Un mois après l’échec aux élections européennes, la LFI en « assemblée représentative »

 LFI se restructure pour mettre le cap sur les municipales

Après leur échec aux européennes, les « insoumis » se penchent ce week-end sur la meilleure stratégie pour rebondir lors du scrutin de mars 2020. Adrien Quatennens a été nommé samedi « coordinateur » du mouvement.

Vite, passer à autre chose. Près d’un mois après les élections européennes et son mauvais score (6, 3 % des suffrages exprimés, loin de son objectif de 11 % des voix), La France insoumise (LFI) veut se consacrer aux élections municipales de mars 2020.

Ce sera, entre autres, l’objet de l’assemblée représentative – le parlement du mouvement où les deux tiers des participants sont tirés au sort – qui se tiendra les 22 et 23 juin à Paris. Les militants devront se prononcer notamment sur deux textes concernant ces échéances : un programme évoquant les principaux axes qui seront défendus par LFI, mais aussi un document d’orientation qui détaille la stratégie mise en place. Un troisième texte tire le bilan et les perspectives de la séquence européenne qui vient de s’achever.

« On veut aller aux municipales en soutien aux démarches citoyennes locales, plutôt qu’avec des listes LFI », explique Manuel Bompard. Fraîchement élu au Parlement européen, le chef d’orchestre du mouvement a passé la main samedi au député du Nord, Adrien Quatennens, nommé « coordinateur ». Ce proche de Jean-Luc Mélenchon aura pour mission d’animer LFI et superviser la création de ses nouvelles instances, a annoncé le mouvement.

« Les municipales posent la question du pouvoir, de la reprise en main de la vie quotidienne », poursuit Manuel Bompard. Il est donc logique, selon lui, que la formation mélenchoniste participe « à des listes qui veulent que le peuple reprenne leurs affaires en main ». Il résume : « Notre ligne ce sera : “Venez siéger avec nous dans les conseils municipaux !” Il faut faire émerger des listes qui partent des forces vives, militantes. » M. Bompard le jure : ce n’est ni une manière de faire disparaître LFI, ni un artifice pour pallier un manque d’effectifs pour constituer les listes. Mais simplement une façon de servir le peuple.

Contre-projet de société

C’est ce choix stratégique que développe le texte proposé à l’assemblée représentative : « Nous voulons que le bulletin de vote soutenu par LFI soit celui de l’appropriation des mairies et des conseils municipaux par les citoyennes et citoyens. (…) Le programme de LFI pour ces élections municipales constitue une boîte à outils au service des listes auxquelles elle décidera de participer. Nous défendrons la commune comme échelon démocratique essentiel. »

Cette décision de prendre le pouvoir par en bas, « avec le peuple », à l’échelon des municipalités, s’articule avec la volonté de Jean-Luc Mélenchon de constituer une « fédération populaire ».

Ce n’est surtout pas une « union de la gauche » ancienne version. L’idée est de fédérer les revendications politiques, syndicales et associatives sous un label commun, que cela soit pour des élections ou dans les mouvements sociaux et les actions quotidiennes. Et ainsi proposer un contre-projet de société qui soit global, embrassant tous les domaines. « Proposons aux animateurs et animatrices des luttes locales, sociales et environnementales, aux militant.es associatif.ves, syndicalistes et politiques et à celles et ceux qui le souhaiteront d’appuyer avec nous ce processus de fédération populaire et d’y prendre part », souligne ainsi le texte des « insoumis ».

