Claude Jacquin, dit Gabriel (1947-2016) : hommages et souvenirs – I –

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, par Collectif

Nous présentons ici une première série de messages reçus après le décès de Claude Jacquin, que nous avons souvent d’abord connu sous son nom de plume, Claude Gabriel. Ils sont reproduit dans leur langue d’origine, tant du moins que d’éventuelles traductions ne sont pas disponibles.

Nous publierons ultérieurement d’autres messages et articles.


Claude en 1990, lors d’un camp jeunes de la Quatrième Internationale en Belgique.


 Obsèques de Claude Jacquin (Gabriel)

Mercredi 27 avril 2016, à 10h 30 au Crématorium du Père Lachaise (salle de la Coupole).

L’entrée du Crématorium se fait par l’avenue du Père Lachaise, accessible par la place Gambetta (métro Place Gambetta ou arrêt de bus 26, 60, 61, 64, 69, 102).

Toutes celles et ceux qui veulent rendre un dernier hommage à Claude et lui dire adieu se retrouveront pour cette cérémonie. Elle sera suivie d’un verre de partage de tristesse, de souvenir et d’amitié (dans le salon Landowski dans le même bâtiment.).


 Messages

Sénégal

Les camarades sénégalais ont appris avec tristesse le décès de Claude qui nous était proche..

Toute notre compassion.

Adama

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Chers amis et camarades

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès de Claude. Nous avons partagés des moments très intenses de militantisme au sein d’Afrique en Lutte et sa disparition nous affecte. Je vous présente en mon nom propre et au nom de tous les militants qui l’ont connu au Sénégal mes sincères condoléances.

Amadou

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Mauritius

In the name of LALIT, I would like to express our shared sadness at the news of the death of Cde. Gabriel. When he looked after links with groups and parties in Africa, those of us who came to know him as a comrade learnt a great deal from him.

Please convey our condolence to all the comrades, friends and family that he leaves behind.

Yours,

Lindsey Collen

For LALIT, Ile Maurice

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Congo

Le décès de Claude est une terrible nouvelle, même si la situation était devenue alarmante il y a quelques jours, avec son hospitalisation.

Je lui dois beaucoup…

Jean

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Sans Gabriel, je n’aurais jamais eu, pour l’Afrique, l’intérêt que j’ai éprouvé pour ce continent

Sans Gabriel, je n’aurais jamais eu, pour l’Afrique, l’intérêt, à bien des niveaux, que j’ai éprouvé pour ce continent. Rien ne m’y prédisposait et c’est mon implication, sous sa houlette, qui a marqué les grandes orientations de ma vie. Politiquement, professionnellement et personnellement. Je ne sais pas s’il en a eu conscience, la distance, la réserve était sa ligne de conduite dans ses relations avec les autres. Il avait de son engagement une idée si totale, qu’elle ne pouvait pas composer avec l’engagement que je connaissais dans le métier de journaliste. Une idée un peu perdue aujourd’hui où on mélange tout.

Gabriel a transmis, à ceux qui ont travaillé avec lui, une rigueur intellectuelle, qui, pour ma part, m’a considérablement aidé dans le traitement de l’information de pays comme l’Algérie et surtout l’Afrique du sud. Je n’ai jamais eu de contact avec lui dans ce pays et je l’ai regretté. A-t-il jugé impossible de traduire dans les media l’immensité de la tâche des révolutionnaires pour construire une alternative de gauche à l’ANC ? Probablement, mais je ne le saurais, hélas, jamais.

En tant qu’observatrice attentive de la politique sud africaine, que je suis devenue, je peux affirmer que jamais, dans la courte vie démocratique de ce pays et dans la crise majeure que connaît l’ANC, ne s’est fait sentir avec autant d’acuité le manque d’une alternative réellement de gauche, révolutionnaire qui se construirait autour des grandes force sociales que comptent le pays. Comme l’ANC avait eu l’intelligence de le comprendre, dans les années ‘80, en mettant au centre de la lutte contre l’apartheid, la construction du syndicat COSATU.

La question est aujourd’hui aussi brulante qu’hier et nous montre que Gabriel était à l’avant-garde, dans son rôle de révolutionnaire. Il ne s’est pas battu pour rien.

