Elections européennes : l’envol d’EELV

 La campagne européenne d’EELV : « un long combat, avec plein de chausse-trappes »

Depuis dimanche et leur troisième place au scrutin (13,5 %), les écologistes savourent : ils sont de nouveau au premier plan. Et ce n’était pas joué d’avance.

Que ce fut long ! Les militants écologistes n’en reviennent toujours pas : depuis les résultats des élections européennes du 26 mai, ils sont de nouveau au premier plan. Et ce n’était pas joué d’avance. Il y a un peu plus de deux ans, Yannick Jadot jetait l’éponge lors de l’élection présidentielle pour se rallier à Benoît Hamon. Résultat : 6,36 % des voix.

Peu de gens, alors, pariaient sur le devenir du député européen. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) était exsangue aussi bien financièrement que sur le plan militant. Sa survie était en question tant les autres partis s’emparaient de la lutte pour l’environnement et contre le réchauffement climatique, privant EELV de sa spécificité. Aujourd’hui, tout est différent.
Depuis dimanche soir et leur score de 13,5 %, une troisième place et plus de 3 millions de voix (un record pour le parti), les écologistes savourent. Ils distancent largement La France insoumise, le Parti socialiste et Benoît Hamon (respectivement 6,3 % ; 6,2 % et 3,3 % des voix). Et mesurent le chemin parcouru.

« Cela a été un long combat, avec plein de chausse-trappes », confirme Alexis Braud, bras droit de M. Jadot avec le soulagement de ceux qui reviennent de loin. « Tout commence après la présidentielle, en septembre. Le fait que Yannick [Jadot] soit tête de liste, n’allait pas de soi pour tout le monde, rappelle M. Braud. Ça s’est fait en plusieurs étapes. Il a voulu mener la bataille d’une écologie qui s’affirme et il a fallu sortir du marigot de la présidentielle. Pour cela, on a imposé notre stratégie. »

« Ce n’est pas une histoire solitaire »

A l’époque, début 2018, le petit milieu écologiste s’agite. Benoît Hamon a lancé son mouvement quelques semaines plus tôt et vient de recevoir l’appui d’anciens écolos comme Claire Monod, Yves Contassot et même Cécile Duflot qui est venue à la réunion fondatrice de Génération.s. Chez les Verts, la direction regarde avec intérêt ces mouvements. Et prône des listes communes sous le label EELV. « Mais quand Benoît Hamon a commencé à discuter avec Yanis Varoufakis [ex-ministre grec des finances], on a vu qu’il voulait prendre le leadership », se remémore David Cormand, secrétaire national.

De son côté, Yannick Jadot porte sa ligne à chaque conseil fédéral (le « parlement » du parti), et remporte des victoires pour imposer une liste « 100 % écologiste ». « Ce n’est pas une histoire solitaire. On a fait de la pédagogie pour aboutir à une nomination tôt », tient à préciser M. Braud. Une fois sa nomination validée, reste pour Yannick Jadot à mettre un parti connu pour son indiscipline en ordre. « Yannick avait raison, son discours correspondait à un chemin cohérent, écologiste. Il y a de la constance chez lui », continue Alexis Braud.

Mais la vraie bascule est la démission de Nicolas Hulot du gouvernement, à la fin de l’été 2018. Pour les écologistes, c’est une nouvelle fois la preuve qu’il n’est pas possible de mener une politique écologiste dans un gouvernement qui ne l’est pas. Cela leur ouvre aussi un champ des possibles inespéré en pouvant incarner de nouveau « le vrai combat écologiste ».

