
des intérêts des travailleurs-euses, du droit des gens et du droit des
peuples.

70. La combinaison de l’instabilité politique, du blocage des négociations gouvernementales et du désarroi de l’opinion publique peut
créer une situation dangereuse pour les droits démocratiques et sociaux, tout particulièrement dans le contexte de la crise économique
et de la violente offensive d’austérité qui déferle sur l’Europe. Pour le
moment, l’impuissance des partis de la classe dominante (y compris
la social-démocratie) prive la bourgeoisie de l’instrument politique
dont elle a besoin pour attaquer frontalement ce qui reste de l’Etat-Providence (les 25 milliards d’austérité à ponctionner d’ici 2015 !).

71. Sur le plan social, le monde du travail dispose donc d’un certain
répit. Mais les syndicats auraient grand tort de continuer à attendre
passivement la suite des évènements, comme ils le font depuis plusieurs mois de crainte d’envenimer la situation. En effet, comme on
l’a dit, la confusion politique et le décalage très grand entre l’attitude
actuelle des partis traditionnels et l’opinion publique constituent un
terreau fertile pour des forces de droite, pas nécessairement fascistes
ou d’extrême-droite, mais ultra-libérales et populistes, voire xénophobes, comme on en voit ailleurs en Europe. De ce point de vue, la
situation reste la plus préoccupante en Flandre, où la fluidité de l’électorat est très grande.

72. L’urgence est donc à construire une mobilisation populaire la plus
large et unitaire entre tou-te-s les travailleurs-euses – au niveau belge
comme européen d’ailleurs - afin de faire face à la fois à la crise et à
l’offensive d’austérité internationale lancée par les capitalistes et aux
réformes institutionnelles antisociales évoquées telles que la scission
des allocations familiales, des politiques de l’emploi (et in fine de la
Sécu) ou la régionalisation poussée de l’impôt des personnes physiques ou des sociétés. Dans le contexte actuel, ces mesures ne visent
qu’à briser la solidarité entre les travailleurs-euses et à renforcer leur
mise en concurrence par un dumping fiscal et social sans fin.

73. Il s’agit de préparer activement le monde du travail à riposter aux
attaques qui, chez nous, viendront inévitablement, que ce soit dans
un cadre fédéral ou confédéral, en combattant le désarroi et la résignation qui progressent dangereusement. Dans ce sens, les organisa-
tions syndicales devraient prendre en tout premier lieu l’initiative
d’une vaste « Opération Vérité » qui pointe les responsables de la
crise économique, l’arnaque de la dette publique, dénonce les recet-
tes néolibérales et l’inégalité croissante, afin que les travailleurs, travailleuses et allocataires sociaux prennent confiance dans leur force,
dans leur capacité à aller « prendre l’argent là où il est ». Il est également important de populariser par tous les moyens les luttes anti-austérité dans les autres pays de l’UE et de développer sur cette base
une solidarité active avec les travailleurs-euses des pays qui sont en
première ligne dans ce combat aujourd’hui.

74. C’est dans le cadre de cette mobilisation sociale contre la crise et
l’austérité que la LCR défendra des solutions démocratiques articulant fédéralisme solidaire et mesures anticapitalistes, car on ne peut
déconnecter artificiellement ni les questions démocratiques des ques-
tions sociales, ni la question des institutions et du contenu des politiques à mener en leur sein et de leur de la nature de classe.

75. Pour garantir des solutions qui respectent les droits démocratiques et organisent la cohabitation entre les communautés en satisfaisant les besoins sociaux, il faut des moyens financiers. Faciliter le
bilinguisme ou le multilinguisme, par exemple, exige des moyens
importants consacrés aux services à la population et à un enseignement de qualité et accessible, ce qui est totalement incompatible avec
les néolibéralisme et les politiques d’austérité de coupes sombres
dans les services publics. Les conflits, les tensions et la concurrence
entre les « communautés », les discriminations et inégalités de toutes
sorte ne peuvent donc être combattus que par des mesures anticapitalistes qui prennent l’argent là où il est afin de garantir une répartition
des richesses capable de satisfaire les besoins sociaux, démocratiques, culturels et écologiques de tous et toutes, quels que soient les
appartenances « communautaires », l’origine ethnique, le sexe ou
l’orientation sexuelle.

76. Le développement inégal entre la Flandre et la Wallonie ne pour-ra être définitivement résolu de manière harmonieuse qu’au moyen
d’une planification écosocialiste et démocratique de l’économie, dans
le cadre d’une République fédérale socialiste de Belgique s’inscrivant
elle-même dans un espace plus vaste, celui des Etats-Unis Socialistes
d’Europe. Seule une telle perspective à long terme permettra d’éliminer une bonne fois pour toute à la racine les poisons du nationalisme
réactionnaire, du chauvinisme, du racisme, du sexisme, de la lutte de
« tous contre tous » et de la mise en concurrence des travailleurs-euses, des peuples et des territoires par le capitalisme.

Résolution adoptée par la Direction Nationale de la LCR
le 12 décembre 2010

Ligue Communiste révolutionnaire
Section belge de la Quarième Internationale

Adresse de contact
Rue Plantin, 20 1070 Bruxelles

Site national LCR
www.lcr-lagauche.be

Contact national
info lcr-lagauche.be


Notes

[1] Sur le territoire de la future Belgique, la
frontière linguistique séparant l’aire où se
parlent des dialectes gallo-romains (qui évolue-ront notamment vers le français et les dialectes
wallons) et celle où se parlent des dialectiques
germaniques (qui donneront notamment naissance au néerlandais et aux dialectes flamands)
s’est stabilisée dès la fin du 5e siècle. Elle n’a
quasiment pas varié jusqu’à nos jours. Mais ja-
mais elle n’a donné naissance à des entités poli-
tiques construites sur cette base.

Jusqu’en 1789, la future Belgique est restée
un territoire morcelé en une dizaine de structures
féodales (principauté, duchés, comtés,…) dont
plusieurs s’étendaient des deux côtés de cette
frontière linguistique. Les évolutions des frontières locales ont tenu à des alliances dynastiques
ou des conquêtes militaires, jamais à la volonté
démocratiquement exprimée des populations ni
à des raisons reposant sur une homogénéité
linguistique des territoires. Si, dès le Moyen Age,
les villes ont connu très tôt un développement
commercial et préindustriel, celui-ci a été fortement conditionné par les conflits politiques et
militaires entre puissances régionales et euro-
péennes.