Anne Dissez

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Chers camarades,

Je suis très désolé d’apprendre que Claude Gabriel est décédé, si jeune encore. Cela fait de nombreuses années que je ne l’avais pas revu mais il restera pour moi celui qui avait monté une très active commission Afrique du Bureau du SU et qui était l’animateur infatigable de la revue Afrique en Lutte qui, à cette époque, était une vraie revue de réflexion théorique marxiste-révolutionnaire sur l’Afrique.

J’avais beaucoup appris avec lui, notamment autour de son livre Angola : Le tournant africain ?, Paris, Éditions La Brèche, 1978.

Très amicalement,

Michel Cahen

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Je ne l’ai pas connu personnellement, mais le livre qu’il avait écrit avec Vincent Kermel, « La révolte kanak », avait été dans les années 80 très précieux pour notre travail de soutien aux mouvements indépendantistes kanaks. Et il nous permettait de sortir de schémas éculés sur l’impérialisme des gardiens de l’orthodoxie, ceux qui ont toujours ignoré que selon un célèbre barbichu russe « l’analyse concrète d’une situation concrète est l’âme vivante du marxisme ».

Jean-José Mesguen

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Chères et chers camarades,

Depuis le Mexique où je passe quelques jours je viens d’apprendre la triste nouvelle de la mort de Claude Gabriel. Pour moi cela représente la perte de quelqu’un tres cher car nous avons été membres du Bureau de la IVe pendant 7 ans. Lui comme responsable des liens avec les organisations africaines, mais aussi comme l’un des piliers de l’organisation du camp de la jeunesse. Moi comme responsable du travail pour l’Amérique latine.

Toujours fraternel, solidaire, convaincu que la formation politique est une arme essentielle pour les révolutionnaires, Claude faisait partager son expérience avec facilité, en même temps que parfois il angoissait de voir les ruptures et échecs de nos forces et du mouvement révolutionnaire de façon plus générale.

Je vous prie de bien vouloir accepter mon message de solidarité et de le faire suivre à sa compagne.

Fraternellement

Braulio Moro

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So sorry to hear about Gabriel’s death. Since I was part of the leadership at the same time, I knew him, of course, but didn’t really know what he had been doing for the last 20 years. I hope the last years of his life were productive and – dare I say ? – happy. He certainly took on a difficult, ambitious job with the Africa links. Al the best to his close comrades, friends, and family.

Heather

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Un gran militante internacionalista

Con mucho pesar hemos conocido hoy la muerte del compañero Claude Jacquin (Gabriel), a quien muchos de los militantes en Anticapitalistas conocieron en los años ochenta y noventa haciendo trabajo internacionalista.

Le recordamos como un gran militante internacionalista y buen conocedor de la realidad política de países como Sudáfrica. Varios de sus escritos fueron publicados regularmente en castellano en la revista Viento Sur.

Hacemos llegar nuestro más sentido pésame a sus familiares, amigos y compañeros.

Madrid, 17-4-16,
secretariado internacional de Anticapitalistas


Mis mas sentido pesame por el fallecimiento de Claude Jacquin (Gabriel). Efectivmete lo conoci eb los años que forme parte del SU (con el inolvidable Miguel Romero « Moro ») en reprensentacion de LKI, en aquel entonces seccion vasca de la IV Internacional.
Un abrazo a todos

Joxe Iriarte « Bikila » (Euskadi)


En voyage, j’apprends le décès de Claude Jacquin. Quelques lignes pour témoigner de l’estime que ce militant a toujours su susciter.

Un compagnonnage par épisodes qui remonte à son militantisme dans la Ligue communiste lors de l’une des premières activités professionnelles de Claude au ministère de l’Equipement. Dans cette cellule‚ déjà son ardeur à travailler et approfondir les sujets avant de défendre ses positions impressionnait.

Dans les années récentes‚ et en relation directe avec mon activité d’aujourd’hui‚ le constat que Claude fut l’un des rares militants marxistes révolutionnaires à produire en France des analyses économiques sur l’industrie automobile. En plus de ses multiples articles qui méritaient toujours diffusion et débats‚ il répondait aux demandes‚ si besoin‚ de relire infos et notes du blog NPA « Auto critique ».