« Un vrai changement de paradigme »

C’est aussi le moment du retour de Stéphane Pocrain. Il jouera un rôle de discret conseiller pendant toute la campagne, utilisant ses nombreux réseaux à l’intérieur et à l’extérieur du parti. « J’arrive au moment des journées d’été, en août 2018, avec la conviction qu’il y a un coup à jouer pour la campagne des européennes, raconte celui qui fut proche de Noël Mamère, d’Eva Joly et de Cécile Duflot. Je ne suis pas adhérent à EELV. Ce que je veux, c’est comprendre la tectonique des plaques dans la société. »

Même lorsqu’il était en dehors du parti, il est resté en lien avec certains membres de la direction comme David Cormand, Julien Bayou ou Marie Toussaint, l’initiatrice de « l’Affaire du siècle » (quatre associations écologistes ont attaqué le gouvernement français pour inaction climatique, soutenues par une pétition qui a réuni plus de 2 millions de signatures).

M. Pocrain livre une note stratégique en octobre : « Je leur dis qu’il faut axer la campagne sur un vrai changement de paradigme et tout articuler autour de la sauvegarde du climat. Cela implique une distinction politique forte avec les autres. » Une sorte de rupture ? « Non, ça va plus loin, on parle d’un basculement, de revenir aux sources de la spécificité de l’écologie politique dans son rapport au vivant, au productivisme. » Il plaide également pour mettre en avant la « génération climat », ces jeunes qui manifestent pour rappeler l’urgence à lutter contre le réchauffement.

Le reste relève de l’alchimie entre personnes finalement assez différentes qui se retrouvent autour d’une vision politique commune. A savoir l’analyse de la fin de la social-démocratie, et la conviction que l’écologie politique est un nouveau paradigme. Pour cela, il faut que les écologistes arrivent à s’extraire de la latéralisation droite-gauche en portant une radicalité verte.
David Cormand parle de « synthèse dynamique » pour définir cette ambiance de travail : « On discutait, on débattait tout le temps », souligne-t-il. Stéphane Pocrain abonde : « Il fallait que chacun fasse mouvement vers l’autre. » La directrice de campagne, Lise Deshautel, aura également un rôle clé en tant que chef d’orchestre pour faire travailler ensemble ce petit monde. « C’est elle qui tenait tous les bouts, c’est elle qui a fait monter la mayonnaise », explique M.Cormand.

« Etre le parti du quotidien »

Autre élément essentiel pour comprendre la campagne de Yannick Jadot : le rôle qu’a joué Isabelle Saporta, sa compagne. Cette journaliste est notamment l’auteure du Livre noir de l’agriculture : comment on assassine nos paysans, notre santé et l’environnement (Fayard, 2011). Elle connaît bien les questions environnementales. Elle rencontre M. Jadot à l’été 2017, lors d’un débat sur BFM-TV à propos des néonicotinoïdes. « J’ai toujours été écolo. Je pense que l’écologie, c’est du terrain », explique Mme Saporta. C’est elle, par exemple, qui va présenter M. Jadot à Benoît Biteau, agriculteur bio. Elle se tient à distance des affaires du parti mais plaide pour une ligne articulée autour de « l’écologie concrète ».

« L’écologie c’est la matrice par laquelle on doit tout repenser, y compris l’économie. On doit trouver des solutions, être le parti du quotidien, insiste Isabelle Saporta. J’ai poussé Yannick à faire du terrain, à rencontrer des pêcheurs, des viticulteurs, des patrons de PME, des artisans qui étaient fâchés avec EELV alors qu’ils sont tous vraiment écolos. On doit avancer ensemble, avec les bonnes idées. » Ce qui fait écho aux propos de M. Jadot lorsqu’il affirma au Point début mars : « Bien entendu que les écologistes sont pour le commerce, la libre entreprise et l’innovation. »

Une chose est sûre : pour les écologistes, le score de dimanche soir n’est une surprise que pour ceux qui ne connaissent pas l’écologie. M. Pocrain le résume : « On mène une bataille culturelle de long terme dans le pays. » Qui aurait, enfin, porté ses fruits.

Abel Mestre

• Le Monde. Publié le 28 mai 2919 à 05h34, mis à jour à 08h53 :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/05/28/en-corse-petit-chelem-du-rn-et-percee-des-ecologistes_5468543_823448.html


 EELV est devenu le premier parti chez les 18-34 ans en France

Dimanche 26 mai, 25 % des 18-24 ans et 28 % des 25-34 ans ont choisi un bulletin Jadot. Ces scores placent la liste écologiste loin devant celle du Rassemblement national.

