La résistance irakienne se donne un parti politique

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Plusieurs groupes armés sunnites irakiens ont formé une alliance qui rassemble des milliers de combattants de certains des plus grands groupes de résistance dans le pays.

Le Conseil politique de la Résistance Irakienne pourrait représenter une nouvelle force politique dans le pays avec laquelle les USA et d’autres forces en Irak pourraient par la suite devoir négocier.

Parlant à Al Jazeera ce jeudi, Khattab Abdul Rahman al-Jibouri, un porte-parole pour le Conseil récemment formé, déclare : « Ce que veut le Conseil c’est la libération de l’Irak, la protection de sa souveraineté et que notre pays reprenne son rôle bien connu dans le monde arabe et islamique. »

Les mouvements de résistance sont actifs en Irak depuis l’invasion par les Etats-Unis en 2003 mais la formation du Conseil signifie que plusieurs groupes armés dont la hiérarchie était demeurée en grande partie difficile à interpréter disposent maintenant d’une structure politique.

Mais il n’est pas encore évident de savoir dans quelle mesure le Conseil, qui promet de résister à « toutes les formes d’occupation », serait en pourparlers ou non avec les forces américaines.

Le Conseil a critiqué la violence sectaire et les attaques sur des civils mais sans rejeter le droit à la résistance armée.


« Bonnes relations »

Dans un programme en 14 points, le Conseil a refusé de reconnaître les lois et les accords signés « sous l’occupation » et a annoncé un plan pour établir un gouvernement de technocrates et non-sectaire.

Le conseil s’engage « à libérer » l’Irak et « contraindra les occupants à verser les compensations appropriées aux Irakiens ».

Le rapport indique également la volonté du Conseil « d’établir de bonnes relations avec d’autres pays du monde » et « de négocier avec les organismes internationaux selon les intérêts de l’Irak et de son peuple ».

Abdul Wahab al-Qassab, un analyste en stratégie, explique à Al Jazeera que le Conseil « a opté pour un discours national » qui pourrait jeter un pont entre des organisations sectaires.

« Quand ces groupes ont décidé de s’adresser aux Irakiens, ils l’ont fait avec un vocabulaire équilibré, éloigné de la polarisation en faveur de n’importe quel groupe, » dit-il.

Mais Adel Darwish, un autre analyste politique, déclare à Al Jazeera : « Le point négatif, naturellement, est qu’ils rejettent le gouvernement en place et veulent supprimer toutes les lois passées sous l’occupation américaine.

« Ce qui va à l’encontre du choix de la majorité des Irakiens qui ont élu ce gouvernement - indépendamment de ce qui nous pourrions penser quant à l’efficacité de ce gouvernement ou de ses imperfections. »

Alliance

Les troupes américaines ont déjà des rapports avec une alliance tribale connue sous le nom de « Salahuddin Awakening Council », qui les assiste pour combattre Al-Qaeda en Irak.

Mais Al-Jibouri a critiqué ces alliances tribales.

« Beaucoup de factions de la résistance ont commis des erreurs au cours de leur résistance à l’occupation, » a-t-il dit, mais « ceci ne devrait jamais servir de justification à ces tribus pour s’aligner sur les forces occupantes. »

En septembre, le cheik Abdul Sattar Abu Risha, un des chefs de cette alliance, a été tué dans une attaque à la bombe près de sa maison dans Ramadi.

Le Conseil de création récente rassemble six groupes qui ont été impliqués dans plusieurs alliances dans le passé.

Le Conseil se compose de quatre factions du Front pour le Jihad et la Réforme, du Front pour la Résistance Islamique en Irak, également connu sous le nom de JAMEH, et du mouvement Hamas de la résistance islamique en Irak.