Le typhon Washi aux Philippines : plus de 1000 morts à Mindanao – Un appel à la solidarité

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Selon un bilan encore provisoire, le typhon Washi a fait plus de mille morts aux Phippines, principalement sur la côte nord de l’île de Mindanao. Nous appelons à la solidarité financière avec les populations victimes de cette nouvelle catastrophe, en réponse à l’appel lancé par le Ranaw Disaster Response and Rehabilitation Action Center, Inc. (RDRRAC – Centre d’action Ranaw de réponse aux catastrophes et de reconstruction) [1].


Le typhon Washi a frappé l’archipel philippin dans la nuit du 16 au 17 décembre derniers. Selon une estimation officielle, en date du 21 décembre, 1002 victimes ont d’ores et déjà été recensées et il reste encore de nombreuses personnes disparues. Les dégâts sont considérables : routes et ponts détruits, infrastructures endommagées, maisons effondrées…, plusieurs centaines de milliers d’habitants se sont retrouvés sans abris, déplacés, et les centres d’évacuation sont surpeuplés. Quand les gens rentrent chez eux, c’est tout d’abord pour rechercher leurs proches morts et les enterrer... L’eau potable manque et la pollution se répand avec les inondations ; il y a un sérieux risque d’épidémie.

Deux villes portuaires situées sur la côte nord de la grande île septentrionale de Mindanao ont été particulièrement sinistrées, Cagayan de Oro et Iligan : d’énormes volumes de pluie se sont déversés des flancs des montagnes alors que la tempête soulevait les flots maritimes. Selon des météorologues, il s’agit du pire typhon dans cette région depuis novembre 1958, il y a plus de 50 ans. C’est aussi l’un des plus meurtriers dans le pays tout entier. En 2008, la tempête Fengshen avait – chiffres officiels – tué 938 personnes dans le centre de l’archipel. En 1991, les inondations provoquées par le typhon Thelma à Ormoc City, sur l’île de Leyte, avaient causé la mort de 5000 personnes.

Europe solidaire sans frontières (ESSF) coopère depuis nombre d’années avec un réseau militant à Mindanao, regroupant des ONG, associations et mouvements populaires dont fait partie le Ranaw Disaster Response and Rehabilitation Center, Inc. (RDRRAC) [2]. Ce réseau est particulièrement implanté et actif à Iligan ; il s’est immédiatement mobilisé pour organiser les secours d’urgence. Les communications ont été rendues impossibles puis difficiles à cause des coupures de courant et d’Internet, la rupture des réseaux téléphoniques. Nous avons cependant reçu des informations de nos contacts. Voici le témoignage qui nous a été envoyé le 20 décembre.

« Aussi loin que je puisse me souvenir, c’est la première fois que des agglomérations comme Iligan ou Cagayan de Oro ont été à ce point frappées par une tempête. Ce fait a contribué a aggraver la situation car, quand l’alerte a été lancée, annonçant une tempête particulièrement forte, les gens n’ont pas cru à la gravité du danger et ne s’y sont pas sérieusement préparés. De plus, le désastre s’est produit au moment où la marée était haute et de nuit, peu après minuit, quand la plupart des personnes dormaient – l’une des membres de notre organisation n’a eu la vie sauve qua parce que son chien l’a réveillée alors que les flots envahissaient la maison où elle se trouvait seule ! »

« Des pluies torrentielles sont tombées sur les flancs des montagnes alentour couvertes de plantations d’ananas, au sol dénudé, et à la végétation clairsemée du fait de la déforestation. Rien ne pouvait retenir et absorber un tel volume d’eau qui s’est directement déversé sur l’agglomération, provoquant de terribles dégâts. »

« La catastrophe a frappé plus de la moitié des quartiers et villages de l’agglomération d’Iligan. Les villages situés en bord de rivière ont été entièrement balayés. Le tiers de la population au moins est directement affectée – soit plus de 100.000 personnes. Dans de nombreux cas, des familles entières ont été noyées, entrainées vers la mer. Il n’y a plus personne pour signaler leur disparition. »

« En ce qui concerne les membres de mon organisation, deux maisons ont été entièrement emportées par les flots et une douzaine de familles ont perdu tout ou partie de leurs biens, mais nous ne déplorons aucune mort. Il en va de même pour une centaine de militant(e)s des mouvements sociaux dans lesquels nous sommes investis : pauvres urbains, ouvriers, conducteurs de jeepney [un mode de transport collectif] et paysans. »

« Nos réseaux militants dans les provinces avoisinantes se sont immédiatement mobilisés pour apporter des secours. J’étais moi-même en dehors d’Iligan et j’ai eu quelques difficultés à rejoindre l’agglomération à cause de l’état des routes et des ponts. Quand je suis arrivé, l’atmosphère empestait à cause de la décomposition des cadavres d’humains et d’animaux. Il y a beaucoup de victimes chez les enfants et les personnes âgées. Chacun recherche les corps et leur identification peut être très difficile. Les pompes funèbres ne peuvent accueillir toutes les dépouilles. »

« Nous avons l’habitude d’intervenir lors de désastres d’origine naturelle ou humaines (conflits militaires…). Mais cette fois-ci, nous avons été nous-mêmes directement frappés, nos locaux touchés, les familles de nos membres affectées ; c’était une situation inédite, il nous a fallu un peu de temps pour nous réorganiser – nous apprenons de cette expérience. Mais précisément du fait que nos organisations sont issues des zones sinistrées, qu’elles regroupent ensemble – dans cette île déchirée par des conflits dits communautaires – des chrétiens, musulmans et membres des tribus montagnardes habitant Iligan, nous pouvons agir efficacement et nous nous y employons. Mais nous aussi avons besoin de toute l’aide possible. »

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Il importe de répondre à cet appel. L’aide financière peut être apportée directement au Ranaw Disaster Response and Rehabilitation Action Center, Inc. (RDRRAC – Centre Ranaw de réponse aux catastrophes et de reconstruction) en utilisant Pay Pal sur leur site. Il est aussi possible, si c’est plus simple, d’adresser chèques en euros et transferts à ESSF qui fera suivre.

Pierre Rousset, Danielle Sabai


Pour la solidarité financière

Au Ranaw Disaster Response and Rehabilitation Center, Inc. (RDRRAC)

Les dons peuvent être transférés via Pay Pal sur leur site http://rdrrac.wordpress.com/donate

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Vous pouvez aussi envoyer des dons via Europe solidaire sans frontières (ESSF) :

Ne pas oublier d’écrire « Philippines » au dos des chèques ou lors des transferts.

Chèques
chèques en euros seulement à l’ordre d’ESSF à être envoyés à :
ESSF
2, rue Richard-Lenoir
93100 Montreuil
France

Banque :
Crédit lyonnais
Agence de la Croix-de-Chavaux (00525)
10 boulevard Chanzy
93100 Montreuil
France
ESSF, compte n° 445757C

Coordonnées bancaires internationales :
IBAN : FR85 3000 2005 2500 0044 5757 C12
BIC / SWIFT : CRLYFRPP
Compte au nom de : ESSF

En France, ces dons donnent droit à des déductions d’impôt. Il nous faut votre adresse pour vous envoyer un reçu fiscal (en général indiquée sur les chèques).