Dimanche soir, au moment de commenter ses bons résultats, Yannick Jadot ne s’y est pas trompé. Arrivé troisième de ce scrutin avec 13,47 % des voix, le candidat écologiste a très vite remercié une catégorie bien particulière de la population. « Je suis très heureux, ce soir, que les jeunes se soient emparés de ce scrutin, beaucoup plus que prévu, a déclaré la tête de liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Il n’est pas exclu ce soir que l’écologie soit la première force politique chez les jeunes, c’est un magnifique message d’avenir. »

Une fois la soirée électorale terminée, l’analyse de la sociologie de ces élections européennes a confirmé le pressentiment de M. Jadot. Lors de ce scrutin, EELV est en effet devenu le premier parti chez les 18-34 ans. Un fait inédit à l’échelle nationale. Selon l’enquête Ipsos-Sopra Steria, 25 % des 18-24 ans et 28 % des 25-34 ans ont choisi, dimanche 26 mai, un bulletin Jadot. Ces scores placent la liste écologiste loin devant le Rassemblement national (RN) dans ces deux catégories (15 %, 20 %) et La République en marche (LRM) (12 %, 17 %). « Les jeunes ont intégré qu’ils allaient vivre avec le réchauffement climatique et que ce sont eux qui en subiront les conséquences », décrypte Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos.

Ce tropisme vert de la jeunesse combiné à une mobilisation plus forte (environ 13 points de plus de participation chez les moins de 35 ans par rapport au scrutin de 2014) a propulsé EELV en troisième position. Une place inattendue. « Cette jeunesse est à la fois révolutionnaire et pragmatique. Elle porte un projet de transformation profonde, une radicalité, mais ne rejette pas le vote, un outil parmi d’autres pour elle, s’enthousiasme Stéphane Pocrain, conseiller politique de M. Jadot pendant la campagne. Au final, ils ont fait mentir les commentateurs qui caricaturaient notre projet comme une sorte d’écologie centriste. Leur acte est quasiment un acte de désobéissance. »

Marches pour le climat

Dominer dans cette catégorie de la population est une nouveauté pour EELV. Lors des européennes de 2014, la formation n’était que le quatrième choix des moins de 35 ans (11 %), loin du FN qui récoltait à l’époque 30 % des votes de la jeunesse, selon Ipsos-Sopra Steria. Au premier tour de la présidentielle 2017, les écologistes n’avaient aucun candidat identifié et les jeunes s’étaient reportés sur Jean-Luc Mélenchon (30 % chez les 18-24 ans) ou sur Emmanuel Macron (28 % chez les 25-34 ans). Idem aux législatives où Emmanuel Macron avait émergé en tête chez les moins de 35 ans.

« Nous voulons (...) juste être des traducteurs politiques de les ambitions environnementales (de la jeunesse) », Stéphane Pocrain, conseiller politique de Yannick jadot

Cette année, EELV a su se mettre au diapason d’une partie de la jeunesse mobilisée lors des marches pour le climat, dans le sillage de la Suédoise Greta Thunberg, militante âgée de 16 ans. Yannick Jadot, ses colistiers et la plupart des cadres d’EELV ont participé à ces défilés qui se sont déroulés dans plusieurs grandes villes européennes et françaises. Conscients de la défiance d’une partie de la jeunesse à l’égard des partis, l’entourage de M. Jadot nie toute instrumentalisation politique. « Nous ne voulons pas être dans l’admiration béate ou dans la récupération, juste être des traducteurs politiques de leurs ambitions environnementales », poursuit M. Pocrain.