La relative indépendance et stabilité de la
Principauté de Liège (qui couvrait 1/3 de la future
Wallonie le long de la vallée de la Meuse) a encouragé le développement de la métallurgie et
de l’extraction minière qui ont été à la base de
l’explosion de la Révolution industrielle dès le
début du 19e siècle, d’une urbanisation rapide
autour des villes, de la naissance d’une classe
ouvrière concentrée,…

Par contre, les guerres et les occupations
successives (bourguignonne, espagnole, autrichienne) ont brisé le développement du textile à
Bruges et Gand et du commerce maritime à Anvers, bloquant les possibilités de progrès économique et politique de la future Flandre et maintenant celle-ci dans le cadre d’une société essentiellement rurale, pauvre et culturellement arrié-
rée.

Ce n’est qu’en 1794 que les divers territoires
constituant la Belgique actuelle ont été réunis –
et encore dans le cadre d’ensembles plus larges
imposés de l’extérieur : annexion à la France
républicaine puis napoléonienne (1794-1815)
puis union avec la Hollande (1815-1830) imposée par les grandes puissances victorieuses de
1815 afin de constituer un « barrage » à toute
nouvelle tentative d’expansion française.

La révolution de 1830 qui a débouché sur
l’indépendance de la Belgique a été beaucoup
plus le résultat d’une insurrection populaire spontanée contre la misère et les injustices récupérée
en dernière minute par une bourgeoisie francophone prise par surprise que le résultat de la
maturation d’un véritable mouvement national
belge. Le développement du capitalisme et le
pouvoir politique aux mains de la bourgeoisie
n’ont en rien supprimé les inégalités régionales.
Celles-ci ont au contraire été utilisées et réorganisées suivant les besoins du Capital.

[2] Cette orientation de droite et réactionnaire
ira jusqu’à la constitution de partis fascistes
dont le Vlaams Belang est aujourd’hui l’héritier.
Pendant la guerre, une partie du mouvement
flamand, comme le Verdinaso ou le Vlaams Nationaal Verbond (VNV) de Staf De Clercq, qui
représentait 15 % de l’électorat flamand en 1939,
a collaboré activement avec les nazis.

[3] Sous l’impulsion du courant de gauche,
dirigé par André Renard, la FGTB tient un
congrès extraordinaire en 1954 où elle adopte un
rapport intitulé « Vers le progrès social par l’expansion économique » et décide de rédiger un
rapport complémentaire « Holdings et démocratie économique », achevé en 1956.

Ces deux documents allaient armer les militants syndicaux d’une analyse anticapitaliste et
certaines revendications économiques présentaient une alternative globale à la politique économique de l’époque : planification économique ;
nationalisation du secteur énergétique (charbon,
gaz, électricité) ; création d’un service national de
santé gratuite... Le rapport « Holdings et démocratie économique » demandait « le transfert des
prérogatives des holdings à la Nation », ce qui
menait de facto à la nationalisation de tous les
secteurs-clé de l’économie capitaliste.

Malgré ses limites et ses ambiguïtés, cette
démarche permettait de dépasser à la fois le
« syndicalisme alimentaire » qui veut se limiter
aux seules revendications salariales (nécessaires, mais insuffisantes), pour mettre en question
le capitalisme, pas seulement « moralement » et
généralement, mais à travers des revendications
alternatives propres au mouvement ouvrier.
Elle battait aussi en brèche le crétinisme parlementaire social-démocrate car, dans la mesure
où le mouvement syndical s’en faisait le défenseur principal, elle débouchait quasi-automatiquement sur la conclusion qu’il fallait se battre en
dehors du parlement, dans les usines et dans la
rue, c’est-à-dire par des méthodes de lutte propres aux travailleurs-euses.

Ces idées-clé et les points programmatiques
qui y étaient liés, allaient pénétrer profondément
dans l’avant-garde ouvrière wallonne dans la
période 1954-1959, à mesure que la lutte de
classe se radicalisait. La grève générale de 1960
– 61 fut, en un sens, l’aboutissement logique de la
campagne pour les réformes de structure parce
que cette campagne avait préparé les travailleurs-euses à se défier d’un système capitaliste
belge en crise et à avancer leurs propres solutions.

[4] L’autonomie constitutive implique que les
entités fédérées peuvent prendre des mesures relatives à l’organisation de leur gouverne-
ment ou de leur parlement, régional ou communautaire, mais la Constitution belge n’accorde
pas cette autonomie à la Région de Bruxelles-Capitale, ni à la Communauté germanophone.

Or, la plupart des Etats fédéraux mettent juridiquement sur un pied égal les entités fédérées
et ces dernières participent directement, en tant
que telles, aux révisions constitutionnelles. Dans
la plupart des Etats fédéraux existe en outre une
assemblée à deux chambres ; l’une composée de
représentant-e-s élu-e-s par l’ensemble de la
population, l’autre représentant les entités fédérées de manière paritaire, indépendamment de
l’importance de leur population, ce qui n’est pas
le cas en Belgique et renforce ainsi les traits
confédéraux et le dualisme conflictuel entre les
deux grandes communautés linguistiques du
pays.

[5] Historiquement, la création des Commu-
nautés est le fruit des demandes linguisti-
ques et culturelles du mouvement flamand tandis
que la création des Régions a été portée sur ba-
se d’arguments économiques par le mouvement
wallon. Créées lors de la réforme constitutionnel-
le de 1970, les Régions wallonne et flamande ne
verront pourtant le jour qu’en 1980 et la Région
de Bruxelles-Capitale, en 1989.

[6] « Le libéralisme qui imprègne les politiques
gouvernementales, ne met pas tant en
concurrence les entreprises, mais permet au
contraire à celles-ci, en situation de monopole ou
de concurrence oligopolistique, de mettre en
concurrence les territoires et les Etats ». (Mateo
Alaluf, « La compétition territoriale, nouvel avatar
de la concurrence pour un dumping social permanent », L’Année sociale 2004, Institut de so-
ciologie de l’ULB, 2005).

