DISPARITION

Jacques Bleibtreu

Jacques Bleibtreu nous a quittés le 15 juillet, à l’âge de 60 ans. Fils de Marcel, dirigeant trotskyste, et de Lili, que l’on connaît bien à l’École émancipée, Jacques a baigné dans la politique dès son plus jeune âge. Début 1968, avec d’autres de l’Unef Sorbonne, il fonde le Mouvement d’action universitaire à l’initiative des comités d’action en mai, ce qui ne l’empêche pas, au congrès de décembre 1968, de conjurer les militants de Rouge de ne pas déserter le syndicat étudiant.

Véritable mitraillette à idées, il considérait comme valides le front unique, la lutte des classes, la révolution. Il tempêtait, au début des années 1970, contre une extrême gauche qui avait laissé l’écologie à d’autres. Sans avoir la carte d’un parti, il demeurait un homme d’action, révolutionnaire, autogestionnaire, non sectaire.

Ces derniers temps, il sortait peu de son 3e arrondissement, où il avait participé à la campagne législative de 2002 et à celle du référendum de 2005. Lors de son hospitalisation, il enrageait de n’avoir pu faire que les premières manifestations contre le CPE.

Nous garderons en mémoire ses indignations contre l’injustice et l’imbécillité, sa voix forte et sa difficulté à attendre son tour pour parler... Nos réunions seront désormais moins animées sans lui. Mais, surtout, Jacques était d’une extraordinaire générosité et d’une grande gentillesse. C’est cette profonde humanité qui nous manquera. Que Jacqueline, Alexandre, Lili, Françoise, Pierre, que tous ses amis et camarades sachent que nous veillerons à ce que cette petite flamme ne s’éteigne jamais.

P.-S.

* Paru dans Rouge n° 2169 du 27 juillet 2006.

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