La lettre de la Commission nationale écologie de la LCR

« L’écologie 100% à gauche » n° 15

 Non aux OGM dans les champs et les assiettes !

Le lobby pro-OGM revient en force
comme en 1998 : levée du moratoire,
autorisation de cultures en plein air en
France, réintroduction de semences « terminator »
en Europe, répression du mouvement
des faucheurs volontaires...

Pour les quelques géants de l’industrie
agroalimentaires, l’enjeu est énorme. Ils
ont réussi à imposer par force ou par ruse
les organismes génétiquement modifiés
(OGM) sur en Amérique du Nord, en
Amérique du Sud, en Afrique et en Inde
 ; mais pour assurer leur marge de profits,
ils ont besoin du marché européen.

Pillage du vivant

Le but de ces industriels : faire passer le
vivant dans la sphère marchande. Les
capitalistes veulent pouvoir taxer tout ce
qui se reproduit ! Les OGM sont brevetés.
Cela signifie qu’une personne n’a pas le
droit de cultiver une plante OGM s’il n’a
pas payé une licence au propriétaire.
Encore plus absurde : personne ne peut
créer une plante brevetée pour créer une
nouvelle variété végétale.

En brevetant un organisme génétiquement
modifié, on ne brevette pas que le
gène rajouté mais l’ensemble de l’organisme
(plante ou animal). Les magnats
de l’agro-alimentaire s’approprient ainsi
le travail de sélection fait par des milliers
de générations depuis le Néolithique.

Pas d’OGM dans les champs et les assiettes !

Autoriser la culture des OGM en plein
air, c’est la mort de l’agriculture bio à
cause de la dissémination des végétaux
(sans parler de la contamination
des bactéries du sol). Il n’y a aucune
raison de cultiver des plantes OGM en
plein air : la recherche se fait en
conditions confinées et un pays qui a
les moyens de se payer des portesavions
nucléaires inutiles a bien les
moyens de se payer des serres assez
grandes.

D’ailleurs, il y a très peu de recherche
scientifique sur les OGM. Actuellement
plus de 95 % des fonds servent à développer
de nouveaux OGM et moins de
5 % sert à en étudier les conséquences.
Même l’académie des sciences n’échappe
pas à cette logique et elle a confié
son étude sur la toxicité des OGM à un
laboratoire financé entre autres par
Aventis... Inutile de détailler les résultats
de l’étude.

Pourtant, une recherche publique est
vraiment nécessaire pour mieux comprendre
les effets des OGM sur l’environnement
et sur la santé humaine.

Sans parler des conséquences sociales
car avec les OGM les paysans sont
complètement dépendants des semenciers.

Écologie et social sont liés

Le capitalisme est un système aveugle et
destructeur qui met les populations en
danger consciemment pour augmenter la
marge de profits d’une infime minorité.
Pourtant les populations ne veulent pas
des OGM !

À la LCR, nous pensons qu’écologie et
lutte contre la logique capitaliste vont
de paire. Nous sommes conscient qu’il est
impossible de changer la société sans
prendre en compte l’ampleur de la crise
écologique. À l’inverse, la lutter contre la
crise écologique ne peut se faire sans
remettre en cause la propriété privée, le
système de production et la répartition
des richesses. C’est vrai pour les OGM
mais aussi pour la plupart des crises écologiques
 : crise climatique, crise de la
biodiversité, crise de l’eau. A chaque fois
les profits d’une minorité mettent en
danger l’ensemble de la planète.

Tous ensemble, nous pouvons nous battre
pour que les ressources naturelles, qui
sont un patrimoine commun de l’humanité,
restent dans la sphère publique et ne
soient pas détruites.

Nos vies valent plus que leurs profits !

 OGM = pollution génétique

Les OGM c’est un peu comme un polluant : ça peut être utile mais à
condition de rester en milieu confiné. Il y a très peu d’études sur les
conséquences environnementales et sanitaires des OGM, mais le peu
qui existe est assez alarmant.

