Petit guide d’identification

Araignées du parc des Beaumonts (Montreuil, 93) – II – Des Tetragnathidae aux Opiliones

, par LANTZ André, ROUSSET Pierre

Pour la premiière partie, voir sur ESSF (article 32520), Araignées du parc des Beaumonts (Montreuil, 93) – I – Des Thomisidae aux Araneidae.

Dernière mise à jour le 16 janvier 2019.

 Tetragnathidae

Les araignées de cette famille construisent aussi des toiles orbiculaires mais dont le moyeu est ouvert. Les toiles se trouvent dans la végétation du niveau du sol à 1 à 2 m. Les araignées du genre Thetragnatha ont un reflet légèrement argenté. Le corps allongé, elles possèdent de longues pattes.

Tétragnathe étirée Tetragnatha extensa

Taille : une dizaine de mm.

Période : été

Milieu : végétation basse, lieu humide. Espèce abondante au bord des eaux. (l’exemplaire se trouvait sur la mare de Brie).

Araignée allongée avec de longues pattes et de grands chélicères.

Tetragnatha extensa femelle sur phragmites, Beaumonts, 28 mai 2012, cliché André Lantz

Tetragnatha extensa femelle sur phragmites, Beaumonts, 28 mai 2012, cliché André Lantz


Méta d’automne Metellina segmentata

Autre nom : Meta segmentata

Taille : 5 à 8mm pour la femelle, 5 à 6mm pour le mâle.

Période : Fin été-automne (parfois printemps).

Milieu : bois, jardins, terrains vagues.

Moins commune que l’épeire diadème au parc des Beaumonts et d’une taille plus petite. Le céphalothorax est orné d’une tache en forme de fourche.

Méta d’automne, Beaumonts, 10 septembre 2011, Cliché André Lantz

Méta d’automne, Beaumonts, 19 septembre 2013, Cliché Pierre Rousset

Méta d’automne, face dorsale, suspendue dans les branches basses d’un arbre, Beaumonts, 7 septembre 2014, cliché Pierre Rousset

Méta d’automne, Beaumonts, 30 août 2014, Cliché Pierre Rousset


 Agelidae

Ces araignées tissent des toiles en nappe conduisant à une retraite tubulaire. La toile n’est pas collante. Les insectes sont pris dans le réseau de fils assez dense de la toile.

Agélène à labyrinthe Agelena labyrinthica

Taille : Jusqu’à 12mm pour la femelle, 9mm pour le mâle

Période : Eté

Milieu : Végétation basse et buissons.

Assez commune en automne sur la végétation basse des prairies. Il n’est pas aisé de les observer car en approchant le la toile, les vibrations préviennent l’araignée qui se retranche dans sa retraite tubulaire. Il faut être assez patient et attendre de bonnes minutes sans bouger pour qu’elle revienne sur la toile. Le déclenchement de l’obturateur peut être suffisant pour qu’elle retourne immédiatement dans sa retraite.

Agélène à labyrinthe, Beaumonts, 22 septembre 2011, cliché André Lantz

Agélène à labyrinthe, Beaumonts, 19 juillet 2014, cliché Pierre Rousset


 Linyphiidae

Ces araignées construisent de petites toiles dans la végétation dans la partie plutôt boisée du parc ou en lisière de chemin. Leur particularité est de se tenir en dessous de la toile. Comme elles sont souvent à quelques dizaines de cm du sol ; il est difficile d’observer la face dorsale de ses araignées.

Linyphia triangularis

Taille : 6mm pour la femelle, 4-5mm pour le mâle

Période : Fin d’été, automne

Milieu : Partout

Linyphia triangularis est assez commune et présente de jolies couleurs quand on a la chance de pouvoir se positionner sous une toile. L’abdomen du mâle est de forme plus tubulaire, celui de la femelle plus ovale et arbore un contraste entre une bandes médiane brune (très découpée) sur fond blanc. Les côtés sont sombres avec une face ventrale noire et des lignes obliques claires entre les deux.

Linyphia triangularis, face ventrale, Beaumonts, 19 juillet 2014, cliché Pierre Rousset

Lyniphia triangularis, face dorsale, Beaumonts, 29 septembre 2011, cliché André Lantz

Linyphia triangularis, femelle, Beaumonts, 19 juillet 2014, cliché Pierre Rousset

Linyphia triangularis, mâle, Beaumonts, 19 juillet 2014, cliché Pierre Rousset

Linyphia triangularis femelle, face ventrale observée d’au-dessus (elle est accrochée sous une toile dans la partie basse de la végétation), Beaumonts, 28 juillet 2014, cliché Pierre Rousset


 Zoropsidae

Araignées errantes cribellates, c’est-à-dire possédant un cribellium, un organe (simple vestige ?) en forme de large plaque sous l’abdomen ou à son extrémité.

Zoropse à pattes épineuses Zoropsis spinimana

Taille : 12 à 21mm pour la femelle, 10mm environ pour le mâle

Période : toute l’année

Milieu : lisières, dans des retraites tapissées de soie irrégulière ou sous les écorces. Il lui arrive de se réfugier dans les maisons en hiver.