Et enfin le souvenir d’échanges où Claude partageait sur l’Afrique du Sud‚ la richesse et la complexité de son mouvement social et syndical‚ son savoir encyclopédique.

Jean-Claude Vessillier

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Très touché par la mort de Claude, vieux camarade, comme le rappelle Michel Angot, de la JCR puis cellule OPHLM de Paris (avec Evariste, Jojo, Gael, Robion, Petit Jean entre autres) dans les années 60-70.

Il était venu me voir « médicalement » et non plus politiquement pour la première fois en 88, je crois, et depuis nous avions essentiellement des interactions dans Ensemble. Je venais juste de citer une de ses (excellents) papiers récents sur les dangers du « marxisme virtuel ».

Gérard Chaouat

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Sincéres condoléances, Continuons le Conbat de Gabriel.

Jean Lous Bournais

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En voyage au Vietnam, nous venons d’appendre le décès de Claude.

Nous ne pourrons être présents aux obsèques, mais nous tenons à exprimer notre chaleureuse solidarité.

Christine et Patrick

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Triste nouvelle.. Je serai en Amérique latine mercredi prochain et dans l’impossibilité d’être présente pour ce dernier hommage.

Je tiens à envoyer un message d’amitié en souvenir de Claude, en souvenir d’un passé lointain que nous avons partagé. Merci de transmettre ce message à ses proches.

Janette

* **

Vivant à l’étranger, je ne peux me rendre aux obsèques. Mais je tiens a exprimer ma grande émotion et me joindre à vous par la pensée et transmettre toute ma sympathie à ses proches.

Tristesse,

Bruno

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Cher Pierre,

Oui, bien sûr, j’avais déjà reçu la triste nouvelle. Ton texte est un bel hommage à notre ami Gabriel, qui était, comme tu le soulignes, un vrai internationaliste. Il va nous manquer, l’ami Gabriel…

Bien à toi,

Michael Löwy

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J’ai appris avec une grande tristesse le décès de Claude. Je suis en déplacement professionnel en province et ne pourrais être aux obsèques.

Amitiés

Jean Chambrun

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Depuis mon sud lointain je ne pourrai être avec vous le 27 avril, mais je vivrais volontiers ce moment de partage de tristesse, de souvenir et d’amitié.

J’avais eu récemment encore un court courrier avec Gabriel...

Je garde de lui ce souvenir ému d’un camarade pas vu depuis presque vingt ans me hélant avec un grand sourire comme si nous nous étions quittés la veille, c’était lors d’une marche des fiertés à Paris sur un grand boulevard, à la mi 90 alors que je reprenais contact avec la LCR et la CNH en particulier.

Ce sourire ne reviendra pas mais il reste.

Il est le genre de personne qui m’a lié pour toujours à notre courant politique depuis le début des années 70, à son ouverture, sa tentative de rigueur et d’honnêteté, son sens indéfectible de la révolte pensée et de la solidarité têtue, de l’amitié aussi.

Je vous embrasse toutes et tous.

Jacques F.

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L’ article de Charles et le tien [Pierre] me font sentir combien la disparition de Claude est une grande perte non seulement pour ses ami.es mais pour toute l’Internationale.

Encore un militant que j’ai manqué !

Josette

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Je suis à New York pour un voyage prévu de longue date. J’aurai aimé être présent aux obsèques : beaucoup de souvenirs, de discussions et de combats communs.

Amicalement

PF

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Inprecor

Je ne pourrais être présent à Père Lachaise le 27 avril - je serais en Normandie en charge de ma petite fille…

J’ai encore du mal à parler de Claude, un camarade devenu un ami que je connaissais depuis la fin des années 1970 et aux côtés de qui j’ai travaillé pour l’orga tant d’années. Même si ces dernières années nos chemins politiques s’étaient un peu écartées, nous restions en contact, échangeant par mail ou téléphone…

Ce mercredi 27 je serais en pensée avec vous toutes et tous à qui Claude va tant manquer maintenant.

amitiés

Janek (« Cyril Smuga »)

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A l’Ecole d’Amsterdam

I just saw the news. I’m devastated. He was brilliant and friendly, loving real discussions, not just agreements, and always really well prepared for the talks he gave at the IIRE. I learned a lot from him and remember his excitement at explaining how corporations were now structured under globalisation. A big loss.

