Malgré le très important déploiement policier, des manifestations ont eu lieu au Caire, mardi 25 janvier, contre le pouvoir de Moubarak, à l’initiative des mouvements d’opposition.
La « journée de révolte contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage » a donné lieu à la mobilisation de dizaines de milliers de manifestants dans tout le pays (Le Caire, Alexandrie, Assouan, Assiout, Ismaïliya). Symboliquement, la date choisie était celle de la « journée de la police », un jour férié destiné à rendre hommage aux forces de l’ordre... Les manifestants criaient « Après Ben Ali, à qui le tour ? La Tunisie est la solution ! »
Le régime autoritaire d’Hosni Moubarak est en place depuis 30 ans et il utilise, comme ailleurs, le prétexte de la menace islamique pour museler son opposition. Les dernières élections législatives de décembre 2010, remportées massivement par le parti de Moubarak, ont été une mascarade avec des fraudes massives constatées par tous les observateurs, au point de « décevoir » l’administration américaine, le principal protecteur du régime.
Comme en Tunisie, la pauvreté est généralisée – 40 % de la population sous le seuil de pauvreté de deux dollars par jour – et des immolations de désespoir contre la pauvreté ont eu lieu dans les jours précédents.
* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 87 (27/01/11).
SOLIDARITÉ AVEC LA LUTTE DU PEUPLE ÉGYPTIEN
COMMUNIQUÉ DU NPA
Après Ben Ali en Tunisie, c’est au tour du président égyptien d’être confronté à la colère populaire. Bravant la redoutable police de la dictature, partout dans le pays, les manifestants exigent la fin du régime et le départ de Moubarak, au pouvoir depuis presque 30 ans.
La répression est féroce. Un millier de personnes ont été arrêtées et 6 ont été tuées. Le pouvoir interdit toute manifestation et tente misérablement de bâillonner les contestataires en fermant l’accès aux réseaux sociaux, outils précieux de la mobilisation contre la dictature.
La simultanéité du soulèvement et de la révolution tunisienne est une évidence. Au Caire comme à Tunis, les manifestants mêlent revendications sociales et démocratiques, exigent la fin de la dictature, la libération immédiate des opposants et manifestants arrêtés, l’instauration d’un régime démocratique.
Alors qu’ils sont les meilleurs complices de ces régimes, les USA et les gouvernements de l’Union Européenne semblent, comme pour la Tunisie, découvrir que leur partenaire privilégié dans la région recourait systématiquement à une répression impitoyable du mouvement social et exigent tous plus ou moins la restauration des libertés.
Ces larmes de crocodile versées bien tardivement ne sont que l’expression de la peur de la contagion démocratique qui semble gagner un à un les pays les plus touchés par la crise.
Le NPA apporte son soutien le plus total au peuple égyptien en lutte et s’associe à toutes les initiatives de solidarité prévues pour les prochains jours.
Le 27 janvier 2011.
Europe Solidaire Sans Frontières


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