Ce qui est bien le cas de la Belgique où les
autorités des trois Régions organisent le dumping social et fiscal, « mettent en valeur » leurs
infrastructures et leurs ressources humaines et
offrent une flopée d’aides publiques pour s’attirer
les grâces des investisseurs capitalistes au détriment des autres régions.

Le Plan Marshall en Wallonie, avec ses zones
franches, ou la concurrence acharnée entre les
aéroports de Bierset et de Zaventem, constituent
les archétypes de ce « néolibéralisme territo-
rial ».

[7] Les structures économiques de la Wallonie
et de la Flandre sont différentes : les princi-
paux secteurs dans cette dernière sont la distri-
bution, les industries (automobile, pétro-chimie...) et les services aux entreprises, qui représentent proportionnellement plus d’entreprises et d’emplois que ces mêmes secteurs en
Wallonie où les principaux secteurs sont la construction, le commerce de détail et les industries,
tandis qu’à Bruxelles les services aux entreprises
dominent.

Les entreprises wallonnes sont majoritairement (94%) de taille petite à moyenne, inférieures à 50 travailleurs-euses et la Wallonie compte
2,3 fois moins d’entreprises que la Flandre, où
l’on compte 126 entreprises de plus de 1000 travailleurs, contre 59 en Wallonie. L’économie wal-
lonne repose sur des secteurs où la production
de valeur ajoutée est faible (horeca, transport),
ou encore sur des secteurs où la production de
valeur ajoutée est correcte, mais où la productivité du travail par personne occupée est plus faible
(le commerce de détail).

La part de l’emploi public flamand est de
25,5%, alors qu’il est de 38,8% en Wallonie, celle
– ci compte ainsi 2,8 fois moins d’emplois privés
que la Flandre. Le secteur privé contribue pour
70% à la valeur ajoutée en Flandre alors que le
secteur privé wallon ne contribue que pour 58%.
(Situation économique de l’entreprise en Wallonie, UWE, juin 2006).

Le PIB/habitant en Flandre est supérieur de
38% à celui de la Wallonie : en 2009, la Flandre
représentait 58% du PIB national, la Wallonie
24% et la RBC près de 20%. Il y a deux fois plus
de chômeurs en Wallonie qu’en Flandre : en
2010, selon le Bureau du Plan, le taux de chômage se répartit ainsi : Flandre : 9,1% ; Wallonie :
18,1% et RBC : 22,6%. En Flandre, 11,4% de la
population vit sous le seuil de pauvreté contre
17% en Wallonie. Le revenu moyen par an et
par habitant en Wallonie est de 12.357 euros
contre 14.026 euros en Flandre. (Belga,
08/12/2010).

[8] Du fait de leurs structures économiques
distinctes, la récession de 2009 a frappé
plus durement la Flandre que les deux autres
régions : le PIB flamand a reculé de 3,3 % alors
qu’en Wallonie et à Bruxelles, la chute a été respectivement de 2,7 % et de 2,5 %.

En 2009, le taux de croissance de l’emploi a
été négatif dans les trois régions, mais de manière plus marquée en Flandre : - 0,7% contre –
0,3% à Bruxelles et – 0,4% en Wallonie (Bureau
du Plan). Les hausses annuelles des taux de
chômage ont été de 20 à 25 % en Flandre, envi-ron 10 % à Bruxelles et 5 % en Wallonie (La Libre Belgique, 17/12/2009).

Jusqu’en 2000, le taux de croissance du PIB
wallon était inférieur à celui de la Belgique. De
1955 à 1975, l’écart de croissance entre la Wallonie et la Flandre s’élevait à 1,7%, contre 0,8%
entre 1975 et 1995 et seulement 0,5% de 1995 à
2003. Depuis lors, jusqu’à la crise, cette croissance a été relativement comparable. (« Over
Werk », Tijdschrift van het Steunpunt WAV,
4/2005).

Le tissu industriel flamand commence à vieil-
lir, tandis qu’en Wallonie se développent des
niches de technologies de pointe, comme l’aéronautique.

L’évolution démographique renforce également le sentiment d’un lent déclin en devenir :
d’ici 30 ans, le nombre de personnes de plus de
65 ans augmentera de 5% en Flandre contre
2,5% en Wallonie et à peine 0,2% à Bruxelles.

[9] Pendant les négociations, la N-VA a exigé
le transfert des allocations familiales aux
Communautés plutôt qu’aux Régions, ce qui signifierait que deux familles bruxelloises habitant
le même palier – voir les enfants d’une même
famille - toucheraient des allocations différentes
pour leurs enfants selon qu’ils les ont placés
dans une crèche de l’ONE ou de Kind&Gezien.

Le transfert des allocations familiales aux entités fédérées est une brèche de taille dans la
solidarité interpersonnelle, les allocations familiales sortiraient du giron de la Sécurité sociale fé-
dérale, ce qui signifie qu’elles seront financées
par l’impôt et non plus par les cotisations sociales. Il y a fort à parier qu’on en profitera pour ac-
corder une nouvelle baisse de charges sociales
aux patrons tandis que les salariés devront payer
des impôts plus élevés pour avoir droit aux mêmes allocations qu’avant, voire à des prestations
plus réduites.

Pour « restaurer la compétitivité », la N-VA veut
baisser les charges salariales en modifiant le
mécanisme des cotisations sociales, particulièrement celles qui financent les soins de santé et
les allocations familiales. Elle veut aussi régionaliser les conventions collectives, "pour mieux
coller à la productivité du travail" des différentes
Régions ». La N-VA veut une baisse des impôts,
en particulier celle de l’impôt sur les sociétés
(Isoc) afin de mieux attirer les investisseurs
étrangers... et wallons, puisque l’imposition devrait être régionalisée.

Elle veut réformer le système des pensions
mais n’est pas intéressée par sa régionalisation
parce que la Flandre compte plus de pensionnés
et de travailleurs âgés que les deux autres régions. Par contre, elle veut imposer une limita-
tion des allocations de chômage dans le temps
(2 ans maximum) et pour cela, régionaliser le
secteur du chômage.

