Maya Surduts : hommages et souvenirs

Une activiste enthousiaste, une de celles porteuse d’utopie

Lesbiennes of Color

Nous, groupe LOCs – Lesbiennes of Color témoignons de notre tristesse d’apprendre la disparition de Maya Surduts C’est une grande dame qui nous quitte militante féministe infatigable, une révolutionnaire qui rêvait d’une société juste et égalitaire. Une activiste enthousiaste, une de celles porteuse d’utopie. Une résistante face aux sbires d’extrême droite-catholique traditionalistes à travers son combat pour le droit à l’avortement et la contraception à la CADAC et au Collectif des Droits des Femmes.

Par ce mot, nous, membres du groupe LOCs, rendons hommage à Maya Surduts et quand bien même nos approches étaient différentes, nous nous rappelons qu’elle fut d’abord, une rebelle et féministe ; nous perdons une camarade. Que tu trouves la paix nous continuerons le combat.

Hasta siembre


Nous connaissons toutes et tous Maya...

Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie - LFID

Nous connaissons toutes et tous Maya, son engagement et sa lutte sans cesse contre les inégalités, pour les droits des femmes et la justice sociale. Nous avons eu la chance de la côtoyer, tous les jours au CICP. Hélas, nous ne la croiserons plus sur le lieu de notre travail. Nous ne pourrons plus discuter, échanger avec elle, entendre ses rires et aussi ses cris de contestation.

Dorénavant nous sommes privées de partager avec elle quelques moments de tendresse autour d’une tasse de thé iranien.

Sa place est vide. Elle nous manque énormément


Toute la peine que nous cause la disparition de Maya Surduts

Comité de Solidarité avec Cajamarca-Pérou

Chère Suzy Rojtman

Chères amies de CADAC et de la CNDF

Le Comité de Solidarité avec Cajamarca-Pérou tient à vous dire toute la peine que nous cause la disparition de Maya Surduts.

Voilà maintenant deux ans elle avait reçu au 21 ter Rue Voltaire, avec sa générosité et sa force communicative la paysanne péruvienne Màxima Acuña de Chaupe persécutée avec sa famille par la multinationale minière Yanacocha parce qu’elle refuse de céder sa terre et son eau au méga projet de mine d’or à ciel ouvert CONGA. Nous nous souvenons combien l’ avait émue ces mots de Màxima « Ils disent que je ne sais rien faire, mais regardez tout ce que j’ ai sur moi c’est moi qui l’ ai fait » tout en montrant avec fierté son impeccable tenue traditionnelle du Nord des Andes. Maya avait été particulièrement touchée par cette lutte si inégale de la petite paysanne à qui les sbires de l’ entreprise venaient de tuer les brebis et détruire la Maison, face à la plus grand entreprise de production d’or du monde et la complicité de l’ Etat péruvien. Maya, qui assista ensuite à la rencontre avec Màxima à la Maison de l’ Amérique Latine avait su lui transmettre toute la solidarité de CADAC et de la CNDF, une contribution qui jointe à toutes les autres, lui permet de tenir encore.

Maya Surduts avec Maxima Acuña de Chaupe et sa fille Ysidora en mai 2014
C’est avec le même enthousiasme et la même empathie qu’elle dialogua l’ an dernier avec Rosa Sara Huamàn, représentante de la Communauté indigène de Kañaris-Nord-est Pérou contre la répression de son peuple qui refuse le méga projet minier « cañarioca » et qui assistait au Colloque convoqué au Sénat en leur défense et des autres peuples en résistance face à l’ extractivisme au Pérou. Nous nous souvenons avec quelle attention, Maya, après avoir expliqué à Rosa la lutte pour le droit à l’ avortement menée par les femmes en France, écouta par la voix de Rosa le malheur et la lutte contre la stérilisation forcée que le gouvernement Fujimori imposa aux femmes des communautés indiennes des Andes.

Maya avait su établir ce dialogue et ce lien avec ces femmes des Andes permettant ainsi aux unes et aux autres de s’enrichir et de renforcer leur combat.
Nous assisterons à la cérémonie des adieux de Maya et nous vous transmettons à nouveau toute la peine que nous cause la perte de votre amie, de votre camarade qui était devenue aussi la nôtre.

Paris le 15 avril

Le Comité de Solidarité avec Cajamarca-Pérou


« Les luttes des femmes changent la vie entière »

ECVF

Pilier du mouvement féministe, elle incarnait une génération de femmes qui a marqué notre temps,et fait avancer notre société : « Les luttes des femmes changent la vie entière ».

Figure charismatique, révolutionnaire inspirée et inspirante, elle faisait entendre sa voix avec force et détermination. Immigrée en 1938, elle a lutté toute sa vie pour les droits des femmes en France, depuis les années 1970 avec le MLAC, aux années 1990 avec la CADAC qu’elle a fondée jusqu’au Collectif CNDF qu’elle a animé inlassablement jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent.