LFI veut appliquer aux municipales le principe d’« auto-organisation » qu’elle prône de longue date et qui s’articule avec son projet de « révolution citoyenne ». L’idée est donc de soutenir, notamment dans les quartiers populaires, les initiatives locales, de « coconstruire » ces dynamiques, notamment en mettant en place un certain nombre d’initiatives propres à « conscientiser », avec du porte-à-porte, des référendums locaux. « C’est avec les habitant.es que nous co-élaborerons la conquête des communes et des agglomérations, peut-on encore lire. Nous souhaitons contribuer à l’émergence d’assemblées communales, cadre d’auto-organisation citoyenne à la fois de résistance locale, de co-élaboration du programme et des listes et ayant vocation à perdurer comme lieux de contre-pouvoir citoyen locaux. »

Pour renforcer cet aspect, un nouveau pôle pourrait se créer dans la foulée de l’assemblée représentative. Il regrouperait les ateliers des lois (réunions publiques où s’écrivent collectivement des propositions de lois ou de directives européennes) ; les actions de soutien aux initiatives citoyennes dans les quartiers populaires et des actions de désobéissance civile, par exemple sur l’écologie. Une mise en musique à laquelle devrait participer pleinement Manon Aubry, issue du mouvement associatif et qui a conduit la liste aux élections européennes.

« Prendre de la hauteur »

Dans les faits, LFI entend tout de même poser quelques jalons pour définir sa participation à des listes construites sur des bases « citoyennes ». Pas question, donc, de soutenir une initiative qui ne soit pas clairement opposée au gouvernement et à sa politique ; ni de cohabiter avec des personnes ayant mené « des politiques de délégation des services publics ou portant gravement atteinte à l’environnement. » Autre codicille : « Personne ne pourra se réclamer de LFI en participant à une liste de droite ou d’extrême droite même camouflée sous quelque vocable que ce soit. » Une condition qui, a contrario, permet donc des accords avec les formations de gauche.

LFI refuse aussi l’armement des polices municipales ; le cumul des mandats ; l’ouverture des zones commerciales le dimanche ; les « grands projets inutiles et imposés » (type centre commercial, contournement autoroutier, etc.) : toute aide extralégale à l’enseignement privé et toute aide financière à la rénovation d’établissement scolaire privé ; le financement des structures confessionnelles et cultuelles… Une liste non exhaustive, clairement de gauche, même si le mouvement rechigne à se définir ainsi.

Reste une question : qui sera à la tête de LFI pour mener cette campagne essentielle pour la survie du mouvement ? Manuel Bompard a déjà cédé sa place à Adrien Quatennens. Côté groupe parlementaire, Mathilde Panot, 30 ans, députée du Val-de-Marne, vient d’être désignée « à l’unanimité » vice-présidente du groupe. Jean-Luc Mélenchon ne tarit pas d’éloges à l’égard de cette femme discrète et travailleuse. Elle devra « coordonner l’activité des députés dans le cadre du nouveau règlement de l’Assemblée nationale et faire le lien avec le groupe parlementaire européen ».

Cette nomination devrait permettre à M. Mélenchon de se délester de la « gestion quotidienne » et de « prendre de la hauteur ». Cependant, personne ne veut dire exactement à quoi l’ancien candidat à l’élection présidentielle se consacrera dans les prochains mois. Certains cadres évoquent une tournée internationale, pour rencontrer des chefs d’Etat et des politiques amis. Histoire de se doter d’une stature internationale. Et de se représidentialiser.

Abel Mestre

• Le Monde. Publié le 23 juin à 02h25, mis à jour à 18h19 :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/22/chez-lfi-cap-sur-les-municipales-citoyennes_5479974_823448.html


 La France insoumise va mettre en place un groupe de travail pour répondre aux tensions internes

Des cadres et des militants du mouvement de Jean-Luc Mélenchon observent des dysfonctionnements au sein du parti depuis plusieurs semaines.

Le message a-t-il été entendu ? Des réponses devraient être données aux demandes d’amélioration de la démocratie interne à La France insoumise (LFI), lors de l’assemblée représentative qui se réunit samedi 22 et dimanche 23 juin à Paris.

Depuis plusieurs semaines, des figures du mouvement ne cessent d’alerter la direction, notamment Manuel Bompard (dirigeant statutaire) et Jean-Luc Mélenchon (dirigeant de fait), des dysfonctionnements en termes de démocratie interne. Cette « crise » a atteint son paroxysme début juin quand Le Monde s’est procuré une longue note interne rassemblant ces griefs. Ce texte de cinq pages signé par une quarantaine de cadres et militants « insoumis », dénonçait « un fonctionnement dangereux pour l’avenir du mouvement ».