Susan Caldwell

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I kept inviting Claude to the IIRE sessions while I was myself on staff there and after I continued reading his pieces on ESSF. I had no idea he was sick, so his death is a big shock.

Peter

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Participants aux camps jeunes de la Quatrième Internationale en Europe

Merci pour la note sur Gabriel. Mes condoléances. C’est quelqu’un que j’appréciais beaucoup même (voire surtout) quand il m’appelait « Raghu de mouton ». On se voyait beaucoup à Amsterdam et j’ai traduit son cahier sur l’Afrique du Sud. Comme Kumar, qui vient de m’écrire un mot, Gabriel était l’un des premiers dirigeants de la QI que j’ai rencontrés, aux camps jeunes de 1988 (Brioude) et 1991 (Tchécoslovaquie) et au milieu des années 80 j’attendais avec impatience ses analyses sur la situation en Afrique du Sud dans IV. J’ai même basé la première chronique que j’ai écrite (ou en tout cas qui a été acceptée !) pour le journal étudiant de l’Université de Toronto (dont quelques années plus tard Naomi Klein serait rédactrice en chef) sur un de ses textes dans la revue théorique de la QI.

Raghu

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Claude Gabriel vient de mourir... je ne parlerai de lui que par une anecdote hormis son anglais à l’accent français et son fameux « Socialism is happiness »... Il était responsable des relations avec les jeunes et les camps de jeune pour notre internationale (la 4). En 1990, nous faisons des affiches pour la journée lgbt du camps de jeune, avec des reprises de portraits de grands leaders révolutionnaires queerisés comme on dirait aujourd’hui. Le lendemain, scandale !!!! La délégation polonaise demande un point en direction de camps pour se plaindre du travail de la commission homo. Et Claude très sérieux, genre direction de l’internationale écoute les Polonais, et répond très doctement que rien dans les écrits révolutionnaires et dans les connaissances que nous avons des grands révolutionnaires ne permet d’affirmer qu’ils étaient totalement hétérosexuels.

Jean-Louis Touton


Je ne pourrai pas être parmi vous mercredi prochain, je serai en Bretagne avec les miens.

La réponse immédiate de Jean Louis m’a touché, car je me souviens très bien de cet épisode, et de toutes ces années où nous pensions, avec encore moins de perspectives que nos anciens de 68 que nous pouvions bouger ce vieux monde.

Et que de mentalités ont su évoluer dans ces camps ! Pour les centaines de jeunes qui y sont passés les questions des droits des femmes, de l’orientation sexuelle étaient posées dans un cadre non formaté et émancipateur, 30 ans après 68 on y arrivait encore !

Je me suis occupé des camps pendant 3 ou 4 ans, Claude coordonnait l’organisation. Il avait ce savoir faire de nous laisser notre enthousiasme, nos impulsivités, de « jeunes », et de nous accompagner, calmement, doctement. Il nous « encadrait » réellement, avec bienveillance.

A l’époque Pierre était encore à Amsterdam. Ernest était toujours là, parfois les réunions du bureau se tenaient à Paris, rue de Tunis.

J’ai continué à le fréquenter jusqu’à son départ du secrétariat, après ce congrès où il avait été viré du CC. Je ne sais plus pourquoi mais j’avais eu à le revoir pour une situation quelques années après, Bd Saint Martin, il n’avait pas changé. Toujours son côté Johnny belle gueule, en costard cravate cette fois-ci.

Un grand bonhomme, comme le furent nos deux Daniel, toulousains ou suisses, ils avaient liés leurs destins à l’engagement militant.

La plus grande absente sera Sophie. Partie trop tôt, avant tout le monde. Elle aurait eu tant à dire, quand avec Natacha elles s’occupaient encore d’Inprecor bi-mensuel.

Je compte sur toi [Cyril] pour saluer nos ami-e-s et camarades qui viendront pour partager tous nos souvenirs.

Merci,

Zap

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Voir une seconde compilation de messages sur ESSF (article 37796) :
Claude Jacquin, dit Gabriel (1947-2016) : hommages et souvenirs – II –


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