Halte au massacre à Gaza ! Une guerre à armes inégales menée par l’État colonialiste d’Israël contre le peuple gazaoui

, par POJOLAT Alain

Des images insoutenables nous parviennent chaque jour, chaque heure de Gaza. Des scènes d’horreur, avec leurs cortèges de vies brisées, de cadavres de femmes d’enfants brûlés déchiquetés, illustrant les exploits de l’armée « la plus morale du monde ». Celle de la « seule démocratie du Moyen Orient ».

Depuis le début de l’opération « bordure protectrice » (sic), plus de 600 PalestinienEs ont trouvé la mort au moment où ces lignes sont publiées.

Une guerre d’État contre un peuple

Dimanche 20 juillet restera une journée noire pour le peuple gazaoui : plus de cent civils – hommes, femmes et enfants, dont une famille de 28 membres – ont été exterminés. Plus de 100 000 habitantEs du quartier de Chajaya ont dû fuir sous un déluge de feu par air, par mer, et par terre, la barbarie de l’armée israélienne. L’image de 4 enfants jouant au ballon sur la plage de Gaza, anéantis par un tir de roquette, illustre à elle seule le mensonge sioniste justifiant son intervention par la seule volonté de frapper le Hamas.

Nous n’oublierons jamais l’odieux spectacle de ces Israéliens hilares venus en famille pique niquer sur une colline dominant Gaza pour assister au macabre feu d’artifice. L’opinion publique israélienne, chauffée à blanc par la propagande raciste du gouvernement d’extrême droite qui dirige le pays, est majoritairement favorable à la nouvelle agression que livre son armée au peuple palestinien.

Dans ce contexte d’union nationale belliciste, nous devons saluer le courage des quelques centaines de manifestants pacifistes israéliens qui, sous les insultes et les menaces, se sont rassemblés dès le troisième jour de l’offensive terrestre sur la place Habima de Tel Aviv. Ils ont crié de toutes leurs forces « libérez Gaza ! » ou « Bibi [Netanyahou], on te retrouvera à la cour pénale internationale de la Haye pour les crimes de guerre ».

Les grandes puissances responsables aussi

Cette exigence a pourtant bien peu de chance de se réaliser, tant les organisations internationales sont aujourd’hui verrouillées par les puissances occidentales qui soutiennent systématiquement les gouvernements qui se sont succédés depuis la proclamation unilatérale de l’État d’Israël le 14 mai 1948.

Faut-il le rappeler : Israël n’a jamais respecté aucune des résolutions de l’ONU. Faut-il rappeler également que les autorités qui dirigent Gaza aujourd’hui – qu’elles plaisent ou non – ont été démocratiquement élues ? Elles ne font aujourd’hui que demander le respect du droit international qui se déclinent en six exigences : la fin de l’agression contre le peuple palestinien ; la levée complète du blocus instauré sur Gaza en 2006 ; l’ouverture du poste frontalier de Rafah avec l’Égypte ; la liberté de circulation à la frontière gazaouie avec Israël ; l’autorisation de pêcher jusqu’à 12 milles marins des côtes ; la libération des prisonniers palestiniens.

L’opération « bordure protectrice » n’est nullement une réponse à l’enlèvement et à l’assassinat de trois jeunes colons, dont on ne connaîtra probablement jamais les responsables, mais la poursuite d’une logique politique de rejet de tout règlement pacifique de la question palestinienne. Elle intervient à un moment où des perspectives d’élections législatives et présidentielles, acceptées tant par le Hamas que par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, redonnaient une consistance reconnue internationalement à la constitution d’un État palestinien. Cette énième attaque recule une nouvelle fois l’échéance.

Tous dans la rue pour la Palestine

Israël peut être rassuré, les USA le suivront dans ses pires crimes. C’est le sens des récentes déclaration d’Obama. Et les gesticulations diplomatiques du gouvernement français pour « obtenir un cessez le feu » ne pourraient, quant à elles, apparaître que pitoyables et stériles, si elles ne s’accompagnaient pas d’un alignement total et inconditionnel sur les positions du gouvernement israélien. Aussi, on peut comprendre la déception de Fabius, éconduit dans un entretien de 10 minutes par un Netanyahou bien peu reconnaissant... Instaurée par Sarkozy, amplifiée par Hollande, cette politique internationale unilatérale ne fait que renforcer la colère et l’indignation qui monte partout en France, où de nombreuses manifestations se sont déroulées depuis une semaine.

En dépit des menaces, des interdictions brandies par ce gouvernement discrédité, et des provocations organisées par l’extrême droite sioniste, le mouvement de solidarité avec la Palestine ne se laisse pas intimider. En particulier, le NPA appelle, dans les cadres les plus larges possibles, les plus unitaires, à tous les rassemblements et manifestations de rue pour faire entendre les voix de celles et ceux, notamment les jeunes issus de l’immigration, qui se mobilisent en masse contre l’horrible guerre à armes inégales que l’État colonialiste d’Israël mène contre le peuple de Gaza, véritable prison à ciel ouvert.

Gaza Gaza on ne t’oublie pas !

Alain Pojolat


P.-S.

* Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste - 252 (24/07/2014). http://www.npa2009.org/

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