Deux jours après cette publication, Charlotte Girard, ex-responsable du programme, a annoncé son départ de LFI. Une décision qui a marqué les militants − l’universitaire est très populaire chez les « insoumis » − et qui ne pouvait pas rester lettre morte. Surtout que ce n’est pas le premier départ fracassant de LFI : de nombreuses personnalités « insoumises » ont fait de même depuis un an. Plusieurs d’entre elles, comme Mme Girard et les anciens porte-parole Djordje Kuzmanovic et François Cocq, ont signé une tribune dans Le Journal du dimanche [1] appelant à sortir de la logique institutionnelle et de créer des contre-pouvoirs populaires, notamment par des « cercles constituants ». Ce texte est cosigné par des membres actuels de LFI comme Hélène Franco ou Manon Le Bretton, responsable de l’école de formation du mouvement.

Débats « contradictoires » exigés

Devant une telle situation, la direction ne pouvait donc pas rester inactive. Deux réformes devaient être proposées au cours du week-end. Tout d’abord, la mise en place d’une « coordination des espaces » du mouvement. Dans le langage « insoumis », les espaces sont les différents lieux qui structurent LFI : il y a le groupe parlementaire (élargi désormais aux eurodéputés) ; l’équipe opérationnelle (la direction) ; l’espace des luttes (qui rassemble les associatifs, les syndicalistes, etc.) ; l’espace politique (les différents partis composant LFI), etc. Une vingtaine de personnes serait donc chargée de mettre en musique ces différentes entités pour gagner en cohérence et en unité du discours.

Autre proposition : la création d’un groupe de travail chargé de l’amélioration de La France insoumise. Il devra prendre en compte les demandes de démocratie interne exprimées depuis plusieurs semaines. « Il faut une réponse collective qui permette de relégitimer le fonctionnement du mouvement pour repartir et envoyer un message non seulement en interne et aussi aux électeurs, tient à préciser Manon Le Bretton, responsable de l’école de formation de LFI et signataire de la note interne du 5 juin. Il ne faut pas que ce soit un outil de communication. »

Il est vrai que ces réformes semblent insuffisantes au regard des trois exigences de la note interne dans laquelle les auteurs demandaient « que de véritables débats contradictoires puissent avoir lieu » ; « que les “insoumis” aient la possibilité de proposer des textes au vote de l’Assemblée » pour « trancher la ligne politique et les contre-pouvoirs internes permettant de la valider » et surtout « le principe d’une assemblée constituante du mouvement pour la rentrée ». Le compte n’y est pas.

Abel Mestre

• Le Monde. Publié le 23 juin à 08h55 :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/22/la-france-insoumise-va-mettre-en-place-un-groupe-de-travail-pour-repondre-aux-tensions-internes_5480052_823448.html


 Le député Adrien Quatennens désigné nouveau coordinateur de La France insoumise

L’annonce a été faite au premier jour de l’assemblée représentative de LFI qui se tient ce week-end au bois de Vincennes, près d’un mois après la claque des élections européennes.

Après la débâcle aux élections européennes, La France insoumise (LFI) a désigné, samedi 22 juin, un nouveau coordinateur, le député du Nord Adrien Quatennens. Cette fonction était jusque-là occupée, sous un autre nom et avec un périmètre légèrement différent, par Manuel Bompard, élu eurodéputé.
L’annonce a été faite au premier jour de l’assemblée représentative de LFI, qui se tient ce week-end au bois de Vincennes. La journée de samedi est ainsi consacrée au bilan des élections européennes où LFI a obtenu 6,3 % des suffrages et à l’amélioration du fonctionnement interne du mouvement, très critiqué depuis plusieurs mois pour sa verticalité et son manque de transparence.