- Environnement en danger

Dès 1998, des chercheurs français ont
montré que cultiver des betterave
OGM rendrait l’ensemble des betteraves
sauvages OGM. Plus récemment,
on a trouvé en Grande-Bretagne une
moutarde sauvage OGM (contaminée
par du colza).Une étude anglaise a
montré que cultiver des OGM végétaux
nuit à la biodiversité végétale et
animale. En effet, avec les OGM on
peut mettre plus de pesticides donc
tuer plus de « mauvaises herbes ». Ces
herbes servent de refuge à des nombreux
insectes, qui sont eux-mêmes
mangés par les oiseaux.

Certaines OGM, comme le célèbre
maïs Bt, fabriquent eux-même un
insecticide. Le problème est que TOUTES
les plantes du champs fabriquent
l’insecticide. On arrive à des doses
10 000 fois supérieures aux doses
nécessaires ! Aujourd’hui, les chercheurs
en sont à se demander comment
faire pour que les insectes ne
deviennent pas résistants trop vite.

- Santé

Toutes les variétés végétales misent sur
le marché ont fait l’objet d’études toxicologiques.
Le premier hic c’est que les
études sont effectuées par la firme qui
demande l’autorisation. Le second est
que les résultats de ces études sont secrets.
Sans surprise, quand Greenpeace a
réussi à faire lever le secret sur l’étude
toxicologique du maïs MON65 de
Monsanto, on a découvert que certains
test sur des rats étaient inquiétants. Peu
de chercheurs publics travaillent sur ces
effets toxicologiques. Une exception :
Arpad Pusztai qui dès 2001 a montré un
effet cancérogène de pommes de terres
Bt (comparée à des pommes de terre
normales). Au lieu de lui renouveler ses
crédits pour approfondir ses recherche,
le ministère de la recherche écossais a
démantelé son équipe !

Plus récemment, des équipes des USA
et d’Italie ont montré que la protéine
fabriquée par un OGM est différente
de la protéine produite naturellement
dans d’autres plantes. Ils ont aussi
montré un effet toxique de cette protéine.
Tout cela ne suffit évidemment
pas pour conclure mais cela rend de
nouvelles études indispensables.

- Paysans sous dépendance

L’exemple des USA est instructif.
Monsanto leur vend les semences et
l’herbicide qui va avec et lui achète
même la totalité de sa récolte. Inutile
de dire qu’un paysan qui a une mauvaise
année s’endette auprès de Monsanto.
De toutes façons, il est quasi-impossible
de résilier ce contrat car quelques plantes
OGM continuront de pousser dans le
champs pendant plusieurs années. Et si
le paysan n’a pas repris de licence, il
s’expose à des procès.

D’ailleurs, Monsanto intente des procès
aux agriculteurs qui ont des champs
voisins des champs OGM, même si eux
ne cultivent pas d’OGM. Car les plantes
disséminent et la pollution génique est
quasi-certaine. Ainsi, Percy Schmeiser, a
subit un procès où il a finalement été
reconnu qu’il ne pouvait pas savoir qu’il
y avait des OGM dans son champs mais
qu’il n’en n’était pas moins coupable !
Cultiver des OGM en plein air signifie la
fin de l’agriculture bio. En effet, le pollen
des plantes peut disséminer à plusieurs
kilomètres (plus de 10 km pour le
colza). Or, pour avoir un label d’agriculture
bio, il ne faut avoir aucune trace
d’OGM dans sa récolte finale. La coexistence
entre les deux agricultures est
donc impossible.

Enfin, le but ultime des OGM est d’empêcher
le paysan de resemer ses graines.

C’est pour cela que les semenciers ont
réussi à faire revenir la semence « terminator »
 : un artifice génétique la rend
stérile. Avec les OGM, les paysans et la
recherche publique sont dépossédés de
tout leur travail de sélection et d’amélioration
des variétés.

 Vient de paraitre

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