Terrains d’affontements

Ce clivage autour des questions écologiques va sans doute devenir à moyen terme un des terrains d’affrontements entre les formations politiques. Et les européennes de 2019 auront été une des premières batailles importantes. Car, dans les derniers jours de la campagne, le parti majoritaire a laissé EELV grignoter son socle. Selon l’enquête Ipsos-Sopra Steria, 14 % des électeurs de M. Jadot, dimanche, affirmaient avoir voté Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle de 2017. La fluidité entre les deux électorats est importante, particulièrement au sein de la jeunesse qui n’est plus forcément fidèle à un camp mais se détermine en fonction des propositions, notamment sur l’écologie.

Depuis le début de l’année, les macronistes avaient parfaitement identifié ce danger électoral. Le 22 février, M. Macron avait reçu Greta Thunberg à l’Elysée. Deux membres du gouvernement, Gabriel Attal et Brune Poirson, s’étaient affichés à une marche pour le climat, le 15 mars. Quelques jours après les annonces de sortie de la crise des « gilets jaunes » qui avaient déçu les défenseurs de l’environnement, Nathalie Loiseau et son numéro 2, Pascal Canfin, ancien d’EELV, avaient révélé un programme beaucoup plus « écolo-compatible », avec la proposition de créer une « banque pour le climat ». Un projet qui n’a pas suffi à contrer EELV chez les jeunes.

Matthieu Goar

• Le Monde. Publié le 28 mai 2919 à 10h11, mis à jour hier à 13h21 :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/05/28/en-corse-petit-chelem-du-rn-et-percee-des-ecologistes_5468543_823448.html


 La gauche dominée par EELV mais toujours aussi divisée

Avec sa troisième position, surprise du scrutin, Europe écologie veut « assumer le leadership » à gauche… sans se noyer dans un « rassemblement de circonstance ».

Ils en sont maintenant tous persuadés : « Le temps de l’écologie est venu. » Les élections européennes du 26 mai ont délivré un message clair aux dirigeants des différents partis de la gauche : l’écologie politique est devenue l’une des forces principales en France. Car, dès dimanche soir, ils ont tous fait leurs petits calculs. Si l’on additionne les scores des principales listes ayant mis le combat pour l’environnement au centre de leur projet (Europe Ecologie-Les Verts ; le Parti socialiste allié à Place publique ; La France insoumise ; Génération.s de Benoît Hamon et Urgence écologie de Dominique Bourg et Delphine Batho), cela donne en effet 31,2 % des suffrages.

Malgré ce trait d’union évident, les chances de voir ces formations se coaliser au lendemain des élections européennes sont inexistantes, tant les divisions restent fortes, notamment entre Europe Ecologie-Les Verts (EELV, 13,5 %) et La France insoumise (LFI, 6,3 %). Ainsi, dès dimanche soir, David Cormand, secrétaire national des écologistes, avertissait : « Pour nous, il ne peut y avoir de populisme heureux. Mobiliser le peuple peut se comprendre. Mais exciter la colère des foules est condamnable. » La porte semble donc, pour l’heure, complètement fermée.

Avec leur troisième position − surprise de ce scrutin −, Yannick Jadot et ses camarades se sentent pousser des ailes. Pour la première fois, ils se retrouvent à la tête de la gauche, laissant leurs concurrents loin derrière. Ils peuvent prétendre, de fait, devenir le pivot de la reconstruction d’une gauche aujourd’hui émiettée. Mais cela ne sera pas si simple, notamment de leur propre fait. Yannick Jadot l’a toujours affirmé pendant cette campagne : il ne veut pas être piégé dans des débats picrocholins entre organisations issues de la « social-démocratie ».

