TOKYO CORRESPONDANT
La Corée du Nord risque de connaître à nouveau une grave pénurie alimentaire, a annoncé, mercredi 28 mars à Pékin, le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Tony Banbury, qui en revient. « Nos interlocuteurs nous ont confirmé être confrontés à un déficit alimentaire d’un million de tonnes et ont demandé au PAM d’accroître son assistance. » M. Banbury a ajouté que l’aide humanitaire à la Corée du Nord ne doit pas dépendre de l’avancée des pourparlers sur la dénucléarisation de ce pays : « Nous apportons notre aide au peuple coréen, non au gouvernement. »
Depuis la grande famine de la seconde moitié des années 1990 et en dépit des efforts consentis par la population pour cultiver jusqu’à la plus petite parcelle du sol, la Corée du Nord, qui a peu de terres arables, connaît une pénurie alimentaire chronique d’un million de tonnes (20 % des besoins alimentaires). Ce déficit est comblé par l’assistance internationale.
En 2006, ces donations sont tombées de 1,2 million de tonnes à 320 000 tonnes. La diminution de l’aide du PAM est due à plusieurs facteurs. L’exigence du régime - encouragé par des bonnes récoltes en 2005 et des livraisons de nourriture de la Chine et de la Corée du Sud - de passer d’une assistance internationale d’urgence à une aide au développement a désorganisé le réseau des organisations non gouvernementales sur place et a contraint le PAM à réduire ses opérations.
Autre élément : la fatigue des pays donateurs. Le PAM éprouve des difficultés à rassembler des fonds et n’avait obtenu, en septembre 2006, que 8 % des 102 millions de dollars (78 millions d’euros) nécessaires à l’achat de 150 000 tonnes de nourriture.
L’organisme des Nations unies ne nourrit plus que 3 % de la population alors qu’en 2006, c’était le cas pour dix fois plus.
Enfin, la tension provoquée, en 2006, par les essais de missiles puis le test nucléaire d’octobre s’est traduite par une suspension de l’aide en engrais et en riz de la Corée du Sud. Séoul vient de reprendre ses livraisons d’engrais qui doivent être suivies, en avril, de celles de riz. Mais les prochains mois, entre les récoltes consommées et celles à venir, s’annoncent difficiles. En raison d’une situation alimentaire précaire, un tiers des 23 millions d’habitants est chaque jour en quête de nourriture.
Europe Solidaire Sans Frontières


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