Les premiers qui feraient les frais d’une telle
politique seraient les travailleurs et les allocataires sociaux flamands. Ces mesures provoqueront des délocalisations de sièges de société
vers la Flandre, une pression à la baisse sur les
salaires, une concurrence accrue entre travail-
leurs-euses peu qualifié-e-s et chômeurs-euses
pour les petits boulots,… de quoi doper la compétitivité de l’économie flamande par rapport à
celle de ses voisins.

On entendrait alors le patronat wallon hurler à
la mort et faire pression pour que les mêmes
mesures soient appliquées en Wallonie, enclenchant ainsi une spirale vers le bas sans fin.

[10] Dans le « vocabulaire » politicinstitutionnel classique, le confédéralisme est une
forme d’association entre Etats souverains et
indépendants sur une série limitée de compétences communes. Il présuppose donc l’existence
préalable d’Etats souverains et indépendants.

Or, en Belgique, aucune des formations politiques préconisant le confédéralisme ne s’inscrit
dans ce schéma. Aucune n’envisage une scission de la Belgique afin de reconstruire ensuite
une confédération belge. Leur version du
« confédéralisme » est en fait celle d’un stade
extrêmement poussé du fédéralisme dans lequel
l’Etat fédéral belge serait réduit à quelques fonctions liées essentiellement au maintien de l’ordre
à l’intérieur et à l’extérieur (forces de répression,
diplomatie, armée,…) tandis que toutes les autres fonctions passeraient sous le contrôle direct
des régions et des Communautés.

Pour certains partis flamands (CD&V et Open
VLD), ce « confédéralisme à la belge » est un
point final à la réforme de l’Etat, la Belgique étant
appelée à se maintenir sous cette forme rabougrie. Pour les autres (NV-A et VB), ce
« confédéralisme » est au contraire la dernière
étape avant la scission définitive du pays et donc
la disparition de la Belgique.

[11] En Flandre, les parlements et gouverne-ments régional et communautaire ont d’ail-
leurs fusionné.

[12] Même si une partie est rétrocédée à leur
parti, dans des proportions fort variables du
reste, les rémunérations des élu-e-s sont, en soi,
indécentes. Par exemple, un-e député-e bruxel-
lois-e gagne 7.500 euros brut par mois. Mais de
multiples fonctions annexes permettent
« d’arrondir les fins de mois ». Ainsi, outre sa
rémunération de base, la présidente actuelle du
Parlement (Françoise Dupuis, PS) touche 4.969
euros supplémentaires pour cette fonction et
3.577 euros de plus pour exercer, automatique-
ment, celle de président du Bureau du Parle-
ment... Sans compter les « frais forfaitaires » qui
représentent plus de 3.500 euros par mois. Au
total, c’est un pactole de près de 20.000 euros
mensuels (La Libre Belgique, 18-19/09/2010). pour les petits boulots,… de quoi doper la compétitivité de l’économie flamande par rapport à
celle de ses voisins.

On entendrait alors le patronat wallon hurler à
la mort et faire pression pour que les mêmes
mesures soient appliquées en Wallonie, enclenchant ainsi une spirale vers le bas sans fin.

[13] Bruxelles est la troisième ville européenne
la plus riche après Londres et Luxembourg-Ville et produit autant de richesses que tout le
Grand-duché du Luxembourg. Mais elle reçoit
9% des moyens alors qu’elle produit 20% du PIB
et 34% de l’impôt des sociétés (La Capitale,
26/02/2008).

En 15 ans, le revenu moyen par habitant à
Bruxelles a reculé de 25% par rapport au reste
du pays, il est aujourd’hui 20% plus bas qu’en
Flandre et 7% plus bas qu’en Wallonie. 25% à
30% des Bruxellois-es vivent en dessous du
seuil de pauvreté alors que ce taux est de 15%
pour tout le pays ; 18% en Wallonie et 11% en
Flandres (Le Soir, 15/05/2009).

3% des Bruxellois-es émargent au CPAS,
contre 1,4% en Wallonie et 0,55% en Flandre.
En même temps, ces chiffres sont relativement
comparables à la situation existant dans d’autres
villes (2,6% à Charleroi et 4,7% à Liège) qui,
comme toutes les grandes villes, concentrent
également des niveaux élevés de pauvreté et de
précarité, mais la croissance est nettement plus
forte à Bruxelles : +221% entre 1989 et 2005,
contre +55% en Wallonie et +9% en Flandre
(« Evolutions démographiques et socio-économiques de la Région Bruxelles-Capitale
depuis 1990 », Pol Zimmer, Courrier hebdomadaire du CRISP n°1948-1949, 2007).

[14] La moyenne d’âge à Bruxelles est de 39
ans, plus basse qu’en Flandre et en Wallo-
nie. Elle est liée à un rajeunissement plus important contrastant avec un vieillissement plus accé-
léré dans le reste du pays. Il y a une croissance
importante de la population due à l’accroissement naturel (ratio entre décès et naissances)
couplé à un solde migratoire positif (ratio entre
migrations extérieure et intérieure). Si, en 15
ans, entre 1990 et 2005, la RBC a vu sa population augmenter de 100.000 personnes, d’ici
2020, il y aura 170.000 habitant-e-s de plus.

[15] Sur les 680.000 emplois à Bruxelles,
350.000 sont occupés par des navetteurs
(250.000 venant de Flandres et 100.000 de Wallonie). Les Bruxellois-ses sont sous-représentés
dans les emplois publics, alors que ces derniers
représentent 34% des emplois à Bruxelles. Dans
les administrations publiques fédérales, il y a à
peine 4,8% de Bruxellois-ses parmi les 11.000
employés de la Justice, 3,5% des 40.000 emplois à la Défense, 4,4% des 37.000 emplois à
La Poste et 2,3% des 38.000 emplois à la SNCB.
Cette sous-représentation se reproduit y compris
dans les administrations régionales de la RBC,
où les Bruxellois-ses occupent à peine plus de
50% des emplois. Même une entreprise comme
la STIB n’emploie que 52% de Bruxellois-ses
pour 32% de Flamands et 16% de Wallons (La
Capitale, 23/04/2008).