« L’alternative politique n’émergera pas par la magie d’un rassemblement de circonstance. Il faut tout revoir, a ainsi affirmé M. Cormand dans un long texte diffusé dimanche soir. (…) A celle et ceux qui se réclament de la gauche, nous voulons dire que l’avenir de ce qui a été appelé gauche, c’est l’écologie. »

Le changement de statut est notoire : les écolos veulent maintenant « assumer le leadership ». « Notre feuille de route est simple : construire une force et une coalition à vocation majoritaire », a encore précisé le patron des Verts. Dimanche soir, Julien Bayou, porte-parole d’EELV, confirmait : « Nous ne voulons pas reconstruire la gauche. Il y a trois forces en France : l’extrême droite, les conservateurs et nous. Nous sommes dorénavant la charpente principale dans un champ de ruines. »

« Manier deux identités, le social et l’écologie »

Si le Parti socialiste partage cet objectif de dépasser les organisations existantes, pas question pour lui d’abandonner la gauche. « Notre avenir ne peut s’écrire sans l’écologie politique. Il faut manier ces deux identités, le social et l’écologie », a déclaré Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Ce dernier semble avoir gagné, en interne, une petite marge de manœuvre pour la suite. Il ressort, en effet, renforcé de cette élection, où la catastrophe a été évitée : avec 6,2 % des voix, le parti enverra six élus à Strasbourg. Il a désormais la possibilité de confirmer le virage écologiste amorcé avec cette campagne, tout comme sa volonté d’ouverture illustrée par son alliance avec Raphaël Glucksmann. C’est ce qu’il s’efforcera de faire mardi 28 mai, lors d’un conseil national (le parlement du PS) extraordinaire.

Si le premier secrétaire a salué le score des écologistes, il a aussi souligné que ce dernier est lié aux européennes, un scrutin qui leur réussit. « Faire le double de LFI et du PS, ça leur donne une responsabilité immense. » Mais il a averti : « Personne, à gauche, n’est en mesure de revendiquer une hégémonie qui lui permettrait de s’imposer par rapport aux autres. » M. Faure a appelé « l’ensemble des forces de gauche et écologistes à se voir dans les prochains jours pour travailler à un rassemblement ».

La formule n’est, pour l’instant, pas suffisante pour les Verts, qui ne veulent pas se cantonner aux partis et en appellent à la société civile. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle théorisée par Jean-Luc Mélenchon depuis longtemps. « Nous nous adressons aux forces constituées, mais aussi directement aux citoyennes et aux citoyens qui depuis des mois se mobilisent pour le climat et la justice sociale », a ainsi souhaité M. Cormand.

« Apprendre à travailler ensemble »

Cette idée était déjà sur toutes les lèvres dimanche 19 mai. Une semaine avant le scrutin européen, toute la gauche était réunie à Gonesse (Val-d’Oise) pour s’opposer à EuropaCity. « La reconstruction se fera autour des gens qui s’opposent à des projets comme cela. Cela dessine les contours de ce que pourrait être une écologie politique rassemblée », y estimait Marie Toussaint, quatrième sur la liste de M. Jadot. « On n’en est plus au programme commun, comme dans les années 1970. Mais la base d’un programme des communs est en train de se construire. C’est la prochaine synthèse politique majoritaire. Ça se fait dans des rencontres, on doit apprendre à travailler ensemble », complétait un conseiller de M. Jadot.

Si le PS et EELV tirent leur épingle du jeu, la question de la place de Benoît Hamon et de son mouvement Génération.s reste entière. Avec 3,3 % des voix, il n’est pas en mesure de peser dans les discussions. Mais entend quand même y « prendre sa part ». L’ancien ministre socialiste, en tout cas, a perdu son pari de dépasser son ancienne formation et concède que son résultat est une « déception ». Il souhaite « l’unité de la gauche et des écologistes » et appelle également à reconstruire, non seulement avec les partis, mais aussi avec les acteurs sociaux et associatifs.

Malgré tous ces vœux de rencontres, les deux années écoulées depuis l’élection présidentielle ont laissé des traces, voire des blessures. Pourront-elles être dépassées ? Le temps presse : les élections municipales, qui se dérouleront en mars 2020, pourraient servir de laboratoire pour dessiner les contours de cette reconstruction.

Abel Mestre et Sylvia Zappi

• Le Monde. Publié le 27 mai 2019 à 06h31 - Mis à jour le 27 mai 2019 à 20h50 :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/05/28/en-corse-petit-chelem-du-rn-et-percee-des-ecologistes_5468543_823448.html


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