Elections régionales dans l’Etat espagnol : Galice, Pays basque Chaos du PS après la défaite

Le 24 septembre passé, les élections régionales se sont déroulées en Galice et dans la Communauté autonome basque. Dans les deux régions, le parti socialiste (PSOE) continue sa chute et pousse vers la sortie son secrétaire général.

Pays Basque : l’autodétermination s’affirme

 Le Parti Nationaliste Basque (PNV), centre-droite autonomiste, gagne son pari. Le résultat des élections anticipées confirme le soutien dont jouit le parti, qui récupère de nombreuses voix des électeurs·trices des partis unionistes et augmente son total de voix et ses sièges (28 sur 75). EH BILDU, coalition de la gauche indépendantiste, fait également un bon score et se confirme deuxième force (18 sur 75), malgré l’interdiction judiciaire faite à son leader, Arnaldo Otegi, de se présenter. Le mouvement de Pablo Iglesias, Podemos, perd quelques voix, mais fait son entrée au parlement régional avec une bonne délégation (11 sur 75).

Les trois partis favorables à un référendum sur l’autodétermination du Pays Basque réunissent ainsi une très large majorité. La défaite du PSOE est significative, puisqu’il perd 90 000 voix et passe de 16 à 9 député·e·s. Le parti populaire (PP, à droite) sauve les meubles et ne perd qu’un représentant.

Galice : Face à la droite, les mouvements sociaux

Malgré les scandales répétés et l’incapacité de Rajoy de former un gouvernement, en Galice le PP s’impose largement et confirme sa majorité absolue (41 sur 75). La liste En Marea, représentant les mouvements populaires, devient la première force d’opposition en terme de voix (14 sur 75), en dépassant le PSOE qui perd 50 000 voix et quatre élu·e·s (14 sur 75).

Coup d’Etat de la droite du PSOE

Tandis qu’il tonne à Donostia et à La Coruña, il pleut à Madrid. Sous la direction de l’ancien Ministre de l’Intérieur et fidèle ami des putschistes vénézuéliens, Felipe Gonzalez, la droite du parti social-démocrate a saisi l’occasion pour lancer une offensive visant à obtenir le contrôle du parti. Elle reproche notamment au secrétaire général, Pedro Sanchez, son refus de l’abstention qui aurait permis à Rajoy et au PP de former un gouvernement. La disposition de Pedro Sanchez à une coalition avec Podemos irrite également celles et ceux qui auraient préféré s’asseoir avec les héritiers·ères de Franco plutôt qu’avec les représentant·e·s des mouvements populaires. Suite à un caucus chaotique, la droite du parti s’est finalement imposée et Pedro Sanchez a donné sa démission.

Les partis du régime reculent mais ne plient pas

Le PP et le PSOE continuent donc à perdre des plumes et confirment leur alliance pour défendre le Constitution de 1978, issue du pacte entre la social-démocratie et les anciens franquistes, sous la bénédiction du roi. Si le régime affiche des fissures, sa chute ne semble pas s’annoncer pour autant. Podemos est puissant et bien établi, mais semble incapable de conquérir Madrid. De larges majorités favorables à un changement social et républicain existent pour l’heure uniquement en Catalogne et au Pays basque. Face à l’incapacité des progressistes défenseurs de l’unité d’Espagne de faire virer de bord le gouvernement central, il est toujours plus difficile de reprocher aux indépendantistes de gauche de vouloir quitter le navire.

Jean Verhagen