[16] 32% des jeunes bruxellois de moins de 18
ans vivent sous le seuil de pauvreté, avec
des disparités importantes entre communes :
15% à Woluwé St. Pierre et 40% à Saint-Josse
(La Capitale, 17/10/2007). 35% des jeunes
bruxellois-ses de moins de 25 ans sont au chômage ; 30.000 demandeurs-euses d’emploi ont
moins de 30 ans, soit 34,4% des chômeurs-
euses.

[17] Les femmes représentent 52% de la poplation bruxelloise. Leur taux d’activité était,
en 2003, de 56,4% contre 71,6% pour les hom-
mes. 10,3% des Bruxelloises ont un contrat temporaire (à durée indéterminée ou en intérim)
contre 6,9% des hommes (Syndicats,
10/03/2006).

Ce taux est encore plus élevé chez les jeunes
femmes entre 25 et 30 ans, dont une sur trois a
un travail temporaire. Quant aux contrats à
temps partiel, il concerne une femme sur quatre
contre seulement un homme sur dix (« Mutations
industrielles et transformation du travail : quelles
perspectives syndicales pour la FGTB de Bruxelles ? », Dossiers de la FGTB-Bruxelles n°8, fé-
vrier 2006).

[18] 503.549 Bruxellois-es, soit 1 sur 2, vivent
dans les quartiers défavorisés de la ville.
Sur les 1.369 quartiers défavorisés répertoriés
dans toute la Belgique, 295 se trouvent à Bruxelles (Brussel Deze Week, 07/12/2006).

La politique urbaine de la RBC est entièrement dominée par une conception néolibérale de
la gestion des grandes villes. Sous prétexte de
« mixité sociale », on « revitalise » des quartiers
populaires pour y attirer les classes moyennes
aisées dont l’afflux augmente les prix des loyers,
chassant ainsi les habitants pauvres vers des
quartiers encore défavorisés ou en dehors de la
ville. Ce processus, dit de « gentryfication », est
explicitement souhaité par le « Plan de Dévelop-
pement International » (PDI) adopté par la Ré-
gion, qui parle cyniquement de « flux entrants »
et de « flux sortants ».

Bizarrement, le concept de « mixité sociale »
n’est jamais appliqué dans l’autre sens, en instal-
lant des pauvres dans des quartiers riches. Ce
PDI repose entièrement sur une conception de
« l’attractivité immobilière » et du « city marketing » international et compte mener à bien de
coûteuses constructions de prestige au service
des capitalistes et non des couches populaires :
« un nouveau centre de congrès, un mégacentre commercial, de nouveaux bureaux »
( www.quartier-midi.be et www.bruxellesvilledura
ble.be ).

[19] La STIB concentre ses moyens (travaux de
rénovation, sites propres, matériel moder-
ne, fréquence...) sur quelques grands axes stratégiques centraux, au détriment de la desserte
de quartiers plus densément peuplés et populai-
res. Plutôt que de lutter efficacement contre la
pression automobile (77% des navettes sortantes et 65% des navettes entrantes se font en
voiture), la politique de mobilité se résume à
de coûteuses extensions des lignes de métro et
à raccourcir les lignes de trams/bus pour accélrer leur vitesse commerciale afin d’éviter la
congestion urbaine.

De plus, la politique tarifaire élevée renforce
les inégalités sociales puisque les 10% des mé-
nages les plus pauvres consacrent en moyenne
une part quatre fois plus importante de leurs revenus aux transports urbains que les 10% les
plus riches. En outre, 40% des ménages bruxellois n’ont pas de véhicules et sont donc dépendant des transports publics (Bruxelles en Mouvement n° 192, octobre 2007 ; « Bruxelles Mobile
et Verte ? », note d’Etopia, décembre 2008)

[20] A Bruxelles, près de 60% des habitant-e-s
sont des locataires-trices (40% des ménages sont propriétaires contre 75% dans le reste
du pays). Les maisons à Bruxelles sont 70% plus
chères qu’en Wallonie et 30% plus chères qu’en
Flandre (Les Echos du logement n°5, 2004).
54% des locataires déboursent entre 41 et 65%
de leurs revenus pour pouvoir se loger : rien
qu’entre 2004 et 2006, la proportion du revenu
consacré au loyer est passée de 58 à 62% en
moyenne (La Capitale, 17/10/2007) alors que la
limite « socialement raisonnable » est de 30%.

Entre 1998 et 2004 le loyer des appartements
d’une à deux chambres à augmenté de 30% et
ceux au-delà de deux chambres de 50% alors
que, dans la même période, l’indexation des salaires sur base de l’indice-santé n’a progressé
que de 10%.

La crise du logement frappe donc plus durement les couches les plus pauvres, qui n’ont plus
accès qu’à 4% du parc locatif, mais elle touche
aussi les « ménages moyens » qui n’ont plus
accès qu’à 21% du parc locatif, contre 38% au
début des années 1990 (Art.23 n° 28,
07/08/2007).

Le logement social représente à peine 10%
du parc immobilier, en comptant les divers types
de logements publics. Or 30.000 ménages sont
en attente d’un logement social et depuis 1989,
on a construit en moyenne 500 logements so-
ciaux par an... A ce rythme là, les ménages actuellement en attente d’un logement devraient
patienter 64 ans avant d’être tous satisfaits.
En outre, comme on l’a vu, dans 10 ans, la
RBC comptera 170.000 habitants de plus, ce qui
signifie entre autres de leur fournir 30.000 nouveaux logements (Le Soir, 26/06/2008). On esti-
me qu’il existe entre 15.000 et 25.000 logements
vides (Les Echos du logement n°5, 2004, Art.23
n°18, 01/02/2005).

La crise du logement particulièrement aigue à
Bruxelles est un facteur important de paupérisation car les ménages s’endettent et limitent leurs
dépenses en chauffage, soins de santé, scolarité, loisirs ou mobilité.

