La gauche du Parlement européen dénonce l’obsession de l’accès au marché des négociateurs de l’Union européenne à l’OMC

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Genève,

A la veille de la réunion du Conseil Général de l’OMC, une délégation de députés européens du groupe de la Gauche Unitaire Européenne - Gauche Verte Nordique (GUE/NGL) du Parlement européen est présente à Genève, dont font partie le Président du groupe parlementaire, M. Francis Wurtz (France), les députés Helmuth Markov (Allemagne) et Erik Meijer (Pays-Bas), et divers conseillers dont M. Raoul Jennar, consultant.

La délégation a constaté que, une fois de plus, les négociations de l’OMC se mènent sans transparence, et excluant de diverses réunions les pays les moins riches et les plus revendicatifs en matière de droit au développement.

L’ agenda européen se caractérise par l’ obsession de l’accès au marchés qui se traduit par une tentative de libéralisation massive des services et d’ imposition d’une baisse systématique des tarifs douaniers sur les produits non agricoles (NAMA), ce qui va encore au delà de l’ agenda de Doha.

Cette orientation est un lien direct avec la stratégie de la baisse des coûts salariaux et des standards sociaux , des délocalisations, de la libéralisation des services publics (Directive « Bolkestein »).

Comme avant Cancun, on assiste à des effets d’ annonces spectaculaires des Etats-Unis et le l’Union européenne matière de réduction des aides à l’ exportation des produits agricoles. Mais en fait se dessine une accord visant à reporter encore la suppression de ces scandaleuses subventions à l’ exportation et, sur le plan interne, à maintenir, à côté de subventions domestiques légitimes, une masse de subventions injustifiables au bénéfice de l’ agrobusiness et des grandes exploitations.

Le groupe de la gauche demande que les gouvernements de l’ UE révisent le mandat de négociations de la Commission européenne, qui date de 1999, c’ est a dire avant Seattle...

Il exige que les subventions aux exportations des produits agricoles soient supprimées immédiatement, et sans contreparties, par l’ Union européenne et les autres pays industrialisés, et que la PAC soit démocratisée afin de ne bénéficier qu’aux véritables agriculteurs et à la défense des fonctions sociales, environnementales et territoriales de l’agriculture. Il revendique pour tout pays le droit de garantir sa souveraineté et sa sécurité alimentaires, et de protéger son marché pour ce faire.

Concernant les accords NAMA il faut reconnaître la protection des industries naissants comme un élément du droit au développement. En ce qui concerne les services, leur libéralisation n’est une priorité que pour les firmes multinationales. La majorité des pays en développement tout comme les citoyens européens s’ y opposent. Il faut à tout le moins laisser libre choix à tout pays en la matière. Notre conviction est que le renforcement des services publics est essentiel pour le développement et la justice sociale.

Le groupe GUE/NGL estime que les accords commerciaux doivent être subordonnés aux questions de développement. Cela suppose par exemple une révision urgente des accords ADPIC qui entravent l’ accès aux médicaments pour lutter contre les grandes épidémies, et rendent chaque jour plus difficile l’ accès aux semences des paysans en imposant les semences OGM..

Le groupe GUE/NGL enverra une délégation à Hong-Kong, et continuera à travailler de près avec les diverses forces politiques progressistes et avec le mouvement social pour que les droits de l’ Homme, le droit au développement, la justice sociale, le respect de l’ environnement et la diversité culturelle priment sur le tout marché.

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