Depuis plusieurs semaines, des figures du mouvement ne cessent, en effet, d’alerter la direction, notamment Jean-Luc Mélenchon, des dysfonctionnements en matière de démocratie interne. Cette « crise » a atteint son paroxysme début juin quand Le Monde s’est procuré une longue note interne rassemblant ces griefs. Ce texte de cinq pages, signé par une quarantaine de cadres et militants « insoumis », dénonçait « un fonctionnement dangereux pour l’avenir du mouvement ». Deux jours après cette publication, Charlotte Girard, ex-responsable du programme, annonçait son départ de LFI.

« Refondation du mouvement »

M. Quatennens aura donc pour mission d’animer le mouvement et de superviser la création de ses nouvelles instances, a fait savoir La France insoumise. Le député du Nord prend ainsi le statut officieux de numéro deux de LFI, derrière le chef de file Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat à la présidentielle et patron du groupe des députés. Celui-ci s’exprimera devant l’assemblée représentative dimanche après-midi.

« C’est un grand chantier qui s’ouvre avec tout ce que nous avons annoncé », a réagi auprès de l’Agence France-Presse Adrien Quatennens, en référence aux nouvelles instances annoncées samedi. « Dès maintenant s’ouvrent une refondation du mouvement et un nouveau chapitre, plutôt que repartir d’une page blanche », a-t-il ajouté.

Parmi les nouvelles instances : l’« agora politique » a vocation à être le lieu de débat stratégique que réclamaient les militants. L’« assemblée des groupes d’action », qui réunira en région des représentants locaux tirés au sort tous les trois mois, doit répondre au sentiment d’isolement des collectifs sur le terrain. Jusque-là privés de moyens propres, ces groupes d’action disposeront désormais d’une enveloppe annuelle de 100 000 euros, répartis de manière participative, promet la direction.

Et s’ajoutent aux « espaces » déjà existants trois nouveaux pôles : la délégation des six eurodéputés, ainsi que « l’espace auto-organisation et désobéissance populaire » et « l’espace élus locaux et contre-pouvoirs », qui visent à développer un maillage local et la vocation d’appui de LFI à des luttes citoyennes, en vue notamment des municipales de mars 2020.

Le Monde avec AFP

• Le Monde. Publié le 23 juin à 17h16, mis à jour à 14h58 :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/22/le-depute-adrien-quatennens-designe-nouveau-coordinateur-de-la-france-insoumise_5480171_823448.html


 Charlotte Girard, figure de La France insoumise, quitte le mouvement

Dans un long texte, l’universitaire met en avant les dysfonctionnements internes au mouvement populiste de gauche.

C’est une réplique de plus du séisme qui secoue La France insoumise (LFI) depuis plusieurs jours. Charlotte Girard, ancienne responsable du programme, a décidé de quitter le mouvement mélenchoniste. Elle s’en est expliquée dans un long texte publié sur Facebook, samedi 8 juin [2]. Une décision qui intervient trois jours après l’envoi d’une note interne incendiaire, critiquant le fonctionnement interne de LFI, dont Charlotte Girard était l’une des quarante et un signataires et que Le Monde a révélée [3].

La France insoumise risque d’avoir du mal à se remettre du départ de Mme Girard, tant elle était un élément central du mouvement. Non seulement cette universitaire avait des compétences extrêmement pointues et était respectée pour sa pensée et ses analyses politiques, mais elle était aussi appréciée des autres dirigeants de gauche. Son mari, feu François Delapierre, qui avait jeté les fondations de LFI avec Jean-Luc Mélenchon, est une personne à laquelle se réfèrent encore souvent les « insoumis ». C’est donc un pilier du dispositif qui vient de claquer la porte.