[21] Au vu de l’état du logement à Bruxelles, le
chantier est gigantesque et permettrait de
créer des milliers d’emplois dans une telle entre-
prise publique de rénovation-isolation, dont
l’utilité sociale, écologique et sanitaire est vitale.
Ainsi, près de 10% des logements bruxellois ne
disposent pas du confort élémentaire, 19% sont
« sans petit confort » (WC et salle de bain en
intérieur), 38% n’ont pas de chauffage central et
24 à 30% sont jugés en mauvais état (Les Echos
du logement n°5, 2004 ; La Capitale,
16/05/2006).

D’après « L’Observatoire des loyers 2006 »,
25% des locataires-trices sont confronté-e-s à
des problèmes d’isolation et d’humidité et 10%
craignent d’encourir un risque d’intoxication au
CO2. 11% des enfants des communes de la vieille ceinture ouvrière (autour du centre historique)
souffrent à des degrés divers d’intoxication au
plomb du fait de la vétusté des bâtiments.
Les accidents domestiques causent plus de
200 décès par an, dont 35% sont dus à l’inadap-
tation du logement ou à des intoxications par le
CO2 (L’Info-CSC, 23/01/2009). Enfin, en RBC,
les bâtiments provoquent 70% des émissions de
gaz à effet de serre, contre 20% pour les transports et 10% pour l’industrie (La Libre Belgique,
08/12/2007).

[22] En 2008, il n’y avait que 14.500 places
dans les crèches à Bruxelles pour un
total de 45.000 enfants âgés de 0 à 3 ans. Sans
compter qu’une bonne partie des crèches sont
privées et ne sont pas accessibles à bon nombre
de ménages à cause de leurs tarifs élevés
(jusqu’à 500 euros par mois).

L’absence de crèches accessibles du point de
vue de leurs prix, de leur nombre et des horaires
poussent de nombreuses femmes à accepter
des emplois précaires et constitue un obstacle à
l’indépendance économique des femmes : ainsi,
le taux d’emploi des femmes de 25 à 44 ans
sans enfants est de 65%, mais il tombe à 26,5%
pour les femmes isolées avec deux enfants en
bas âge.

Or, à Bruxelles 24,3% des familles sont cons-
tituées de mamans seules avec enfants (soit
87% des 32% des ménages des familles monoparentales). 10% des femmes âgées de 18 à 39
ans vivent seules avec leurs enfants et dans certains quartiers pauvres, il s’agit d’une femme sur
trois. De 1995 à 2003, le nombre de femmes
isolées avec enfants dépendant du CPAS a augmenté de 50%.

[23] La question du chômage massif parmi
les personnes d’origine immigrée ne
s’explique pas seulement du fait d’un problème linguistique ou de qualifications, il s’agit purement et simplement de discriminations racistes à
l’embauche puisqu’à qualification strictement
égale, le taux de chômage des personnes d’origi-
ne étrangère est deux à trois fois plus élevé (Le
Soir, 15/05/2009).

Quant au taux de chômage des diplômés de
l’enseignement supérieur de nationalité non européenne, il est 4 fois supérieur à celui des Bel-
ges (21,5% contre 5,8%). Le taux de chômage
des femmes de nationalité non européenne
ayant des qualifications est de 32,6% contre
5,7% pour les femmes qualifiées de nationalité
belge. D’après une étude d’Actiris en 2003, un
tiers des sollicitations d’emploi reçoivent un traitement inégal en raison de l’origine ethnique des
candidat-e-s. (« Egalité de toutes et tous à l’em-
ploi », brochure de la FGTB-Bruxelles, 2008).
Tout comme les femmes, les personnes d’ori-
gine immigrée connaissent en outre un phéno-
mène de sur-représentation et de concentration
dans certains secteurs, souvent précaires
(intérim) et aux salaires moindres. Une discrimination « ethno-structurelle » s’opère à l’intérieur
des mêmes entreprises, ainsi, à la STIB, sur les
161 cadres-dirigeants, 5 sont d’origine immigrée ;
sur les 1.212 employés et 532 cadres, les personnes d’origine immigrée ne sont que 20%, tan-
dis que ce taux atteint 60% chez les conducteurs
– trices (La Capitale, 23/04/2008).

[24] Dans les anciennes communes ouvrières de Bruxelles, à forte population
d’origine immigrée, le taux de chômage atteint
même 40%, dont 60% parmi les jeunes. Un taux
de chômage scandaleux en regard de la riches-
se produite et des emplois créés : pour un taux
de croissance moyen de +2% annuellement jusqu’en 2008, la croissance de l’emploi a été de
10% à Bruxelles entre 2004 et 2008, contre 6,5%
en Flandre et 8,1% en Wallonie. Une croissance
importante, mais pas aussi rapide que celle de la
population en âge de travailler (Le Soir,
15/05/2009). En outre, seuls 20% des 40.000
emplois créés entre 1990 et 2005 ont été occupés par des Bruxellois-es (La Dernière Heure,
26/01/2006) à cause, notamment, de la proportion d’offre d’emplois fortement qualifiée plus importante (51,6%) à Bruxelles qu’au niveau natio-
nal (36,6%) alors que la population est peu quali-
fiée (« Evolutions démographiques et socio-
économiques de la Région Bruxelles-Capitale
depuis 1990 », Pol Zimmer, Courrier hebdomadaire du CRISP n°1948-1949, 2007).

En 1970, Bruxelles comptait encore 170.000
emplois dans le secteur manufacturier, mais il n’y
en avait plus que 46.000 en 2005. L’économie
bruxelloise est donc avant tout une économie de
« services », qui pèse 88% de l’économie bruxel-
loise, contre 12% pour le secteur industriel
(« Entreprendre » n°7/8, septembre 2005).
Les causes de cette désindustrialisation
sont multiples : le développement de la sous-traitance, qui provoque le transfert de bon nombre d’emplois industriels dans la catégorie de
« services aux entreprises » ; l’extension du travail en noir et de la fraude sociale ; les évolutions
technologiques et enfin la migration des activités
industrielles hors de la ville. Si on estime que les
délocalisations d’entreprises à Bruxelles coûtent une perte annuelle de 200 à 500 emplois, la
désindustrialisation ne s’est pas faite mécaniquement en faveur de la périphérie ; entre 1985 et
2004 le nombre d’entreprises manufacturière a
baissé de 39% à Bruxelles mais n’a augmenté
que de 1% en périphérie (« Structure économique et croissance dans l’aire métropolitaine
bruxelloise. Spécialisation ou diversité ? », Didier
Baudewyns, Brussels Studies n°3, février 2007 ;
« Développement économique de Bruxelles,
quels enjeux pour les travailleurs ? », dossier
FGTB-Bruxelles n°10, novembre 2007).