« A chaque fois que l’on écrit l’Histoire, le mouvement social est ignoré, il disparaît. La loi Veil, c’est nous, les femmes et nos alliés, qui l’avons faite. La loi sur le délit d’entrave, ce n’est pas la loi Néiertz, c’est nous les femmes. La loi Roudy sur le remboursement de la contraception a été possible pas seulement grâce à Yvette Roudy, mais grâce à nous et au rôle joué par Simone Iff. Les lois n’ont pas été faites que par les politiques, le mouvement social a joué un rôle premier. » Celle qui, depuis quelques années, ne cessait de se désespérer de l’anomie démocratique, n’a pas su que sa volonté tenace et insolente de changer le monde par la colère de la révolte, le pessimisme de la lucidité et la passion de vivre ensemble, fleurissait ces jours-ci sur les places de notre pays.

L’association ECVF, au nom de la diversité des élu.e.s qui en sont membres, exprime son immense respect à la femme engagée, à Merija Surduts, notre Maya. Nous n’oublierons pas ses légitimes revendications, ses justes colères et entendons faire vivre avec la même inébranlable ténacité ses engagements et ses combats qui sont les nôtres.

Elu.e.s contre les violences faites aux femmes (ECVF)


Disparition de Maya Surduts, le mouvement des femmes est en deuil

Femmes Solidaires

Une profonde tristesse vient de nous assaillir à la nouvelle de la disparition de notre amie Maya Surduts porte-parole du CNDF mais aussi présidente de la CADAC. Les mots nous manquent tant nous sommes en état de choc. Maya incarnait la lutte des femmes et savoir qu’elle n’est plus est presqu’une abstraction. Le mouvement Femmes solidaires partage l’ensemble des valeurs que Maya défendait depuis son enfance, en premier lieu le refus du racisme, de l’antisémitisme et du fascisme qui faillit couter la vie à sa famille durant la seconde guerre mondiale. Puis le droit à disposer de son corps qui fut la clé de voûte de toutes les actions militantes dans lesquelles Maya déploya son énergie.

Pionnière dans la lutte pour l’avortement auquel elle consacra la majeure partie de sa vie militante, Maya ne se résigna jamais aux diktats politico-religieux qui emprisonnent les femmes. Abolitionniste, elle nous quitte une semaine jour pour jour après l’adoption de la loi pour la pénalisation des clients prostitueurs, loi pour laquelle elle s’était beaucoup mobilisée.

Avec Femmes solidaires les discussions furent toujours franches, le dialogue jamais interrompu et beaucoup d’entre nous ont appris au contact de cette grande militante dont les actes étaient toujours portés par une réflexion exigeante sur les enjeux de son époque.

Enfin elles furent, avec son amie Suzy Rojtman, pour qui nous avons une pensée, à l’avant-garde de la lutte contre les violences faites aux femmes portant des années durant l’ambition d’une loi-cadre contre ces violences quand celle-ci était inenvisageable par le monde politique.

Nous nous souviendrons des colères de Maya, ces colères qui ne duraient jamais très longtemps, mais dont les raisons profondes portaient souvent les grands combats émancipateurs pour les femmes. Enfin l’irrévérence de Maya nous manquera, cette irrévérence qui nous lâche à l’âge adulte et que Maya conserva jusqu’à son dernier souffle. Il ne s’agissait pas de plaire mais de convaincre, il ne s’agissait pas de complaire mais de rester juste et fidèle à la cause des femmes, et toujours avec une grande élégance


Maya Surduts, militante féministe, nous a quittées hier !

Organisation de Femmes Egalité

Présidente de la Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et la Contraception (CADAC), co-porte parole du Collectif National pour les Droits des Femmes (CNDF), elle a animé depuis des décennies la lutte des femmes en France pour leurs droits. Consciente des conséquences du néolibéralisme sur la situation des femmes travailleuses, elle a été présente pour soutenir leur lutte ; plus particulièrement, nous avons lutté avec Maya et le CNDF dans le cadre de la campagne sur « l’Egalité salariale entre les Femmes et les Hommes… Maintenant ! ».

Sa forte personnalité, son engagement résolu, sa perception politique des situations étaient des qualités qui la caractérisaient. Figure incontournable du féminisme, elle a su imposer la défense des droits des femmes dans le débat politique et social ; pour elle, le féminisme ne pouvait pas être étranger au mouvement social.

Sa place dans le combat des femmes va nous manquer. Mais son engagement restera dans nos mémoires et dans nos actions. Nous présentons toutes nos condoléances aux militantes du CNDF et de la CADAC.


Maya, infatigable militante des droits des femmes

Hélène Adam - Ensemble !