Dans son post publié sur Facebook, l’universitaire explique :

« Je n’ai jamais voulu déranger. J’ai été élevée comme ça. Quand les désaccords sont venus, j’aurais beaucoup donné pour pouvoir partir sur la pointe des pieds. On m’a dit alors que ça n’allait pas être possible. Se rendre à l’évidence : ni vous, ni les journalistes n’auraient laissé faire. (…) Comment faire alors pour dire ce qu’il y a à dire… et pour partir ? Surtout quand il n’y a pas de lieu permettant de s’adresser aux insoumis.es sans qu’une nuée de caméras et de micros fasse écran entre vous et moi. »

Celle qui a longtemps été une personnalité centrale de la « mélenchonie » et qui est extrêmement populaire au sein des militants insoumis continue : « La question de ma mise en retrait n’est plus posée. C’est un fait acquis. (…) [Les] doutes exprimés lors de la constitution de la liste et de la rédaction chaotique du programme n’ont pas trouvé de cadre où être travaillés et élaborés suffisamment pour qu’il en sorte une perspective claire et partagée ; en l’occurrence une véritable stratégie politique qui oriente à proprement parler la campagne et, au-delà, le mouvement lui-même. » Mme Girard reprend ici l’un des arguments avancés dans la note interne du 5 juin, mais aussi dans une lettre que Le Monde avait révélée en janvier et qui pointait déjà les nombreux dysfonctionnements internes de La France insoumise.

Et elle continue :

« Souvenons-nous de la présidentielle. Des interventions toujours fondées sur l’explication, jamais sur l’invective. Une anticipation précieuse qui avait permis que tout le monde s’approprie les contenus chemin faisant. Parler à l’intelligence. (…) La campagne [européenne] est passée. Les camarades sont restés avec leurs questions pendant tout ce temps, quoique certains, dont je suis, ont alerté, à plusieurs reprises, au sujet du fonctionnement – juste le fonctionnement – de La France insoumise. (…) Mais pour ma part, le chemin fléché par La France insoumise s’arrête. »

Si elle ne nomme jamais ni Jean-Luc Mélenchon (leader de fait de LFI) ni Manuel Bompard (leader statutaire), Charlotte Girard adresse des critiques précises, sur un ton clinique, loin du « bruit et de la fureur » de l’ancien candidat à l’élection présidentielle.

« Défiance »

Elle le reconnaît sans mal : sa « défiance porte sur l’outil », « la désorganisation ». Revenant sur la jonction qui ne s’est pas faite avec le mouvement des « gilets jaunes » alors que leurs revendications étaient proches, selon elle, du programme des « insoumis », Mme Girard déplore que le mouvement soit « trop tourné vers l’exercice institutionnel du pouvoir ». Elle vise en particulier « l’exploitation du seul contre-pouvoir parlementaire que nous avons encore. (…) La forme institutionnalisée de notre mouvement ajoutée à son expression électoraliste ont révélé deux handicaps ».

Elle précise : « Tant qu’on est d’accord tout va bien. Mais il n’y a pas de moyen de ne pas être d’accord. Or une dynamique politique – surtout révolutionnaire – dépend de la capacité des militants à s’approprier des raisonnements, c’est-à-dire potentiellement à les contester. Cette option est obstruée pour le moment, d’autant plus que dernièrement, on a eu parfois du mal à identifier avec quoi être d’accord ou pas. Le reproche d’inefficacité se confond finalement avec celui du manque de démocratie. »

La crise à La France insoumise a débuté pendant la campagne européenne (de nombreux départs ont scandé les six derniers mois des « insoumis »), mais a pris une ampleur inédite après le score cinglant des élections européennes, où la liste emmenée par Manon Aubry a réuni 6,31 % des voix. Les dissensions de fond se sont matérialisées dans le débat stratégique opposant Alexis Corbière, partisan d’une ligne « populiste et humaniste », à Clémentine Autain, qui veut rompre avec le populisme. La France insoumise n’a pas l’air, pour l’heure, prête à se réconcilier avec elle-même.

Abel Mestre

• Le Monde. Publié le 08 juin 2019 à 17h40 - Mis à jour le 09 juin 2019 à 11h08 :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/06/08/charlotte-girard-figure-de-la-france-insoumise-quitte-le-mouvement_5473698_823448.html