Parmi les raisons principales expliquant le
départ des entreprises pour la périphérie, ce
n’est pas tant la fiscalité qui joue un rôle premier,
mais bien les prix de l’immobilier, le manque
d’espace et la congestion urbaine (Le Soir,
23/02/2006).

Ce qui caractérise l’emploi des Bruxellois-
es, outre un taux de chômage élevé, c’est que
les travailleurs-euses y sont de plus en plus pré-
carisé-e-s et sous payé-e-s. Entre 1992 et 2008,
le travail temporaire a progressé de 200%, pas-
sant de 4,3% du travail salarié à 12,6%. Les
contrats à durée déterminée et l’intérim ont augmenté, dans la même période, de 51,6% et touchent près d’un-e travailleur-euse sur dix. Près
de 40% des travailleurs-euses bruxellois-es sont
occupé-e-s dans des entreprises de moins de 50
personnes, où les ils-elles n’ont pas, dans la plupart des cas, de protection syndicale.
(« Mutations industrielles et transformation du
travail : quelles perspectives syndicales pour la
FGTB de Bruxelles ? » Les dossiers de la FGTB-Bruxelles n°8, février 2006 ; « Inégalités sociales », Ch. Kesteloot et M. Loopmans, Brussels
Studies, Note de synthèse n°15, 2008).

[25] Il y a 2.000 entreprises étrangères à
Bruxelles qui emploient 230.000 per-
sonnes et représentent 40% du PIB.

[26] « Cinq éléments placent symbolique-ment Bruxelles dans un statut légèrement différent par rapport aux autres Régions ; ce
sont l’absence d’autonomie constitutive, l’existence de dispositions légales spécifiques à Bruxelles en ce qui concerne la loi communale et trois
modalités qui distinguent les ordonnances régionales bruxelloises des décrets des autres entités : la tutelle de l’Autorité fédérale par rapport à
certaines normes régionales, le contrôle juridictionnel sur les ordonnances régionales et l’absence, pour la Région, de compétence d’interpréter les ordonnances par voie d’autorité » (« Evolutions démographiques et socio-
économiques de la Région Bruxelles-Capitale
depuis 1990 », Pol Zimmer, Courrier hebdomadaire du CRISP n°1948-1949, 2007).

54. La complexité institutionnelle du « fédéralisme néolibéral » atteint à Bruxelles un niveau ubuesque et freine toute politique cohérente. Pas moins de 8 entités et niveaux de pouvoir différents y interviennent : l’Etat fédéral, la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté flamande, la Communauté française, la Commission communautaire française, la Commission communautaire flamande, la Commission communautaire commune, les 19 communes... de plus, sans
constituer une Province, Bruxelles compte un Gouverneur et elle est
tout à la fois la capitale officielle de la Belgique, de la Flandre et de
l’Union Européenne !

55. Cette division institutionnelle inouïe, héritée d’une conception bicommunautaire et des compromis issus des diverses réformes de l’Etat, ne correspond absolument pas à la réalité sociologique et démographique multiculturelle de la population bruxelloise.

La polarisation et la concurrence entre les Communautés flamande et « francophone » crée une sorte « d’apartheid culturel » en termes de décrets et de budgets gérés indépendamment l’un de l’autre.
Cette concurrence débouche sur une division des travailleurs-euses
bruxellois-es sur une base linguistique interclassiste d’autant plus
absurde que près de 30% des Bruxellois-es n’ont pas la nationalité
belge (10% en 1963) et que plus de la moitié (56%) des habitant-e-s
de la RBC est d’origine immigrée [[l existe plus de 170 nationalités représentées à Bruxelles. La population d’ori-
gine immigrée est évidement très diverse, entre
celle issue de l’immigration ouvrière du sud de
l’Europe des années 60-70 (Marocains, Turcs,
Espagnols, Portugais, Grecs), les cadres, fonctionnaires et étudiants issus de pays de l’UE et
les « invisibles » (qui ne sont pas repris dans les
statistiques), c’est à dire les réfugiés, les demandeurs d’asile et les sans-papiers clandestins,
estimés à 80.000 au total, soit près de 8% de la
population totale de la ville (« Evolutions démographiques et socio-économiques de la Région
Bruxelles-Capitale depuis 1990 », Pol Zimmer,
Courrier hebdomadaire du CRISP n°1948-1949,
2007). 23% des enfants scolarisés à Bruxelles
n’ont pas la nationalité belge (contre 7% en Wallonie), mais là aussi les contrastes internes sont
très variables : entre 50% à Saint Gilles et 10% à
Watermael-Boitsfort par exemple (Journal de
l’Alpha n°148, 2008).

[27] Une étude sur les langues parlées à la
maison donne les résultats suivants : le
français uniquement (56,8%) ; une autre langue
et le français (11,3%), le français et le néerlandais (8,6%), le néerlandais uniquement (7%),
une autre langue uniquement (16,3%) (Rudi
Janssens, « L’usage des langues à Bruxelles et
la place du néerlandais. Quelques constatations
récentes », Brussels Studies n°13, janvier 2008).

[28] 90% des élèves bruxellois accusent un
retard scolaire en 6e professionnelle
(contre 80% en Wallonie). 23% des jeunes quit-
tent l’enseignement sans diplôme ; 20 jeunes (de
18 à 24 ans) sur 100 ne possèdent ainsi qu’un
diplôme de l’enseignement secondaire inférieur.