Elle était Maya pour nous toutes (et tous), infatigable militante du droit des femmes, battant le pavé, ne ratant jamais une réunion, un meeting, une manifestation, fiévreuse et passionnée, de sa belle voix de contralto, elle fustigeait ses “adversaires”, refusait toutes les compromissions, adorait discuter pendant des heures... La mort habille mal les militant-e-s. Elle va plus mal encore à notre amie.

Maya Surdos, de son vrai prénom “Merija”, juive et Lettonne, réfugiée, révolutionnaire, féministe. Son aventure militante commença à Cuba dans les années soixante. Elle y resta 7 ou 8 ans avant de se faire virer par le régime Castriste qui la trouvait fort contestataire. Elle entra alors à Révolution !, organisation des années soixante dix, et au MLAC, Mouvement pour la libération de l’avortement et de la contraception. Elle en fut très rapidement une figure emblématique, un modèle pour beaucoup d’entre nous, à l’heure où nombre de femmes mouraient encore d’avoir voulu choisir leur vie. Inoubliable période qui se termina par une victoire et scella pour toujours ce sentiment nouveau qui nous remplissait d’ivresse et de fierté : ensemble, nous étions fortes, différentes, nous changions la vie.

Le féminisme alors chevillé au corps à partir de cette expérience forte et historique, Maya ne quitta jamais son combat, à la LCR pendant de très nombreuses années, à la Gauche Unitaire puis à Ensemble et surtout à la CADAC et au Collectif National des droits de Femmes.

Image inoubliable de femme, belle, rebelle, indépendante et volontaire, qui puisait ses racines loin, dans cet entre deux-guerre, de persécutions contre les juifs et les communistes, elle avait construit sa pensée politique dans les guerres d’indépendances anti-colonialistes et antiimpérialistes, et avait parcouru toutes les aventures militantes des années soixante-dix à nos jours.

Maya n’aura jamais posé ses valises. Elle nous laisse des milliers de souvenirs, belle silhouette de femme énergique que rien, ni personne n’intimidait, qui put paraitre austère du fait de son intransigeante passion, mais dont nous connaissions aussi la grande tendresse de l’amitié entre femmes qui partageaient les mêmes idées, l’humour des moments de joie et de rires, la générosité de cette superbe ainée, qui força bien souvent notre admiration.

Adieu Maya. Impossible d’imaginer que tu ne seras pas à la prochaine manif. Au moins dans nos pensées. Cet hymne la symbolise si bien : Le temps de la colère, les femmes, Notre temps, est arrivé, Connaissons notre force, les femmes, Découvrons-nous des milliers !

Le 13 avril 2016


Hommage à Maya Surduts

Attac

Attac, et la commission Genre en particulier, sont profondément touchés par la disparition de Maya Surduts et tiennent à lui rendre hommage. Féministe de la première heure, elle a été de tous les combats féministes, révolutionnaires et altermondialiste.

Militante pour le droit des femmes à l’avortement à une époque où il était interdit et passible de peines de prison, elle a rejoint le MLAC (Mouvement pour la libération de l’avortement et la contraception) en 1970, mouvement qui a lutté sans relâche pour le droit à la contraception et à l’avortement gratuit et a réussi, avec d’autres, à impulser les mobilisations massives qui ont permis d’extorquer à un parlement sexiste et réactionnaire la loi Veil. Mais rien n’est jamais acquis et le droit à l’avortement a sans cesse été remis en cause, notamment en Espagne ou en France, par l’extrême droite qui a organisé des commandos devant les hôpitaux le pratiquant, mais aussi par les politiques d’austérité qui se sont attaquées au droit à la santé pour tou·te·s.

Maya a su fédérer syndicats, organisations politiques du mouvement ouvrier, organisations féministes et associatives au sein de la CADAC (Coordination des associations pour le droit à la contraception et à l’avortement) dont elle était présidente, afin de se donner les moyens pour continuer à impulser des actions unitaires. Elle a également participé en 1995 à la création du CNDF (Collectif National pour le droit des femmes) à la suite d’une manifestation pour les droits des femmes appelée en octobre 1995 par la CADAC, qui a réuni 50 000 personnes et a marqué l’histoire du féminisme en France.

Ces deux dernières années, elle a mis une grande partie de son infatigable énergie dans la popularisation de la lutte du personnel et des usager·e·s de la maternité des Lilas contre sa fermeture, mais aussi dans les mobilisations contre la précarité et le temps partiel imposés aux femmes, dans les combats contre les violences faites aux femmes, en particulier pour l’abolition de la prostitution.

Internationaliste et révolutionnaire, ayant soutenu les combats révolutionnaires en Amérique Latine suite à la révolution cubaine, altermondialiste participant aux premiers forums sociaux mondiaux, Maya nous a montré comment il ne pouvait y avoir d’émancipation sociale sans s’attaquer conjointement à la domination patriarcale et capitaliste, et comment le féminisme représente un outil puissant pour une transformation sociale globale.

Le combat continue.


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