En Colombie, des Farc annoncent reprendre les armes

Près de trois ans après la signature de l’accord de paix qui avait mis fin à cinquante ans de conflit, l’un des anciens leaders de la guérilla des Farc annonce la reprise de la lutte armée.

Dans une vidéo postée sur YouTube et diffusée sur un nouveau site web dédié à la guérilla, l’ancien numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Iván Márquez, a annoncé ce jeudi 29 août la reprise de la lutte armée et des Farc.

Les Farc avaient été dissoutes avec la démobilisation des combattants après l’accord de paix signé en novembre 2016 entre la guérilla et l’État colombien. Le mouvement avait alors donné naissance à un parti politique : la Farc (Force alternative révolutionnaire du commun).

De son côté, Iván Márquez s’était évanoui dans la nature après avoir refusé d’occuper un poste de député. À ses côtés, dans la vidéo, apparaît un autre dissident et membre historique de la guérilla, Jesús Santrich. En fuite depuis mai dernier, Santrich est poursuivi pour trafic de drogue. Les États-Unis avaient demandé son extradition.

Frères d’armes en bisbille

Aux côtés d’une vingtaine d’hommes armés de fusils, Iván Márquez déclare :

“L’histoire enregistrera dans ses pages que [les Farc] ont été forcées de reprendre les armes.”

Déjà en 2016, l’ancien numéro 2 des Farc avait marqué son désaccord avec le chef de la guérilla, Timochenko (alias Rodrigo Londoño), et qualifiait la mise en œuvre de l’accord de paix de “simple désarmement de la guérilla en échange de rien du tout”.

Une fois la paix signée, la majorité des anciens combattants des Farc avaient rendu les armes et repris une vie normale. Mais certains membres de l’organisation ne s’étaient jamais démobilisés.

Pour justifier la reprise des hostilités, Márquez s’en prend au gouvernement colombien, qui n’aurait pas respecté les accords signés à La Havane :

“En deux ans, plus de 500 dirigeants du mouvement social ont été tués et 150 guérilleros sont morts dans l’indifférence de l’État. Tout cela, le piège, la trahison et la perfidie, la modification unilatérale du texte de l’accord, le non-respect des engagements de l’État, des assemblées judiciaires, l’insécurité juridique, nous ont obligés à retourner dans la montagne.”

Le 27 août, dans un rapport, la Fondation pour la paix et la réconciliation – une ONG colombienne – s’inquiétait d’un éventuel retour de la guérilla, emmenée par des groupes dissidents, rappelle El País.


Courrier International

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