[29] Alors que la minorité néerlandophone
de Bruxelles représente autour de 10%
de la population, la moitié des membres du gou-
vernement régional est néerlandophone et elle
compte sur un nombre garanti de 17 députés sur
89. Il s’agit, en gros, d’appliquer à Bruxelles le
principe existant au niveau de l’Etat fédéral où la
population flamande est majoritaire mais le gou-
vernement est linguistiquement composé de ma-
nière paritaire, avec un Premier Ministre traditionnellement flamand. A Bruxelles, où le popula-
tion flamande est minoritaire, le Ministre-Président est traditionnellement francophone,
mais dirige également un gouvernement
« paritaire ». Bruxelles est ainsi considérée comme une « mini-Belgique » limitée à ses deux
grandes communautés linguistiques.

[30] Personne ne peut dire exactement à
quoi correspond, géographiquement
parlant, cet « hinterland économique » bruxellois, tant les critères de sélection retenus sont
variables. Certaines études pointent la
« morphologie suburbaine » et la continuité du
« bâti » entre les 19 communes et celles de la
périphérie ; d’autres les déplacements domiciles-travail, d’autres encore... la densité des communications par téléphonie mobile entre les habitants de la périphérie et la RBC. Les résultats
sont donc à l’avenant : selon certains, il faudrait
élargir la RBC aux 35 communes de BHV, selon
d’autres 62 communes sont concernées et certains avancent même un nombre de 130 communes... On voit donc difficilement quels sont les
véritables critères déterminants pour tracer les
délicates nouvelles frontières régionales

[31] En France, « Lille Métropole Communauté Urbaine » (LMCU) est gérée par
les représentants des municipalités concernées
et est compétente pour des matières telles que
les plans d’urbanisme, les transports en commun, l’eau, la collecte des ordures ménagères,
les voiries et la signalisation, les parcs de sta-
tionnement et les services de lutte contre les incendies.

En Allemagne, Berlin, tout comme Bruxelles,
est une entité fédérée enclavée dans une autre,
le Land de Brandebourg, qui constitue son
« hinterland économique » et elle connaît les
mêmes phénomènes de navette et d’exode de la
population en périphérie. En 1996, après l’échec
d’un référendum portant sur leur fusion, les deux
Land ont élaboré un organe de gestion commun
des politiques urbaines, de transport et d’emploi,
sans modifier leurs frontières (« La métropole
bruxelloise, des développements entre Lille et
Berlin ? », Caroline Van Wynsberghe, Brussels
Studies n°11, novembre 2007)

[32] Une étude réalisée en 2009 par les Facultés Universitaires Notre-Dame de la
Paix à Namur a estimé que le coût, pour la RBC,
d’un élargissement aux seules 6 communes à
facilités s’élèverait à 142 millions d’euros, tandis
que l’augmentation des recettes fiscales serait
de 136 millions d’euros. En outre, la RBC perdrait les 60 millions d’euros accordés par le mécanisme d’Intervention de Solidarité Nationale
qui bénéficie aux Régions où l’IPP par habitant
est inférieure à la moyenne nationale. Enfin,
l’élargissement de la RBC aux 6 communes à
facilités ferait perdre 116 millions d’euros à la
Région flamande (L’Echo, 02/06/2010).

[33] L’Agglomération Bruxelloise s’est étendue de 16 communes en 1932 à 19
communes en 1954. Mais en 1963, le projet d’intégrer 8 communes flamandes et 3 communes
wallonnes à l’Agglomération bruxelloise a capoté
suite à la forte opposition exprimée dans ces
communes wallonnes (« La Belgique de papa.
1970, le commencement de la fin », André
Méan, éditions Pol-His 1989).

[34] Jusqu’aux années 1950, avant la naissance
des Régions, le régime linguistique admi-nistratif des communes pouvait varier en fonction
d’un recensement linguistique tenu tous les 10
ans, mais qui fut supprimé par loi en 1961. Selon
le principe d’unilinguisme, la langue parlée majoritaire devenait la langue administrative, la fois
« externe » et « interne » de la commune, ce qui
impliquait un bouleversement intégral du person-nel communal. Il s’agit ici de reprendre le princi-
pe en le modifiant sensiblement pour appliquer
un bilinguisme communal de services qui ne tou-che pas aux frontières des Régions.

[35] « Toutes les grandes agglomérations sont
le résultat d’une évolution économique qui
s’opère bien au-delà de leurs contours administratifs et de leurs frontières. Les frontières administratives de la plupart des grandes aggloméra-
tions d’Europe de l’ouest ne correspondent plus
à la réalité socio-économique d’une seule ville
administrative. La période de l’histoire où les
frontières s’adaptent à l’économie est en effet
révolue. Partout naissent de nouvelles constructions de coopération entre entités administratives
et politiques diverses, que se soit à Paris, à Lille,
à Vienne ou à Bâle.

Lorsque l’on étudie le cas de Bruxelles, les
exemples de ces grandes métropoles apportent
un enseignement important : leurs frontières administratives n’ont pas été modifiées et cela n’a
pas empêché de mettre en place des dynamiques de coopération économique. Des exemples
comme ceux de la région économique européenne Lille-Kortrijk, Maastricht-Eupen-Aachen ou
Basel-Mulhouse-Lör-rach, qui se développent à
l’aide de politiques volontaristes au-delà des
frontières, sont également éclairants.

Ce point permet de souligner la différence qui
existe entre ce que la Constitution doit protéger
et ce que la Loi peut organiser : entre la frontière
linguistique non-négociable qui protège la langue
et la culture d’une communauté – et doit donc
être constitutionnelle – et la coopération économique entre les communes, les Régions, les
Communautés et l’État, dans l’intérêt de tous et
qui peut donc être réglée aussi bien par la Loi
que par la Constitution.

De ce point de vue, il est possible que des
structures de coopération surgissent à terme,
englobant la Région de Bruxelles-Capitale, le
Brabant flamand et le Brabant wallon, sans que
cela n’implique un déplacement des frontiè-
res. » (Gonzales d’Alcantara, « Demande flamande de scission de BHV : une justification
économique ? Économie du fédéralisme en matière de grandes agglomérations », dans
« Revue Fédéralisme-Régionalisme », Volume 8 :
2008 n°1 - « Fédéralisme et frontières internes :
les enjeux de l’arrondissement de BHV »).

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