Espèce méditerranéenne que l’on rencontre maintenant plus au nord.

Le cliché suivant illustre sa parfaite homochromie avec des écorces de pins sous laquelle elle s’est placée pour passer l’hiver.

Zoropsis spinimana sous écorce de pin, Beaumonts.

Zoropse à pattes épineuses, Zoropsis spinimana, mâle, parc des Beaumonts, 26 février 2012. Clichés André Lantz.

Zoropse à pattes épineuses, Zoropsis spinimana, mâle, dans une maison à Montreuil, 4 janvier 2019. Cliché Marion Rousset.

Zoropse à pattes épineuses, Zoropsis spinimana, femelle, parc des Beaumonts, 2 mai 2018. Cliché Pierre Rousset.

Zoropse à pattes épineuses, Zoropsis spinimana, mâle, mur d’un bâtiment aux pieds du parc des Beaumonts, 10 janvier 2019. Clichés Pierre Rousset.


 Ordre des Opiliones ou Faucheux

Les Opiliones, opilions ou faucheux, constituent le troisième ordre des arachnides connu aussi sous le nom de Phalangida. Elles ont un corps compact, ovale, et souvent de très longues pattes.

 Phalangidae

Dicranopalpus ramosus

Taille : de 4 à 6 mm pour la femelle, de 3 à 4 mm pour le mâle. Patte la plus longue : environ 50mm.

Période : août-novembre (mais observé ici en janvier...).

Milieu : Jardins, sur buissons et murs, voire dans les maisons.

Corps brun grisâtre ou gris argenté. Ocularium net, yeux assez écartés. Ligne sombre transverse sur la moitié antérieur de l’abdomen et une zone médiane pâle bordée de tâches noires, ainsi que des points et des barres plus claires. Les dessins sont plus nets chez le mâle. Une bosse à l’extrémité de l’abdomen.

Pâtes brun jaune p-ale avec des ponctuations plus sombres. Très longues, typiquement étirées tout droit et toutes ensemble en un étroit faisceau.

Pattes-mâchoires aussi longues que le corps avec une longue apophyse sur la patella, plus longue chez la femelle.

Dicranopalpus ramosus, parc des Beaumonts, 16 janvier 2019. Clichés Pierre Rousset.


Opilion noir et beige Mitopus morio

Synonyme : Faucheur morio

Taille : de 4 à 8 mm pour la femelle, de 5 à 6 mm pour le mâle. Patte la plus longue : 30 à 40mm.

Période : adultes de juin à novembre.

Milieu : Chasse surtout dans la végétation basse, mais aussi sur les buissons ou dans les arbres.

Pattes de longueur et de couleur très variables (de blanchâtre à noirâtre en passant par le jaunâtre et le brun-roux). Dos marqué par un dessin sombre, anguleux, contrastant avec une ligne latérale claire.

Mitopus morio, Beaumonts, 13 août 2013, cliché Pierre Rousset.

Mitopus morio, parc des Beaumonts, 19 septembre 2013, cliché Pierre Rousset.


Opilion à identifier

Possibilité

Le faucheux cornu Phalangium opilio

Synonyme : Faucheux urnigère

Taille : de 5 à 7 mm pour la femelle, de 4 à 6 mm pour le mâle. Patte la plus longue : 30 à 40mm.

Largement répandu.

Saison : adultes de juin à novembre.

Milieu : ouverts. Bords de route, jardins, prairies etpelouses sèches, murs.

Active en journée

Couleur d’ensemble gris clair à brun-jaune ou brun-rouge. Pattes très lognues et angluleuses. Dimorphisme sexuel marqué. Le dessin du dos est généralement peu marqué chez le mâle, très contrasté chez la femelle. Chélifères étirées et arquées chez le mâle (formant des « cornes » plus ou moins longues et busquée), de forme normale chez la femelle.

Le dessin dorsal de la femelle comporte une zone médiane très sombre à trois élargisements, bordée de deux bandes latérales blanches.

Flancs barrés d’une bande brun-sombre ponctuée de points claire contrastant avec le ventre très clair.

Opilion à identifer, parc des Beaumonts, 1er septembre 2018, cliché Pierre Rousset.

André Lantz, Pierre Rousset

Bibilographie

Heiko Bellmann, Guide photo des araignées et arachnides d’Europe, Delachaux et Niestlé : Paris : 2014, 435 pages.

Alain Canard, Christine Rolland, A la découverte des araignées, Dunod : Paris : 2015, 190 pages.

D. Jones, Guide des araignées et des opilions d’Europe, traduction-adaptation J.-C. Ledoux, M. Emerit, Delachaux et Niestlé : Paris : 1990, 2001, 384 pages.


Pour la premiière partie, voir sur ESSF (article 32520), Araignées du parc des Beaumonts (Montreuil, 93) – I – Des Thomisidae aux Araneidae.


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